Str & Pericou

Pour nous suivre dans nos aventures...

06 mai 2010

"Estamos en Venezuela, nunca se sabe..."

... sous entendu « lo que va a pasar ».

Le Venezuela, un pays qui aime bien cultiver la différence, à savoir :

41- Le prix de l’essence ! Et oui, nous n’y croyions pas avant d’y être. Nous sommes donc allés vérifier. C’était donc vrai. Nous sommes au pays où un plein coute 0,5 centimes d’euro !!! On vous jure : 0,07 centimes de bolivar le litre soit… j’en sais rien en euros, on n’a même pas de pièces de cette valeur !!! On se devait donc d’y faire un tour même si ce pays n’était pas tellement sur notre feuille de route. On prend des photos à chaque station. Les pompistes nous regardent avec des gros yeux. On leur explique que dans notre pays (et dans tous les autres !), il faut compter l’équivalent de 420 bolivars pour le plein alors qu’ici ca coute moins de 6 bolivars !!! Le rêve pour nous ! On va pouvoir se perdre en beauté. On s’en fout, l’essence est gratuite.

2- Les amendes quand on tombe en panne d’essence ! Ben oui, pour ce prix, qui ne voudrait pas faire le plein.

13- Mais aussi le trafic de pétrole autour des zones frontalières, notamment à celle avec la Colombie. Ce qui ne fait absolument pas notre affaire. Nous arrivons dans le pays avec le réservoir quasiment vide en pensant pouvoir le remplir rapidement afin d’économiser un peu. Malheureusement, à cause de la contrebande, les stations sont toutes prises d’assaut dès 7h du mat’. Les gens en achètent par gallons et très vite les stations sont à sec pour la journée. On nous rit au nez quand à 16h, dans la 1ère ville à 40 km de la frontière, nous demandons la station la plus proche.  Y’en n’a pas à moins de 100 km… On n’a un peu de marge mais ca va être juste. Effectivement, nous sommes quasiment à sec, il commence à faire nuit, le Venezuela n’est pas vraiment un pays très sur. Nous décidons de faire appel aux locaux et espérons trouver un baril chez l’habitant au noir pour nous dépanner. Non seulement, ils se démènent pour nous en trouver en allant de maisons en maisons, mais en plus ils nous l’offrent ! Ouf, on est sauvé !

4- Les voitures venues d’un autre temps. Vous voyez la voiture de Startsky et Hutch, ben ici y’en a partout et en plus, elles roulent ! Tout le monde peu se permettre d’avoir une voiture, même les plus pauvres puisque l’essence ne coute rien. Nous, on hallucine, on pourrait croire qu’on a voyagé dans le temps entourés de toutes ces énormes américaines des années 60 !  Rien que pour rouler au milieu de ces boites de conserve, ça vaut le déplacement.

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5- Les motards avec un casque de vélo sur la tête qui est au moins aussi efficace qu’un bon vieux saladier.

6- Le taux de change et leur monnaie incompréhensible. Nous passons plus de 1h30 avec notre changeur à la frontière pour finalement nous faire entuber. Pffffff, entre les anciens bolivars et les fuertes on est paumé. Puis, quand en plus, il y a 2 taux de change. Celui au noir qui est le double de l’officiel, on ne s’en sort plus. On comprend alors pourquoi on n’a pas croisé un seul touriste étranger dans le pays. Selon le taux officiel, la vie est hors de prix, par exemple le paquet de pain de mie à 4$. On galère donc pour changer tous nos pesos colombiens au meilleur taux. Mais ça ne suffit pas, on voudrait changer des dollars que ce dernier nous refuse car nos coupures de 20$ sont trop petites ! Il croit quoi lui qu’on se ballade avec des billets de 500$ ?! Ca ne nous arrange pas ça. Il va falloir qu’en cours de route on trouve un autre changeur. En attendant, on ne sait pas quelle est la valeur des produits que nous achetons vu que le taux de change varie du simple au double…

7- Le décalage horaire. Vendredi 2 avril, alors que nous voulons rentrer dans le musée de l’aéronautique, nous nous rendons compte que nous sommes en avance d’une demi-heure. C’est quoi ce bazar ?! Depuis quand sommes nous décalés ? Surement plus d’une semaine…depuis que nous sommes entrés dans le pays ! Donc pour info, ce n’est pas de 1h qu’il faut avancer sa montre quand on vient de Colombie, mais de 0h30 ???? Cela restera une énigme pour nous.


6- Les superettes et tous les autres services qui ferment toute une semaine pendant la semaine Sainte. On n’a un document urgent à imprimer, impossible !

7- Un espagnol auquel nous ne comprenons pas grand-chose. Les Vénézuéliens sont encore plus rapides que les Colombiens ! Ils abrègent la moitié des mots comme par exemple le « para » qui devient « pa’ ».

368- Les femmes en string sur la plage ! Le Brésil n’est pas si loin…

9- Sur la plage, on ne vend pas des chouchous mais des œufs… DURS ?!

10- Les candidates à l’élection de Miss Univers le sont aussi aux élections…PRESIDENTIELLES ?! Comprends pas, ils ont quand même choisi Chavez ! Ils auraient pu voir les fesses de leur présidente sur la plage… Non, sans rire le culte de la beauté est omniprésent dans ce pays qui cumule le plus de titres de Miss Monde ! Un salon de beauté pour 3 restaux dans Caracas ?!

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Au dessus de tout ce bazar, Chavez et son gouvernement dont nous ne savons pas trop quoi penser. Celui qui mena en 1992 un sanglant coup d’état sera finalement élu président en 1998 après plusieurs longues années d’emprisonnement. Ce que nous savons c’est que les slogans prônant le socialisme sont sur tous les murs. Ce comparant lui même à Bolivar, il promet de l’aide aux plus pauvres. Dans un pays où 75% des familles vivent sous le seuil de pauvreté, sa révolution sociale n’a finalement rien d’apaisant. Au contraire les tensions ne font que se succéder et la criminalité augmente. Néanmoins, années après années, il consolide son pouvoir et renforce son opposition contre Bush. Il va même jusqu’à offrir du pétrole aux communautés les plus défavorisées de New-York. En voyant l’état du pays et les besoins du peuple, il ferait mieux de s’occuper de son pays ! 2012 les prochaines élections, où il espère être réélu.

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Les affiches prônant le socialisme sont partout et les portraits de Chavez sur tous les murs

Autre sujet qui fâche ici, je veux parler de l’insalubrité qui règne partout. Depuis plusieurs mois nous pouvons dire que nous avons été habitués au pire. Pourtant, nous décernons au Vénézuela le prix peu honorable du pays le plus sale, loin devant n’importe quel autre pays d’Amérique Centrale. `

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S’en est totalement décourageant, nous voyons difficilement comment ce pays pourrait un jour être propre. Il faudrait tout effacer et tout reconstruire. C’est bien simple alors que mon défi chaque matin est de trouver une poubelle, les Vénézuéliens n’ont qu’à sortir le bras de leur voiture pour se débarrasser de leurs détritus. Sujet très tabou que nous abordons peu avec les locaux pour ne pas les mettre mal à l’aise. Ce sont des hectares de terre, des km de plages qui sont recouverts d’immondices. Nous ne comptons plus les poches plastiques dans l’eau, les bouteilles sur le sable et les ordures partout. Plutôt qu’éduquer la population, de jeunes européens viennent suivre des programmes de bénévolats dans lesquels, il faut bien dire les choses, ils passent derrière les locaux pour ramasser leur merde. Assez révoltant et surtout peine perdue. Nous ne sommes pourtant pas de fervent écolos, mais quel gâchis. L’odeur nous en soulève le cœur parfois. Cette odeur de mort est insoutenable. Une famille sur la plage, les enfants dans l’eau, la mère sur le bord qui jette son mégot aux pieds de ses gamins… Voilà les scènes auxquelles nous assistons. Ils polluent leur plage alors qu’ils reviendront exactement au même endroit le lendemain assis dans leurs déchets. Ca nous dépasse…

Au milieu de tout ça, 2 pauvres touristes étrangers avec toujours la même motivation de visiter un nouveau pays. C’est nous !

Et donc pendant x semaines (à l'heure où j'écris nous y sommes encore), c’est ce que nous allons faire. Mais cela ca sera pour une autre fois !

Posté par Esther_Pierrick à 18:58 - 17. Venezuela - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • salut

    salut
    j'adore vos histoires, vos photos, vos sourires...

    paulinha.

    Posté par Paulinha, 19 mai 2010 à 00:13
  • magnifiques les photos!

    Posté par tourisme, 26 juillet 2010 à 10:20

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