17 octobre 2010
Le Pérou et ses grands classiques
Que serait Pérou le Pérou sans les lignes de Nasca, le Machu Picchu et le Lac Titicaca… Ben ça serait déjà pas mal !
Mais bon tant qu’à être là, autant se mêlait aux hordes de touristes qui parcourent chaque année le Gringo Trail.
La Panaméricaine nous conduit donc à Nasca où nous décidons de prendre un vol pour admirer ces énigmatiques lignes de haut. Malgré le cout assez conséquent de l’excursion, nous ne regrettons rien. De toute façon, nulle autre alternative, le mirador depuis la route ne permet pas de visualiser grand-chose.
Après 2 longues heures d’attente, nous pouvons enfin grimper dans notre mini coucou. Tout le monde a son sac à vomi ? Ok, c’est parti. Le vol ne durera qu’une trentaine de minutes et pourtant nous aurons largement le temps d’observer chaque figure sous tous les angles. On tourne dans tous les sens, ca balance un peu trop à mon gout. Alors que ça ne va déjà pas trop pour moi, le pilote en rajoute une couche : « Prêts pour le looping ? », les 4 gars acquiescent enthousiastes alors que je suis déjà en train de rapatrier tous les sacs à vomi vers moi…
Pierrick prend tout de même de belles photos :
Alors, c’est sur, chacun à sa théorie sur ces lignes. Pour notre part nous n’en n’avons pas vraiment … Par contre, une chose est sure, nous ne croyons absolument pas en cette figure : l’extraterrestre. Impossible, c’est une blague !
Je suis quand même bien contente de remettre les pieds sur terre. Mais pas de chance la route qui nous attend pour rejoindre Cusco est réputée comme l’une des plus sinueuses du pays. Effectivement, on peut difficilement faire pire !
Un jour après, nous arrivons à Cusco, et quelques jours encore plus tard nous serons au majestueux Machu Picchu. L’arrivée sur Aguas Calientes ne nous offre pas la meilleure des impressions. Nous sommes littéralement accueillis par des tonnes de déchets. L’odeur est immonde. Certains accusent le tourisme. Quelle belle excuse quand tout le pays croule sous les ordures. Surement le pire après le Venezuela. Assez facile de rendre le tourisme responsable. S’ils n’arrivent pas à gérer l’évacuation des déchets, qu’ils ferment ou limitent encore plus l’accès du site aux visiteurs. Après tout, c’est eux qui en souffriront le plus. Les touristes auront tellement d’autres choses à voir au Pérou.
Enfin, nous y sommes et nous ne resterons pas longtemps dans la ville. Arrivés vers 17h, nous en repartirons, le lendemain, à 3h du matin. Et à 6h, nous sommes dans le SITE ! Youpi !
2h de visite guidée avec notre guide qui nous fera découvrir que finalement on ne connait pas grand-chose de ce site.
A 8h, tout le monde est crevé. Un break s’impose sur l’une des terrasses herbeuses du Machu Picchu. Il faut qu’on reprenne des forces avant la terrible montée au Wuayna. Comme si nous n’avions pas gravi assez de marches pour la journée. Mais cette fois ci, pas de course. On va pouvoir prendre notre temps, environ une heure de montée. Alors tout cela valait t’il vraiment le coup, je parle de l’ascension du Wuayna. Plus ou moins… C’est sur, la vue sur le site d’aussi haut est impressionnante.
Derrière nous, les vallées recouvertes de jungle sont aussi sensationnelles.
Par contre, on a quand même l’impression que l’engouement pour ce pain de sucre est un phénomène de foule. Plus les gens y vont, plus les suivants ont envie d’y aller, genre le défi qu’on se doit de relever quand on va au Machu Picchu. On est certain que s’ils ne limitaient pas l’accès, ça attirerait beaucoup moins et que finalement les gens auraient la flemme d’y monter…
Les serpentins de la route à gauche et ceux du sentier à droite.
Nous repartons ensuite dans les ruines à la recherche de la photo carte postale.
Le site n’est finalement pas si bondé. Nous ne résistons pas au sentier qui mène au pont de l’Inca qui ne vaut pas forcément le coup.
Par contre, la marche sur le chemin de l’Inca avec ses énormes pierres qui mène à la Porte du Soleil vaut définitivement la peine. Encore un nouveau point de vu sur le site.
On mitraille, on mitraille et avec tout ça, cette longue journée touche à sa fin. Les derniers rayons du soleil illuminent les ruines.
Nous avons perdu notre groupe depuis un moment, il est temps de redescendre jusqu’à Aguas Calientes si on ne veut pas louper notre train. Pour redescendre, 2 choix : le bus, mais la queue et le tarif nous décourage assez vite. C’est donc parti pour une heure de descente.
Juste le temps de récupérer nos sacs à l’hôtel, et de manger sur le pouce au marché que notre train est là. 19h, 2h de train dans le plus grand des conforts (boissons, snacks), suivies de 2h de bus. Nous ne serons de retour à Cusco qu’à minuit, ce qui nous pose un peu problème, car la voiture est dans un parking qui ferme à 23h. Nous allons quand même sonner à la porte. Heureusement, nous ne sommes pas seuls, un autre client veut déposer sa voiture, et par téléphone nous arrivons à réveiller le proprio qui nous ouvre.
Ben voilà, le Machu Picchu, C’EST FAIT ! Notre avis : alors NON ce n’est pas parmi notre Top 10, mais oui oui oui ça vaut le coup. Le site est incroyablement bien conservé, magnifique et grandiose.
Le petit dernier, pas si petit que ça en fait, puisque qu’il s’agit du majestueux Lac Titicaca. A 3800 m, nous ne résisterons pas à la tentation de passer une nuit dans l’immensité du plus haut lac navigable au monde.
De Puno, non loin de la frontière bolivienne, nous prendrons un bateau qui nous emmènera d’abord vers les Iles Flottantes.
Nous ne voulions pas passer par une agence, mais les tarifs sont beaucoup plus intéressants que ceux proposés par les locaux au départ du port. Ils ne semblent pas très contents que nous soyons revenus sur notre décision. En même temps, on leur explique que quand ils veulent s’acheter un coca ils prennent le moins cher, ben la c’est pareil. Pour exactement la même prestation, désolé, mais on prend le moins cher. A vouloir être trop gourmand, on perd les clients.
On est aussi pas mal sidérés : tous les touristes ont prévu des cadeaux pour les familles chez qui ils vont être hébergés. Pourtant ces dernières ne font pas ça pour le plaisir, elles sont bien entendu rémunérées. Vraiment ridicule, les enfants (certainement pas les plus à plaindre du pays) doivent crouler sous les ballons de foot, crayons de couleurs et autres... Nous arriverons les mains vides fidèles à notre principe de ne pas céder à quelques formes de mendicité. Donner des bonbons ou de l’argent aux grands comme aux petits ne fait qu’accroitre la dépendance. Quel avenir pour ces enfants si en tendant la main ils arrivent à obtenir si facilement tout ce qu’ils désirent. Dans ce pays où la moitié des gens ne foutent rien (alors que d’autres c’est sur font preuve d’une imagination débordante pour gagner le moindre petit sous, et c’est toute à leur honneur car c’est finalement comme ça qu’ils s’en sortent) et passent leur temps assis sur une chaise devant leur maison à attendre que le temps passe, valoriser des valeurs comme le travail ne ferait pas de mal. Mais il est certain, qu’il est tellement plus facile pour les touristes d’éviter les conflits avec un petit billet… à moins que ce ne soit pour se donner bonne conscience.
On arrivera donc forts de nos sourires et de notre curiosité. Parce que ce rapport omniprésent à l’argent nous tue. 1er pays dans lequel nous ressentons vraiment que presque chaque contact est pourri par le fric. Nous n’aurons pratiquement aucune relation sincère et non intéressée avec les locaux. Très triste et pourtant si vrai (beaucoup de voyageurs font le même constat). Les disparités sont surement trop grandes. Apparemment, les efforts faits pour s’intéresser à la famille, à leur mode de vie et leur quotidien n’ont pas suffit. Le grand père que nous n’avons vu que l’espace de quelques minutes, n’hésite pas, en nous raccompagnant au port, à réclamer, toujours aussi impoliment, un pourboire ?! On hallucine, le pourboire ici est un acquis pour tout et n’importe quoi. Alors on se lance dans une longue explication : un pourboire ça ne se réclame pas et surtout ça se mérite. Si notre enthousiasme n’a pas suffit, qu’ils arrêtent d’accueillir les touristes. Voila, depuis le début, tout était faux, les sourires et les paroles, ils n’attendaient qu’une chose, notre fric. Un énième exemple qui explique une grande déception vis-à-vis des Péruviens surtout pour ceux qui ne manquent de rien.
Cela ne gâche en rien notre séjour sur la splendide ile d’Amantani.
Après 3h interminables sur le bateau, nous arrivons en pleine festivités. Mais avant, installation dans la maison familiale plus qu’agréable voire même assez coquete. On apprécie vraiment le privilège de passer une nuit sur le lac.
A peine le temps de monter en haut de l’ile pour admirer un coucher de soleil inoubliable sur le lac Titicaca,
que nous devons redescendre au village pour assister au folklore.
Après le diner très simple pris avec la famille, nous repartons pour une soirée de folie. Seule condition, accepté de vêtir les habits traditionnels ! Je vous laisse découvrir ça en images, ça vaut son pesant de cacahuètes ! ON NE RIGOLE PAS S’IL VOUS PLAIT !!!
Bref, une soirée bien touristique, mais bon ça fera des souvenirs. Le Pérou, le vrai ou presque…
Le lendemain nous enchainons par la seconde Ile tout aussi belle, Taquille. Nous choisissons de nous séparer de notre groupe et préférons utiliser notre temps libre pour monter en haut de l’ile et y savourer un pique nique inoubliable face à la grandeur de ce lac.
Pendant ce temps, notre groupe fait marcher un des restaux de l’Ile. Et voila, il est déjà temps de reprendre le large.
Ah, j’allais oublier de vous parler des ILES FLOTTANTES ! LE MEILLEUR…
Alors, les Iles Flottantes, c’est un peu Disney Land !
100% reconstituées, 0 authenticité. En même temps, on était prévenu. Mais à ce point. Encore une fois, pas de regret, il faut bien se faire sa propre idée. Donc, encore sur le bateau que les « habitants » de l’ile sur laquelle nous allons accoster nous saluent les bras bien hauts.
Bon, pourquoi pas ? Au moins l’accueil est chaleureux. Pendant 40 min, nous écouterons notre guide nous expliquer comment vivent ces gens, et surtout comment ces surprenantes iles sont construites.
Ensuite, c’est la tournée obligatoire des petits stands d’artisanat. Mais nous sommes agréablement surpris. On est en aucun cas forcé d’acheter comme on nous l’avait annoncé.
Pour ceux qui le veulent, et encore une fois, nous restons libres de choisir, on peut aller faire un tour sur un de leur bateau en jonc pour un petit supplément. Trouvant l’attraction vraiment trop inauthentique, nous passons notre tour. Mais nous n’avions rien vu. Alors que tout notre groupe monte sur le bateau, les « habitants » de l’ile, en guise d’adieux, se mettent à chanter « Alouette, gentille Alouette » et « Vamos a la Playa » avec chorégraphie s’il vous plait. On a du mal à le croire ! Tout ça est d’un ridicule…
D’autant que nous apprendrons plus tard, que ces indigènes ne sont en rien originaires de ces iles. La dernière étant décédée dans les années 50. Enfin, c’est quand même à voir. Regardez-moi notamment le gabarit de ces demoiselles !
Impressionnant, non ?! C’est sur les iles flottent bien ! En même temps, on imagine bien que les « habitants » doivent être plus que sédentaires, pas beaucoup de place pour se dépenser sur l’ile.
Et puis, ils aiment ça le coca ici ! Un jour, je ferai un mini bilan de ce qu’on a vu des comportements alimentaires en Amérique Latine… Qu’on laisse donc ces pauvres Américains tranquilles et qu’on s’occupe un peu de tous ces pays qui croulent sous des tonnes de malbouffe. Pour moi, la surconsommation est plus là, dans les marchants ambulants qui pullulent sur la route, dans les villes que dans les supermarchés Nord Américains. Pour moi, la sédentarité est plus là avec ces gens qui ne foutent rien de la journée, cul sur le trottoir (attention, pas tous c’est sur, y’a aussi ceux qui bossent comme des fous dans leurs champs à 4000m) qu’aux Etats-Unis. Il suffit de passer quelques heures dans les grands parcs citadins pour prendre conscience de l’hyperactivité des américains : Boston, New-York, San Francisco, Portland, L.A., autant de villes où les joggers, rollers-man, cyclistes envahissent les parcs à longueur de journée. Même à Paris finalement. Pourquoi est-il si difficile de trouver un cours de tennis libre, une plage horaire pour 1h de natation sans être à la queue leu leu. Certes, les infrastructures manquent, mais surtout, les gens sont finalement ACTIFS !
Et puis, la bouffe ici, une passion. De ces petites vielles qui ont les poches remplies de snickers (et non, ce n’est pas pour les vendre aux touristes !) et plus encore dans la bouche, et qui demandent une pièce… soit disant c’est encore de la faute des Américains qui exportent leurs produits ici. C’est sur, c’est plus facile de les accuser que d’éduquer ici.
De ces enfants qui à 4 ans, ont déjà de l’argent en poche (celui que les touristes leur donnent) pour s’acheter quotidiennement une bouteille de soda plus grosse qu’eux ! Combien en croisons-nous chaque jour avec leur bouteille de coca de 3l. Nous ne comptons même plus. Regardez cette petite vieille au Guatemala toute fébrile avec sa bouteille de soda énorme. S’ils ont de l’argent pour s’acheter ce genre de boissons et de snacks assez onéreux, ils en ont aussi pour s’acheter les céréales, fruits et légumes plus que bons marchés qui constituent les repas principaux. Non, nous ne sommes pas en Afrique ou en Inde. Les gens meurent-ils de faim en Amérique ? Pas de ce qu’on en a vu (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de misère, elle est partout, les conditions de vie lamentable mais au moins les gens ont a mangé), par contre beaucoup de malnutrition. C’est certain, on ne voit pas tout mais en 10 mois on peut quand même se faire une petite idée des comportements alimentaires. La terre est riche, l’eau omniprésente et les cultures si variées. Enfin, comment ne pas parler des quantités astronomiques de sucre, d’huile, de sel, d’alcool consommées chaque jour qui me laisse pantoise… Tout est dans la démesure. Des habitudes alimentaires qui ne partiront plus. Ahhhhhhh, simple diet que je suis, je me rappelle encore quand je bossais pour une grande étude nutritionnelle française et qu’on accablait notre population. Nous sommes bien ridicules en comparaison ! Des petits joueurs…Bref, je ferme la parenthèse.
Allez, nous quittons le Pérou plus que ravis et avons bien hâte de passer en Bolivie, pour voir le lac de l’autre côté…
07 octobre 2010
Nos galères dans le reste du Pérou...
Mercredi 17 juin, le jour est venu d’entrer dans un pays qui nous fait rêver depuis un long moment : le Pérou !
Le passage de la frontière se passe facilement et cela tombe bien, nous avons un rdv primordial avec l’équipe de France qui joue aujourd’hui. Va falloir être efficaces Messieurs les douaniers ! Rien à signaler de particulier pour cette frontière que nous passons à Tumbes, si ce n’est la rencontre de 2 français qui voyagent en Amérique du Sud avec un 33 tonnes, ou presque sans rire. Genre un camping car monté sur un semi remorque. Nous, en Venturette venant du cercle polaire… Bref, ces 2 là sont surement les voyageurs les plus antipathiques et blasés du monde. Nous passons vite notre chemin, de toutes façons rien à tirer d’eux, je cite : « Le Pérou c’est nul, y’a rien à y faire ?!». Ils râlent sur cette frontière qu’ils trouvent incompréhensible, surement l’une des plus claire pour nous. N’allez pas en Amérique Centrale !
On file sans tarder vers le prochain village, si on peut dire, 13h25… le coup de sifflet ne va pas tarder. Une fois arrivés, on est très clair, on demande aux habitants un comedor avec téléviseur peu importe le menu. Ces derniers ne comprennent pas « l’urgence de la situation » et nous vantent les mérites de chaque restau en fonction de la spécialité ! Mais non, on veut juste un almuerzo le moins cher possible devant une télé dans un restau propre. On trouve notre bonheur. Tout ça pour assister à la lamentable défaite de la France face aux Mexicains en plus. Grrrrr ! . Bon, comme ça on va pouvoir voyager tranquille sans se soucier du Mondial.
On continue donc notre route à travers un paysage désertique vers Mancora , station balnéaire qui réunit les amateurs de surf. Mais nous sommes ralentis à plusieurs reprises par les contrôles de police. Ces derniers ne sont guère peu accueillants. N’importe quel prétexte est bon pour nous soutirer du fric. Soit disant parce que nous avons des vitres teintées nous devons retirer un permis spécial de circulation. Celle là on ne nous l’avez jamais faite ! Bien sur, on s’insurge, on proteste… Pourquoi on ne nous a rien dit à la frontière ? Comment les croire ? On change de discussion en essayant d’obtenir une réponse claire sur l’assurance auto : obligatoire ou non. Quelle question ! Comme d’hab, difficile d’obtenir une réponse. Alors, ils enchainent sur le problème de la plaque d’immatriculation. On ne s’en sortira jamais. Ils ne nous croient pas qu’au Québec, on a qu’une plaque. Pffffffffffff, histoire sans fin. Une nouvelle fois, on fait diversion, on leur demandant où nous pouvons dormir en toute sécurité (contrairement à tous les voyageurs qui, une fois entrés au Pérou considèrent qu’ils peuvent camper n’importe où. Nous, nous avons un mauvais feeling avec le pays, hors de question de prendre de risque). Ils nous répondent d’aller dans la grande ville la plus proche ET d’y faire notre permis pour les vitres. On n’en n’a pas du tout l’intention, alors je les prends par les sentiments, en leur expliquant qu’on ne peut nullement dormir sur la place centrale, ben oui : OU JE VAIS FAIRE PIPI MOI ? Hein, ils n'y avaient pas pensé à ça et finalement nous orientent vers un péage à quelques km. Ben voilà, je crois qu’on les a bien saoulés avec tous nos problèmes et après ½ h ils nous laissent filer.
En tout cas, merci pour l’info, nous passons une super 1ère nuit sur une plage proche du péage avec un coucher de soleil magnifique.
Le lendemain, nous arrivons à Mancora, enfin. On ne s’y arrête même pas, continuons vers la très poussiéreuse et bordélique Piura où nous trouvons notre assurance auto. De Catacaos, un peu plus loin, nous repartons déçus par ce qui est censé être le plus bel artisanat du pays. Nous sommes à Lambayeque dans la soirée où nous ne trouvons pas mieux qu’une station service pour passer la nuit. La journée a été longue et peu agréable. Une initiative partie d’un bon sentiment, nous a poussé lors de nos derniers jours en Equateur à faire un chek-up santé dans une clinique privée. On a tiré un trait sur les hôpitaux depuis nos mésaventures du Mexique. Analyse sang, urines et selles, et contre toute attente c’est moi qui ressors avec un traitement de choc. Mais voilà suite à la double incompétence du médecin et du pharmacien, me voilà shootée aux antibio. Les 1ers jours au Pérou ne seront donc pas des plus folichons. Je suis totalement à l’ouest, dans les vapes. Il me faudra plus de 6 jours pour me remettre de cette overdose.
Trop faible même pour tenir toute la visite du passionnant musée de Lambayeque qui retrace l’histoire d’une des 1eres civilisations précolombiennes.
C’est du côté de Huanchaco que je trouverai un peu de repos (enfin, si les flics ne nous avait pas viré au milieu de la nuit, cela aurait encore mieux) pour me remettre un peu d’aplomb pour les fabuleuses ruines de Chan Chan. Plus grande ville pré-colombienne, la civilisation Chimu nous ramène en AD1300.
Plusieurs centaines de kilomètres nous séparent encore des majestueuses Andes. Nous devons d’abord traverser ce surprenant désert péruvien. Des lignes droites à n’en plus finir entre dunes de sables et formations géologiques rocailleuses où seuls quelques villages poussiéreux et hors du temps témoignent d’un peu de vie. Premières fois que nous sommes face à un tel désolément : ni eau ni électricité par ici. Seulement du sable et de la poussière. Mais nous devons maintenant quitter cette belle route asphaltée aux nombreux péages pour la piste qui nous fera traverser le Canon del Pato.
Plus de 100km sur la terre, mais tant que nous avons de l’Inca Cola, rien ne pourra nous arrêter. Pierrick adore, je déteste.
Une belle nuit au milieu de champs de mais et nous prenons surement l’une des plus belles pistes que nous n’avons jamais prise. Au fond du canyon, nous suivons le rio admirant ses parois colorées et cherchant les condors qui rodent au dessus de nous.
De la piste, on va en bouffer aujourd’hui. Après plus de 4h, nous arrivons à Caraz, où nous enchainons avec la terrible piste cahoteuse et grimpante qui nous mène à l’extraordinaire laguna Paron. La comparaison avec le Lac Louise dans les Rocheuses est inévitable. Sauf qu’ici nous sommes seuls au monde : pas de château-hôtel, ni d’autoroute ou de location de bateau gonflable. Bref, l’endroit parfait pour une FONDUE MAISON !!!!
On part éliminer tout ca le jour suivant sur les sentiers qui entourent la laguna pour des panoramas dignes de cartes postales. Mais je ne suis toujours pas remise, encore un jour de repos est nécessaire.
Nous décalons donc le départ pour le Santa Cruz trek et partons pour les lagunas de Llanganuco. Petite marche et surtout encore beaucoup de piste pour Venturette. Mais aucun incident à déclarer si ce n’est les tonnes de poussières qui envahissent l’intérieur.
Un nouveau coin pour la nuit idéal et nous voila le lendemain sur le sentier qui mène à la laguna 69. Plus de 4h de montée, mais quelle beauté en haut. Les eaux de ce lac encaissé et entouré par des glaciers nous rappellent le lac Capitello. Ah, la Corse pas besoin d'aller à l'autre bout du monde !
Nous montons d’un bon rythme et Pierrick décrète que je suis désormais d’attaque pour le Santa Cruz Trek.
De retour de ce dernier, nous partons vers la très touristique Huaraz où ne resterons que le temps d’organiser le Huayhuash trek. A nouveau de retour, nous sommes contents de récupérer Venturette en un seul morceau mais déchantons assez vite. Etrange tout allait bien lors de notre départ, et maintenant le tableau de bord déconne totalement. Nous faisons en moyenne du 180km/h, et ce dans les bouchons ?! On verra ça plus tard, on a besoin d’une bonne nuit de sommeil que l’on passera au milieu des cactus dans un désert rocailleux.
Dimanche 11 juillet, levé matinal. Nous devons absolument arrivés à Lima en début d’aprem. Pourquoi ? Pour la finale du Mondial. Nous ne savons même pas qui est en finale, mais l’idée de boire un verre dans un bar animé de la capitale nous plait bien. Alors on n’en finit pas de descendre : 4000, 3000, 2000 jusqu’à atteindre finalement le niveau de la mer. Hou, dis donc, il fait chaud par ici, ca change !
Et dire que nous étions quasiment dans les temps. C’était sans compter sur ces pourris de flics qui ne vont pas nous louper. Voilà, que ca recommence, ils nous prennent la tête encore une fois avec nos vitres teintées. Sauf, que cette loi existe vraiment au Pérou. Cette fois-ci, ils nous montrent le décret et l’amende qui y correspond. Encore une fois, mais vraiment de peu, nous échappons par je ne sais quel miracle à la prune. Et puis, l’éternelle plaque d’immatriculation, pour laquelle Pierrick invente un nouvel accord Canada-Pérou qui autoriserait les véhicules à circuler… En même temps, ils n’iront jamais vérifier. Avec tout ça, il est 13h30 quand nous entrons dans Lima.
On se trouve un parqueo et nous filons sur la Plaza centrale où des milliers de Péruviens se sont réunis devant l’écran géant. Nous découvrons que l’Espagne est en finale et qu’elle a le soutient de tout le pays. Après sa victoire, nous enchainons par le musée de l’inquisition et par la visite du vieux Lima. Les bâtiments et églises coloniales sont à la hauteur de la réputation de la ville.
Par contre, difficile de dormir par ici, nous partons (et nous nous perdons en chemin de nuit) vers le quartier Miraflores, autre quartier touristique sans aucun intérêt où se réunissent les expatriés dans des quartiers résidentiels hypermodernes. C’est ici que nous dormirons.
Pour notre 2nd journée dans la capitale, nous avons du pain sur la planche. Après notre chargeur de piles, c’est notre prise allume cigare grâce à laquelle nous rechargeons batteries des appareils photos et ordi depuis 1 an, qui nous lâche. C’est notre seule source d’électricité, nous devons donc remédier à ça au plus vite. Mais la tache n’est pas aisée ici où les seuls véhicules sont ceux des transports en commun. Vraiment en dehors de la capitale, les voitures particulières sont rares. Quand on présente notre appareil pour le faire réparer on nous regarde comme des extraterrestres. Il va falloir en trouver un nouveau. Plus d’une journée à aller de boutiques en boutiques pour finalement le trouver totalement par hasard. Une bonne chose de faite.
2 ou 3 autres formalités dont ce fameux permis pour les vitres teintées. Conscients de la chance que nous avons eu de ne pas nous être faits alignés, nous nous décidons à aller au commissariat central qui ne sera pas évident à trouver. Nous rencontrons, tenez vous bien, le chef « des vitres teintées de Lima » (?!) qui après un bref échange nous dispense de ce permis étant donné que nous n’allons rester qu’un mois de plus dans le pays.
Gros moment de détente du côté de la magnifique oasis de Huacachina située en plein désert de sable.
Aprem au bord de la piscine de l’agence qui nous emmènera en fin de journée pour un tour d’enfer en buggy dans les immenses dunes. On s’accroche car ca va dégomer. A fond dans ce désert, on décolle en haut de chaque dune avant de descendre à toute berzingue ! Mais le plaisir ne s’arrête pas là.
Ce que nous attendons tous est la descente des dunes en surf ! Chacun sa planche et c’est parti. 2 options possibles : pour ceux qui ont l’habitude de faire du snow, début sur la planche, pour les autres dont moi, à plat ventre, tête la 1ere !!! C’est certain, on s’en prend plein la face pour être polie (on s’en fiche, y’a des douches à l’agence pour se débarrasser des kilos de sables), mais qu’est ce que c’est DROLE !!! La 2ème option s’avère nettement plus amusante et Pierrick adopte finalement la même position pour plus de sensations. Les pentes sont énormes et surtout extrêmement pentues. On les dévale à une vitesse dingue. Les dunes se souviennent encore de mes hurlements hystériques lors de la dernière descente ! Mais où sont les remontes pente ?! Pas beaucoup de photos, nous préférons garderons l’appareil à l’abri du sable, à raison, certains y ont laissé le leur.
On enchaine par les célèbres lignes de Nazca que je décrirais plus tard. De la côte, nous entamons alors la terrible route qui repart vers les Andes avec pour objectif Cusco. 2 jours pour faire tranquillement cette route plus que sinueuse qui nous amènera du niveau de la mer à des cols à plus de 4000m. Venturette n’en finit plus de faire des siennes, les aiguilles du tableau de bord déconnent totalement. Maintenant, c’est celle de la température du moteur qui déraille. Un peu plus embêtant, nous nous décidons à demander conseil en route. Grosse perte de temps, ces gars sont incapables de faire un quelconque diagnostic. Ils essayent au passage de nous entuber en utilisant un scanner non adapté à notre voiture qui forcément ne détectera rien. Prendre les touristes pour des cons est un sport national ici, et on ne se gène pas pour exprimer notre furie !
Allez, on fait confiance à notre Venturette préférée, et on reprend la route. On passe une nuit glaciale mais au calme sur un plateau à 4000m. On s’inquiète un peu le lendemain devant les températures largement négatives. Perdus où nous sommes, si jamais Venturette ne redémarrait pas… Fausse inquiétude, elle vrombit comme une fleur ! Hé, c’est une Québécoise, après tout !
A Cusco, parmi beaucoup de touristes, mais alors vraiment beaucoup, on fait le tour des agences. Pendant ce temps, ces enf***** de Péruviens (décidemment nos rapports ne s’arrangent pas), nous volent les miroirs de nos rétros. Mais qu’est qu’ils vont en faire ?! On ne trouve pas de Venturette par ici, ni même de Chevrolet. On relativise, ca pourrait être pire. Bruno et Véronique se sont fait casser une vitre de leur Land Rover ici même, quant à Vincent et Maryline, on leur a volé leur réflex… Vive le Pérou ! Nous partons donc dans les quartiers populaires de la ville pour se faire faire des glaces sur mesure. Et là, l’espace d’un instant on a vraiment cru qu’on était dans « Caméra cachée » (ou « Blaguadonf » pour les Québécois), tellement c’est un travail de merde !!! Non, ils vont vraiment nous faire payer cette daube ? Ben oui, et l’histoire ne s’arrêtera pas là.
On assiste à quelques festivités le soir qui ne remettent un peu de bonne humeur et filons pour les prochains jours vers la Vallée Sacrée.
On n’a pas encore fini de râler quand on nous annonce le prix déraisonnable du billet touristique qui permet l’entrée à plusieurs ruines. C’est bon, là on a notre dose, et on fait le choix de ne pas payer et de ne pas y aller. Marre de se foutre de la gueule du monde. Nous ne sommes pas les seuls de cet avis. Je ne cite personne, mais j’ai en tête une famille de Français en camping car dans toutes les Amériques qui scandalisée par tout ça, en est venu par passer par la porte de derrière. Wouhhhhhh, les rebelles ! Ca aurait encore mieux, s’ils ne s’étaient pas fait prendre par les gardes : les 2 gamins courant en tête, les parents derrière pour fuir. Ahhhhhhhhh ! Excellent ! Dommage qu’ils aient du payer les 50$ par têtes. Quoi ? Non ? Nous, on a jamais fait ça… Ah, si peut être au Honduras ? Quoi je ne vous avais jamais raconté ? Non, ben si. Même cause, et nous aussi on s’est fait choppé. Heureusement que le gérant était français, et avait des amis de Pau. Faute avouée à moitié pardonnée, non ? Voila pourquoi on n’a pas retenté. Les vilains petits canards ont compris la leçon… Mais c’est pas notre faute, on n’aurait jamais osé si on ne nous avait pas fait passer l’info pour Tikal. Là bas, ça avait marché... Ahhhhhh, que d’aventures !
Bref, leur boleto touristico, ils peuvent se le mettre où je pense. Nous nous contentons du village de Pisac où a lieu le festival de La Virgen del Carmen. Folklore coloré qui met de l’animation dans ce minuscule village.
On fait des emplettes au marché d’artisanat où on croit faire des bonnes affaires et on réussit à troquer notre Lonely Planet Equateur contre celui du Chili.
A 14h après avoir mangé pour 1,5$ chacun (de la truite qui plus est), nous partons pour les impressionnantes salineras de Salinas - où on n’a pas besoin du boleto touristico.
Le site est vraiment surprenant, nous dormons dans le coin pour la peine.
Rdv un peu plus loin dans la Vallée Sacrée, à Chinchero en ce dimanche pour le marché. Encore des tonnes d’artisanat.
Et puis, sans savoir comment nous nous retrouvons dans les ruines dans lesquelles nous n’avons pas droit à l’accès sans le billet. Pas très à l’aise, on prend 2 photos et on en sort.
Dans l’aprem, je prépare nos sacs pour le Salkantai Trek pendant que Pierrick s’occupe de faire la permutation des pneus.
De retour du trek, l'espace d'une dance, Pierrick et moi enflamons la piste de dance dans une boite de Cusco lors d'une soirée avec notre groupe. Salsa !!! Non sans rire, on est les seuls du groupe à se lancer et on n'est pas si ridicule. Enfin, je crois...
Nous passons une nouvelle journée sur Cusco où tout foire. On a besoin de liquide et les distributeurs sont hors service. Les agences pour organiser l’Ausangate Trek sont fermées. Les garages dans lesquels nous espérons faire installer un nouveau compteur pour la température du moteur nous reçoivent comme des chiens.
Clou de la journée : nous retournons voir le vidrio pour les miroirs. Soit disant il a les miroirs originaux pour nos rétros. On devine l’arnaque. Il a racheté au voleur NOS miroirs, ceux qu’on nous a volés 6 jours avant. Mais bon, en même temps, on n’a pas trop le choix si on veut des vrais rétros (on n’y voit rien dans les glaces de dépannage qu’on nous a posé). On s’est donc mis d’accord pour ne pas broncher et racheter nos propres miroirs volés.
Histoire de les titiller un peu et de montrer qu’on n’est pas aussi débiles que nos faces de gringos veulent bien le paraitre, on commence à poser des questions naïvement : « OH, merveilleux mais OU vous les avez trouvés ? On croyait que ce genre de voiture ne se trouvait pas ici… ». Et puis devant leur réponse plus que douteuse, on insiste. C’est plus fort que nous. Je demande l’adresse d’où ils ont acheté les pièces, ben oui histoire qu’on sache où aller la prochaine fois. Il me répond n’importe quoi. Je ne lâche pas l’affaire, j’aime pas comment il me regarde et demande alors la facture pour avoir les coordonnées. Le gars commence un peu à se sentir mal à l’aise. De l’autre cote, Pierrick demande carrément au gars de tout lui avouer en lui promettant qu’on payera quand même. Et contre toute attente, le gars avoue !!! On hallucine et surtout on explose ! Quelle rage !!! On hurle dans la rue, Policia Policia. On se « bat » chacun de notre coté. Pierrick récupère le retro de gauche et moi je perds celui de droite, le gars l’arrache plus fort que moi. Les gars partent en courant pour se dissiper dans la nature, tandis qu’on roule jusqu’au bureau de police le plus proche pour porter plainte. On sait déjà que cela ne servira a rien, on ne récupérera jamais l’autre retro, mais on espère qu’ils aient des problèmes. Pffffff, et voilà comment perdre une aprem au commissariat. Heureusement, qu’on avait rien payé.
Le lendemain, on serait bien parti définitivement de cette ville, mais nous devons changer notre filtre à huile (qu’on mettra ½ journée à trouver) et changer l’huile. On finit par faire installer aussi le nouveau compteur. Et voila, la journée est passée.
Mardi 27 juillet, fête nationale. On assiste au défilé (et au passage on se fait poursuivre à coup de jets de pierres par des manifestants) et on fait le tour des mécaniciens.
On a l’impression que notre moteur chauffe, assez inquiétant. Ce que nous redoutons le plus : la panne moteur qui nous mettrait dans une sacrée merde. On ne sait pas trop en fait (fiabilité des jauges ?!), mais pour plus de tranquillité on veut un avis. Non, à priori tout va bien. Bon, soit. On file vers Tinki, pour l’Ausangate où on espère retrouver un peu de sérénité.
Revenus enchantés de l’Ausangate Trek, nous commençons sans tarder la route vers Arequipa.
Hé, regardez ça (en haut à droite), nous pourrions être au Brésil dans moins d'une semaine !
Non, il faut encore patienter quelques mois...
De Juliaca, nous ne gardons pas vraiment de bons souvenirs. Les flics encore une fois ! Ils essayent de nous mettre une amende soit disant parce qu’on aurait bruler une priorité. La blague ?! Genre, nous les conducteurs modèles. Ok, ils veulent jouer à ça. On leur dit tout de suite qu’on n’a pas de temps à perdre, qu’on sait très bien comment ça se passe ici. Numéro de matricule et commissariat le plus proche, s’il vous plait, Messieurs pour aller discuter de tout ça avec le grand patron. Ils changent de discours en 2 secondes. « La police est votre amie » qu’ils nous disent finalement ! Un kilomètre plus loin, rebelote. On va perdre patience. Les vitres teintées pour changer. On donne la carte du « Grand chef des vitres teintées de Lima » (tout cela est d’un ridicule qu’on on voit l’état de toutes les autres voitures qui circulent : pas de phare, de feu arrière…). On est dimanche et le flic nous demande de l’appeler. Hors de question, on n’a pas de tel et surtout on n’a rien à lui dire nous. Qui le fasse lui ! C’est ce qu’il fera. Il a du avoir l’air malin à le déranger juste pour ça. Enfin, nous sommes libres.
La route vers Arequipa est assez longue, nous préférons faire un arrêt pour la nuit dans un parc au pied du Chachani où nous sommes encerclés par les gracieuses vigognes. Encore une fois, le réveil sera glacial, nous avons du givre sur les vitres à l’intérieur. Arequipa est une grosse ville, ce qui ne nous enchante guère mais comme toute grande ville, elle offre certaines possibilités. Par exemple, peut –être faire réparer notre convertisseur allume cigare. Oui oui, celui qu’on a acheté y’a 10 jours à Lima et qui ne marche déjà plus. On trouve un gars qui semble sérieux et savoir ce qu’il fait. On lui confie notre appareil le temps de la surprenante visite du musée, dont je ne me rappelle plus le nom. Particularité de ce musée, il abrite une momie d’une jeune fille de 15 ans qui a été sacrifiée pour les dieux lors d’un rituel inca. Plus qu’une momie, son corps qui a été retrouvé en haut du Mont Ambato, a été conservé par la glace. Ses cheveux et sa peau sont incroyablement bien conservés. Impossible de vous faire partager cela, photos interdites.
Petite visite de la ville très agréable et on récupère notre appareil comme neuf.
OU presque, une fois arrivés dans la voiture on le teste, mais rien. Pourtant, il fonctionnait chez le gars. Etrange ? Ca commence à nous agacer cette histoire. Avant de retourner voir le réparateur, on arrête un gars en voiture, et on lui demande de le tester sur son véhicule- oui, il y a quand m^me des gars aidants et gentils au Pérou. Ca marche, le problème vient donc de Venturette. On cherche donc un électro-mécanicien pour avoir un peu d’aide. Pfffffffff, nouvelle perte de temps, le gars ne comprend rien et finalement nous aurons une illumination. Un fusible, voilà le fautif !
Tout est bien qui finit bien, en route vers le Canon del Colca. 2 ou 3 jours de repos avant le trek, et oui, j’ai la crève. Nouveau record pour Venturette qui passe un col à 4910m ! On n’en revient pas de pouvoir allez ci haut en voiture. Chivay n’est plus très loin, mais nous sommes de nouveau confrontés à un autre boleto turistico. Barrage sur la route, on veut nous le vendre. Question qu’on ne leur a visiblement jamais posée : A quoi ça sert ? Entrée de villages, d’églises et miradors… Ok, très bien, on s’en fout de tout ça nous, on veut juste faire notre trek. Ils insistent, y’a vraiment beaucoup de miradors ect ect. On bataillera un bon moment mais serons finalement contrains de payer. On apprend quelques jours plus tard que très peu de gens payent ce billet. Plus facile quand on est en force dans un bus à 15, qu’à 2 en voiture particulière.
Au bord du canyon, la principale attraction sont les condors que nous pouvons observer à loisirs parmi tant d’autres.
Nous revenons du trek dans le canyon et savons que notre séjour au Pérou touche à sa fin. Néanmoins, nous ne partirons pas du pays, sans un passage obligatoire au Lac Titicaca. A suivre dans le prochain message.
17 septembre 2010
Trek 5 : Le Grand Canyon au Pérou
Un dernier trek au Pérou, qui n’a rien à voir avec les autres puisqu’il ne consiste pas à passer des cols au milieu de sommets andins. Et non, nous partons du côté d’Arequipa pour découvrir le magnifique Canon del Colca, qui est un peu au Pérou, ce qu’est le Grand Canyon dans l’Ouest Américain.
Pas de mule, ni d’arriero, nous retrouvons l’immense plaisir de partir seul et de marcher à 2. Partis pour 3 jours, nos sacs nous paraissent bien lourds, depuis le temps que nous ne les portons plus plein. A Cabanaconde, nous laissons Venturette au commissariat, là au moins on n’a pas de souci à se faire ! On file acheter notre pain frais pour nos 3 jours de rando et on file vers le mirador d’où commencent le sentier. En chemin, en traversant le village, nous sommes pris au beau milieu d’un cortège funéraire.
J1 : l’objectif en cette 1ere journée descendre au fond du canyon, déjeuner au bord du rio et remonter jusqu’au village perdu de Tapay ou nous comptons passer la nuit. La descente se passe bien et nous rappelle immanquablement celle du Grand Canyon (ce canyon est d’ailleurs plus profond, soit disant le plus profond au monde. On nous avait déjà dit ça en Grèce y’a 3 ans à Monodendri- bref, il est profond…). Seul hic, nous devons partager le sentier avec tout un tas de groupe. Nous qui pensions marcher seul, c’est râpé !
Comme à chaque fois, au départ d’un trek, nous avons toujours un pet de travers. Encore moi, qui couve un rhume du tonnerre qui me fera bien souffrir lors de la remontée vers Tapay, plus de 800m de dénivelé qu’on s’enfile en 2h. Bien récompensé en haut, nous dormons dans une charmante cabane privée (pas vraiment de belles possibilités de camping) avec accrochez vous bien, douche chaude !
Nous sommes de l’autre côté du canyon, dans un bled inaccessible en véhicule, mais certaines maisons sont équipées de panneaux solaires ?!
J 2 : Forcément avec un tel confort, on traînasse un peu au lit le matin. J’Me souviens même pas la dernière fois que j’ai dormi dans un lit. Je me demande encore pourquoi on a quitté notre confort de notre condo québécois… Hum, je m’égare. Pour aujourd’hui, direction Fure, un autre hameau encore plus retranché.
En chemin, tous pleins de minuscules villages où les vieillards s’amusent à tirer la barbe de Pierrick. Ah, ça leur en bouche un coin, une barbe si longue !
Mais aussi de beaux points de vue sur l’oasis en dessous à laquelle les groupes de la veille vont tous. Nous rencontrons aussi une veille dame, qui nous explique qu’elle a chaque jour pour mission de surveiller les précieux cactus qui poussent par ici. Ces derniers sont les hôtes d’un parasite dont les œufs permettent d’extraire un pigment utilisé en cosmétologie mais aussi pour les teintures des tissus. C’était donc ça… Nous avons acheté au Mexique un superbe tapis « 100% naturel » soit disant dont les tentures proviennent de ce parasite.
La journée est assez longue et fatigante. La chaleur est écrasante, on manque d’eau et en plus nous nous payons un détour au fond du canyon que nous devons remonter partiellement pour arriver à Fure. Le village ne se résume qu’à quelques maisons perchées à flanc de montagnes. Cadre exceptionnel où nous dormons encore en habitations cette fois ci beaucoup plus rudimentaires.
Nous partageons le dortoir avec une famille de français qui ont énormément bourlingué et qui nous donnerons tout plein de nouvelles idées pour nos futurs projets de voyage !
J3 : Sur leurs conseils, nous changeons nos plans et décidons contre toute attente de ne pas descendre à l’oasis, pourtant point d’intérêt majeur de la rando. Trop de monde, nous préférons nous diriger vers Llahuar où des sourdes thermales beaucoup moins fréquentées mais tout aussi agréable nous attendent.
Avant cela, nous prenons le temps d’aller voir les cascades qui se trouvent à 1h30 de marche. Impossible de sortir des 2 piscines, nous y passerons tout l’après midi en compagnie de 2 petites franco-péruviennes. Du coup, nous ne remonterons pas le canyon ce jour et ne rentrerons que le lendemain. On est tellement bien ici, qu’on décide de prolonger d’un jour. Par contre, nous n’avons plus de nourriture et devons donc diner « en ville ». Soupe de choclo et plat de riz feront bien l’affaire.
Cette fois ci, nous dormons dans une cabane en paille, avec terre au sol, et pour seul mobilier un grand lit trônant au milieu.
J4 : Le jour de la terrible remontée. Mine de rien plus de 1300m de dénivelé avec nos gros sacs à se porter sous une chaleur écrasante. Encore une fois, on essaye de se motiver pour partir aux aurores afin d’éviter le soleil ravageur. Mais le confort de la cabane prime et nous ne décollons que vers 6h30. Contrairement, au Grand Canyon, où la prévention quand au risque d’insolation et de déshydration est telle que l’on trouve des robinets d’eau après chaque heure de marche, ici il faut tout se porter. Evidemment, nous prévoyons beaucoup trop d’eau, mais mieux vaut trop que pas assez. Nous profitons quand même de 2h de marche au frais et à l’ombre.
A partir de 9h30, ça se corse, le soleil sort et on grille comme des merguez. En 4h nous sommes en haut, mais le plus long finalement sera de rejoindre Cabanaconde. Comme d’hab, après un trek, ravitaillement obligatoire dans les mini tiendas pour se faire un pique nique digne de ce nom (enfin, sans saucisson, rillettes, ou pâté-faut pas rêver !). 3 chenapans nous tiennent compagnie, qu’on amuse bien avec une histoire de doigt et barbe magique… Triste à dire mais surement l’un des seuls rapports humains qu’on aura avec des Péruviens (enfants ou pas) sans l’arrière pensée de récolter du fric ou de la bouffe.
Note : 3,5/5
Difficulté : 4/5 surtout liée la remontée qu’il ne faut pas sous-estimée. Des pick-up partent parfois de 1h à pied de Llahuar jusqu'à Cabanaconde.
14 septembre 2010
Trek 4 : Ausangate : Champion !
Bon, le Salkantai c’était bien drôle mais il est temps de revenir aux choses sérieuses ! Un trek, un vrai, dans les montagnes, sans vendeuse de snickers en chemin et surtout sans personne, même pas un Israélien ?!
Notre itinéraire : faire le tour du majestueux Mont Ausangate en 4 jours. Bon, on l’a expérimenté une fois, pas deux. Nous repartons en solo avec arriero, et cuisinier cette fois-ci. Nous avons trouvé sur le net grâce au blog d’une Canadienne le numéro de téléphone d’un arriero, Alejandro (GONZO HUAMAN 984 382 333, son frère 984 391 965) qui vit sur Tinki, point de départ du trek et qui propose des tarifs bien plus intéressants que sur Cusco. Nous tentons donc notre chance et après de multiples tentatives nous finissons par le joindre.
Même pas besoin de courir les marchés cette fois-ci, étant donné que nous aurons aussi un cuisinier qui se chargera d’acheter et de payer la bouffe.
Nous l’accompagnons quand même dans les mini tiendas de Tinki pour choisir les aliments.
En fait, nous ne marcherons pas le 1er jour, car avec notre voiture Alejandro, l’arriero-guide, préfère que nous avancions jusqu’à sa maison. Nous acceptons, lui faisons confiance sur l’état de la piste qui y mène. Nous n’aurions pas du. L’une des pires que nous n’avons jamais prises. Venturette souffre beaucoup dans les montées, sur les pierres aiguisées, dans la boue… Nous ne sommes absolument pas tranquilles, conscients qu’on abime notre voiture pour rien. Alejandro a beau nous répéter avec conviction « Buen Carro, buen carro » (de toutes façons tout ce qui est différent et surtout qui vient des States est super pour eux ! Ils croient tous que notre voiture est 4*4 alors que non, et que les leurs sont 1000 fois mieux. On échange quand ils veulent…), nous serrons les fesses pendant les 40 min de trajet. Une fois arrivés, nous doutons alors de la sécurité des lieux. Il nous assure que sa femme et ses enfants (et surtout le troupeau d’alpacas enfermés dans l’enclos juste à côté du stationnement) vont veiller sur Venturette. C’est vrai qu’on est au milieu de nulle part…
Monsieur l'alpaca
Nous passerons avec eux la 1ere soirée qui se révèle bien rustique. Nous dinons avec toute la famille dans une cahutte en terre de 2 m2 sans électricité, avec juste un feu de bois et un petit lit dans lequel ils dorment à 5. Nous doutons un peu de la réalité de ce scénario, étant donné que derrière tout ceci, Alejandro nous confie avoir une autre maison.
Nous découvrirons par hasard aussi une belle moto… Ajouté à cela, nous lui donnons pour ce trek la belle somme de 300 $ et sachant qu’il en fait toutes les semaines, je ne crois pas qu’il soit à plaindre. Bref, tout ceci n’est il pas monté pour nous attendrir et distribuer galletas aux enfants et propinas aux adultes...
Ici, Benjamin
J 1 : Après avoir passé la nuit dans la voiture dans leur champ, nous nous réveillons assez tôt pour préparer nos sacs. Ca commence mal, je ne me sens pas très bien : gros mal de gorge, nausées… On se dit qu’après le bon petit dej que Alejandro va nous préparer, ca ira mieux. Mais pas vraiment, on hésite pas mal, puis on lui en fait part et on demande à attendre un jour avant de partir. Etre malade entre 4000 et 5000, et ne pas avoir accès au moindre médoc pendant 4 jours nous paraît pas très raisonnable. Mais Alejandro ne veut pas attendre, il a un autre groupe de prévu juste après notre retour. Compréhensible…. Pas le choix, ca ira, faudra bien ! On part quand même et effectivement tout se passera bien.
Le 1er jour met la barre très haute tant au niveau des paysages qu’au niveau des commodités. Nous avons droit à un repas de roi le midi cuisiné par Pascual, cousin d’Alejandro : fricassée de petits légumes, pates frites, et pommes de terre rissolées. Dès les 1eres heures de marche, nous savons que nous avons fait le bon choix avec ce trek. Radicalement différent des précédents, il nous permet de découvrir un autre aspect des Andes : des paysages lunaires quasi désertiques aux couleurs surprenantes.
Nous passons le 1er col toujours proches des 5000 sans trop de difficulté ce qui rassure toujours l’arriero de voir que ses clients en sont capables.
De l’autre côté, nous redescendons vers la laguna Ausangate où nous établissons le camp. Nous y arrivons assez tôt pour une bonne sieste.
Mais l’heure du diner arrive vite, un peu trop à notre gout, vers 17h ! Nous comprenons vite pourquoi. Les 2 zozos veulent se débarrasser de nous et nous envoyer au lit le plus vite possible pour pouvoir être tranquilles avec la fille des montagnes. Ils passeront une nuit blanche à discuter avec la demoiselle qui garde les troupeaux d’alpacas broutant dans les montagnes voisines. Enfin, on ne leur en veut pas, car d’une part, ces derniers n’ont pas de tente pour dormir, juste une pour cuisiner et vu le froid qui sévit, le sommeil serait dur à trouver. Et d’autre part, ils ont l’excellente idée d’aller pêcher la truite dans la nuit qu’ils nous serviront le midi suivant.
J 2 : Après la nuit blanche de nos compères, la mise en route est un peu lente. Quand nous débarquons dans la tente-cuisine, la bergère est toujours là et l’attention est plus porter vers elle que vers nos tartines de pain…
Pourtant il va nous falloir des forces en ce jour, où nous allons battre notre record d’altitude avec un col à 5200m. Mais avant cela nous traversons de jolies plaines où alpacas et lamas batifolent.
Puis nous enchainons avec un 1er col à 5000 que nous monterons pour ainsi dire pour rien. Si ce n'est les vues bien sur...
On redescend tout ça en moins de 2, et réunissons tout notre courage pour celui à 5200. Nous quittons lagunas et glaciers pour trouver de nouveau un paysage plus désertique et toujours coloré.
Arrêt obligatoire en haut pour la séance photo – et récupérer un peu, l’air se fait rare par ici.
A peine une petite heure de descente et nous rejoignons le 2nd campement où nous attendons qu’une chose : LA TRUITE !!!
Malheureusement, elle ne sera pas exactement à la hauteur de notre espérance. Ces arrieros ont la satanée habitude de trop saler la nourriture. Là, ils ont quand même fait fort. Quasiment immangeable pour moi ! Allez c’est pas grave, il fait trop bon, nous avons encore une vue géniale, parfait pour une bonne sieste au soleil.
Nos amis vont pouvoir bien dormir cette nuit, puisqu’ils peuvent passer la nuit dans la cabane d’un local qui nous sert aussi d’abris pour manger.
J3 : Aujourd’hui, sur la carte du petit déjeuner, rien de moins que des PAN CAKE ! Si si tous frais, faits maison ! Waouhhhhhhhhh, ça c’est la classe et ça nous met de bonne humeur pour la longue journée qui s’annonce. On prend gout à marcher au milieu des alpacas, lamas et visconzas...
Nous arrivons en milieu d’après midi dans un hameau où on nous propose coca et nuit à l’hôtel que nous déclinons gentiment, bien que le site pour camper soit pourri.
J4 : Seulement 2h30 de marche pour revenir à la maison de l’arriero et retrouver notre voiture encore une fois en bon état. Mais ce qui nous attend, la terrible piste défoncée vers Tinki ne nous enchante guère. Alejandro et un des voisins en profite pour s’y faire resdescendre. Ils le regrettent sans doute quand après à peine 2min30 nous nous enlisons (tiens ça faisait longtemps !) lamentablement. Allez. Moi au volant, les 3 gars en train de pousser dans un sens puis dans un autre. Mais rien y fait, les roues avant sont totalement prises dans 20 cm de boue. A coup de pelle, on prélève de la terre pour la placer dans la mare de boue et faire ainsi une sorte de pont. Mais ca ne semble pas fonctionner beaucoup mieux. On persiste, parce qu’on n’a pas vraiment le choix, et aucune voiture ne monte jusqu’à ici- et pour cause. Venturette vrombit, la boue gicle de tous les côtés, le voisin qui c’était fait tout beau pour cette journée en ville est couvert de boue (ah oui, ça c’est vraiment drôle : lui, qui refusait d’aider au début, avec son beau jean tout propre, sa chemise sans un pli, ses chaussures vernies), se retrouve couvert de boue des pieds à la tête. Derrière le volant et donc un peu responsable et confuse mais surtout bien mesquine, je m’excuse sans trop le penser. Rien à faire pendant plus de 45 min, Venturette refusera de bouger du moindre cm. Alors on creuse et comme toujours nous finirons par y arriver. Alors, hein ? Buen carro ? Pas tant que ça, non ?! Alejandro fait profil bas, mais oublie vite tout ça en allumant à toute berzingue notre radio pour écouter les pires chansons péruviennes. Et non, pas « El condor pasa » qui au passage n’est pas péruvien mais Equatorien, mais une cacophonie s’apparentant à de la musique chinoise. « Cerveza, da me une cerveza, la la la », on est marqué à vie. Sans rire, il est fou de musique. La preuve pendant les 4 jours de trek, il a même amené son transistor (vous voyez celui que votre grand père a dans sa cuisine depuis la nuit des temps) qui fonctionne 24h/24. On a prié pour que les piles tombent en rade au bout du 2ème jour, mais non, elles ont tenues jusqu’à la fin. Des Duracelles surement…
Bref, après quelques autres passages délicats pour lesquels on préfère aller tester le terrain avant de s’y lancer, on finit par arriver au village. On reprend notre route à la recherche d’un endroit tranquille où on pourra manger et faire du rangement. On finira à la rivière du coin au milieu des locaux qui y lavent leur voiture et leur lessive. Pas bête, on s’adonne aux mêmes activités. Après tout le quotidien est le même pour tout le monde. Néanmoins, on ne peut pas passer la nuit ici, alors on va se trouver un coin perdu en pleine nature où nous pouvons nous reposer en paix.
Bilan de ce 4ème trek au Pérou :
Pierrick m’avait prévenu : « Tu sais, ce trek sera forcément moins bien que le Huayhuash, il ne faudra pas être déçus… ». Tu parles ! Ce trek est le meilleur de tous. Certes plus court mais avec des paysages tellement irréels, des animaux partout et surtout personne sur le sentier ! Pour ceux qui n’ont pas beaucoup de temps au Pérou, c’est encore la meilleure alternative. Bien que lorsqu’on a la possibilité de faire les 2, je crois qu’on a vu l’essentiel du Pérou.
Note : 5/5 pour ne pas mettre plus !!!
Difficulté : 3,5/5
Bon on arrive bientot ?
...et gravir toujours plus de cols.
Alejandro vidant la truite dans notre point d'eau...
Pierrick y lave ses chaussettes...
11 septembre 2010
Trek 3 : Salkantai Trek, ou Pierrick et Esther vont au Machu Picchu !!!
Nous y voilà…. Ou ça ? A Cusco bien sur ! C’est à dire dans le Pérou bien touristique. Pourquoi ? Parce que le Machu Picchu est tout proche.
Alors le Macchu pichu : tout le monde on parle. On a tous vu les photos des copains, des frères et sœurs, les cartes postales etc … Et voila, aujourd’hui, c’est notre tour ! Cela fait des mois qu’on y pense et pourtant, nous ne sommes toujours pas certains de vouloir vraiment y aller. Ben oui, de longues heures d’hésitations, à peser le pour et e contre. Ca semble peut être surprenant pour certains voir absurde, mais pour nous le Machu Pichu ce n’est pas le Pérou et ce n’est pas notre priorité. Donc d’un coté, le prix exorbitant de l’entrée (45$ !), la difficulté d’accès (bus+train à un cout exagéré), l’affluence sur le site. De l’autre, c’est sur, ca serait bête de ne pas y aller, on a vu tellement d’images, qu’on voudrait se faire notre propre idée… Finalement, nous arrivons à cette option : soit nous trouvons un trek intéressant qui nous permet d’y accéder à pied à prix raisonnable, soit nous n’y irons pas. 100$ par tête pour une journée… NON MERCI.
Donc nous passons une journée sur Cusco à aller d’agences en agences, à rencontrer des gars tous aussi incompétents les uns que les autres avant de choisir notre trek. Nous abandonnant notre idée de base qui était de relier les ruines de Choquequirao à celles du Macchu Picchu. Difficile à faire sans guide, nous n’aurions d’autres choix que de prendre un tour organisé, qui plus est privé, car personne ne fait ce trek, soit plus de 400$ par personne. Dommage… Nous nous rabattons donc vers un trek beaucoup plus populaire, le Salkantai, qui consiste en 4 jours de marche avant d’arriver sur Aguas Calientes, au pied des ruines. Cette fois-ci, nous partirons sereins puisque tout est organisé par l’agence. Nous devons juste trouver un endroit SÉCURISÉ (vu les mésaventures que nous avons eu dans Cusco, je raconterai ça plus tard) où laisser Venturette.
Lundi 19 juillet, 4h du matin, réveil. Nous avons 1h pour nous préparer et déposer la voiture. Nous avons rdv à 4h50 devant un parking. Évidemment, personne. Nous prenons pas mal de retard, ce qui n’est pas une bonne chose vu que le bus doit venir nous prendre devant notre hotel fictif (obligés de donner le nom d’un hotel alors que nous avons dormi dans la station service de la ville). On court et on arrive à prendre notre bus. 2h de route dans un bus plein d’une quarantaine de personnes alors que le gars de l’agence nous assurer que nous ne serions pas plus de 10 ?!
Finalement, nous serons un groupe de 16. Très vite, nous comprenons les inconvénients de partir en groupe. Dès les 1eres minutes, alors que nous ne sommes qu’à 3000m et que le sentier est plat, certains commencent déjà à être hors de souffle. Ils réclament des pauses tout le temps, et dès la 1ere « cabane à frite » se mettent à courir (comme quoi, ils n’étaient pas si fatigués…) pour s’acheter un snickers et un coca ?!
On hallucine vraiment et on se demande se qu’on fout là. D’autant plus que tous les groupes se sont donnés rdv ici, nous sommes plus d’une cinquantaine !!! Bon, on positive en se disant que sa sera une nouvelle expérience et on préfère faire connaissance plutôt que rester dans notre coin. 1h de marche de plus et l’heure du repas arrive. Ah non, c’est sur on ne regrette rien : repas chaud, avec soupe, plat de viande mijoté et thé ! Le 3 étoiles pour nous. Tout le monde ne semble pas de cet avis. On veut bien finir les assiettes nous. C’est sur ça ne sera pas le trek de notre vie, mais on va bien manger !
2 à 3h de marche de plus, où on croit que certains vont crevés sur place. Un fini à cheval, l’autre en pick up, une autre est en larme croulant sous les feuilles de coca. En arrivant au campement, on est sur le cul : figurez vous qu’ils ont réussit à installer les 16 tentes (2 groupes réunis) sous une tente géante pour nous couper du froid. Très très FORT !
Amusés on prend nos quartiers à exactement 2cm des tentes voisines. Et là, vient le moment qu’on attend depuis des jours et des jours : l’heure du POP CORN !!! YAHOOOOO ! Cette fois-ci, nous seront parmi ceux qui sont au chaud en train de déguster ces petits grains de mais éclatés bien chauds ! Youpi ! On n’a pas vraiment l’impression de l’avoir mérité mais on déguste quand même. On fait connaissance avec notre groupe lors de cette 1ere soirée : Irlandais, Suédois, Américains, Uruguayens, et bien sur Israéliens qui nous font jouer à un de leur jeu de cartes.
J 2 : 5h30, nous nous réveillons comblés par cette nuit au chaud alors que nous sommes quasiment à 4000m (le coup de la tente dans la tente ça semble marcher). Visiblement, tout le monde n’est pas autant de bonne humeur. Tout le groupe se plaint du froid, du manque de confort et des repas peu à leur gout. Ah, nous nous sommes aux anges…
L’humeur ne va pas s’arranger dans le groupe, puisque la journée s’annonce bien plus dure que la veille avec un col à 4600m. Ces branques partent comme des tarés au pas de course. Nous sommes en queue de peloton. Mais évidemment, au bout de 20 min, la plupart sont en âge. Nous ne mettons que 2h30 sur les 4h annoncées pour atteindre le col. 1h plus tard, quand les derniers nous rejoignent, on peut lire le raz bol sur certains visages. En même temps, fallait pas courir au début… Certains n’ont même pas mis les pieds par terre et ont tout monté à cheval.
Walter, notre guide, nous réunit l’espace de quelques minutes pour un rituel assez amusant où nous devons faire des offrandes aux dieux ou aux montagnes, (j’sais plus trop-mais c’est pareil non ?). 2-3 feuilles de coca, un caillou on souffle là dessus et hop, c’est fait. Les spaghettis bolognaises du midi nous attendent à une bonne de marche.
Dans l’après midi, nous quitterons définitivement les hautes altitudes pour le plus grand soulagement de certains, pour entrer dans la jungle. A partir de maintenant, nous ne ferons que descendre. La végétation est fondamentalement différente : forêt dense et nous retrouvons même colibris et papillons.
Finalement, ce que tout le monde semble apprécié le plus, sont les soirées à la bougie à « faire la fête ».
J3 : La journée s’annonce cool. Que de la descente au programme. Nous arrivons au campement vers 14h où nous avons la surprise de découvrir que nous sommes dans ce qui ressemble pour nous à un immense village vacances où tous les groupes se réunissent. Après le repas confectionné par les gens du village, c’est un match de foot endiablé opposant les « gringos » aux locaux qui occupent l’aprem. Les filles supportent les gars déjà bien fatigués par 3 jours de marche, tandis que les guides, cuisiniers et arrieros, frais comme la rose, traversent le terrain dans tous les sens derrière le ballon. Bien sur, la victoire des locaux est écrasante ! Pierrick se prend quelques bons shoots dans la tête, des belles gamelles (parait que les chaussures de montagnes, c’est pas l’idéal pour jouer au foot), mais se défend assez bien au goal. On mettra cette défaite sur le compte de l’altitude… Mouai, nous sommes à 3000m.
Allez une bière avec nos amis déjantés d’Irlande pour se remettre de tout ça ! C’est sur le trek ne nous a pas conquis au niveau des paysages, mais on apprécie beaucoup cette ambiance bon enfant- en dehors des sentiers.
J4 : aujourd’hui, 2 choix : rejoindre Hydroelectrica (là où passe le fameux train) à pied ou en bus. Pour notre part, avant le départ, nous nous étions assuré que nous aurions la possibilité de le faire à pied. Nous déchantons quand le guide nous annonce que nous devons tous nous mettre d’accord pour choisir la même option. Evidemment, ce dernier insiste sur le fait qu’à pied la journée est particulièrement dure et fatigante (plus facile pour lui de prendre le bus). On trouve ça vraiment nul, car on ne veut pas que certains se forcent à marcher alors qu’ils n’ont pas envie et que d’autres s’en privent. Tout le groupe est assez d’accord et on fait part de notre mécontentement au guide. Finalement, celui-ci acceptera que le groupe se sépare en 2 et qu’en plus que ceux qui marchent n’aient pas à porter leur sac, qui partiront dans le bus. Une fois l’arrangement trouvé, tout le monde marchera sauf nos amis Uruguyens et un des 2 Irlandais blessé au foot. On est plutôt contents, car même si tout le monde râle un peu en marchant, ils avancent quand même bien. On réalise qu’on a de la chance d’être tombé sur un aussi bon groupe. L’intérêt de faire cette journée à pied est que le sentier, contrairement à la route, nous amène à un point de vue sur le Machu Pichu. A plusieurs kilomètres du site, nous pouvons apercevoir les 1eres terrasses qui se dessinent entre les vallées vertigineuses et verdoyantes.
Nous déjeunons à Hydroelectrica au bord de la voie ferrée dans un petit comedor où nous retrouvons ceux partis en bus. Pour l’aprem, tout le monde devra porter son gros sac et marcher le long de la voie ferrée pendant 2h30 pas très passionnantes avant d’arriver à Aguas Calientes et de se répartir dans les chambres d’hôtels. Wouhouuuuuuuu, un hotel, avec eau chaude, toilette, et tout et tout… Inclus dans le prix bien sur, Pierrick et moi, on jubile ! Enfin, pas longtemps, vu qu’on n’aura pas vraiment le temps d’en profiter.
J5 : Vendredi 23 Juillet, ceux que nous attendons tous : la montée au Machu Pichu ! Mais tout ça se mérite. Croyez le où non, mais les guides nous font lever à 2h30 !!!! Je vous jure. Inhumain, surtout que ça fait 4 jours qu’on se lève à 5h du mat ‘. Pourquoi si tot ? Parce que nous voulons monter au Wuyana Pichu, le gros pain de sucre que tout le monde connait et qui offre une vue sensationnelle sur le site. Et pour y accéder, les places sont limitées : 400 personnes. En temps normal, les groupes partent à 4h du mat’ pour être en haut à 5h, soit une heure avant l’ouverture du site. Mais voilà, la veille, 2 touristes se sont battus (doublage dans la queue…). En plus, notre guide n’a pas arrêté de nous dire que c’est la 1ere fois qu’il voit autant de monde sur ce trek. Donc, le verdict tombe : LEVÉ 2H30 !!!
Ce n’était pas une blague : 3H tout le monde est en bas de l’hotel, empâtés, lampe de poche à la main. Nous ne sommes pas le seul groupe. Nous commençons à peine à marcher vers les redoutables marches du Machu Pichhu, que nous réalisons que nous sommes plus d’une centaine, là dans le noir, crevés, à se lancer vers le redoutable Machu Picchu. Nous étions bien loin d’imaginer ce qui nous attend. L’heure qui va suivre est irréelle. L’excitation et l’impatience rend tout le monde hystérique. Sérieusement, nous sommes scotchés : tout le monde se met à courir dans la nuit, et se lance à corps perdu dans les marches. Nous n’en revenons pas : les mêmes qui lors des 4 derniers jours trainaient la patte, ralaient et n’avancaient pas, là ces tarés courent dans le noir à gravir des marches plus hautes et irrégulières les unes que les autres sans avoir dormi de la nuit. Punaise… qu’est ce qu’on fout là ? C’est de la folie, et réellement c’est aberrant, irresponsable, stupide et même dangereux. Certains (dont nous même, nul autre choix que de faire comme eux, si on veut nos places) sont totalement hors de souffle, prêts à tourner de l’œil). Nous arrivons en haut en transe et trempé. Il n’est même pas 4h, nous avons plus de 2h d’attente dans le noir et le froid avant l’ouverture du portail. Nous sommes contents quand même car Pierrick et moi sommes dans les 50 premiers et le reste du groupe, s’il n’est devant nous, n’est pas loin derrière (comme quoi quand on veut on peut !). 16 L’attente est longue, très longue. Trempés de sueur, on grelotte en priant le soleil de bien vouloir sortir. A 5h, un agent vient attribuer les places pour le Wuayna Pichu. Comme voulu, nous obtenons notre pass pour la montée de 10h (2 choix : 8h ou 10h, 10h c’est soit disant mieux car il y a moins de nuages). Oufff, nous pouvons nous détendre, le Machu Pichu est à nous ! Mais encore une heure d’attente à trépigner devant le portail d’entrée avant de lâcher les fauves !
Le récit et les photos de la visite ça sera pour une autre fois… Ah ah !
Cette fois ci, merci au frère de Pierrick, pour ses conseils. On ne regrette absolument pas d’avoir choisi cette option, experience qu'on n'oubliera pas..
Note : 2/5
Difficulté : 1/5
08 septembre 2010
Trek 2 : Huayhuash Trek ! ENORME !!!
Le must de la Cordillère Huayhuash, un immanquable pour les randonneurs, ce trek est une pure merveille. Nous étions partis pour 10 jours, nous le ferons finalement en 9. 9 jours, entre 4000 et 5000m avec un arriero et 3 anes. De cols en cols, de lagunas en lagunas, nous n'en demandions pas tant ! Un trek largement à la hauteur de nos espérances. Une ou deux journées assez difficiles néanmoins, ajouté au froid glacial qui sévit la nuit à ces altitudes, aie aie aie. Mais on en veut ENCORE !!!
Et voila que ca recommence. Nous devons cette fois ci nous organiser pour partir 10 jours avec la même formule que lors du trek précédent : arriero et mules. Un nombre incalculable d’heure au marché de Huaraz pour nous approvisionner en nourriture. On achète les pains par centaines et ses rats refusent de nous en offrir un seul en cadeau. Point positif : nous pouvons nous rendre au départ du sentier en voiture, la laisser là-bas et la récupérer au retour puisque ce trek est une boucle.
Avant de nous lancer, nous prenons soin de nous procurer une carte topographique sur Huaraz. On part pour 10 jours , sans guide, on ne voudrait pas se paumer. Je m’achète aussi un sac de couchage. Plus rentable que de le louer à chaque fois. Un peu volumineux certes, il a quand même le mérite d’être méga chaud, -10°C, et surtout très bon marché.
Toujours aussi crevés par la préparation, nous entamons la longue route qui se transformera en piste qui nous sépare de Llamac, point de départ. Et là, devant les quantités astronomiques de bouffe que nous avons dans le coffre, nous nous offrons une nuit à l’hotel pour pouvoir répartir tout ca dans nos sacs de riz. La chambre ne compte pas moins de 8 lits, rien que pour nous, qui ne nous serons pas de trop pour étaler tout notre bazar. C’est que nous partons pour 10 jours en pleine montagne. Il s’agit de ne RIEN oublié.
Le jour même du début du trek il nous reste encore 2h de piste cahoteuse. Mais nous arriverons à temps pour retrouver notre arriero vers 10h dans le village paumé de Llamac.
Une bonne heure sera nécessaire pour répartir les charges et équiper les anes.
Nous confions Venturette à un habitant de Llamac qui nous assure qu’elle sera entre de bonnes mains dans sa cour.
Zouuuh, 11h, il est temps de mettre les voiles.
J 1 : pour cette 1ere journée, surtout de la marche sur la piste avec la traversée de quelques villages et les 1ers péages qui ne nous font pas trop sourire.
Il y a encore quelques années, les communautés ne faisaient rien payer aux randonneurs. En revanche, les tentes étaient pillées pendant la nuit. Ainsi, pour plus de sécurité, sous toute logique, ils ont décidé de faire payer des droits d’entrée à plusieurs niveaux du trek aux randonneurs et ont promit de ne plus voler ?!!! Scandaleux… Nous en avons quand même pour 50$ par personne pour les 9 jours. Voilà le Pérou pourri par le tourisme. On a essayé de leur expliqué qu’un jour les touristes en auront raz le bol de se faire prendre constamment pour des cons et y iront voir ailleurs. Par exemple, pour ceux qui sont exaspérés par tout ça, la boucle du Cedro Alpamayo est gratuite et je pense aussi sensationnelle.
Pendant les 3 1eres heures, nous marchons avec notre arriero, Tito (ou plutôt Elmert, embrouille à suivre…). Sur le reste du chemin, nous rencontrons une p’tite vieille non seulement bien intéressée par mes Crocs qui pendouillent de mon sac et qui en plus veut qu’on lui amène ses vaches au prochain point d’eau. Ok pour les vaches, on veut bien les faire avancer avec nous (quoiqu’on ne sait pas trop d’en quoi on s’engage ?!), par contre je garde mes shoes !
Pierrick le berger !
Plus nous avançons plus nous entrons dans la Cordillère pour notre plus grand plaisir.
A 16h30, après 5h de marche et 700m de dénivelé nous arrivons au campement. Nous qui n’avons croisé personne en chemin, nous sommes surpris d’y trouver un max de tentes. Mais d’où viennent-ils tous ? En fait, beaucoup « zappent » cette 1ere journée et se font déposer au campement par les bus. Force est de constater que nous sommes les seuls à faire le trek en solo. Il n’y a que des groupes autour de nous, tout particulièrement des Israéliens par dizaines qui viennent envahir le Pérou à la fin de leur service militaire. Ahhhhhhhhh, les Israéliens au Pérou, on n’en a pas fini avec eux. Un peu une plaie. Ils sont là partout en masse, ils veulent faire tout et n’importe quoi en un temps record sans grande discrétion.
Ils sont tous dans leur méga tipi autour du pop corn que l’on entend éclater de notre tente, alors que nous, nous les gelons dehors à cuisiner. Ca commence mal en plus : depuis notre arrivée, aucun signe de vie de notre arriero. Evaporé dans la nature. Encore une fois, nous nous retrouvons à cuisiner dans la nuit en attendant son retour, lui qui était en fait chez son oncle dégustant son 1er diner. Les boules…
Mon tout nouveau sac de couchage sort victorieux de l’épreuve de la 1ere nuit m’offrant le meilleur des conforts (enfin, la couette aide bien aussi) alors que la tente est gelée.
J2 : Le lendemain matin, notre arriero a encore disparu, faut croire que c’est une habitude chez lui. On questionne les autres guides qui nous apprennent qu’un des ânes s’est fait la malle et a décidé de rentrer à Llamac dans la nuit. Dia, dia, dia, ça se présente mal cette histoire ! Mais non, à 8h, Elmert revient au galop sur un cheval qui remplacera la tête de mule.
Oufff, sauvé, on va pouvoir commencer à marcher pour atteindre notre 1er col qui nous offre des jolies vues sur la laguna roja.
Nous entamons la descente où Elmert est censé nous attendre pour nous indiquer un itinéraire bis nous permettant de nous isoler du sentier principal. Mais celui-ci semble être aussi têtu que ces mules. Personne au rdv. Tant pis, on se débrouillera tout seul. On se paume un peu, mais arrivons finalement à notre but : surplomber la magnifique laguna Mitucocha.
Nous en faisons le tour avant de rejoindre notre campement où nous avons l’heureuse joie de constater qu’Elmert a monté notre tente. Geste appréciable … 2ème bonne surprise nous n’avons plus qu’un groupe de 5 à côté.
J 3 : Nous allons en faire qu’à notre tête aussi pour cette 2ème journée. Hors de questions de suivre l’arriero sur le sentier principal, que les mules sont obligées d’emprunter. Bien trop loin des montagnes à notre goût, nous voulons en suivre un autre qui n’est pas très bien tracé sur notre carte. Alors nous demandons au guide du groupe voisin si nous pouvons les suivre de loin pour ne pas se perdre. Ok, mais il nous avertit que la journée va être plus dur que la veille. Nous repartons donc en direction de la laguna de Mitucocha que nous contournons pour monter un 1er col sans réel sentier.
Finalement, on entame la discussion au col avec le groupe et passons la journée à marcher avec eux. C'est que les bougres marchent vite et bien mais on suit le rythme.
Après avoir fait connaissance en haut, nous repartons pour un 2nd col, puis nous installons pour pique niquer tous ensemble au bord d’une nouvelle laguna.
Le ventre plein, nous nous attaquons au 3ème col, que nous n’aurions jamais trouvé sans guide. On commence à en avoir plein les pattes, mais la vue est exceptionnelle !
La redescente interminable nous mènera à la Laguna Carhuacocha.
Certains randonneurs choisissent d’y passer un jour de repos, pour nous, il nous faudra repartir le lendemain.
J4 : Le lever du soleil sur les pics qui bordent la laguna est magique.
Aujourd’hui, encore une fois, nous allons suivre un autre groupe de loin pour éviter tout égarement. Encore une journée magique avec 2 cols qui frôlent les 5000m au programme. Les images parlent d’elles mêmes.
Flans biens colorés
Coin pique nique
La forme est là et le soleil aussi
Pas mal non ?
Jolis reflets
Viscachas
En récompense de cette belle journée un site de campement fort agréable auquel nous arrivons assez tôt pour pouvoir profiter d’une aprem ensoleillée à jouer aux cartes les pieds dans la rivière.
J5 : Cette journée nous offrira un peu de repos puisque nous n’avons que 4h de marche via un petit col et une magnifique lagune.
Mais ce que nous attendons tous est bien-sur notre temps libre dans les bassins des eaux thermales. On y passera l’aprem à papoter avec les autres randonneurs, et on en profite au passage pour faire un brin de toilette.
J6 : Aujourd’hui, nous n’avons pas trop de mal à nous sortir de la tente car on sait que la journée qui nous attend va être mémorable. Encore 2 cols proches des 5000m qu’il faudra monter mais le jeu en vaudra la chandelle. A noter que l’Allemande qui fait parti du groupe auquel nous nous sommes joints le 2nd jour, abandonne et décide de sortir du trek. Le guide doit donc laisser le reste du groupe pour 1 jour et ½ le temps de la ramener au village le plus proche. Il nous demande donc de marcher tous ensemble, les 4 gars et nous 2 pour éviter de se paumer. Et oui, c’est nous qui avons la carte ! Cool, ca va nous faire de la compagnie, va juste falloir tenir le rythme.
La montée au 1er col est progressive mais déjà fatigante.
Dire qu’on va redescendre tout ça pour remonter de l’autre côté. On récupère un peu en descente avant de s’attaquer au gros du gros. Le col du Cerro San Antonio ! Nous sommes dans les temps, il est à peine 10h30. Nous espérons être en haut vers 13h30 pour profiter du panorama en pique-niquant. La montée est réellement exténuante. L’inclinaison est impressionnante, et la dernière partie nous achèvera. Le sentier se perd et nous devons monter à pic dans un terrain sablonneux dans lequel nous faisons un pas en avant et trois en arrière. Physiquement exténuée, l’altitude n’aide pas, je gravis les derniers mètres au mental. Mais au bout, quel spectacle ! Encore dans la montée, j’entends déjà le hurlement de soulagement et d’admiration que Pierrick ne peut retenir. Allez, les derniers pas, mes mollets me font souffrir au possible et une fois en haut, quelques larmes m’échappent devant tant de beauté.
On puise encore dans nos ressources pour monter un peu plus et se dénicher un coin pique nique inoubliable.
On y restera plus de 2h, au soleil, avant de rechausser nos bottes. On ne le sait pas encore mais la journée est loin d’être finie. On boucle la descente en une ½ heure à courir comme des gamins dans le sable. En chemin, à plus de 15h30, nous croisons le groupe d’Israeliens (tous dans un état assez pitoyable) qui commencent à peine à monter ?! Mais à quelle heure vont-ils rentrer ? Pour notre part, après déjà 6h de marche, il nous en reste encore 2, pour traverser le plateau qui accueillera notre tente. Le paysage est toujours à la hauteur et nous aide à avancer sans trop réfléchir.
A 19h, alors que nous sommes déjà sous la couette le ventre plein, nous entendons les Israéliens rentrés dans la nuit. Finalement, nous sommes bien contents de n’être partis que tous les 2 et de pas être bloqués par un groupe.
J7 : Journée un peu batarde où nous devons passer par le village de Huaylapa et donc nous affranchir des droits d’entrée dans la communauté dans laquelle nous n’entrons même pas. A partir du village, 2h30 de montée nous attendent pour camper au pied des glaciers. Nous arrivons assez tôt dans l’après midi. La sieste n’est pas de refus…
Modeste coin cuisine où nous faisons ce que nous pouvons avec les conditions : vent, froid, nuit...
J8 : Bien reposés nous pouvons franchir facilement un nouveau col, puis passer notre dernier poste de péage avant d’attaquer le 2nd col.
Une fois en haut nous pouvons continuer 40 min de plus pour un meilleur panorama. Nous avons du temps devant nous et ne regrettons pas cet extra.
Malheureusement, pour la 1ere fois depuis une semaine, le ciel se couvre et nous ne tardons pas. Un beau sentier de crête nous fait profiter un peu plus du paysage. Peut-être trop puisque nous le perdons en route. Et oui, fini de suivre les autres, nous préférons marcher seuls. Difficile de savoir par où aller. De là où nous sommes nous pouvons voir le campement à des centaines de mètres plus bas.
Sérieusement, on commence à s’inquiéter un peu tellement on parait haut. Comment va-t-on y descendre ? Nous ne voyons que des parois rocheuses et de la pampa ! Nous n’avons pas le choix, il faut se lancer. Nous passerons finalement entre 2 pains de sucre rocheux où la pente nous parait un peu moins dangereuse avant de rejoindre la pampa dans laquelle nous nous vautrons tous les 2 mètres dévalant des dizaines de mètres sur les fesses. Épuisant pour les jambes et pour les nerfs quand on ne contrôle rien et qu’on n’arrive plus à s’arrêter. Toujours est il qu’au bout de 1h30, avec au passage des vues fantastiques sur les glaciers et lagunas, nous finissons par rejoindre le sentier, le vrai, et une heure plus tard nous pouvons nous prélasser au campement.
Pour finir le trek en beauté en cet avant dernier jour, un des ânes à profiter de cette belle soirée pour retourner encore une fois au village. Décidément, une vraie tête de bourrique. Heureusement, Elmert réussit à le récupérer.
J9 : C’est le cœur serré, que nous concluons ce merveilleux trek. Nous marchons seuls, Elmert et les ânes étant déjà bien loin. On se paume un peu, du moins on ne prend pas le chemin le plus court.
Le col de Pampa Llamac sera le dernier et la descente de plus de 1000m de dénivelé vers le village de Llamac bien fatigante pour les jambes.
A 11h, nous sommes au village, récupérons Venturette ENTIERE (on n’est jamais tranquille à chaque qu’on la laisse-surtout quand c’est aux mains de ces voleurs de Péruviens). Juste une petite embrouille avec notre arriero quand nous refusons de payer la 3ème mule. Ben ouai, nous avions demandé un arriero, Tito, avec expérience et le sens du contact avec les touristes. Celui-ci s’est arrangé avec un ami Elmert pour l’envoyer à sa place. Ils pensaient qu’on ne verrait pas le subterfuge. Ils nous prennent VRAIMENT pour des cons !!!! Sérieux, ils croyaient quoi… qu’il allait pouvoir se faire passer pour quelqu’un d’autre pendant 9 jours ?! On le sait depuis le début, on n’a rien dit en jouant les débiles. Ben voila, il peut dire au revoir à sa 3ème mule et à son pourboire. Manquerait plus ca ! On a cuisiné dans le froid sans aucune aide de sa part pendant qu’il rester au chaud dans sa tente et dès qu’on était couchés aller bouffer à tous les râteliers dans les autres tentes comme un voleur. Honteux, on n’a pas bouffé plus que lui alors qu’on marché mille fois plus. Nous aussi on veut bien un pourboire pour tout notre travail en cuisine !!!
Allez, rien de bien méchant on ne retient que le meilleur de ce trek exceptionnel. Un gros merci à la sœur de Pierrick sans qui nous ne l’aurions peut-être jamais fait. Et dire qu’à ce moment là, on pense que c’était le meilleur…
Note : 4,5/5
Difficulté : 3/5
NB : le reste des photos sur Picasa, il y en a trop de belles, je ne peux pas toutes les mettre !
Grandiose !
Tiens notre cheval est encore là, miracle...
Ici représentées : Le Canada, l'Angleterre, la Belgique, l'Autralie et la France bien sur !!!
25 août 2010
Allez on arrête tout…
… faut qu’on vous raconte comme c’était bien le Pérou !!!
Mais par où commencer ??? J’en ai assez pour des semaines !!!
Nous sommes dans le pays déjà depuis le 18 juin et le programme a été bien chargé. On va commencer par ce qui a été le plus mémorable pour nous, c'est-à-dire nos 5 treks et je reviendrais sur les visites à travers tout le pays plus tard.
Donc comme vous l’avez compris, nous sommes ici pour marcher, marcher et toujours marcher. L’Équateur c’était génial, mais nous attendons encore plus du Pérou.
TREK 1 : SANTA CRUZ TREK : Parfaite entrée en matière…
Notre 1er trek sera le SANTA CRUZ TREK, une centaine de km Nord de Huaraz dans la Cordillère Blanche, départ aux alentours des 3000m avec passage d’un col à 4600m. Trek très populaire qui se fait habituellement en 4 jours. Nous ferons comme tout le monde à la différence près que nous refusons de prendre un tour en passant par une agence. Notre objectif est de faire le trek seul mais comme nous sommes devenus des petites natures (et oui, on redoute les 3 nuits entre 4000 et 5000m), nous tenons à prendre notre COUETTE !!! Ce n’est pas une blague ! On se les caille tellement dans notre voiture lors de nos spots de camping sauvages perdus à 4000m, que l’on n’imagine même pas sous la tente. Même avec son sac de couchage -7°C, Pierrick se les caille dès qu’on passe au-dessous de +5°C ?! Donc, nous prenons nos dispositions sur Caraz pour trouver des mules et un arriero (le gars qui va se charger de les faire avancer). Mais voilà on déchante vite, pas si simple de s’organiser quand on ne prend pas un tour tout organisé. Le budget est serré, nous voulons limiter les couts. Alors c’est à nous de tout prévoir, la logistique va s’avérer assez lourde. Et oui, nous devons cuisiner pour l’arriero, lui louer une tente, le trouver sur place au départ du trek.... La bouffe pour 4 jours reste le plus chiant à préparer. Les arrieros n’aident pas et font leur difficiles. Ces derniers s’avèrent un peu compliqués à notre gout : genre pas de spaghettis pour eux mais des coquillettes s’il vous plait (?!), il leur faut un max de pain à chaque repas, de l’eau chaude aussi… Bref, ils profitent bien du truc (c’est nous qui payons tout au passage) et ça nous énervent. On ne serait que tout les deux, on ne boufferait que des spaghettis pendant 4 jours ou du liophyphilisés (mais ça ils ne veulent même pas en entendre parler).
On passe donc plus d’une journée au marché en suivant scrupuleusement la liste donnée avec tous les aliments que ces seigneurs mangent. Le volume est assez conséquent : plus de 80 pains !!! 2 kilos de fromage, des sauces totalement obsolètes, des kilos de sucre, de confitures et autres pour satisfaire les caprices de Monsieur l’arriero.
Le plus compliqué étant de transporter tout ça jusqu’au point de départ de la rando à 2h en transport en commun. Nous laissons Venturette en pension sur Caraz pour plus de sécurité. On arrive sur place crevés par toute cette organisation (on sera plus en forme au retour de 4 jours de marche) mais aux anges quand la couette est sur l’âne ! Je me suis quand même loué un autre sac de couchage qui va jusqu’à -10°C. Avec tout ça on est paré ! Le volume et le poids ne semble pas poser problème, Juan, le muletier charge ses ânes et nous sommes en route.
Très vite, dès les 1eres minutes Juan caracole en tête et nous le perdons de vue. Nous marchons à notre rythme, gravissons les 1ères pentes assez lentement- pas totalement remise de mon overdose d’antibio. Le temps passe midi, 13h, 14h, on commence à avoir faim et aucun signe de Juan qui a avec lui le pique nique. Genre de truc qui me fait pas trop rire… On le paye pour qu’il transporte nos affaires, en contrepartie il se doit de nous attendre. On finit par le rejoindre et pouvons profiter d’une pause pique nique bien méritée sans lui, vu qu’il a déjà mangé et qu’il repart déjà vers le campement de son choix, celui où sa vache se plait à brouter.
Le ventre plein nous repartons pour les 3h de marche restantes. La soirée est assez galère : nous voulions cuisiner et diner avant la tombée de la nuit vers 18h, mais Juan part dans la montagne pour s’occuper de sa vache et ses ânes et nous n’avons nul autre choix que d’attendre son retour. Donc, dans le froid et dans la nuit à 3800m, nous préparons selon ses exigences soupe, pates et thé. Cela nous prend énormément de temps et de gaz pour finalement pas grand-chose. Mais bon, il va falloir s’y faire.
Waouhhhh, ça fait un sacré bail que nous n’avons pas découché mais la nuit a été excellente, bien au chaud sous notre couette… Le réveil par contre est un peu plus brutal, le froid est saisissant, le givre sur la tente en témoigne. Nous attendons la sortie du soleil avec impatience.
On se réchauffe bien en préparant à l’arriero le petit déjeuner de ses rêves. Et dire que c’est si simple de prendre des barres de céréales… 7h30, en marche pour la 2ème journée qui ne sera pas trop fatigante. Nous longeons plusieurs lagunes aux eaux turquoises, puis traversons un grand plateau recouvert de pampa. Nous nous offrons un petit détour pour approcher le majestueux Alpamayo (5947m, considéré comme l’une des plus belles montagnes au monde par les alpinistes). Ici nous pique niquerons seuls, cette fois ci nous donnons à Juan son paquet pique nique pour qu’il puisse filer au prochain campement.
Nous le rejoindrons quelques heures plus tard, et rebelote, le temps de monter la tente (Juan monte gentiment la sienne mais nous laisse nous démerder avec la notre, service minimum…) et de préparer à manger qu’il est l’heure de se mettre au lit. Nous dormons à 4250m au pied du massif mont Taulliraju, et notre duo couette-sac de couchage assure toujours !
Le 3ème jour, au programme le col de Punta Union à 4760m. Maintenant, nous sommes acclimatés et rodés, la montée pas insurmontable nous conduit au col qui nous offre des vues renversantes.
Nous restons 1h en haut à contempler ce spectacle avant de se farcir la descente épuisante qui nous amènera à la 1ere lagune où nous déjeunons. Mais la journée est loin d’être finie, Juan a choisi comme tous les arrieros, de nous donner rendez-vous au campement le plus lointain pour qu’il ne lui reste que le minimum de route le dernier jour. 17h, à peine arrivés, il réclame assez impoliment sa bière. On lui en achète donc une et nous en offrons une pour 2 au passage, ça doit bien faire 8 mois qu’on n’a pas bu une goutte d’alcool.
4ème jour, déjà celui du retour. Levés aux aurores, nous n’avons pourtant que 2h de marche.
Nous traversons tout un tas de minuscules villages se faufilant entre les cultures et les enfants qui nous réclament des « caramelos » à tire la rigot. Désolé mais on n’est pas trop du genre à s’acheter des bonbons… Nous arrivons au dernier village à 10h, ce qui est une bonne chose pour Juan qui va devoir faire tout le chemin en sens inverse. Incroyable, ce que nous venons de faire en 3 jours ½ , il va le faire en 1 jour ½ sans tente en dormant dans des grottes à 4000m. Ces gars sont des forces de la nature, mais bon apparemment c’est toujours comme ça que ça se passe.
Pendant que le brave homme a déjà commencé la route dans l’autre sens nous attendons notre bus 2h qui nous ramènera en 4h à Caraz via une route époustouflante mais aussi un peu flippante.
Le bilan de ce 1er trek :
Un trek facile et populaire, qui certes ne fait passer que par un col, mais quel col ! Panorama exceptionnel qu’il faut néanmoins partager avec pas mal d’autres randonneurs.
Pour nous, ce fut une excellente mise en jambe pour les suivants. Il nous a permis de tester notre matériel lors des nuits glaciales mais aussi de nous familiariser avec les ânes et arriero et toute la logistique que ca demande, puisque nous innovons la formule.
Note : 3/5
Difficulté : 2/5
24 juillet 2010
Pas de panique..
Juste pour rassurer les plus inquiets...
Nous allons toujours bien. Nous sommes au Pérou depuis plus d'un mois. Nous en sommes à notre 3ème trek, le dernier nous ayant mené au Machu Picchu.
Nous partons demain pour l'Ausangate Trek, un peu plus au sud de Cusco, à nouveau pour 5 jours...
Nous reprendrons le blog quand nous aurons plus de temps.
A bientôt !
NB: En attendant les photos de l'Équateur sont là.
03 juillet 2010
1 an sur la route !!!
3 juillet 2010 : Que d’émotions en ce jour, nous célébrons nos 1 an de vadrouille.
365jours que nous n’avons pas vu passer. Et dire que nous étions partis pour 3 mois…


























































































































































































































































