Str & Pericou

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14 novembre 2010

La Bolivie, le retour en force !

Le Sud Lipez, tout le monde en rêve… Maintenant, c’est notre tour ! Tous nos petits problèmes sont rentrés dans l’ordre. Rien ne pourra pas plus nous arrêter. Remarque, serait-ce un signe ?! Souvenez-vous la malédiction du 13 qui s’abat sur nous chaque mois. Peut être ferions nous mieux de renoncer…

Hors de question ! Si on part comme ça, on ne va plus faire grand-chose. Alors, on y va !!!

Sauf qu’on n’est pas encore parti. Cela fait 3 plombes que nous tournons en rond dans San Pedro de Atacama. Trouver LA station service de la ville, UNE HISTOIRE DE FOU. C’est sur qu’à voir la tête du gars (qui se disait déjà  « ils ne trouveront jamais ») à qui on a demandé les indics, on se doutait que ca n’allait pas être facile. Mais à ce point. San Pedro seulement, 5000 habitants, comment ont-ils pu aussi bien la cacher ?!

10 siècles plus tard, nous avons notre plein et nous dirigeons vers les douanes chiliennes. Nous y rencontrons 2 Irlandais qui font le tour du monde en Subaru (oui, à partir de maintenant tous les voyageurs que nous allons rencontrer font un tour du monde : camping car, voiture et même en tandems avec 2 gamins ?! A celui qui aura le défi le plus fou…) et qui nous donnent des infos en or pour le devenir de notre voiture.

Sud_Lipez_002 Ok pour le Chili. Cependant nous n’enchainons pas de suite avec l’entrée en Bolivie qui se trouve à plusieurs dizaines de km plus loin. Quand on arrive au poste d’immigration perdu dans ce bout du monde, les choses se présentent mal. Comme on s’y attendait, l’agent refuse de nous donner les 70 jours restants auxquels nous avons droit. Il donne 30 jours à Pierrick. S’en suit une longue discussion qui dévie légèrement en enguelade. J’essaye de calmer les choses. Pas folle la guêpe, le gars n’a pas encore tamponner mon passeport ce que Pierrick ignore à ce moment là. Et voila, ce qui devait arriver arriva. Le gars se braque, me rend mon passeport sans y avoir touché et part bouder dans son coin. C’est malin ! Va falloir aller le récupérer maintenant. Punaise, on va finir par la passer cette frontière, je vous le dis. Aussitôt Pierrick se fait aussi doux qu’un agneau, mais le mal est fait. Allez j’explique au gars qu’il ne faut pas nous en vouloir, qu’on essaye juste de faire appliquer nos droits et quelques minutes plus tard il me fera le tampon. 30 jours par contre, on fera avec.

A peine la frontière passée, c’est de nouveau le cahot sur la route. Ah, les pistes boliviennes elles nous avaient presque manqué.

Pour commencer notre itinéraire dans le Sud Lipez, nous entrerons par la laguna Verde. Subjuguant !

 

 

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Une eau si verte avec derrière le Volcan Licancabur qui se dresse. Waouhhh, on en  prend plein les yeux et plein la poire aussi. Le vent toujours le vent…

L’après midi nous partons en direction du volcan sans être vraiment sur de trouver la route puis le sentier qui permettent d’y monter.

 

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Aie, on trouve la route qui n’est vraiment pas bonne du tout !!! Ca monte beaucoup, Venturette râle, et surtout ca secoue grave. C’est un soulagement quand on descend de la voiture. Il est déjà 16h, nous partons en repérage pour trouver le départ du sentier. On nous a prévenu qu’il faut prendre un guide pour l’ascension (ce que nous ne comptons pas faire) et nous attendons donc à avoir des difficultés à trouver le sentier de nuit. Oui, j’oubliais le Licancabur, mine de rien frôle les 6000m, 5960 pour être exacte. Une nouvelle ascension qui nécessite un départ plus que matinal.

Sud_Lipez_02620h, nous sommes couchés bien que nous ne sachions toujours pas lequel des 2 sentiers repérés est le bon. La nuit porte conseille dit on… Bingo, 3h30 du mat’. Pierrick me réveille, 3 pick up montent. Surement des tours guidés, notre seule chance de savoir quelle est le bon chemin. Pierrick part se renseigner et à 4h30, nous commencerons à marcher ! Nous avons quasiment 1000m de dénivelé devant nous pour cette journée.

Il fait nettement plus sombre que lors de l’ascension du Huayna Potosi, et surtout beaucoup plus froid. Le vent est déjà levé. Mais ces 2 1ères heures dans le noir passeront assez vite. Marcher à la lampe frontale nous amuse beaucoup…

 

 

 

 

 

 

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On rigole un peu moins quand on se rend compte qu’il fait jour et que pourtant il fait toujours aussi froid. L’ascension se révèle particulièrement pénible et éreintante du fait des conditions extrêmes. Avec le levé du jour, le vent a redoublé de violence. Après 2h30, je suis tétanisée par le froid. Pourtant, la meilleure chose à faire est de continuer à avancer pour essayer de se réchauffer, en vain.

La progression déjà difficile dans cette espèce de sable nous parait quasiment impossible. Nous dépassons un des 2 groupes pourtant. Cela nous redonne un peu de motivation. Et nous finirons par rejoindre le 1er groupe parti 40 min avant nous. Le vent est atroce et le froid insupportable. Cela fait bien trop longtemps que je ne sens plus mes pieds. Je me demande si c’est bien raisonnable d’insister. Puis, je me reprends, on n’est pas dans l’Himalaya, non plus. Après tout, il est clair que je ne vais pas perdre mes orteils ici. Dans 5h grand max, je serais au chaud dans la voiture ! C’est tout ! Allez diable, je vais y arriver.

Pierrick lui semble un peu moins souffrir du froid, mais beaucoup plus de l’altitude. Il ne dit rien mais le fait qu’il soit derrière moi, n’est pas bon signe…

Mon dieu, qu’est ce que c’est long ! Mon dieu qu’est ce que c’est dur ! Mon dieu qu’est ce qu’on en chie !!! Pierrick n’avance quasiment plus, il semble exténué. Pour ma part, impossible de rester à sa hauteur. J’ai tellement froid, qu’il faut que je marche pourtant tout autant à bout de forces.

Heureusement, un des guides plus que sympathique nous ouvre le chemin et nous conseille sur la meilleure voie. Plus on monte plus le sentier se perd. Le sable se transforme en grosse rocaille guère plus aidante pour nous jambes. Pffff, quel calvaire ! On aurait mieux fait de rester au lit !

On change vite d’avis quand on arrive victorieux en haut et qu’on découvre la vue !

 

 

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Je rejoins le touriste français (punaise, lui il est vraiment en forme) et son guide (qui m’accueille par une bonne embrassade pour me féliciter) arrivés depuis déjà 15 min alors que Pierrick est toujours  un peu plus bas dans la montée. Moi en prem’s en haut, ça change. Il va en entendre parler pendant un petit moment, c’est sur. Hi hi !

A peine le temps de jeter un coup d’œil à la vue RENVERSANTE, que je m’affaisse d’épuisement ! On verra plus tard pour les photos… Une éternité s’écoule (hi ! hi !) et Pierrick arrive. Ben alors on dirait que t’es fatigué ?! Trêve de plaisanteries. On se trouve un abri qui n’en est pas vraiment un et incapable de redescendre dans la foulée, on s’attend à mourir de froid ici.

 

 

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En fait, on attend la femme du français qui elle aussi fait ce qu’elle peut face à ce redoutable volcan pour redescendre tout ensemble. On conclut un arrangement avec Séraphino, l’un des guides. En échange d’un petit billet, il nous guidera pour la descente qui se fera par une autre voie et nous couvrira si un gars du parc nous tombe dessus parce qu’on n’a pas pris réellement de guide. On ne pense pas que nous aurions pu craindre quoi que ce soit, mais le gars est tellement sympa qu’on veut bien lui donner un petit quelque chose.

1h plus tard, quand la française arrive nous ne trainons pas et entamons la descente. Il fait toujours aussi froid mais le paysage est tellement irréel que nous pensons à autre chose. Le retour sera pas mal périlleux.

Sud_Lipez_045La descente est à pic et chaque pierre se dérobe sous nos pieds si bien que nous ne pouvons éviter les chutes.  Les uns après les autres on tombe comme des prunes dans la plus grande lourdeur. Parfois c’est plus facile de courir pour soulager un peu les cuisses. Encore faut il savoir s’arrêter...

A 12h, enfin, après plus de 7h de marche nous ressentons les 1res effets des rayons du soleil. Oh, oui, un peu de chaleur !

A 13h30, nous sommes en bas, pas peu fiers mais épuisés ! Nettement plus dur que le Huayna Potosi. Long pique nique pour reprendre des forces et nous repérons des sources thermales sur notre carte qui feraient parfaitement l’affaire. Entre elles et nous, de la piste… Donc, des cailloux plus gros que des météorites, du sable à n’en plus finir et de la tôle ondulée à gogo. Mais les paysages sont inouïs alors on avance et on ne perd pas de vue notre objectif. On s’arrête au passage dans le désert de Dali. Figurez vous que c’est Salvador, en personne qui est venu disposer des grosses pierres ici ?!

 

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On se jette dans la piscine à la température parfaite en écoutant les galères d’autres touristes qui pendant leur tour organisé ont cassé leur 4*4 !...et sont bloqués dans la piscine en attendant que leur chauffeur partis chercher de l’aide à pied dans ce désert, revienne. Dis donc, on n’aimerait pas être à leur place. Comme quoi seul ou en tour organisé, on n’est à l’abri de rien dans le Sud Lipez.

La journée a été longue et difficile, nous dormons sur place.

Le lendemain, visite obligée des puissants geysers de Sol de Manana.

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La encore la température au petit matin est glaciale, et on sauterait bien dans un de ces petits bassins boueux et bouillonnants.

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Nos obligations administratives nous rattrapent. Nous ne sommes toujours pas passés à la douane pour régulariser la nouvelle entrée de Venturette en Bolivie. C’est que le poste de douane est juste un poil excentré. A plus de 5000m (nouveau record pour Venturette) au bout d’une piste sinueuse et improbable ! Une fois acquittés de cette formalité, nous reprenons le volant, cap sur la Laguna Colorada.

Sud_Lipez_091 On roule, on maltraite Venturette et alors que nous sommes à moins de 300 mètres, c’est la crevaison !!! Ok, on s’y était préparé… Le plus tard était le mieux, mais bon. Ni une ni deux. Nous avons 3 roues de secours, elles sont la pour ça. Dans un décor hallucinant, les eaux de la lagune qui doivent leur couleur au plancton qu’elle héberge nous émerveille, Pierrick s’y colle et dans le vent change la roue.

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Nous finissons la route avec notre nouveau pneu et apprécions le paysage en dégustant une « blinis party » maison. Les flamands roses ont envahi par centaines le lac.

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Sud_Lipez_134Vers 15h, un peu inquiets d’avoir déjà crevé au vue des km qui nous restent encore à parcourir, nous décidons d’aller faire réparer notre pneu. Pas de village ici, seul des habitations qui hébergent les tours organisés lors de leur parcours en 4*4 de 4 jours. Nous n’espérons pas trouver de garagistes, c’est sur, mais une âme charitable disposant du matériel pour faire la réparation, soit un chauffeur de tour guidé. Nous sommes peu confiants. Ces derniers ont la réputation de ne pas venir en aide à ceux qui font le choix osé mais pas fou de se lancer seul avec leur propre véhicule dans le coin. Pré visiblement, nous sommes assez mal reçus. Pourtant à force de sonner à toutes les portes, nous trouverons 2 chauffeurs qui acceptent de nous donner un coup de main. Ils sortent le pneu et nous annoncent que le trou est énorme. Vous vous souvenez l’histoire du pare brise le plus grand du monde, ben on remet ça ! Le trou le plus grand du monde cette fois ci… Impossible de trouver un patch assez grand. On va voir tous les chauffeurs qui nous sortent tous types de patch, même un en étoile, si si, très joli monsieur- mais ca ne nous aide en rien. On finit par trouver le patch de nos rêves qui permet à nos 2 chauffeurs de faire la réparation. Même pas besoin de compresseur, ils détournent leur air conditionné et s’en servent pour gonfler le pneu. Ingénieux ! On en apprend tous les jours…

Nous en profitons pour demander conseil pour la suite de notre parcours. 2 pistes au choix dont l’une plus mauvaise que l’autre mais aussi plus attirante. Les chauffeurs qui prennent tous la plus mauvaise, nous poussent à en faire de même, nous promettant leur aide en cas de pépins. Mouai, ils seront déjà arrivés à destination que nous ne serons pas partis…

On hésite, beaucoup : Pierrick est évidemment pour prendre la piste la plus cahoteuse alors que je suis plus pour jouer la sécurité. Après tout, la meilleure piste va nous offrir des paysages sensationnels aussi, et il nous reste tant de route jusqu’à la fin de notre voyage, qu’il faut préserver Venturette. Pas encore décidés, nous partons quand même en direction d’Arbol del Piedra (à 20km sur la mauvaise piste) où nous avons le site pour nous tout seul… un tout petit quart d’heure.

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Sud_Lipez_147 Ensuite, c’est l’invasion. Des dizaines de Land entourent Venturette pour déverser leur vague de touristes. Encore une fois, les chauffeurs (tout le monde nous connait, nous sommes repérés) nous encouragent à poursuivre par cette voie alors que nous étions décidés à prendre l’autre route.

Mais la raison l’emporte, on fait donc demi tour ! Et heureusement, vu comment la piste est pourrie de notre côté, on n’ose même pas imaginer de l’autre ! Les paysages sont toujours aussi extraordinaires ce qui nous aide à tuer le temps.

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Nous choisissons de couper la route en 2 et dormons aux pieds de drôles de formations rocheuses…

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Le lendemain, on doit repartir. Pfffffffff, même pas 10 km et on en a déjà notre claque de ces pistes. Notre cauchemar, la tôle ondulée ! Quelle plaie !

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C’est l’enfer et alors que nous approchons d’Uyuni et que la route est censée s’améliorer, c’est encore pire… On fait du 2, on ne s’entend plus, je m’ennuie à mourir alors que Pierrick pestant contre chaque caillou n’en peut plus.

Une seule énigme : Comment les routes peuvent être aussi pourries ? C’EST PAS POSSIBLE !!!

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Uyuni, wouhouuuu, nous voila !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par Esther_Pierrick à 20:19 - 20. Bolivie - Commentaires [0] - Permalien [#]
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