09 mars 2011
Noel à Santiago
Une nouvelle fois, on essaye de rattraper l’immense retard pris sur ce blog ! Noel, une éternité maintenant pour nous qui sortons du Carnaval. Nous avons choisi de prendre part à cette incroyable fête qui attise tout un pays dans les rues survoltées de Salvador de Bahia. Nous comptions y passer une soirée ou 2, l’ambiance déchainée des trios électroniques, les corps de percussions, les combats de capoeira et les danseuses de Samba bien sur, nous ont retenus 4 JOURS ! Entre plumes et paillettes, on en a pris plein les oreilles pour un grand moment plein de couleurs et de bonne humeur ! Grande leçon sur l’art de faire la fête… Le Brésil ne cesse de nous surprendre et de nous émerveiller. A croire que nous avions gardé le meilleur pour la fin…
Nous étions pourtant de bonne humeur en ce 24 décembre. Le soleil brille, fort très fort, les oiseaux chantent, youpi c’est Noel. Mais voila, une énième fois un chilien essaye de nous voler quelques pièces en nous faisant payer notre place de parking. Il ne nous en faut pas plus pour nous miner le moral. Rien de bien méchant, mais c’est toujours pour le principe. Pas une semaine ne passe, sans que ce genre de situation se présente et ça nous fait pas mal douter sur la valeur du voyage. Nous pensions qu’en Argentine et au Chili les mentalités seraient plus ouvertes et respectueuses. Pas vraiment. Bien sur il y a eu de belles rencontres, comme partout, mais nous restons en règle générale déçus de tous ces contacts humains hypocrites. On en a marre de se battre chaque jour pour le moindre petit rien pour éviter qu’on se paye notre tête. Voila ce qui nous sappe le moral, voila ce qui nous épuise. Heureusement, ce n’est pas une majorité mais force est de constater que cela arrive régulièrement, trop régulièrement, dès qu’il y a une possibilité… Dur d’exprimer à quel point tout cela est triste. Surement, nous devrions moins réfléchir et ne pas chercher à comprendre ce que nous payons. Sans doute ainsi que font beaucoup de voyageurs qui au final ne se rendent compte de rien, et c’est mieux ainsi…
C’est totalement abattus que nous partons faire nos courses de Noel pour se faire un bon petit repas que nous passerons finalement sur une aire d’autoroute. Bon, c’est sur on a connu mieux, mais ca nous va. Nous préférons cela, plutôt que d’être dans une rue de Santiago. Nous avons tout ce qui nous faut, dont le fameux Pisco, eau de vie de raisin de la région, que nous préférons sous la forme de Pisco Sour, sorte de cocktail au citron. Tchin !
La nuit a été plutôt calme et nous sommes bien impatients de passer cette belle journée de Noel dans la capitale. D’autant plus que Santiago est connue pour être une jolie ville à l’allure européenne, sans pour autant avoir le charme et la classe de Buenos Aires que nous visiterons plus tard. A l’approche de la métropole, 5 millions d’habitants quand même, la circulation est particulièrement fluide. Il faut dire que cela fait 3 jours que nous voyons le flot de vacanciers se diriger vers le Sud en cette double période de grandes vacances et de fêtes de fin d’année. Double jackpot pour les enfants, non seulement c’est Noel mais en plus ils sont en vacances pour 2 mois ! Toujours est-il que quand nous arrivons à Santiago, la capitale s’est littéralement vidée. Les rues sont si désertes que nous avons du mal à choisir dans laquelle laisser Venturette. Mais nous ne sommes pourtant pas les seuls. D’autres étrangers ont choisi le 25 pour la visiter. On commence par un itinéraire à pied dans le centre qui nous fait passer par les plus belles places et les plus beaux édifices.
On ne manque pas de monter au Cerro Santa Lucia d’où nous pouvons apprécier l’étendue de la ville.
Pique nique sur des allées qui ont tout de celles de Morlaas à observer quelques enfants essayer vélos, rollers et voitures télécommandées. Puis, nous nous dirigeons vers le Barrio Bellavista, quartier plutôt bohème où restaurants et bars se disputent les maigres terrasses pour y mettre leurs chaises en plastique. Et voila, une journée nous suffit pour nous faire une petite idée de cette agréable capitale.
Nous suivons l’itinéraire touristique. Valparaiso nous attend. Une autre aire de repos nous accueille et nous pouvons fêter une nouvelle fois Noel autour d’un petit repas. 2Valparaiso ne porte pas vraiment bien sans nom. Pourtant sur le littoral, elle n’a rien d’un petit coin de paradis. Les rues sont extrêmement sales, les chiens errants envahissants, les bâtiments délabrés et la circulation fatigante. Pourquoi donc attire-t-elle autant ?
Localisée à flanc de collines, ses demeures branlantes aux couleurs criardes, ses ruelles escarpées, son impressionnant port naval et commercial, et ses dizaines de funiculaires rouillés font de Valparaiso l’une des villes les plus singulières d’Amérique du Sud.
Nous ne sommes pas conquis par cette ville sans doute trop bohème pour nous, pourtant classée à l’UNESCO depuis 2003 où le poète engagé Pablo Neruda a vécu.
Nous longeons alors la cote par plusieurs stations balnéaires dont la clinquante Vina Del Mar. Il y a foule par ici, nous ne ferons qu’emprunter cette superbe route du littoral.
Un peu de route en plein désert envahis par les cactus et nous arrivons à Andacollo où nous souhaitons visiter un observatoire astronomique. Souvenez-vous, le ciel du Nord du Chili est l’un des plus clairs. Dommage aujourd’hui, il fait très nuageux et en plus le centre est fermé pour deux semaines. Bon, ben tant pis. On verra plus loin et on visite ce plaisant village qui porte encore les traces de je ne sais quel pèlerinage qui s’est achevé hier. Le marché, lui est toujours là, infini on y trouve tout un tas de trucs plus inutiles les uns que les autres. Tiens serait on revenus en Bolivie ?
On poursuit jusqu’à La Serana sur la côte où nous faisons vérifier nos malheureux amortisseurs qui ne montrent pourtant pas de signes de fatigue. On se ballade dans cette magnifique ville, deuxième plus ancienne ville du Chili, et organisons la visite d’un autre observatoire le lendemain soir. Finalement, nous serons sur Vicuna le soir même et pourrons visiter l’observatoire de Mamalluca cette nuit. Chouette visite bien qu’un peu déçus par ce que nous avons vu dans les monstrueux télescopes. Même dans un télescope de 30cm, Jupiter reste bien loin et bien minuscule pourtant agrandie de 140 fois. Notre guide nous montre aussi tout un tas de constellations que nous ne connaissons pas puisqu’on ne peut pas les observer dans l’hémisphère nord. Mais aussi autres galaxies et nébuleuses qui continueront à nous convaincre que nous ne sommes pas seuls !!! Ok, on ne les trouvera jamais mais peut-être que eux nous trouveront…
Avec tout ça, il est 1h30 et ça fait bien longtemps que nous n’avons pas veillé aussi tard. C’est encore tout endormis le lendemain que nous arrivons à la visite de Planta Capel Pisco, qui distille et embouteille le Pisco de la région. Heureusement, la dégustation nous réveillera un peu. Nous repartons avec 2 bouteilles une à la mangue et une à la crème de café pour fêter dignement la fin d’année.
Notre passage dans la vallée d’Elqui nous laissera elle aussi de très beaux souvenirs.
Des km et des km à longer des immenses vignobles où les grappes rougeoyantes n’attendent qu’une chose, qu’on les cueille. Le village de Pisco Elqui, situé dans une vallée désertique dont on n’aurait jamais cru que quelque chose puisse y pousser, vaut lui aussi le coup d’œil.
On se débarrasse définitivement de nos derniers pesos chiliens en achetant toujours plus de fruits et de légumes. Adios Chile, Argentine nous revoilà…
26 février 2011
L’Araucanie, notre coup de cœur chilien.
Youhou une connection internet nous permet de vous raconter où nous étions il y a plus de 2 mois. Le Chili, ca nous parait tellement loin maintenant que nous nous la coulons douce au Brésil ! Pour ce qui concerne des news plus fraiches, nous vivons un rêve sur les plages du Nord Est Brésilien. Nous sommes dans l'Alagoas, bien mieux que tout ce que nous avons déjà vu sur les plages du Mexique, Costa Rica, Belize ou Venezuela !
Dur dur de se remettre dans notre voyage : les quelques jours passés avec Gaelle, l’après coup de notre croisière en Antarctique, la venue de nouvelles fêtes hors de France… on accuse un peu le coup. Va-t-on finir par se fatiguer de cette vie de « gitan », va-t-on finir par se lasser de voyager ? Hum, rien n’est moins sur… Cela dépend un peu des jours, du ciel, de où on a passé la nuit...
Jeudi 16 décembre, Pierrick a décidé qu’il voulait voir des otaries ! Ni une ni deux, nous filons vers Valdivia proche de la côte Pacifique. Outre les choucroutes, la ville doit sa réputation à ses imposantes otaries qui lézardent sur les quais de la ville.
Il faut le voir pour le croire, mais effectivement à 2 mètres de la route et des bus de ville, en plein centre, une petite demi-dizaine d’animaux assure le spectacle. Les citadins font leur footing, les amoureux se bécotent, les enfants jouent tandis que les otaries se laissent aller à des rots retentissants qui ne semblent plus surprendre grand monde.
A croire que nous n’avons pas eu notre dose de route de terre, nous faisons le choix étrange, que nous ne comprenons toujours pas, de rejoindre Los Lagos via des chemins de traverse. Non seulement nous avons du mal à trouver cette route mais en plus il nous faudra tout autant d’efforts pour trouver un endroit où dormir. Néanmoins, cet itinéraire nous fait découvrir un autre Chili, plus retranché, plus démuni. Et oui, quand on entre au Chili pour la 1ere fois, on se dit que sans aucun doute, il apparait comme le pays le plus développé, le plus organisé de l’Amérique du Sud (du moins parmi les pays que nous avons visité à ce jour). Puis après plusieurs semaines de vadrouille, malgré ses apparences, le Chili nous semble finalement pas si différent des autres pays Andins traversés auparavant. Désorganisation, précarité et isolement, alors que 1/3 de la population se trouve dans la capitale, certains Chiliens paraissent vivre sans eau ni électricité. Les disparités semblent impressionnantes. Le récent tremblement de terre qui a frappé le pays y est peut être pour quelques chose. Toujours est-il que le Chili n’est peut-être pas aussi stable que ce qu’il veut bien laisser paraitre.
Toujours par des routes secondaires mais bitumées, nous approchons tranquillement de Villarica. Dommage que le ciel soit si couvert, impossible d’apercevoir le volcan Villarica, 2847m. Nous allons quand même dormir au pied du cône, en espérant que ca se découvre dans la soirée ou dans la nuit. Bingo, 19h, il est entièrement découvert et toujours bien enneigé.
Nous ne comptons pas y monter, par contre, nous avons repéré un autre parc, le Huerquehue, qui promet de belles randos. Fini les journées maussades de Patagonie, nous sommes désormais dans la région de l’Araucanie Chilienne. La rando nous fait passer par une magnifique forêt où d’immenses araucarias attirent notre attention, mais aussi par des cascades qui n’en finissent plus et des lacs d’une pureté inouïe.
La cerise sur le gâteau, le sentier nous offrent des points de vue parfait sur le Villarica.
16h30, nous sommes de retour, pour autant la journée n’est pas finie. Nous voulons enchainer par une 2nderando.
De nouveau 700m de dénivelé que nous avalons en 1h10 et qui nous conduisent à un plateau pampa d’où nous avons un superbe panorama sur, non pas un ni deux mais 4 volcans de la région dont l’impressionnant argentin, le Lanin à 3700m.
Toujours du soleil, pas un pet de vent, nous nous offrons une petite sieste bien méritée après une longue mais idéale journée de marche.
Une nuit sur le terrain de foot du village voisin et nous reprenons notre route. En fait, on ne sait pas trop où on va. Y’a des jours comme ça où prendre la moindre décision est une histoire de fou. Le parc Conguillo nous attire bien mais le temps n’est pas avec nous. On finit par y aller et par dormir dans la station de ski fermée en cette saison. Mauvais choix, nous espérions y contempler le volcan LLaima, raté nous sommes trop proches, on ne le voit pas un poil. Beaucoup de route de terre pour rien. Heureusement, le coucher de soleil sur la forêt d’araucarias est merveilleux.
Au réveil, le soleil brille et les oiseaux chantent. Nous commençons à être habitués : un jour de mauvais temps, un jour de soleil, tel est la météo dans le coin. Toujours mieux que la Patagonie ! D’où notre nouvelle devise : la plus belle des journées dans le plus « banal » des parcs de l’Araucanie sera toujours mieux que la plus maussade des journées dans le parc le plus spectaculaire de Patagonie…
Nous consacrons donc la journée au parc Conguillo, et quel bonheur ! Un soleil de plomb, un ciel bleu azur, le volcan Llaima qui surplombe tout le parc, cette rando est géniale. On monte, on monte, pour des vues toujours plus spectaculaires.
Tout est irréprochable, y compris le parfait reflet du volcan dans le lac à ses pieds.
Difficile de s’arrêter quand nous atteignons le bout de la rando, nous décidons de continuer un peu. La bonne idée de la journée, prendre nos crampons qui nous seront bien utiles. Désormais la neige recouvre le sentier qui devient beaucoup plus abrupte.
Pas d’imprudence, nous avançons très doucement en choisissant la meilleure voie. Un passage nous fait hésiter. Un couple nous dépasse. Nous les suivrons mais contrairement à eux nos crampons nous assurent une certaine sécurité. Malheureusement, 200m plus loin nous renonçons.
Encore trop de neige et surtout des vides vertigineux, dans lesquels il serait regrettable de tomber ! On s’installe plutôt pour notre pique nique face à une vue qui nous laisse bouche bée. Les autres semblent vouloir poursuivre, ils insistent une demi-heure puis, eux aussi abandonnent. Un condor fait le spectacle puis nous descendons au pas de course. Cela fait tellement longtemps que nous n’avons pas eu aussi chaud, qu’un plouf dans le lac ne serait pas de refus.
Dans un décor de rêve, je m’offre un bain intantinet frisquet alors que Pierrick fait le difficile trouvant l’eau trop froide. Lui qui s’est baigné en l’Antarctique… Avant de se trouver un coin de verdure avec vue obligée sur le volcan, nous pourrons même nous laver les cheveux au camping.
Petit déjeuner au soleil le lendemain. Et oui, ca sent l’été ! 21 décembre, alors que la France et le Québec croule sous la neige, nous, nous voyons le retour des beaux jours arriver ! Hé, hé ! Par contre, c’est aussi les jours qui vont raccourcir, ajouter à notre remontée au Nord et vers l’Est, nous allons devoir réajuster nos horaires.
Notre objectif Santiago de Chile, la capitale, mais en prenant notre temps. D’abord, il nous faut retrouver la Panaméricaine via Victoria. Par ici, la panaméricaine a tout d’une autoroute française (chien, poussette, et vélo en plus) y compris les péages qu’ils se gardent bien d’annoncer. Toujours avoir pas mal de pesos chiliens sur soi. Nous testons une aire d’autoroute avec tous les services dont internet. L’après-midi, nous la quittons le temps d’aller contempler les chutes Del Salto de Las Lajas, réplique miniature des chutes d’Iguazu que nous ne connaissons pas encore.
Devant la foule de familles, nous déduisons que les grandes vacances ont du commencer pour les chiliens. Nous allons devoir nous mêler aux locaux pour les semaines à venir. Retour sur l’autoroute avec nuit sur une aire de repos, cela fait bien longtemps.
Le lendemain, nous continuons sur la Panaméricaine au milieu de très nombreux camions. Nous refaisons notre stock de fruits et légumes à un des plus grands marchés du pays, celui de Chillian. Peut-être allons-nous avoir les yeux plus grands que le ventre devant les innombrables étalages plus colorés les uns que les autres de FRUITS D’ETE. Cela fait déjà plusieurs jours que nous nous gavons de cerises et abricots qui n’ont absolument rien à voir avec ceux que l’on peut manger en France. Nous craquons alors pour pêches, brugnons, tomates, poivrons et regrettons les fraises et framboises. Le tout a un prix ridiculement bas. Tiens, on rachète des cerises pour la peine J
La Panaméricaine nous fait passer par des hectares et des hectares de vergers. Mais où vont tous ces fruits ? Nous arrivons à la hauteur de Talca que le Lonely décrit par cette phrase : « Paris, Londres et Talca… ». Forcément, ca suscite la curiosité. Ce qu’ils n’ont pas comprit c’est que les 3 villes forment soit disant un triangle isocèle et que donc cette ville n’a rien de comparable avec la beauté des 2 capitales européennes. On ne descendra pas de la voiture.
15h30, nous arrivons à l’entrée de la Réserve de Lircay. On y prend des infos sur les sentiers et demandons l’autorisation, accordée, de dormir à l’intérieur. Plusieurs options pour ce parc : une rando à la journée ou un circuit de 2 ou 3 jours. Devant le cout de l’entrée à la journée et celui du droit de camping, nous choisirons de faire le circuit en une longue journée. Nous n’avons peur de rien. C’est qu’on trouve moins fatigant de marcher 30km avec des petites sacs en une journée que de s’équiper pour 3 jours.
Cette journée du 23 décembre restera inoubliable. Au programme selon les temps annoncés 10h de marche… Nous partons à reculons sous la bruine et dans les nuages. Mais très vite, nous allons passés au-dessus de ces derniers. Les rayons du soleil et la splendide mer de nuages ne nous quitteront plus.
Très vite aussi nous allons prendre de l’avance sur les temps annoncés et nous offrir un extra vers un point de vue à 2h aller/retour que nous regretterons peut-être à la fin de la journée.
On cache mon sac à dos dans les buissons pour s’économiser un peu. De retour, sur le sentier principal, on entame la montée vers l’Enladrillado dont on nous a dit que c’était très beau, même si nous n’avons aucune idée de ce que ca peut bien être.
Après 1h20, nous arrivons à un spectaculaire plateau dallé d’où nous avons un panorama renversant sur la chaine volcanique de l’autre côté de la vallée.
Nous mangeons ici en partageant la vue avec de drôles de lézards crapauds.
Les jambes tiennent le coup, nous nous dirigeons vers la laguna Alto via un superbe sentier de crête d’où nos yeux ne peuvent décrocher de la mer de nuages stagnante.
Nous arrivons à la laguna que nous surplombant de quelques centaines de mètres.
On hésite un peu puis décidons finalement d’y descendre au risque de revenir bien fatigués. Nouvelle pause à son bord pour relaxer les pieds dans l’eau. Déjà 7 heures que nous marchons, il nous en reste 4, selon les guides. Enfin, on espère bien en mettre beaucoup moins. 2h seulement nous serons nécessaires en prenant notre temps et photographiant la multitude de fleurs que nous croisons.
18h15, nous sommes à la voiture après une journée exceptionnelle qui nous a beaucoup rappelé les paysages péruviens. Une réserve à ne pas louper dont on parle peu.
Et voilà, 3 beaux parcs qui nous redonnent le gout de découvrir et de voyager. Des très belles surprises qui s’ajoutent à tout ce que nous avons déjà vu. Non, on ne s’en lassera pas !
30 décembre 2010
Sister Act !
Nous voilà donc comme promis dans la charmante ville de Puerto Varas au Chili.
Notre mission ici, pas la moindre : trouver Gaëlle !
A peine arrivés, nous nous lançons dans le tour des auberges de jeunesse. Mais où est Gaëlle, telle est la question. Notre seul indice : elle loge dans une auberge de jeunesse où elle suit des cours d’espagnol donnés par une Polonaise. Il ne peut pas y’en avoir 36…
Un premier échec dans une hospedaje, qui nous renvoie aussitôt vers une seconde. Et voilà, en moins de 20min nous avons retrouvé sa trace.
16h30, nous débarquons dans son auberge de jeunesse et la trouvons confortablement installée dans le jardin sous le soleil en plein cours. La surprise est telle qu’elle ne reconnait pas son barbu de petit frère. Juste l’espace d’une fraction de seconde bien sur ! Joyeuses retrouvailles après plus de 2ans et 4 mois.
Il nous faudra encore patienter une petite heure, le temps qu’elle termine sa leçon pour pouvoir l’assaillir de questions. Nous passons la soirée autour de bonnes empanadas, et nous ne lui laissons aucun répit. Nous voulons tout savoir, avoir des nouvelles de tout le monde, savoir comment va la France, ect ect. Ca fait si longtemps. Nous avions imaginé ces instants des centaines de fois, mais jamais nous n’aurions pensé que cela puisse arriver avant notre retour en France. Ce qui est encore meilleur, c’est que rien n’était prévu. Gaëlle est arrivée au Chili, nous étions à une centaine de kilomètres en Argentine et maintenant nous sommes ensemble. Ca ne pouvait pas mieux tomber ! Autant elle que nous avons du mal à y croire…
On papotte beaucoup et bien sur, on ne tarde pas à s’organiser un petit programme pour passer quelques jours ensemble.
Dès le jour suivant, nous partons tous les 3 vers le Parc Alerce Andino à une heure au Sud de Puerto Varas. Gaëlle arrive à déplacer ses cours pour pouvoir profiter de la journée. Par contre, seule ombre au tableau : la météo. Elle comme nous, avons déjà gouté aux caprices de cette dernière.
Pierrick et Gaelle au pied d’un alerce millénaire
Nous passons quand même une agréable journée sous la bruine et marchons 6h dans une épaisse forêt humide au cours de laquelle nous ne manquons pas de donner à Gaëlle plein d’infos pour la suite de son voyage qui ne fait que commencer.
Nous sommes de retour vers 18h pour le cours d’espagnol. Gaëlle nous rejoint 3h plus tard, pour comme elle le dit, une « Venturette Party » ! Tout le monde en rêve, elle sera la seule à pouvoir se targuer de l’avoir fait. On lève le voile et nous l’ « invitons » à partager le quotidien, celui que nous vivons identique chaque jour depuis 1 an et demi, au travers d’un bon plat de pates cuisiné et partagé dans la voiture ! Gaëlle, nous tenons d’ailleurs à te féliciter pour cette épreuve que tu as su relever avec succès. Quel courage !
Nous nous séparons pour la nuit : Gaëlle dans son auberge et nous, comme à notre habitude, dans la voiture dans une des rues bien tranquilles du voisinage.
Rdv le lendemain à 8h pour profiter d’une nouvelle journée ensemble. Et devinez qui sera de la partie : LE SOLEIL !!! Youhou ! Cela tombe bien, aujourd’hui nous avons vraiment besoin de lui pour admirer sous toutes ses coutures la star de la région, le spectaculaire volcan Osorno.
Nous allons marcher autour de ce dernier tout au long de la journée pour notre plus grand bonheur.
Nous sommes très chanceux et ne le quitterons pas des yeux.
Comme la veille, nous retournons sur Puerto Varas vers 19h. Gaëlle n’a qu’une petite heure devant elle avant de repartir bucher avec sa prof polonaise. Dur dur la vie étudiante. Nous lui réservons une nouvelle fois un modeste diner dans notre petit chez nous. A croire que cela lui a plu ?!
Mardi 14 décembre, Gaëlle vient de terminer ces 15h de cours, nous allons pouvoir aller explorer ensemble d’autres horizons. On se met donc en route et partons pour l’énigmatique Ile de Chiloé.
Cette ile chilienne de la taille de la Corse attire de nombreux touristes pour son architecture qui lui vaut de belles petites églises, mais aussi pour son ambiance particulière qui parait il est lié au temps exécrable qu’il fait sur l’ile. Au moins nous sommes prévenus, il pleut 370 jours par an.
Pour rejoindre l’ile, il nous faut prendre un bac pendant 30 min. Les locaux ont beau dire ce qu’ils veulent, aujourd’hui le soleil brille, on compte bien profiter. Quand nous posons le pied sur l’ile, il est déjà 15h30, mais avec les longues journées qui annoncent l’été, il n’est pas trop tard. Un bref arrêt dans un centre d’infos et nous filons sur Ancud et même un peu plus à l’ouest pour que Gaëlle rencontre ces 1ers pingouins. A peine descendus de la voiture que nous voila dans le bateau pour approcher les petits bonhommes. Pierrick et moi sommes tout aussi enthousiastes car nous allons voir une nouvelle espèce, les Humbolts.
Les oiseaux marins sont eux aussi au rendez-vous, notamment de beaux cormorants le tout sous le soleil, le séjour commence bien.
On reprend ensuite notre route, nous voulons être à Quemchi dans la soirée où Gaëlle pourra se trouver un petit hôtel pour la nuit.
Une fois chose faite, nous allons déguster de délicieuses empanadas qui nous feront gouter aux spécialités de la région, les fruits de mer. Je craque littéralement pour celles à l’araignée de mer qui sont un délice.
Le ciel se charge un peu le lendemain, mais rien d’alarmant. Nous continuons donc tranquillement notre route via tout un tas de minuscules villages et faisons dans chacun une petite halte pour visiter leur adorable église. Entre autres Tenaun, Achao, Quinchao, Dalcahue.
La journée est déjà bien remplie quand nous poussons jusqu'à Castro, capitale de l’ile. S’il n’y en a qu’une, c’est celle là qu’il faut visiter écrit le Lonely. D’abord pour sa cathédrale,
mais aussi pour ses palafitos (maisons sur pilotis)
où vivent les pêcheurs
et enfin pour l’ambiance spéciale qui y règne.
Parfaitement d’accord pour les 2 premiers par contre l’atmosphère particulière, mouai. Il ne pleut toujours pas…ca doit être ça.
C’est un peu tristounets que nous reprenons la route vers Ancud. Et oui, Gaëlle repart demain déjà. Pleines de merveilleuses visites l’attendent plus au Sud. Mais hors de question de se séparer sans un dernier gueuleton ! Nos estomacs sont prêts pour la spécialité de l’ile, le curanto. Assortiment de saucisse, lard, poulet servi avec des fruits de mer (palourdes et moules) ET pommes de terre et purée.
En ce qui concerne l'ile, comme tout le monde nous y sommes allés et comme tout le monde on se demande un peu pourquoi. Agréable et mignonet, rien qui n'en fait pour autant un site d'un grand intêret. Enfin, on aime bien vérifier tout ça de nos propres yeux.
Et voilà, 22h, déjà l’heure de laisser Gaëlle… Elle va continuer sa route seule dans ce fabuleux pays. Un bus l’attend demain au petit matin pour la ramener sur Puerto Montt d’où elle s’envolera vers Punta Arenas.
Sniff, ces 5 derniers jours ensemble sont passés beaucoup trop vite. Mais ils nous ont fait énormément de bien. L’espace de quelques jours, notre quotidien a été délicieusement chamboulé. Nous n’aurions jamais cru qu’un jour nous aurions partagé tout ça avec un proche. Quel plaisir de voyager à 3 !
26 décembre 2010
On the road again
En sortant de Torres Del Paine on continue avec les grands incontournables du coin. On ne manque pas de passer une nouvelle fois la frontière pour retourner en Argentine. Au passage, nous crevons juste devant les douanes. Ca faisait longtemps ! Changer un pneu toute une histoire depuis que notre bon vieux crick nous a laché. Impossible d’un trouver un adapté à notre voiture, Pierrick doit maintenant en utiliser 2 : le 1er étant trop haut il faut se servir d’un 2nd pour présoulever la voiture, le tout le plus rapidement possible puisque le 2nd ne peut soutenir qu’une tonne et que notre voiture en fait plus.
Nous retrouvons un bout de la Ruta 40 qui nous amène directement à El Calafate. Affreuse ville archi touristique où nous ne ferons que faire des courses avant de nous rapprocher du Glacier Perito Moreno.
Et oui, finalement on a décidé d’y aller. Pourquoi ? C’est vrai qu’on en a vu pleins d’autres… D’abord, pour ces dimensions monstrueuses : 50km de long, 4km de large et 60m de haut !!! Ouh, on se sent tout petit à côté. Ensuite, parce que c’est le seul glacier au monde à continuer à avancer !
Arrivés à 8h, nous pouvons profiter de plus d’une heure à sillonner chaque balcon seuls. Le soleil pointe timidement le bout de son nez, mais cela suffit à nous offrir de belles chutes de glace. Nous y resterons finalement jusqu’à 15h. On ne se lasse pas de ces craquements et de ces détonations retentissantes. Pas une seule seconde nous ne quittons des yeux la zone de rupture pour être témoin de la prochaine chute. Nous sommes servis, de 8h30 à 9h30 ca n’arrête pas. Même toute une tour du glacier s’effondre sous nos yeux.
Dans l’après midi, nous prenons donc la route vers El Chaiten, ville la plus récente d’Argentine qui a été tout bonnement crée pour accueillir les touristes qui arrivent en masse pour gravir, approcher ou simplement observer le Fitz Roy et le Cerro Torre. En ce qui concerne la ville, ce n’est toujours pas ça… et quant au Fitz Roy, autant être prévenu d’avance, il est quasiment continuellement dans les nuages ! Nous ne tardons pas à le vérifier : rien on n’y voit rien. On se trouve un petit coin tranquille pour la nuit et optimistes, on prépare nos sacs pour notre prochain trek.
Mardi 30 novembre, on n’a pas fermé l’œil de la nuit. On a bien cru que Venturette allait s’envoler ! C’est quoi ce vent de fou ??? Bien qu’on s’imagine mal marcher par ces conditions, on part demander au ranger quelques infos. Déjà nous revoyons nos plans au rabais, on oublie notre boucle de 5 jours et projetons plutôt de partir pour 3 jours au max.
Avec tout ça, bonne nouvelle le Fitz Roy est découvert. Youpi ! On fait quelques kilomètres en arrière pour profiter de la vue. Ca ne va peut être pas durer…
A 10h, après avoir laissé Venturette chez la police, on commence à marcher. Objectif premier : atteindre le départ du sentier que nous pouvons voir à 300m, et que nous atteindrions en 2 minutes s’il n’y avait pas de vent. Quand on y arrive au bout de 10min je suis déjà épuisée. Je ne le sens pas ce trek. Heureusement, nous serons un peu plus à l’abri sur le sentier, du moins au début. Le sentier est très facile et nous permet d’avancer d’un bon pas. Nous passons le point de vue duquel le Fitz Roy n’existe déjà plus, et un 1er lac sans grand intérêt. Ce qui nous attend pour la suite n’est vraiment pas une partie de plaisir. Pendant 1h30, nous essuyons une belle tempête qui mélange pluie, grêle et neige. Je suis totalement découragée. Le vent me glace le sang, on est trempé tripé et on n’y voit pas à 100m. Désabusée, je continue à mette un pied devant l’autre en me disant que la Patagonie c’est surement très beau mais si on ne voit jamais rien, à quoi bon. Les Pyrénées sont surement moins spectaculaires mais au moins on peut profiter des paysages.
Nous sommes à moitié soulagés d’arriver au campement. Il est à peine 13h, l’aprem sous la flotte va être interminable. On monte vite la tente, s’y enferme pour y pique niquer et sautons dans nos sacs de couchage. On tue le temps en dormant, rien de mieux à faire de toute façon en attendant l’heure du gouter puis du diner. On ne mettra pas le nez dehors, on a vraiment très froid, la nuit s’annonce douloureuse. Le vent vrombit sur notre tente et on prie pour qu’il ne l’arrache pas.
5h30, le lendemain : il faut qu’on bouge, nous sommes congelés. On échange sur la nuit passée et sommes d’accord pour dire que nous n’avons jamais eu aussi froid. On met le bout du nez dehors et surprise…….. ON EST SOUS LA NEIGE !!!
On comprend mieux. On fait un tour du campement pour constater les « dégâts » : une belle couche fraiche de 5cm. Contre toute attente, cela nous redonne le sourire. C’est magnifique !
On laisse tout en place et partons légers pour 2h de montée vers la Laguna de Los Tres. Bien sur nous n’espérons pas voir le Fitz Roy. Le ciel est toujours extrêmement nuageux, mais le vent s’est calmé et il ne pleut plus. Il neigeote.
Une matinée qui nous rappelle nos week-ends au Québec à fouler une neige parfaite. Plus on monte, plus l’épaisseur de neige est importante. On s’y enfonce jusqu‘aux genoux et on aime ça. Rien que pour ça, ce trek vaudra le coup.
Nous retrouvons notre tente vers 10h et plions bagages pour rejoindre l’autre coté du parc qui sera beaucoup moins enneigé.
On renonce au détour de la Laguna Torre qui est censée offrir un point de vue imprenable sur le Cerro Torre. Quant à l’idée de repasser une nuit sous la tente dans ces conditions, NON MERCI.
Alors on reprend la direction d’El Chalten, retrouvons la voiture entière et roulons toujours plus au Nord.
A notre tour, de nous confronter à la Carretera Australe, un peu l’équivalent de la Route 66 aux Etats-Unis. Nous n’y sommes pas encore puisque cette dernière est au Chili, et que nous sommes encore en Argentine. Nous filons donc vers le poste de frontière le plus proche. C’est une nouvelle fois la Ruta 40 qui nous y mènera.
Enfin, Monsieur le tatou se laisse photographier
On s’affranchit pour la énième fois des formalités de douane en s’inquiétant un peu devant le nombre ahurissant de tampons du Chili et d’Argentine que nous avons. A ce rythme là, on ne va plus avoir de place. Une nuit seuls au monde au bord du lac Cardiel en Argentine, puis on longe le gigantesque Lago Buenos Aires (3ème plus grand lac d’Amérique du Sud) à cheval sur les 2 pays. La route de la frontière qui nous fait rejoindre la Carretera Autrale est époustouflante. Elle nous rappelle celle du Cap Corse, en moins dangereuse bien que non bitumée. Pas de Méditerranée mais ce joli lac, et énormément de fleurs pour un festival de couleurs.
Quand nous rejoignons la Carretera Australe, nous sommes agréablement surpris. De la piste certes, mais de la bonne. Enfin, cela peut changer, on reste sur nos gardes.
On profite donc tranquillement du paysage et surtout des changements de végétation. Désormais, nous avons quitté les abords du lac, et les horizons montagneux ont laissé la place à une forêt luxuriante aux « feuilles de chou » géantes.
Pierrick coupe la route par une brève visite de la Cueva de Los Manos, où des empreintes de main datant de très longtemps (me souvient plus trop, ce n’est pas mon truc) sont encore visibles sur les parois de la grotte.
Dans la soirée, nous poursuivons notre route et trouvons tant bien que mal un endroit en bord de piste pour dormir.
Samedi 4 décembre, grosse frayeur. Venturette a choisi la route la plus difficile et retranchée du pays pour jouer avec nos nerfs, et ca marche ! Cette fois-ci, c’est le voyant « entretien moteur » qui illumine notre tableau de bord. Hum, pas de panique, procédons par étape. Tout d’abord, retrouver la route principale sur laquelle il y a du passage. Nous sommes bien évidemment dans un coin paumé où nous avons dormi. Puis, éplucher le mode d’emploi pour savoir à quoi correspond ce voyant, le tout sans éteindre le moteur de peur de ne jamais redémarrer. Prévisiblement, rien de très clair sur le manuel, nous sommes toujours dans le flou. Ensuite, se dire que quoi qu’il arrive, on a de la chance car nous ne sommes qu’à 30km d’une ville ! Oui, oui il y en a sur la Carretera Australe. On essaye de positiver comme on peut. Une fois dans Coyhaique, nous nous posons dans une station service (au moins si on ne redémarre pas, on pourra être aidés) pour effectuer les vérifs suggérées par le guide de la voiture. Mouai, sans grand succès. Pierrick est persuadé que cela vient du filtre à air, que, c’est vrai nous n’avons pas changé depuis un bail. On en a un en stock, il se lance dans l’opération. Après tout, qui ne tente rien n’a rien. Résultat : euh, nan c’est pas ça ! Mais la bonne nouvelle, c’est que Venturette démarre toujours. Yes, yes, yes ! Il y a un garage à un bloc, on part demander conseil. Ils nous rassurent un peu, et nous renvoient de suite vers le concessionnaire Chevrolet de la ville. Allez, on voit le bon côté des choses, nous sommes dans le seul pays d’Amérique du Sud, où notre voiture, la Nord Américaine CHEVROLET Venture, de son petit nom Venturette, est importée. Tu vois, tout va bien… Par contre, il faut se bouger nous sommes samedi et dans 2 ou 3h tout fermera jusqu’à lundi.
Les gars nous suggèrent aussi sec de faire un scan de notre voiture. Exactement ce qu’on nous avait proposé de faire au Pérou quelques mois avant. Sauf que cette fois-ci, le garage est compétent et dispose du matériel pour. 80 000 km depuis notre départ de Montréal, on est plutôt tentés, ce qui nous permettrait d’avoir un bilan général du véhicule. Comme des parents dans la salle d’attente d’un hôpital, on se ronge les sangs le temps que le verdict tombe. Et si Venturette était en fin de vie. Si elle avait décidé de ne plus continuer… Aie aie aie, on réfléchit trop, c’est sur. Mais mais mais, comme on la toujours dit, cette voiture est la meilleure !
Fausse inquiétude, le scan ne détecte aucune anomalie. Juste un niveau insuffisant de liquide de refroidissement. D’ailleurs un des mystères de ce voyage, notre liquide de refroidissement disparait. Pas de fuite, évaporation si importante impossible, si quelqu’un a une idée… On explique au gars que nous avons ce problème depuis des mois et que nous roulons ainsi depuis 50000km au moins. Etrange, étrange…
Toujours est-il que le voyant s’est éteint et le concessionnaire nous donne son feu vert pour reprendre notre route.
Après Coyhaique, nous alternons portion asphaltée et piste dans un paysage qui nous évoque tout simplement nos jolies Alpes.
De beaux pâturages, des montagnes enneigées et des quantités astronomiques de fleurs, le tout sous le soleil. C’est magnifique !
On avait prévu de rouler jusqu’à 20h pour rattraper le retard du à nos soucis mécaniques, quand nous sommes de nouveau dans l’obligation de nous arrêter. Jour de rodéo dans la minuscule bourgade de Manihuales, on ne louperait ça pour rien au monde ! Pendant 2h, nous squattons 2 sièges de la petite arène pour applaudir les huasos. Ces derniers vêtus comme les vrais (ponchos, éperons, chapeaux et bottes) concurrent par paire. Ils doivent grâce à leurs montures bloquer un jeune veau contre la balustrade. On ne comprend pas tout, mais on passe réellement un excellent moment.
Nous ne roulerons pas beaucoup plus le lendemain. Le temps est assez clément et nous voulons en profiter pour mettre le nez dehors. Nous occupons donc la matinée par une ballade de 4h proche du parc Queulat. Nous retrouvons une forêt humide qui nous mènera au pied d’un magnifique glacier.
De même pour l’après midi où nous entrons dans le parc pour une ballade identique et encore plus renversante.
Nous consacrons un bout de la soirée à la route. Nous ne le répéterons jamais assez, mais nous restons bouche bée devant la qualité de la piste qu’on nous annonçait partout comme catastrophique. Peut-être est ce parce que nous sommes en début de saison…
Le lendemain, nous nous permettons même un détour pour une nouvelle ballade bien agréable, toujours une forêt qui nous conduit à un glacier avec de belles orchidées en chemin.
Et voilà, il est déjà temps pour nous de quitter la Carretera Australe après y avoir roulé sur 700km. Sceptiques, le but n’était pas de la parcourir sur sa totalité, 1300km mais d’en faire un petit bout pour vérifier qu’elle est à la hauteur de sa réputation. Effectivement, les paysages qu’elle traverse sont à ne pas louper.
Finalement peu de voitures croisées (et aussi peu de voyageurs) et victoire notre pare-brise est toujours en un seul morceau.
C’est du côté de Futaleufu que, devinez quoi… on rerentre en Argentine. On ne s’en lasse pas. Moyen le plus court de rejoindre El Bolson où nous avions repéré un trek intéressant 2 mois avant lors d’un précédent passage.
Nos passages de frontière sont toujours aussi mémorables : quand ce n’est pas tout le bureau qui est mort de rire en regardant la photo de Pierrick sur son passeport et sa tête maintenant, c’est son 3ème prénom qui intrigue tout le monde, ou encore notre tampon Antarctique qui fait jaser. Sans oublier les fouilles interminables pour nous confisquer 3 grains de mais à pop corn, et les douaniers trop curieux qui veulent absolument retracer tout notre itinéraire en identifiant chaque tampon…
Ce n’est pas qu’on est pressé, mais la station service d’Esquel avec internet en WIFI nous attend pour mettre à jour le blog. Comme il y a 2 mois, nous y restons des heures et des heures… 22h, nous roulons de nuit, bien longtemps que cela n’était pas arrivé, pour passer la nuit dans le parc de Los Alerces. Nous comptions le traverser rapidement, finalement nous y ferons deux très belles randos.
Des fleurs pétillantes,
des lacs paisibles,
des cascades insoupçonnées et surtout des rivières d’un bleu-vert parfait qui nous tenteraient bien pour un petit plongeon…s’il faisait 15°C de plus.
Nous allons aussi admirer un Alerce, arbre centenaire impressionnant par son diamètre et sa hauteur.
Une fois arrivés à El Boslson, nous nous enregistrons pour le trek du Cierro Azul. Nous prévoyons 4 jours de marche dans des paysages montagneux que le Lonely décrit comme « les plus beaux du pays », voir je cite toujours, « les plus beaux au monde » ?! Qu’est ce que cela peut il bien vouloir dire, tout est tellement différent. Intrigués, nous avons besoin d’aller vérifier. Pourtant, nous ne le saurons jamais. Jeudi 9 décembre, les sacs sont prêts, mais le temps est si pourri que nous renonçons. Des treks nous en avaient fait pas mal ces derniers mois, et maintenant ce que nous recherchons ce sont des journées de marche sympas et agréables sous le soleil. A quoi bon ? De toutes façons, les prévisions sont pessimistes pour les jours à venir. Si c’est pour courir et s’enfermer dans la tente le plus tôt possible, ca ne vaut pas le coup.
Un peu déçus (nous sommes revenus dans la région spécialement pour ça) nous espérons quand même remplacer ce trek par 2 autres du côté de Bariloche et San Martin de Los Andes. Là encore, nous connaissons un peu le coin, pour s’y être arrêtés en descendant. Manque de bol, à Bariloche c’est encore pire ! Il flotte encore plus, ça ne s’arrêtera pas pendant 48h ! Même à Pau, on n’a jamais connu ça. Blasés, on annule tous nos treks, mais on s’en garde quand même un en tête au Chili à moins de 100km.
On dort de nouveau sur le parking du parc de Los Arrayanes à Villa La Angostura, où on se réveille sous la neige ?! Oui, je sais, la France aussi est sous la neige, mais la différence c’est que nous ici, nous sommes bientôt en été.
Bon, c’est pas grave, comme on dit, des treks on en a fait déjà beaucoup. Pour tout vous avouer, on admet que la motivation a un peu disparu quand nous avons appris une sacrée bonne nouvelle. Mais alors vraiment bonne, à laquelle on ne pouvait absolument pas s’attendre : la sœur de Pierrick, Gaëlle, est au Chili pour 2 mois ! Entre marcher dans le froid sous la flotte et passer quelques jours avec elle au Chili, y’a pas photos, on fonce ! Revoir enfin une tête connue, plus de 1an et demi, on a tellement de choses à se raconter… on est tout excités et surtout très impatients.
Samedi 11 décembre, il fait beau –un peu. Parfait pour passer la frontière au col de Samoré, réputé pour être splendide. Splendide, il est…mais surtout très enneigé.
D’ailleurs on était tellement dépités à Bariloche, que nous n’avons pu attendre plus longtemps. Pour remettre un peu de gaité dans l’air, nous avons installé nos petites décos de Noel dans la voiture qui se fondent tout à fait dans ce décor tout blanc.
Encore une fois, nous sommes scotchés pas tant de neige. Un peu plus, et il nous aurait fallu les chaines. Mais rien ne pourra nous arrêter, nous voulons être à Puerto Varas dans la journée et faire la surprise à la grande sœur de Pierrick.
Attention, Gaëlle, on arrive !
20 décembre 2010
Dis, si on allait au Nord pour changer…
Fini les vacances, il est temps de reprendre notre route. Dur dur de poursuivre quand on sort de 12 jours enchanteresques pendant lesquels on s’est fait chouchouté. Adieu les tonnes de bouffe, le confort d’un matelas, les douches chaudes…
On avoue accuser d’un petit coup de blues en remontant dans Venturette. Et puis qu’est ce qu’on fait maintenant qu’on est au bout ? Facile, on fait demi-tour : en route vers le Nord !
1ère étape qui nous ramène à la réalité, un arrêt obligatoire dans la très moche Rio Grande mais où l’on trouve le meilleur lavaumatique du pays. Tellement longtemps que nous n’avons pas fait une lessive autre qu’à la main, nous n’avons d’autres choix que d’écouter les précieux conseils d’Ula et Mick : on y fonce et on n’y fait pas une machine mais deux !
Après ces réjouissances, on grimace un peu à l’idée de retrouver ce mauvais ripio (piste de graviers). Afin de préserver notre pare-brise, nous décidons de rouler de nuit ou presque (il fait jour jusqu’à 22h) pour croiser le moins de véhicules possible. Après avoir passé la frontière, nous nous arrêtons juste avant le détroit de Magellan pour une dernière nuit en Terre de Feu.
Le lendemain, comme à l’aller nous reprenons le bac qui nous permettra de rejoindre la route qui mène à Punta Arenas au Chili. Mais cette fois ci, les toninas sont au rendez vous et nous avons tout le loisir de les voir sauter et jouer dans les vagues du bateau.
Une journée et demie à Punta Arenas, juste le temps de trouver un nouveau filtre à huile, de faire la vidange, d’acheter de nouvelles plaquettes de freins, sans oublier de faire un tour dans la zone franche de la ville. Nous avons besoin de « renouveller » notre garde robe et de plus de mémoire pour notre ordi.
Libérés de toutes ces obligations, on se replonge dans nos guides. Un très bref arrêt un peu plus haut à Puerto Natales pour y recueillir quelques infos sur le parc qui fait l’objet de toutes les attentions, je parle du mythique Torres Del Paine !
Torres Del Paine est un peu ce qu’est le Machu Picchu au Pérou, et le Perito Moreno en Argentine. Un incontournable… Notre but est d’y faire un nouveau trek. 2 choix : le très populaire « W » qui promet 100 % de paysages spectaculaires en 4 jours, ou « Le Circuito » un peu moins fréquenté, un peu plus long et qui rejoint le « W ».
Avec du temps devant nous et surtout tout plein de motivation, on choisit le plus long et nous nous préparons donc pour 6 à 7 jours de marche le long des 135km du « Circuito ».
Dimanche 28 novembre, victoire nous arrivons à faire rentrer dans nos sacs 7 jours de bouffe et pleins d’affaires chaudes pour les nuits frisquettes. Pas de guide, ni d’arriero et mule cette fois-ci. Nous redécouvrons le plaisir de marcher à 2 au gré de nos envies. Par contre, on renonce au grand confort de la couette et de la marche sans sac. Un trek supposé sans grande difficulté si on ignore les caprices de dame météo qui sont redoutables dans le coin.
J1 : Depuis notre point de départ, le Lodge de Las Torres, il nous faudra 22km environ pour rejoindre un ancien site de campement sans service, aujourd’hui fermé mais où on peut toujours camper librement. Après les chutes de neige de la veille, nous partons encouragés sous un ciel partiellement nuageux. Un sentier bien large assez plat pour ce 1er jour qui nous permet d’avancer assez rapidement.
Enfin, jusqu’au moment où on expérimente les méfaits du redoutable vent patagon. Ok, on s’y était préparé, mais quand même !!! Sur 300m, à flanc de montagne, nous sommes réduits à l’état de poussière face à un vent que nous n’avions jamais connu jusque là. Si je ne m’envole pas c’est grâce au sac que je porte. A chaque pas, le vent me projette contre la paroi (heureusement qu’il souffle dans ce sens) sur laquelle je m’écrase. Pas vraiment drôle. Dans une de mes chutes, je perds une de mes bouteilles d’eau que Pierrick ira récupérer 15 min plus tard quand on s’en aperçoit.
17h30, après 7h30 de marche, nous atteignons le campement en bord de rivière à l’abri du vent. On monte la tente, se ravitaille en eau (eau potable non contaminée dans chaque rio du parc) et faisons la popotte dans notre tente. 20h, nous profitons des derniers rayons du soleil avant une nuit de sommeil bien méritée et allons suspendre notre nourriture à un arbre pour la protéger des rongeurs.
J2 : au réveil, le temps est un peu moins favorable. Nous sommes quand même contents de savoir que notre modeste tente a résisté au vent tonitruant qui a sévit toute la nuit. Quand nous repartons, il bruine déjà. Pantalons de pluie, imperméables, guêtres, nous nous préparons à une aggravation. Judicieuse idée : ca ne s’arrange pas et le sentier est dans un état lamentable. Lors de certains passages proches de zones marécageuses, nous galérons pour trouver une bifurcation qui nous évite d’avoir de la boue jusqu’à mi-mollet. Après 2h de marche, nous constatons l’imperméabilité toute relative de nos équipements et choisissons de faire une halte dans le refuge Dicskon pour y trouver un peu de chaleur. A 11h du matin on s’y fait offrir une boisson chaude. 1h passe, pas d’amélioration. On y pique nique. 2h, 3h, 4h s’écoule. Il pleut de plus en plus. 15h, il est temps de prendre une décision : soit passer la nuit ici ce qui implique de grosses journées à suivre si on veut se tenir à notre timing, soit poursuivre jusqu’au prochain campement à 4h de marche. Mais marcher sous la flotte dans le vent sans rien y voir ne nous amuse que très modérément. Comme tout le monde, nous espérons des jours meilleurs et restons sur place. Au coin du feu, on essaye de faire sécher nos affaires. Nous montons la tente sous la pluie incessante, cuisinons à l’intérieure, et dans une atmosphère bien humide partons nous coucher à 19h. Pfffffff, qu’est ce qu’on fout là…
J3 : Réveil 5h30. Le ciel est un peu plus dégagé que la veille. On avale notre avena en vitesse et reprenons le sentier. Les 4 premières heures de marche se passent dans une belle forêt de lengas avec quelques ouvertures sur une belle vallée et un énorme glacier qui se jette dans un lac plus bas. Nous constatons que les chutes de neige de la nuit sont de plus en plus basses.
En fait, de jolis flocons nous accompagnent même dans cette forêt dans une ambiance très « Jingle bell ».
Le sentier monte un peu au début, sinon c’est plat. On trace autant qu’on peut de peur de se prendre une nouvelle averse. Mais c’est finalement sous une véritable tempête de neige que nous arrivons au campement Los Perros. Un coup d’œil rapide au glacier voisin que nous devinons à peine étant totalement dans les nuages. Nouvelle décision : rester ici ou continuer, pas qu’un peu, puisque selon les estimations, il nous faudrait 3h de plus pour passer le seul col du circuit, le Paso Gartner à 1288m, et encore 2 bonnes heures pour atteindre le campement le plus proche de l’autre côté. Autrement dit, 4h+3h+2h, une grosse journée. On demande conseil, et à, à peine 11h, sommes plutôt partants pour enchaîner, surtout que nous pouvons apercevoir un peu de ciel bleu. Ca n’arrive pas si souvent par ici, on ne veut pas louper notre chance. Le petit-dej est déjà loin, on prend le temps de manger au chaud dans le refuge avant d’attaquer le col. Nous comptions y monter en moins de temps qu’annoncé, râpé. Nous trouvons les temps de parcours plutôt difficiles à tenir. A croire qu’on se fait vieux !
Le temps se maintient et ca c’est plutôt encourageant. La couche de neige qui recouvre le sentier dès le départ l’est un peu moins. Enfin c’est toujours mieux que les passages périlleux dans la bouillasse dans la forêt. Quand on la quitte définitivement, après 1h30, nous constatons avec inquiétude que le col nous parait très loin, très haut et énormément enneigé. Bon, bon, bon, on ne va pas reculer. Il est 13h30, nous avons du temps devant nous. Même si d’autres randonneurs sont passés plus tôt dans la matinée, nous avons bien du mal à suivre leurs traces que le vent et la neige ont déjà effacées. Pendant près de 2h, Pierrick en tête, fait un travail de titan à fouler cette neige immaculée.
Cela fait déjà un petit moment que nous avons semé l’Italien qui est parti avec nous. Peut-être a t’il fait demi tour ? Nous avançons lentement mais surement. C’est long certes, mais le vent reste raisonnable (enfin pour la région), le sentier est bien indiqué, et les paysages sont grandioses.
A plusieurs reprises, nous croyons y être mais non, toujours un poil plus loin et un chouilla plus haut.
Sous la neige et sous un vent excessivement fort nous y arriverons au bout de 3h. Je vais tenir mes promesses, et vous avouer que oui, j’ai essayé de passer les 30 derniers mètres à 4 pattes (pour donner une idée de la force du vent, 1 semaine avant tout un groupe de randonneurs l’a passé en rampant ?!). Histoire de rendre le truc plus compliqué et désagréable qu’il ne l’est déjà, la neige est verglacée. Aucune photo en haut, comme vous l’imaginez, les conditions ne s’y prêtent pas trop. On redescend aussi sec.
De l’autre côté, la vue est magique. C’est tout le glacier Grey qui s’offre à nous. Une monstrueuse langue de glace qui descend à l’infini de la vallée voisine pour se jeter dans le lac du même nom. Nous ne sommes pas déçus.
De gros nuages nous arrivent en plein dessus on entame la descente. Les jambes fatiguent, les pieds éternellement mouillés nous font souffrir et le sac tire sur les épaules. On cumule quelques beaux gadins dans la neige, préférons des glissades sur les fesses moins dangereuses et fatigantes que sur nos jambes et maudissons les marches irrégulières du sentier. On marche à n’en plus finir, n’arrêtons pas de descendre et de monter, mais pas de campement à l’horizon. On commence à trainer de la patte.
18h, nous y sommes. Fatigués, mais contents. On va pouvoir enfin sortir nos pieds bien maltraités de nos chaussures. Tout rabougris comme si on était restés des heures dans le bain, on espère qu’ils retrouveront un aspect normal pour le lendemain.
Alors que nous nous apprêtons à manger, nos amis suisses partis du même campement que nous débarquent. Frais comme la rose, ils avouent eux aussi que la journée a été dure. Une nouvelle nuit dans le vent où on redoute qu’une branche nous tombe sur le nez.
J4 : Le plus dur est derrière nous, on ne se lève « qu’à » 6h30. Avec appétit, mais alors avec vraiment beaucoup d’appétit (nos estomacs sont toujours habitués aux rations gargantuesques ingérées sur le bateau en Antarctique), on engloutit nos maigres 4 cuillères d’avena. Les temps sont durs.
Ne sachant pas trop jusqu’où nous irons aujourd’hui, on s’attaque aux véritables montagnes russes du sentier. Nous enjambons ou se faufilons sous les troncs qui barrent le chemin. Encore plus exténuant, on franchit les croisements de rivières à coup d’échelles géantes. Heureusement, le glacier que nous n’arrêtons pas de longer et toujours là pour nous en mettre plein les yeux.
Plus ça va, plus on se demande si ca vaudra vraiment le coup d’aller au Glacier Perito Moreno après celui-ci et notre séjour en Antarctique.
Après notre pause pique nique que nous attendons depuis le petit dej avec impatience, nous repartons autant affamés sur un sentier plus ouvert et donc plus exposé au vent.
C’est fou comme ca souffle, on a bien du mal à garder une trajectoire rectiligne. On passe quelques campements qui nous paraissent trop proches. Nous voulons rattraper le temps perdu.
16h, nous arrivons au lodge du Lac Pehoe.
8 heures de marche et 20 km, je crois qu’une pause est nécessaire. On resterait bien là, sauf qu’il faut payer 15$ dollars pour planter sa tente ici et qu’on sait qu’à 8km plus loin, il y a un site de campement gratuit… Les Suisses avec qui nous marchons continuent. Avec seulement 12 jours de vacances en Patagonie on comprend bien qu’un jour de gagné sur ce trek est un jour de plus ailleurs. Allez, 28km ça ne nous fait pas peur ! C’est reparti pour 2 heures de marche.
Le vent a chassé les nuages (faut bien qu’il serve à quelque chose) et nous pouvons admirer pour la 1ere fois ces majestueuses tours qui font la réputation du parc.
18h30, nous pouvons pouffer de soulagement : nous sommes au bout de nos peines pour la journée, le campement Italiano est là, envahi par un nombre impressionnant de randonneurs. Ca y est nous avons rejoint l’itinéraire du « W ». A voir le monde alors que nous ne sommes pas encore dans la haute saison, nous n’osons imaginer ce que c’est en janvier ! On se trouve tant bien que mal un espace entre 2 troncs pour y planter notre tente.
J5 : Hors de question de se refaire une journée de fou, on a besoin de « repos ». Pour autant, on ne compte pas rester dans nos sacs de couchage toute la journée. On prend notre temps pour se mettre en route le matin et décidons de laisser notre tente au campement le temps d’arpenter cette fabuleuse Vallée Française.
Pas très rassurés, nous ne laissons que la tente et prenons tout le reste avec nous. Nous serons finalement les seuls à monter avec des gros sacs, c’est vrai on est un peu paranos.
A 11h, nous sommes au mirador qui offre des vues plus que saisissantes sur les tours. Panorama spectaculaire à quasiment 360% qui nous pousse à continuer un peu plus haut via un sentier fermé pour profiter un peu plus.
Après le pique nique au soleil, Pierrick décide de continuer jusqu’au col alors que je me laisse aller à une petite sieste dans ce décor de rêve.
Alors que nous étions partis pour une journée tranquillou, il est déjà 17h quand nous retrouvons notre tente. Pas le temps d’aller au camping suivant (enfin, un gratuit, on fuit les autres, le prix de l’entrée du parc est déjà abusif), on passera une nouvelle nuit à Italiano au milieu de back-packers peu discrets.
J6 : Objectif retrouver Venturette. Pour cela, nous longeant via un sentier sensationnel le lac Nordenskjold où on en prend plein les yeux. Que de couleurs entre le bleu turquoise du lac et le rouge flamboyant des arbustes en fleurs.
En plus, il fait beau : le ciel est bleu, le soleil brille et les oiseaux chantent ! Sans rire, ça change tout : c’est tellement plus agréable comme ça !
15h, Venturette est toujours là et nous nous jetons sur nos stocks de bouffe. Ok, la prochaine fois, on prendra un peu plus de vivres. On voulait se la faire à la dure, mais bon difficile de marcher quand les estomacs crient famines. De 15h à 20h, on ne fera que manger, manger et encore manger.
J7 : Et non, ce n’est pas fini ! On a bien apprécié cette nuit au chaud dans la voiture et sommes requinqués pour les derniers 750 mètres de dénivelé qui nous conduiront au mirador de Las Torres. Trop facile de marcher sans sac (ou presque), nous sommes en haut en moitié moins de temps que ce qui est annoncé. Beaucoup de chance en cette ultime journée. Peu de vent, pas un seul nuage, nous ne pouvions rêver mieux.
Et voilà, mission accomplie. Encore pleins de merveilleux paysages en tête, ce trek restera parmi les plus beaux. Bien contents de pouvoir ajouter Torres Del Paine à notre petite liste, nous reprenons notre route vers l’Argentine…
10 novembre 2010
Venturette sur la ligne de départ du Paris-Dakar sur les pistes chiliennes
Nous n’en avons pas fini avec la Bolivie, loin de là. Néanmoins, afin d’éviter certaines pistes impraticables nous faisons le choix de nous diriger vers la frontière chilienne.
En route, que du bonheur. Des pistes encore et toujours mais rien qui ne fasse peur à Venturette. Nous traversons donc une partie de l’altiplano pour approcher le très imposant volcan Sajama que l’on distingue des kilomètres à la ronde ! Nous prenons une piste extraordinaire qui nous en fera faire quasiment le tour .
Au passage nous nous arrêtons dans le minuscule village de Tomarapi où il n’y a rien si ce n’est une de ces petites églises blanches à tomber à la renverse. Perdue face au volcan, l’endroit est hors du temps. Voilà un avant gout du Nord du Chili.
Après tant d’heures de route, nous nous octroyons un petit moment de détente privilégié. Ici, au milieu de l’altiplano et toujours avec le Sajama en toile de fond, nous profitons d’une autre merveille naturelle : des piscines d’eau chaude ! 45°C dans l’eau alors que dehors le vent cinglant est à glacer le sang, voilà exactement ce qui nous fallait.
Ce coin de paradis est un régal, nous dormons sur place et remettons ca le lendemain dans une piscine un peu plus loin. On va peut-être s’installer ici pour la peine.
On trouve le courage de continuer notre route. Pierrick concentré comme jamais évite chaque énorme pierre, négocie les passages sablonneux dans lesquels il ne vaut mieux pas perdre de vitesse, pendant que j’essaye de nous diriger sur ces pistes sans aucune indication.
Nous n’échapperons pas à ce que nous redoutons le plus : les traversées de rivière. Pas de pont par ici… A chaque rio, le scénario se répète : dans le doute et afin de ne pas noyer Venturette, je descends pour évaluer la profondeur de l’eau avec un baton. Diagnostic imparable : « Nan, ça ne passe pas ! » Pierrick derrière le volant me rétorque : « Mais si ça passe ! ».
On finit tous les 2 deux les pieds dans la rivière, sous les yeux de lamas intrigués, pour la délibération ultime, qui comme vous vous en doutez est toujours « Oui, ca passe ». Oui, oui comme vous voyez on s’amuse bien. Donc Pierrick remonte et fait traverser Venturette pendant que j’immortalise ces moments. Et effectivement, jusqu’à ce jour, « c’est passé » !
Au prochain pseudo village, nous allons sonner à la porte d’un habitant ou presque. Fini la rigolade, il nous faut absolument des œufs… A suivre.
Une vingtaine de km plus loin et surtout après de nouvelles rivières, nous arriverons à ce que nous appellerons notre mini Yellowstone (vous vous souvenez ce parc aux USA) où geyser et bassins colorés se disputent la vedette.
Bien sur ici, il n’y a quasiment personne et nul besoin de fuir les rangers à la tombée de la nuit pour dormir sur place. Le lendemain, c’est là que l’œuf entre en scène. Et oui, des petits bassins bouillonnants, on ne pas résister à l’envie d’essayer d’y faire cuire un œuf. Effectivement, ça marche l’œuf est à point pour le pique nique…
Jeudi 2 septembre, après s’être empiffrés de nos pan cake maison pour le petit déj, nous sommes en route pour le Chili. D’ailleurs, saviez vous que par ici les modes d’utilisation de la levure chimique varient en fonction de l’altitude ?! Surprenant…
En approchant de la frontière, les contrôles se multiplient. Nous mentons sans scrupule à l’officier qui nous demande si nous transportons de l’essence. Et oui, depuis peu nous avons l’habitude de rouler avec un bidon de secours. Les villages sont rares dans ces coins paumés et les stations quasi inexistantes. Il va en être de même de l’autre côté de la frontière, nous voulons donc garder le maximum avec nous.
Le passage de la frontière est assez poussif. D’une part, parce que c’est très mal indiqué et que nous ne savons absolument pas où il faut aller. D’autre part, parce que les douanes chiliennes sont réputées pour être des plus sévères. Interdiction de faire passer tout un tas de denrées alimentaires. Ca ne loupe pas, nous avons droit à la fouille, mais nous avions pris soin de cacher le petit bout de fromage qui nous reste et 2 ou 3 autres trucs dans le genre si bien que l’on ne nous confisque rien, même pas notre bidon d’essence pourtant en évidence.
1er pique-nique en terre chilienne devant la station de ranger du Parque du Volcan Parinacota. Quel bonheur de retrouver un pays qui dispose d’un centre d’info avec des gens compétents.
Ce volcan aux mensurations parfaites nous fascine.
Nous resterons dans le coin la journée du lendemain et ne manquerons pas la pittoresque église de Parinacota digne d’une carte postale.
Nous allons aussi sonner à toutes les portes de ce minuscule village que se partage une demi-douzaine de familles pour dénicher 1kg de farine et 6 œufs. On nous regarde avec des gros yeux.
Les pistes ici paraissent encore plus sauvages et plus retranchées, et nous offrent des paysages saisissants. Après avoir coursés les nandus (sortes d’autruches) sur quelques centaines de mètres, nous nous trouvons un bivouac avec un beau panorama sur les volcans alentours malgré le ciel menaçant.
Le lendemain, fait assez rare, nous prenons un local en stop. La dernière fois que nous l’avons fait ces derniers nous avaient cassé le peu d’aménagement que nous avons dans notre voiture. Toujours est il que, tenez vous bien, le gars a le culot de NOUS demander une CONTRIBUTION (on déteste ce mot) financière. A nous ??? Nous qui le conduisons. Le monde à l’envers, on vous jure. Bien essayé, mais il peut toujours courir.
Encore une extraordinaire journée de piste dans cette région du Norte Grande entre lamas et volcans qui nous mènera au fabuleux Salar de Surir via le Parc de Lauca. Depuis plus de 4 jours, nous traversons des paysages d’une beauté si pure que nous ne pensions pouvoir rencontrer mieux.
Et pourtant, ce nouveau coin nous réserve bien des surprises.
D’abord une séance photo s’impose sur ce désert de sel.
Nous y amenons Venturette, nous avons besoin d’elle pour nos photos de perspective.
Une nuit avec les flamands roses et nous partons à la recherche de nouvelles piscines thermales. Ici, les lamas ont laissé la place aux vicunas.
Encore mieux ! A défaut de tomber directement sur nos bains, c’est un lac entier aux eaux laiteuses et thermales que nous trouvons.
Le cadre est inouï. On n’était pas parti pour mais on y restera la journée. Le bain est inévitable même si nous avons du mal à trouver l’endroit où se plonger tellement l’eau est chaude.
Pas un chat, une température extérieure glaciale à cause du vent… quel délice de pouvoir lézarder dans ces eaux. Bien sur ça sent un peu l’œuf pourri, mais on a même un bain de boue en prime.
L’après-midi, nous trouvons le courage d’aller chercher ces fichues sources à pied cette fois. On marchera plus de 2h pour ne trouver que des bassins vaseux à l’eau tiédasse.
Nous sommes définitivement mieux au bord de notre lac. La soirée passe et alors que nous nous préparons à affronter une nouvelle nuit dans ces terres désertiques et austères, nous sautons de nouveau dans nos maillots de bain pour un bain nocturne. Le trajet de la voiture à l’eau est une épreuve. Mais une fois dedans, ni le vent et ni le froid pourront nous gâcher ce moment magique. Nous sommes au milieu de nulle part avec un lac entier pour nous tout seul en pleine nuit sous un des ciels les plus étoilés au monde. Oui, le ciel chilien est une pure merveille, l’un des plus clairs. Plusieurs grands observatoires (que nous ne manquerons pas de visiter plus tard) attirent nombres de visiteurs et scientifiques venus des 4 coins de la terre. Nous contemplons ces millions d’astres pendant une bonne heure et nous émerveillons devant chaque étoile filante. Bien réchauffés, nous courons nous jeter sous la couette et dormons comme des loirs.
Le lendemain, un peu sur un coup de tête, nous décidons de faire le tour du salar. Pas moins de 60km de piste sablonneuse dans laquelle Pierrick s’éclate pendant que je prie pour éviter l’enlisement. Venturette dans les montées sablonneuses, c’est pas encore ça. Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas déçus du voyage.
Mais la route est encore longue jusqu’au Parc Isluga. Nous faisons une pause dans un village déserté qui ne retrouve qu’un peu de vie lors des cérémonies bien arrosées (les bouteilles sur le sol en témoignent) de certains week-ends.
Notre objectif est d’atteindre les geysers dans la soirée, mais cette fichue tôle ondulée cassante nous ralentit énormément. Peut-être le pire, c’est toute la voiture qui tremble de partout sur ces maudites vagues. Dans ce vacarme incessant, pas grand-chose à faire si ce n’est ralentir toujours plus. Notre moyenne ne doit pas dépasser les 30km/h, mais tant que les amortisseurs tiennent le coup on n’en demande pas plus.
16h, nous sommes aux geysers.
La particularité du site : un geyser dont l’eau qu’il projette gèle sur place tellement le climat est rude. Nous ne verrons rien de tel en cette saison, pourtant la nuit que nous nous apprêtons à passer va être une horreur. A vue de nez, nous allons approcher les -15°C/-20°C cette nuit. Encore cela ne nous aurait pas trop fait peur si je n’avais pas été malade, une nouvelle fois. Nous avons fait confiance au gars du parc qui nous assurait que l’eau de leur fontaine était potable (même pour nous européens), apparemment non. Un cauchemar pour moi qui doit sortir pour me vider toutes les heures dans un froid que je n’ai jamais connu jusque là, même au Québec. Le froid, le vent polaire à décorner les bœufs et ces maudits geysers qui font exprès de se déclencher quand il ne faut pas, me rendent la tache encore plus désagréable. J’ai bien cru mourir cette nuit là. Le matin on fuit ce froid polaire : les vitres sont recouvertes de givre et l’eau dans les bidons est congelée.
Retour à la civilisation le lendemain après une semaine passée seuls le long de cette frontière Chili/Bolivie. La route est toutefois longue et fatigante. Nous étions à plus de 4000m et nous allons redescendre au niveau de la mer par une route qui était sensée être asphaltée. Dommage, elle est en travaux, on doit se farcir la piste qui la longe.
1er choc, punaise il fait chaud ici. On peut sortir de la voiture sans être figé par le vent. 2ème constat : ah ce que c’est bon d’être de nouveau dans un pays « civilisé ». Sud des USA ou Mexique, on s’y croirait. Les rues sont propres, les routes ont un marquage au sol, les panneaux routiers sans ambigüité, le PQ et l’eau présents dans les toilettes publiques, les flics pas corrompus et les gens spontanément aidants. Ohhh, comme on va aimer le Chili. Ohhhhhhhhh, comme on ne comprend rien à ce qu’ils nous racontent. On croyait pourtant qu’ils parlaient espagnol au Chili ?! Nous dirions plutôt le Chilenos… Même entre eux, ils ne se comprennent pas.
On pique nique devant le Gigante de Atacama, plus grand géoglyphe au monde. Quoi, ca ne vous fait pas rêver ? Ben nous non plus…
Puis on part à la recherche du distributeur le plus proche. On nous renvoie chez les militaires ! Une blague ? Non, c’est vrai !
Puis arrêt obligatoire dans une des nombreuses villes minières qui sillonnent la région. Nous choisissons la ville fantôme d'Humberstone et l'oficina de Santa Laura qui retracent quelques splendeurs du boom des nitrates.
Fondée en 1872, cette ville minière connut son apogée en 1940 et depuis 1970 est un monument historique, pour finir en 2005 à l’UNESCO.
En 1960, l’usine ferme ses portes et plus de 3000 mineurs perdent leur emploi.
Il est encore possible de se replonger dans cette période en visitant les habitations d’époque et les Grandes Machines qui servaient à exploiter les nitrates.
Encore un peu plus loin, non loin de Calama, une nouvelle mine incontournable. Celle de Chuquicamata, qui n’est autre que la plus grande mine à ciel ouvert au monde.
Ici, c’est le cuivre qu’on cherche ! 2h de visite guidée gratuite pour en faire le tour au milieu des gigantesques camions. Une consommation de 3l à la minute… bref des monstres !
Mais Calama, c’est aussi la grande ville du coin. Nous tombons plus ou moins par hasard sur un centre commercial digne de ceux Nord Américains avec un supermarché. Il ne nous en fait pas plus pour faire notre bonheur. C’est l’orgie après plus de 2 mois à ne faire que les minis tiendas Péruviennes et Boliviennes où on se contente de ce qu’il y a… Ici aussi, il y a même des bibliothèques avec WIFI, on en profite pour vous raconter nos treks au Pérou. La ville n’a rien d’exceptionnelle, mais on aime quand même. Les rues sont claires, propres, les gens respectueux et la circulation ordonnée. Ca change ! On y flâne une après-midi.
On continue de se rapprocher de la frontière Bolivienne en prenant la direction de la très touristique San Pedro de Atacama. Ici, nous avons rendez-vous avec Miss Chile. Non pas la plus belle femme du pays, mais une momie ! Nous arpentons donc les différentes galeries du musée archéologique. Dommage que nous ne nous soyons rendus compte qu'en sortant du musée qu’un minuscule écriteau spécifiait que cette momie avait été déplacée quelques mois auparavant. Nous enchainons ensuite avec plusieurs visites à la police, au centre d’info et à la douane pour se renseigner sur l’état des routes et les possibilités de circuit dans ce fameux Sud Lipez qui fait rêver. Et oui, nous serons de retour en Bolivie dans les prochains jours, mais pas sans avoir visité la terrible Valle de la Luna. Des paysages bien colorés où nous retrouvons le plaisir de nous faufiler dans des slots canyons.
Vendredi 10 septembre, nous sommes prêts pour repasser la frontière et affronter les inquiétantes pistes du Sud Lipez. 25 litres d’essence en rab, 40 litres d’eau en stock, de la bouffe à foison, 3 roues de secours, queso installés pour rehausser Venturette… c’est bon, on est prêts. Mais FAUX DEPART ! 100 mètres à peine ce matin, et Venturette est en FEUX !!! Littéralement. Nous sommes perdus dans un magnifique canyon où nous avons passé la nuit quand une méchante fumée bien noirâtre sort de notre prise allume cigare et envahie tout l’habitacle. Arrêt en urgence, qu’est ce que c’est que ce bazar ? J’ai comme l’impression qu’il va y avoir du changement dans le programme.
La fumée s’arrête et on file vers San Pedro pour y chercher de l’aide. On passera finalement plus de 5h chez un mécanicien qui va nous installer une nouvelle prise allume cigare. L’ancienne a totalement cramé, le fusible (qui je précise est Bolivien) n’a pas joué son rôle. Ok, on a une nouvelle prise allume cigare, par contre notre convertisseur allume cigare a lui aussi grillé au passage. 2 choix : continuer notre route sachant que le remplacer en Bolivie est peine perdue ou retourner à Calama (80km) où nous savons que nous pouvons en trouver.
13h : bien contrariés, nous repartons sur Calama pour y acheter cet appareil de malheur en espérant qu’il sera de meilleure qualité que celui acheté un mois avant au Pérou. Nous espérons encore passer la frontière dans la journée. Nous revoyons une nouvelle fois nos plans, quand arrivés dans la ville nous nous apercevons que tout est fermé. Il est 14h30, et ici à cette heure ci tout est fermé…jusqu’à 17h minimum. Ils sont au rythme espagnol au Chili. Crotte, il va falloir attendre 2h30… Les boules. A 17h, nous retournons voir la boutique où on a vu l’appareil. Pas de chance, toujours fermée et elle le restera. Quelle poisse ! On en trouve quand même une autre et optons cette fois ci pour un appareil beaucoup plus robuste mais aussi beaucoup plus gros, en espérant qu’il tienne la route.
Définitivement trop tard pour entrer en Bolivie aujourd’hui. Nous bivouaquons la où nous avions dormi 2 jours auparavant et comptons sur une meilleure journée demain.






























































































































































































