23 mai 2010
Transfert Panama-Colombie
Le message suivant n’est pas très drôle et pas des plus distrayants. En plus, il y a peu de photos et il est long. Il devrait plus intéresser les voyageurs. Néanmoins, nous encourageons nos lecteurs habituels à aller au bout, pour comprendre un peu le fonctionnement de tel pays et avoir une petite idée de ce que représente un transfert maritime au niveau des démarches à effectuer et des galères à essuyer.
Voilà le récit de nos épuisantes démarches pour le transfert de la voiture en bateau et notre départ en avion vers la Colombie.
Lundi 1er mars, nous attaquons les compagnies. Nous n’avons pas vraiment de contact, seulement quelques noms relevés sur des blogs et échangés avec d’autres voyageurs en chemin.
Voilà les principales compagnies que nous irons voir (à noter que toutes ces compagnies sont des compagnies commerciales, non spécialisées dans le service au particulier):
-Hamburgsud, situé sur Colon, contacté par téléphone nous n’aurons jamais de devis.
Manzanillo International Terminal
3rd Floor , Office 5C
Colon City
Panama
Phone: +507 433-2233
Fax: +507 236-4635
E-mail: customer( at )pa.hamburgsud.com
- Wilhemsem, sur Panama
- Transcanal, sur Panama qui nous fait un devis à 1290$. customerservice@transcanal.com, avec la fameuse Evelyn Batista que l’on trouve sur tous les blogs de français. evelyn.batista@wilhelmsen.com, ne répond pas toujours, plus fiable: +507 263 7755, +507 263 7755, portable +507 6673 8150
- Barwill, situé sur Panama exactement au même endroit que Transcanal, on n’a pas très bien compris, mais ces 2 compagnies n’en sont qu’une seule et unique en fait. Adresse : Galerias Balboa Suite 35, sur l'Avenida Balboa à côté de Multiplaza et le Hard-Rock Café, même batiment que Air France, Continental...
- Seaboard Marine sur Panama, que nous choisissons. Adresse : Avenue Miguel Brostella, Edificio PH Camino de Cruces, Local M2, Mezzanine
Très vite, nous devons prendre une décision. Les prix oscillent entre 1200$ et 1600$ pour un container partagé (ie trouver d’autres voyageurs qui souhaitent eux aussi envoyer leur voiture) et donc partager les frais, ce qui nous reviendrait à 800$. Sinon, pour un container seul, de 1200$ à 2000$ et plus. Le fait est, que pour l’instant nous n’avons personne sur Panama pour embarquer avec nous. Nous sommes les 1ers arrivés et devons donc décidé de, soit d’attendre 2 semaines et d’économiser 400$, soit de prendre le prochain départ mais de rendre cette traversée encore plus couteuse qu’elle ne l’est déjà. Beaucoup d’hésitations, car 2 semaines dans une ville chaotique comme Panama, c’est long et ne sera pas une partie de plaisir. D’un autre côté, 400$ c’est un trek guidé de plus dans les Andes peut-être. Ajouté au fait que nous avons du temps devant nous à cause des saisons, et de surcroit que nous devons régler un tas de paperasses administratives avec la France et le Québec, nous choisirons d’attendre Bruno et Véronique, français lancés dans un tour du monde de 3 ans en Land Rover. Les 2 semaines passeront finalement relativement vite. Avant l’arrivée de Véronique et Bruno nous arrivons à négocier le prix de 100$ (wouhouhhh, hum, on fait ce qu’on peut…). Nous choisissons donc Seaboard Marine, qui en plus d’être la moins chère nous parait la plus sérieuse. Nous passons une par une pas mal de questions toutes plus barbantes les unes que les autres, néanmoins, indispensables avant de se lancer.
Voilà la liste de ce dont je me souviens à ce jour :
Assurance en cas, par exemple, de chute (inhabituelle je précise mais non improbable) fâcheuse de container. Nous n’en n’avons pas prise au vue de la valeur de notre voiture. Pour nos compagnons c’est une autre histoire.
La question des clefs : toujours demander à pouvoir les garder et non les laisser au port pour éviter des visites indésirées dans le véhicule lors du transfert.
Le calage du véhicule : nous demandons à le faire nous même pour réduire les couts. On lâche l’affaire assez vite, le faire nous même nous couterait plus cher. Il faut sortir le container du port pour procéder et ça c’est hors de prix.
Demander à ce que le container à l’arrivée ne soit pas ouvert sans notre présence encore pour des questions de sécurité. On le demande mais il sera quand même ouvert sans nous ?!
Attention aux bouteilles de gaz à vider par mesure de sécurité. La chaleur dans le container peut atteindre des températures impressionnantes. On a quand même quelques doutes, d’autant que, quel est le plus dangereux des bouteilles vides ou pleines sous pression, ça se discute. De notre côté, on ne déclare pas nos bonbonnes de rando de capacité ridicule.
Pas de nourriture fraiche, en même temps, nous n’avons pas été fouillés.
Le nettoyage de la voiture. On ne nous demande rien de plus qu’une voiture dans un état de propreté correct. Suivant les conseils de nos amis, qui ont l’expérience de précédents transferts (France-Australie et Australie-USA), nous la décrasserons à fond craignant des frais exorbitants à l’arrivée suite à une inspection.
Bien se faire préciser si les taxes au port de départ et d’arrivée sont incluses ou non
Après avoir éclairci tout ça, nous entamons les démarches réellement le jeudi 11 mars, soit 3 à 5 jours avant le départ de la voiture prévu entre le 14 et le 16 mars. Le départ n’est jamais établi définitivement à l’avance. De même, il est impossible de commencer les démarches plus tôt, la police délivrant un permis de sortie de véhicule valable une semaine.
Voila, les différentes étapes – juste pour le Panama :
1. Rencontrer Eric Hansen sur Panama à Seaboard avec qui nous avons échangé par mail avant notre arrivée. Il parle Anglais et se rend disponible malgré ses occupations. Régler la somme entendue en liquide par dépôt dans leur banque.
2. Récupérer une confirmation de réservation de bateau et toutes les copies.
3. Aller à la Policia « Hurtos de Autos » faire un permis de sortie du véhicule (le matin vers 10h) avec les documents de Seaboard. On y retrouve d’autres voyageurs jamais rencontrés mais dans notre cercle de mail : un autre couple de français Vincent et Maryline, pour changer toujours un tour du monde en land Rover, et Dan, un australien, parti du Canada qui comme nous traverse les Amériques dans sa Jeep. Pour eux, nous avions insisté auprès de Seaboard pour qu’ils leur fassent le même devis. A savoir que chaque compagnie donne des devis différents aux voyageurs alors que les véhicules sont de même gabarit.
La police vérifie l'absence d'accident, d'amendes impayées et surtout le permis d’importation du véhicule. Les problèmes commencent pour nous. Nous sommes face à la 1ere incompétence des douaniers. Le permis édité par les douaniers lors de notre entrée au pays le 20 février ne leur convient pas. Le VIN et numéro de moteur doivent être impérativement copiés 2 fois pour ne pas avoir de problème. Nous le savions grâce aux blogs que nous consultons avant chaque frontière, et avons donc imploré le douanier de la frontière située sur la cote Caraïbe (me souviens plus du nom, mais attention si vous passez à cette frontière le problème est récurrent) de recopier intégralement les numéros VIN et moteur sur notre permis. Le douanier a tendance à dire « c'est pas grave, pas de problème ». Alors que si ! Butté comme jamais, il acceptera seulement de nous le rajouter à la machine à écrire. Evidemment la police à Panama tique et on doit refaire le permis d'entrée à la DIAN centrale à Panama. Ce que nous redoutions est arrivé malgré tous nos efforts pour l’éviter. A partir de là, on est de mauvais poil. Pas de frais cependant… A noter, il en sera de même pour Dan passé exactement à la même frontière que nous. Quant à Vincent et Marilyne, c’est une autre histoire, c’est leur VIN qui a mal été noté, idem ils sont bons pour une visite à la DIAN Centrale.
4. Vers 14h, aller en face à la PTJ (Policia Tecnica Judicial) récupérer l'attestation permettant de libérer le véhicule (qu'ils font à partir des infos transmises par l'autre police le matin). Nous nous présentons à 14h, où nous nous faisons méchamment envoyer balader sous prétexte que nous sommes tous les 7 en short. En même temps, il fait 40°C… On ne discute pas, on part se changer. Nous avons la voiture à côté ce qui n’est pas le cas de Vincent, Maryline et Dan à qui nous prêtons tous les pantalons que nous avons. On attend plus de 2h voyant tout un tas de locaux nous passer devant. A 16h, soit 1h avant la fermeture, c’est au tour de Bruno puis au notre. Le permis d’importation de Bruno comporte une multitude de données erronées. A son tour, il doit se rendre à la DIAN Centrale pour en éditer un nouveau. Mais voila le temps passe, la fin de journée est imminente. Afin de gagner du temps, connaissant le chemin, j’abandonne Pierrick (oui oui il se débrouille suffisamment en espagnol pour pouvoir gérer ça seul !) pour accompagner Bruno et Véronique à la DIAN. Malheur, celle-ci est déjà fermée, la fonction publique vous savez ce que c’est. Alors, je cherche toutes les solutions possibles mais rien n’y fait, il faut revenir demain ici et repasser ensuite à la PTJ. Sauf que c’est impossible, demain nous devons être à Colon à 80km avec les véhicules pour les charger. On revient en trombe à la PTJ expliquant qu’il va falloir faire avec ce permis erroné. Je découvre avec soulagement que Pierrick a obtenu le sésame et que Vincent et Dan sont en cours de processus. 16h55, le cas de Bruno et Véronique ne s’arrange pas. L’agent ne veut rien savoir, fallait s’en douter. Ils seront obligés de revenir le lendemain.
Oui ok, ils sont un peu plus équipé que nous !
Pas de répit, nous avions aussi profiter de notre temps libre entre midi et 2 pour trouver les terminaux de bus pour se rendre à l’aéroport et revenir de Colon quand nous seront séparés de notre voiture. On se rendra compte 3 jours plus tard que toutes les informations données ne seront absolument pas fiables, nous contraignant à toujours plus d’allers retours.
La soirée ne sera pas non plus de tout repos. Nous faisons tous les hôtels de la ville pour réserver une chambre après le chargement de la voiture et avant notre vol. En vain, ils sont tous pleins, du moins ceux abordables. Comme nous n’avons pas attendu 15 jours pour payer un hôtel qui nous coute la différence de prix entre un container simple et partagé, Pierrick et moi, décidons que nous passerons la 1ère nuit sous les ponts dans les rues de Panama et la 2nde à l’aéroport.
Mais il nous faut encore préparer la voiture. Il est 21h, nous n’avons pas mangé et nous embarquons demain. Il faut préparer nos sacs pour la semaine que nous passerons sans la voiture, et surtout préparer la voiture pour qu’elle soit nickel à l’embarcation. Attention, aux objets non fixés qui pourraient casser une vitre si le container est mal traité.
Nous prenons aussi la décision de nous séparer de Bruno et Véronique. Alors qu’eux devront repasser à la DIAN et la PTJ, nous filerons sur Colon, pour montrer que nous sommes bien là et prévenir qu’ils auront du retard.
Nous passons une nuit courte, peu reposante sous une chaleur suffocante… toujours cette humidité insupportable.
5. Le lendemain à Colon, se rendre au bureau de douane dans la Zone Franche, demander en chemin. Présenter le Permiso de Entrada, le document de la PTJ, et retirer le Permiso de Salida. Sans manifestations de douaniers, ça dure 15 minutes. Sauf que pour nous c’est 40 min d’attente pour voir le bon fonctionnaire et s’entendre dire qu’il nous manque un tampon de Seaboard justifiant qu’on a bien payé. Les boules !!! On ne s’en sortira jamais. On file alors à Seaboard dans le port de Colon. Attention, il y en a plusieurs, faites vous préciser lequel par votre compagnie. Le notre c’est Cristobal. On croise les doigts pour que Seaboard Colon accepte de nous faire le tampon qui aurait du être fait par Seaboard Panama, auquel cas on est dans une sacrée merde, pas assez de temps pour refaire les 160km. Ils refusent ! MAIS, contactent Panama qui leur envoie par fax le document tamponné. Ouf !!! On garde en tête que Bruno et Véronique sont en train de galérer à Panama et on veut donc faire gagner du temps à tout le monde en demandant également le document pour eux. Entre temps, on les voit débarquer ! YES ! Nous retournons tous ensemble au bureau de douane. Devinez qui on rencontre là bas ? Vincent, Marilyne et Dan bien sur. Tout est un peu plus facile pour eux, ils ont un tramite qui les guide dans toutes les démarches.
7. Se rendre chez Seaboard, pour récupérer un document et s’affranchir de 5$ par container pour le port- frais de sécurité. On ne cherche pas à comprendre. Alors que normalement, nous devions charger les voitures dans l’aprem, contrairement à ce que nous avait dit Eric Hansen, on nous annonce que nous pouvons les charger demain, samedi. On desserre les fesses. C’était ce que nous voulions à la base. Cela nous laisse plus de temps et surtout nous évite une nuit comme des clochards dans les rues de Panama.
L’aprem sera consacrée au nettoyage de la voiture que l’on bichonne.
8. Pour nous le lendemain, se rendre à l'entrée du port dès la 1ère heure, nous avons jusqu’à 12h.
Au réveil, les 2 vedettes sont prêtes pour la grande traversée
9. Se présenter à la fenêtre des dockers, faire entrer le véhicule dans le port (on nous laisse le conduire), trouver les inspecteurs qui feront un état des lieux, quasiment 1h30 pour les 2 véhicules. Tout se passe bien.
L'heure est venue
10. On y est presque… Il reste à rentrer les véhicules dans le container, toujours nous qui conduisons puis on regarde les manutentionnaires faire le calage. Bruno et Véronique sont un peu inquiets. C’est sur comparé à la France ou l’Australie, les techniques sont plus olé olé ici. Enfin, ils savent ce qu’ils font, on imagine…
Le calage
ALLEZ SOUFFLEZ UN BON COUP ! Il vous reste juste à revenir sur Panama d’où partent les vols pour la Colombie.
13h, soulagé d’un 1er poids, nous cherchons notre bus pour Panama. Le trajet est un enfer. Le bus est bondé, nous sommes chargés, les sacs sur nos genoux. Mais comment font les back packers ? Nous sommes trop habitués au luxe de notre voiture.
15h, nous arrivons sur Panama affamés. Pas le temps de manger, nous devons trouver une connexion internet pour vérifier l’envoi de nos billets d’avion. Nous avons choisi Aero Aires, la compagnie la moins chère. Pour 2, nous payons 300$. Il y a des vols tous les jours, avec des dispo de dernières minutes. Nous avons pris nos billets 3 jours avant le vol. Mais rien, pas de billets dans nos boites mails. Nous avons quand même une confirmation de paiement, cela devra faire l’affaire.
Avant de filer vers l’aéroport Pierrick et moi avons encore quelques petites courses à faire comme acheter les cartes mémoires (bon marché dans le pays) qui nous permettent d’envoyer à la famille en France la sauvegarde de nos photos. On demande aussi aux policiers que nous croisons si l’aéroport est bien ouvert la nuit, on compte y dormir. On nous confirme que oui.
16h, on rejoint Véronique et Bruno et sautons dans un bus qui nous amène au bon terminal pour prendre un autre bus vers l’aéroport. Arrivés au terminal, on nous informe que nous ne sommes pas au bon. Dégouttés on nous a raconté des conneries il y a 2 jours. On doit donc prendre un nouveau bus qui nous éloigne de la ville pour rejoindre le terminal central d’où on prend un bus pour l’aéroport.
18h, nous sommes enfin à l’aéroport ! Pas tranquilles à cause de cette histoire de billets électronique non reçus (Bruno et Véronique ont les leurs alors que nous avons réservé en même temps), nous allons au guichet de Aero Aires pour voir ce qu’il en est. Nos inquiétudes sont justifiées. Nous avons bien fait de ne pas attendre demain, jour du départ pour vérifier tout ça. Ils nous disent qu’ils n’ont rien à notre nom, aucune réservation, mais qu’il y a toujours de la place, faut juste qu’on paye 2 fois plus cher nos billets. Hors de question !!! A bout (vraiment cette journée est interminable, on n’en peut plus de toute cette succession d’incompétences des Panamiens), nous rentrons dans une COLERE NOIRE ! Encore une fois, nous nous sommes démenés pour tout, pour que tout fonctionne, et à cause de leur DEBILITE tout foire. Sans autre choix, nous partons vérifier si nos comptes bancaires ont été débité ou non. Si oui, ils seront forcés d’admettre leur erreur. Mais voila, nous sommes au Panama, pas de réel réseau dans l’aéroport. On arrive à capter très mal celui d’un restau. Hors de question de consommer pour avoir internet, nous nous asseyons par terre. Qu’on vienne nous dire quelque chose, on va les recevoir !!! Au bout de 30min qui nous paraissent 3 jours, nous arrivons enfin sur le site de la HSBC. Horreur, le site est indisponible au public pour maintenance du samedi 13 mars au dimanche 14 mars. Pile poil pour nous faire chier. On est maudit, c’est la cerise sur le gâteau. Nous entrons dans le plus grand désespoir. Le comble de la mal chance. On est abattu. On se reprend, selon notre plus grande devise en ces moments : il y a toujours une solution. Il faut juste la trouver. Nous arrivons finalement à atteindre le site de la HSBC-MASTERCARD sans passer par celui de la HSBC. On se connecte enfin, et OUI NOUS AVONS ETE DEBITE !!! Fou de rage, on retourne ordi en main au guichet d’Aero Aires avec la preuve que nous avons payé. Heureusement, que nous avons vérifié, cette bande de VOLEURS auraient pu nous faire payer deux fois les billets d’avion. Mais non, ils n’ont toujours rien à notre nom. Alors on se met à GUEULER mais alors à GUEULER VRAIMENT TRES TRES FORT – je suis en age et Pierrick à ses palpitations qui le reprennent, ils vont nous faire crever. Et là comme par miracle, ca y est notre dossier apparait sur leur écran ?! C’est quoi ce bazar ?! On demande alors un papier tout de suite attestant que nous aurons bien nos billets demain au moment de l’embarquement, on ne leur fait absolument pas confiance.
Voilà comment perdre 2h !
20h, où en sont Véronique et Bruno au fait ? Pour eux, c’est une histoire différente. Il y a bien un dossier mais il faut attendre demain pour être sur… C’est du GRAND N’IMPORTE QUOI ! Vivement qu’on se casse de ce pays !!!
20h15, Pierrick et moi, nous nous rappelons que Dan, Vincent et Maryline, eux aussi passent par cette compagnie. Leur vol n’est que dans quelques jours, nous voulons leur éviter d’avoir les mêmes problèmes. Nous, nous avons une conscience, et leur envoyons donc un mail pour les avertir.
20h30, nous mangeons dans le plus grand des silences notre 1er repas de la journée. Cette journée (ainsi que les 2 précédentes) aura été un cauchemard. Epuisés et usés, nous nous installons lamentablement sur le carrelage glacial de l’aéroport pour essayer de trouver un peu de repos. Nous savons que nous avons besoin d’être d’attaque demain pour l’arrivée en Colombie. Mais la nuit est dure une nouvelle fois. Comme dans tout aéroport, la clim est bien trop forte et le carrelage peu accueillant. Nous dormons peu.
Dimanche 14 mars, 6h, nous sommes à l’enregistrement. Cette fois ci, c’est sur en route vers la Colombie !!! Toute l’Amérique du Sud nous attend…
Si nous faisons le bilan (en sachant que nous n’avons fait que la moitié du boulot, il faut tout refaire dans l’autre sens en Colombie), cette 1ère étape de la traversée, nous a vidés. Malgré notre plus grande patience et notre meilleure réactivité, l’inégalable incompétence, l’extrême négligence et la stupidité, la fermeture d’esprit, la mauvaise foi et le manque de collaboration de tous les fonctionnaires du Panama nous ont abattus. C’était notre 1er transfert, mais je crois que nous pourrons désormais gérer n’importe quel autre, seul.
Je vais maintenant nous envoyer des fleurs, parce que même si ca sert à rien, ben ca NOUS fait du bien. . Je ne pense pas que nous aurions pu plus nous donné. Si c’était à refaire nous n’aurions pas pu faire mieux. Nous devons la réussite de cette traversée à notre débrouillardise et ténacité. Il fallu tout prendre en charge. Merci à nous 2, pour notre aplomb, notre réactivité, notre aptitude à trouver des solutions, à s’exprimer à notre manière dans une langue qui n’est pas la notre pour pouvoir faire passer tout ce que nous avons à dire. Comme toujours notre conviction que notre voie est là, nous fait traverser ces « épreuves » ensemble avec succès mais non sans peine. Nous savons que nous ne pouvons compter que sur nous même.
La récupération de Venturette dans un prochain message…
23 avril 2010
Et le petit dernier : Le PANAMA !
Le passage de cette dernière frontière se fait pour une fois assez facilement et rapidement. Juste une petite frayeur quand nous voyons le pont que nous devons traverser ! Euh, c’est sur, les voitures passent vraiment la dessus ?! Ici, nous ne sommes pas sur la panaméricaine et le poste de frontière est un peu olé olé. On nous oblige à prendre une assurance voiture alors que nous sommes persuadés que celle-ci n’est pas obligatoire.
Enfin, on rigole bien avec les agents qui, ciseau à la main, menacent Pierrick de lui tailler la barbe ! En fouillant la voiture, ils trouvent des poils et sont convaincus qu’on y cache un chien ?! Pierrick leur soutient que ce sont ses poils de barbes ! Ah ah, ils sont sceptiques ?!
Nos 1eres km au Panama se font au milieu des cultures de bananiers. A perte de vue… Mais où vont toutes ces bananes ?
La circulation est même interrompue par des bananes suspendues à des sortes de télésièges de bananes qui traversent gentiment la route pour aller d’un champ à l’autre ?!
Quel bazar !
Nous arrivons quand même dans l’après-midi au parc de Palo Seco. Ici, nous partons pour une petite randonnée. Nous sommes accompagnés de Onesto qui nous guide à travers la fôret pour nous mener jusqu’à de belles cascades.
Le lendemain du côté de Boquete nous nous lançons sur le Sendero de los Quetzales dont nous aurons beaucoup de mal à trouver le départ. Alors que 3 personnes nous avaient assuré que le sentier était fermé pour cause d’inondations, nous le trouvons en parfait état !?
Direction ensuite Santa Catalina pour une sortie plongée exceptionnelle ! 1h de bateau nous amène autour des iles Canales dans le parc de Coiba dont la faune et la flore sont comparables à celles des iles Galapagos, pour ainsi dire unique ! Cerise sur la gâteau, des dauphins jouent dans les vagues de notre bateau, tandis que nos 2 plongées seront riches en requins, raies et tortues ! Voilà, c’est confirmé, nous sommes définitivement accrocs à ce sport !
Retour vers les montagnes, avec en chemin un arrêt obligatoire à Aguadulce pour la visite d’une usine de fabrication du sucre. De la culture de la canne à sucre à l’expédition de tonnes de sucre vers le géant COCA COLA, nous voyons tout ! Comme pour les cigares au Nicaragua, visite gratuite, privée et improvisée !
Tout ce sucre partira chez Coca Cola. Quand on vous dit que le coca, c'est vraiment sucré ?!
Pique nique un peu plus loin aux piscines naturelles et aprem sur la playa Blanca, le Cancun du Panama.
A El Valle, nous restons 2 jours à observer des grenouilles plus exotiques que jamais, des arbres aux troncs carrés ( ?!) et à profiter des vertus thérapeutiques des eaux et boues locales !
Fini de rigoler, il est maintenant temps de s’attaquer à Panama Ciudad la capitale où nous attendent beaucoup de démarches pas très drôles.
Premièrement, organiser le transfert de Venturette en Colombie. Et oui, comme vous l’avez compris, nous avons pris la décision de passer de l’autre côté. Comment tourner le dos à l’Amérique du Sud ? Nous remballons donc pour un an. YAHOOOOO !
Mais rien n’est simple. Il manque 250 km de route, donc accès impossible par voie terrestre ! Il faut payer à Venturette une journée en bateau sur la mer des Caraïbes. Nous faisons le tour des compagnies pour trouver le devis le plus intéressant. Tous seront honteusement chers. Quand je dis cher, c’est vraiment cher, autour de 1500 $ !!! Pour info, ça coute moins cher d’envoyer sa voiture de France à New York alors que ça prend 15 jours ! Enfin, nous étions prévenus. Pour essayer de réduire les frais, nous allons chercher activement pendant de longues journées d’autres voyageurs pour partager le contener et donc diviser le prix en 2. Mais rien n’est évident. Nous sommes en avance sur les voyageurs que nous avons rencontrés avant. Aucun ne peut être sur Panama pour le départ de ce dimanche. 2 choix s’offrent à nous : payer ou attendre, sachant qu'attendre signifie manger et donc ca nous coute des sous aussi. Finalement, nous attendrons Bruno et Véronique pour le dimanche suivant et réussirons à négocier 100$ de moins. Wouhou !!! On fait ce qu’on peut… Histoire de compliquer les choses et de remettre un coup au porte monnaie, nous ne pouvons évidemment pas voyager avec Venturette, il faut de notre coté prendre l’avion !
Voilà, nous avons donc 15 jours à tuer dans cette ville guère peu attrayante. Panama Ciudad est archi bruyante et fatigante, et surtout c’est la ville de tous les contrastes.
Un downtown digne de New-York et une vielle ville qui fait légèrement penser à des favelas. Des centres commerciaux monstrueux avec des food-court qui écrasent largement celles du Canada et des USA.
Au milieu de tout ça, des riches panamiens, pas mal d’expatriés mais aussi quelques indigènes en tenues traditionnelles ! Nous ne parlons même pas de la circulation : anarchique, chaque jour depuis 1 semaine nous sommes témoins de 2 accrochages ! La pollution sonore nous épuise : les chivas (bus locaux) sont infernaux et les klaxons insupportables. Voila, nous allons devoir composer avec tout ça et surtout nous trouver un endroit où dormir pendant 15 nuits dans ce chaos. Si si on a toujours autant envie d’aller en Amérique du Sud :P
Alors notre programme pour ces 15 jours (puisque impossible de se reposer ici) : rien d’excitant.
- Trouver la compagnie maritime
- Trouver la compagnie aérienne
- Faire valider la sortie du territoire pour Venturette
- Déposer Venturette à Colon (port de départ à 200km de Panama), au passage faire un tour dans la zone libre, l’une des plus grandes au monde
- Trouver un bus pour nous ramener sur Panama d’où part notre vol
- Trouver l’hotel qui nous hébergera sur Panama quand Venturette sera à Colon
- Trouver l’hotel qui nous hébergera sur Cartagena en Colombie, le temps de sortir Venturette de son container
- Se faire vacciner contre la fièvre jaune 
- Régler nos impôts Canada et Québec
- Clarifier la situation pour ceux de France
- S’occuper de Venturette (elle le mérite, elle nous a conduit jusque là)
- Consacrer du temps au blog bien délaissé ces derniers temps
- Trouver des guides d’Amérique du Sud
- Trouver des blogs desquels on pourra s’inspirer pour chaque pays
Et pleins d’autres trucs encore plus mortels ! Enfin, l’avantage c’est que ça nous occupe. Il nous faut pas moins de 3 jours pour remplir ces déclarations QC/CAN de m… ! Je sais que je l’ai déjà dit l’année dernière mais j’en rajoute une couche, ce système d’imposition est scandaleux ! 3 jours où comme des vrais comptables nous avons le nez dans des calculs tous plus insensés les uns que les autres. Un grand non sens selon nous !
Pour la France, ça devrait normalement être un peu plus simple, faut juste réussir à les joindre.
Nous offrons à Venturette ce qu’elle mérite depuis plusieurs mois, un bon décrassage ! Après 48 000 km dont un max sur routes de terre, ce n’est pas du luxe. Encore mieux, c’est un peu Noel pour elle : nous lui offrons des nouveaux souliers ! Et oui, des beaux pneus tout terrain !!! On avoue que les routes sud américaines nous font un peu peur. Avec ces nouveaux pneus, on espère gagner un peu en hauteur (notre bas de caisse porte les traces des nombreux topes et pierres rencontrées en chemin, nous le faisons redresser au passage) et surtout plus de sécurité sur les routes défoncées. Néanmoins, il est clair que même les meilleurs pneus ne feront jamais de Venturette un 4*4. Enfin, vu l’état de nos pneus (plus de 60 000 km à leur actif, ça devrait bien faire rire les Français pour qui on conseille de les changer tous les 20 000 … alors que nous n’avons en France que des routes parfaitement asphaltées !!!, on hallucine…). On n’a pas mal hésité pour « déjà » les changer, on n’a crevé qu’une seule fois ! Au moins si on avait creuvé 10 fois, on aurait moins regretté. Autre point positif, nous achetons une 5ème jante et gardons un de nos pneus usés comme roue de secours. Celle de base ne nous sera pas d’une grande aide quand nous crèverons sur la Ruta 40 en Argentine à 300 km de toutes civilisations.
Nous passons une journée entière à chercher des guides d’Amérique du Sud. On désespère assez rapidement. Allez, au moins un de Colombie. Mais non, les librairies sont ridiculement petites et le rayon tourisme inexistant. Nous passons alors aux hôtels de backpackers. Parfois, ils proposent un service d’échange de livres usagés que les voyageurs déposent en cours de voyage. Mais, nous sommes au Panama, rien de tel ici. Nous nous rabattons sur le seul guide trouvé : un guide général de toute l’Amérique du Sud. Pas top, on avisera sur place…
Pour le reste, nous avons besoin d’une connexion internet. Hors de question de payer pour cela, nous ne voulons pas de cyber café. Ce qui nous vient de suite en tête, ce sont les bibliothèques bien sur. Comme aux US où nous y squattions pendant des heures. Mais une bibliothèque ici, pas simple à trouver. Nous testons d’abord celle de la fac. A défaut d’avoir internet, nous avons au moins du courant pour brancher l’ordi. Et oui, on ne roule plus, donc impossible de recharger. 1 jour plus tard, nous migrons dans une autre école privée où nous avons internet. Sans rien demander à personne, nous nous melons aux autres étudiants pendant plusieurs jours.
Quelques jours sont passés et mauvaise nouvelle, notre bateau va être retardé de 2 jours au moins ! On ne s’en sortira jamais. Nous sommes déjà allés passer une aprem près du célèbre canal pour voir la surprenante traversée d’énormes cargos dans ce canal si étroit ! Vous saviez que tous les transporteurs maritimes sont construits avec en tête les dimensions du canal pour être sur d’y passer.
Venturette regarde passer les bateaux chargés de containers...bientôt ca sera son tour !
Ca passe juste !
A l'entrée du canal les bateaux attendent leur tour !
Nous avons aussi visité le Parc de Sobrenaria où nous avons rencontré le rarissime et très imposant Harpie Eagle ! N’étant pas vraiment passionnés d’oiseaux, nous ne réalisons pas du tout la chance que nous avons de voir cet animal. Un chercheur rencontré en chemin nous en fait prendre conscience. Nous cherchions des toucans, nous repartons avec un Harpie Eagle en boite !
Voilà, nous connaissons la ville par coeur, le canal c'est fait, le parc aussi... il va pourtant falloir occuper les jours qui nous restent à attendre.
Et le plus dur reste à venir ! A suivre...
PS : les photos du Costa Rica sont là au fait et celle du Panama aussi.





























































