04 mars 2010
Certification plongée sur l’ile de la tentation !
Aujourd'hui au Panama, il y a bien longtemps nous étions au Honduras et voici nos aventures :
Hum, beaucoup d’hésitations pour le titre : « Entre moustiques, fourmis et autres bêbètes », « Histoire sans fin à la frontière », « arnaque au supermarché », « galère avec les flics », « enlisement à Miami », « vol à la pompe » … ah non, c’est vrai celui là je le garde pour le Nicaragua ! Finalement, je choisis celui-ci pour ne garder que le meilleur de ce périple. Bref, en tout cas, ca dresse le tableau. Honduras, nous ne sommes pas prêts de t’oublier et nous n’y reviendrons peut-être pas non plus de sitôt. Non, je rigole, comme on aime à se le dire maintenant, ça nous fait des souvenirs !
Commençons par le commencement. La frontière… toujours ces satanées frontières ! Il ne nous faudra qu’une petite demi-heure pour expédier la sortie du Salvador. Tout est clair, net, précis…on aime ça. Le grand chef nous reçoit même dans son bureau, nous offre de l’eau fraiche, bref, le grand luxe. Nous ne savons pas encore ce qui nous attend : LE HONDURAS, ses frais d’importation et ses agents de douane à s’en tirer une balle tellement ils sont bidons !!! Donc, comme prévu, on nous demande de payer des frais pour le véhicule. Ok, ca nous saoule vraiment, mais nous étions au courant. Là où ca se complique est quand nous demandons le détail de la facture qui s’élève quand même à 30 US$, peut être ridicule pour certains, mais pour nous¸ ca nous fait manger pendant 1 semaine (et puis en comparaison des autres pays où c’est gratuit…). Donc nous demandons à voir la grille qui permet de définir les taux par véhicule. Et là qu’est ce qu’on n’a pas fait ! Désolé monsieur mais on aime bien savoir ce qu’on paye et pourquoi ? C’est le début d’une interminable attente : nous attendons très précisément notre grille (qui n’arrivera bien sur jamais) pendant 2h, ni plus ni moins. Il n’y a qu’un seul règlement pour toute la frontière et pas de bol, Roberto qui détient le précieux doc est en repos aujourd’hui ! Voila ce qu’ils nous disent au bout de 2h. Notre patience avait fini d’exister depuis au moins 1h… On ne tient plus, on va tous les étriper ! Malheureusement, nous n’avons nul autre choix que de payer cette somme sans plus de justificatif. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. La où il faut à un Guatémaltèque ou un Salvadorien, 20 min pour éditer un permis d’importation, il en faut 1h15 pour un Hondurien !!! On craque, l’agent ne sait absolument pas ce qu’il fait, il est incapable de recopier un nom sans se planter, incapable de rentrer tout ça dans leur antiquité qui leur sert d’ordi, incapable de répondre à nos questions. Totalement désabusés, on finit par pique-niquer sous son nez à farcir nos tortillas nonchalamment sur son bureau ! Miracle à midi et demi, le papier est là sous notre nez (cela fait plus de 3h que nous sommes à la frontière), mais rien est encore gagné ! Il faut maintenant aller faire des photocopies de nos papiers d’identité (de même là où il en faut 1 pour le Belize, Mexique et tous les autres, il en faut 3 ici !). Et puis bien sur, c’est à nous d’aller les faire je ne sais où dans une baraque à frites à nos frais ! Sérieux, ils ne sont même pas foutu d’avoir une photocopieuse dans leur bureau. Honteux ! Avec l’espoir de quitter la zone avant la nuit, je pars faire les photocopies tandis que Pierrick cherche désespérément la banque dans laquelle nous devons nous affranchir de nos frais. Et oui, là encore, pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer, on ne peut même pas payer sur place. Au bout de la 2ème banque Pierrick de son coté arrive à payer et retourne voir notre agent de malheur qui lui annonce qu’il manque un tampon sur le justificatif de paiement ?! De mon coté, je vais me tirer une balle, les cagettes à photocopies sont fermées sur l’heure de repas. En pleine dépression nerveuse, j’implore le gars de trouver une solution maintenant. On ne perdra pas une minute de plus. Alors celui-ci, lève difficilement ces grosses fesses de son siège, prend gentiment ses clefs, ferme le bureau (et oui un seul agent, les autres doivent attendre) et va chercher Marcelo qui se balade quelque part pour qu’il nous fasse ces maudites photocopies.
Et là miracle, nous sommes enfin libre de découvrir le pays !!! Enfin, avec tout ça, ça nous a un peu passé l’envie !
Il nous faut encore nous arranger des flics à l’entrée du pays qui nous demande 1 triangle de sécurité et tenez vous bien un extincteur !!! Ok, le triangle, c’est vrai que c’est quand même important, on file l’acheter mais l’extincteur, faut pas abuser. Trop cher et surtout où veux tu qu’on le mette ! Son extincteur il pourra se le mettre où on pense !
Honduras, 1er jour, tu nous as épuisés plus qu’en 7 mois sur les routes !
Les 1eres minutes de route sont tendues, silencieuses… mais au fil des km, les vallées verdoyantes nous font oublier nos malheurs. Enfin à moitié, puisque acheter un simple gallon d’eau et une livre de pain de mie semble relever de l’impossible dans ce pays. Trop long à raconter… mais ça sent l’arnaque à plein nez ! Mais où sommes-nous ? Sans rire c’est la 1ere fois que nous avons un si mauvais feeling avec un pays. En une journée, nous cumulons toutes les galères. Une lessive à 15$ sera la pépite sur le Sunday, comme on dit au Québec ! Allez, assez pour aujourd'hui on part se coucher, en attendant des jours (pour ne pas dire des pays) meilleurs !
Le lendemain, toujours un peu de mauvais poil nous partons arpenter les ruines maya de Copan. Et oui, encore, mais promis cette fois ci, ce sont les dernières ! Plus de 15$ l’entrée par personne, la pilule est un peu difficile à avaler (d’autant plus que c’est seulement le quart pour les habitants d’Amérique Centrale). On n’imagine mal le Louvre avec des tarifs différents selon son origine ?!. Enfin, nous avons fait un gros détour, on ne peut plus reculer… Plus que pour les ruines en elles mêmes, nous sommes surtout là pour les magnifiques sculptures du site mais aussi les somptueux aras qui vivent ici. Pas de mystère non plus, ils sont nourris sur le site mais restent quand même en totale liberté.
Si comme ça ils sont radieux, imaginez en plein vol, leurs ailes déployées !
Partager des cacahuètes avec eux nous redonnent le sourire !
Nous roulons ensuite en direction de la côte Caraïbes, vers Miami (non pas celui que vous connaissez, ici 3 paillottes au milieu de nulle part) et Punta Sal. 5h plus tard et quelques km sur des routes de terres et de sable plus loin, nous y parvenons en fin de soirée. Et alors que nous y sommes et que nous ne pouvons manifestement pas aller plus loin dans ce bout du monde, Pierrick semble vouloir aller toujours plus loin et s’engage dans le sable à la recherche de … ?? Aucune idée, on ne peut aller nulle part. J’assiste impuissante à notre évident enlisement en toute beauté à environ 75 cm de la piste.
Absolument pas inquiète, je prends gentiment des photos alors que lui est à 4 pattes en train de creuser… On n’en a vu d’autres, on s’en sortira de celui la ! Enfin, pas si facilement non plus.
Un pick up arrive surchargés de jeunes à l’arrière (tiens je serais curieuse de savoir s’ils ont bien leur triangle de sécurité et leur extincteur eux ? ahhhh…). Ni une ni deux, sans qu’on ne demande rien, les voila, une dizaine à pousser notre Venturette pour la remettre sur le droit chemin ! Bon fini pour aujourd’hui, nous partons déguster nos litchis et ananas achetés sur le bord de la route (je crois que je n’ai jamais mangé d’ananas avant, tellement celle la était délicieuse).
En spectacle, nous bénéficions de la séance de pêche quotidienne des Garifunas. Sur cette plage avec les pêcheurs au filet sur leur lancha, entre mangrove, lagune et mer des Caraibes nous avons l’impression d’être au Sénégal ! Très belle soirée qui sera ternie par l’arrivée en nuées de sandflies (microscopiques moustiques plus avides que jamais) ! Nous nous réveillons en pleine nuit et notre voiture en est remplie ! Ils sont la par milliers à nous dévorer dans notre sommeil. Un coup de Baygon, et notre voiture-maison se transforme en cimetière. Allez, on ferme tout, on étouffe par cette chaleur tropicale humide mais on n’a pas le choix.
Le réveil est matinal car Tino et sa pirogue de fortune (on craint le naufrage à chaque coup de pagaie) nous attend pour nous faire traverser la lagune. Une fois de l’autre côté, ce sont plus de 2h de marche dans le sable qui s’annoncent sous un soleil écrasant.
Sur ce coup là, on n’a vraiment pas géré, on a seulement 1,5 l d’eau pour toute la journée. Plus l’habitude des randos. Heureusement, nous trouvons des plages paradisiaques et désertes, où l’appel du plouf est irrésistible.
2h de marche de plus dans la forêt tropicale sous le chant des oiseaux exotiques à observer les singes qui sautent d’arbres en arbres, nous reposent un peu.
C’était sans compter sur l’interminable retour qui nous achèvera. Nous arrivons avec une demi-heure de retard au rdv fixé avec Tino qui ne semble vraiment pas apprécié. Là on pense qu’il va vraiment faire chavirer sa chaloupe pour se venger. Bien que redoutant une nouvelle nuit en compagnies des sandflies, nous n’avons pas la force de reprendre la route ce soir. Tant pis, on dort une nouvelle nuit ici, on lèvera le camp à 5h demain pour avancer.
Direction, le parc Pico Bonito pour une rando où nous espérons voir les fameux kill bill toucans. Mais il nous faut d’abord trouver l’entrée du parc et quand celle-ci est au bout d’une piste au milieu 22 des gigantesques champs d’ananas sans indication, l’affaire n’est pas aisée. Pas moins de 5 allers retours seront nécessaires ! Non, on n’est pas têtus ! Alors la question, est ce qu’on en a vu ??? Même pas !!! Les boules… On s’y attendait un peu. Mais un bain au pied de magnifiques cascades et une rando dans une jungle où pullulent ces magnifiques et énormes papillons bleus, les morphos, sont une belle récompense.
Arrivés à la Ceiba, nous pouvons enfin faire une lessive sans nous ruiner (en plus on a le WIFI gratuit), prendre quelques infos pour notre expédition sur les iles des Caraïbes et faire des courses dans un supermarchés qui a plus de 2 rayons. Ici au rayon confiture, nous rencontrons un couple de français installés ici après 1 an au Québec (trop froid, il parait ?). Et la, on remet tout nos plans en questions. Nous projetions de passer notre certification de plongée sur Utila (c’est au Honduras que les tarifs sont les plus faibles au monde), ils nous conseillent, sa voisine, Roatan. On les écoute, heureusement, nous n’avions rien réservé (on est au Honduras !). Le lendemain, après avoir pris soin de laisser Venturette entre de bonne main (la dessus on ne lésine pas), nous sommes en route pour « l’ile de la tentation » ! Et oui c’est ici que l’émission TV a été tournée à 7 reprises. Bon, c’est pas tout a fait comme à la tv. D’abord, il faut survivre au trajet en bateau, Tout le monde avec son sac plastique à la main et le personnel sur la garde à vous équipé de son rouleau de PQ à l’affut du moindre malade. Ensuite, résister aux moustiques, je dénombre 22 piqures sur mon seul bras gauche, mais l’ile vaut le coup c’est sur !
Nous faisons le tour des centres de plongées et choisissons le seul qui propose l’hébergement inclus dans le forfait. Il nous faudra être patient avant de plonger sous l’eau. Tout d’abord, il nous faut nous acquitter de la théorie puis le climat n’est pas de notre côté : beaucoup de vent qui réduit la visibilité sous l’eau. Tout se passe dans la mer et non en piscine donc nous passerons 2 jours à lézarder dans nos hamacs en attendant que le vent se calme.
Hum, on ne regrette pas que ce soit l’école qui paye l’hôtel ! Mais nous avons alors un sérieux problème : la moustache de Pierrick ne semble pas coller avec l’activité. Diane, notre prof anglaise lui demande alors de la raser. Impossible cela fait plus de 7 mois. Allez, un compromis et la moustache sera sauvée de peu, juste taillée un peu !
Le vent se calme, et nous pouvons enfin appliquer ce que nous venons d’apprendre. Pas évident de s’en sortir avec tout ce matos puis les exercices dans l’eau ne sont pas très drôle mais il faut en passer par là.
La dernière journée sera surchargée et épuisante : 3 plongées en open water. Pour autant, nous revenons certifiés et comblés : le snorkelling c’est bien, mais la plongée c’est autre chose : des dunes de coraux absolument époustouflants, un bébé tortue, homard et toujours des poissons bien colorés ! Comme s’il y n’y avait pas assez de choses à voir sur notre terre, il va aussi falloir explorer les fonds marins. Alors que nous sommes frigorifiés (l’eau doit être à 27degres mais on y reste vraiment longtemps à chaque plongée) et épuisés, nous devons encore faire les tests de nage ! Nous prenons notre gentille monitrice par les sentiments dans le but d’éviter cette corvée. Rien y fait : sous la pluie et quasiment dans la nuit, elle nous fait retourner dans la mer. Grrrr !
Le lendemain retour sur le continent. Assez trainé, nous coupons au plus court en direction du Nicaragua sans négliger la jolie ville coloniale de Comayagua et le paisible village de Yuscaran perdu dans la montagne. On passe à côté d’un pont qui visiblement vient de s’écrouler. Pas très rassurant, on a hâte d’entrer au Nicaragua !










































