21 mai 2011
Hasta Luego Sur America…
Nous voilà de retour de Cuba et par la même occasion de retour en Amérique du Nord.
Voici la carte de notre itinéraire en Amérique du Sud.
Nos dernières visites dans ce merveilleux continent. L’Uruguay assez rapidement et surtout Buenos Aires. Comment passer à côté d’une soirée tango au café Tortoni ? Absolument éblouissant, accordons ça à l’Argentine, le Tango est assurément la plus belle danse au monde et les Argentins en sont les maîtres.
Hasta Luego Argentina, Hasta Luego Sur America…
24 mars 2011
Et splash !
Comment conclure notre séjour en Argentine en beauté ? Facile, une journée aux mythiques Chutes d’Iguazu devrait faire l’affaire.
Décidés à profiter à 100% de cette journée, nous y arrivons à l’ouverture. 8h, le thermomètre affiche déjà 27°C.
Nous profitons de cette toute relative fraicheur matinale pour nous lancer sur le sentier Macuco. A l’écart des foules et des chutes, des dizaines de familles de coatis nous y accueillent. On marche le nez dans les arbres en écrasant quelques fourmis géantes au passage. Un Toucan Géant traverse d’un arbre à un autre sous nos yeux, les moustiques nous bouffent les mollets et nous voila à la cascade. En moins de 2, nous sommes dans son bassin pour un petit rafraichissement.
Une petite heure pour faire le chemin retour et nous commençons le sentier supérieur. Il ne nous faut pas plus de 5min pour avoir nos 1ers points de vue ! Merveilleux…
Certes il y a du monde (essentiellement des Argentins à moitié à poil, étonnamment très peu d’étrangers), mais on ne se marche pas dessus non plus.
Du renversant circuit supérieur on passe à l’inférieur, encore plus sensationnel. Encore plus proche des chutes on se prend de délicieuses douches.
Chaque vue est plus belle que la précédente. Ces chutes dans leur écrin de jungle sont d’une beauté inouïe.
Mais nous n’avons encore rien vu, il nous reste le Gargantua Del Diablo. Des tonnes et des tonnes d’eau qui tombent de dizaines de mètres dans un vacarme affolant. On est scotchés… et mouillés.
Avec tout ça, il est presque 17h, On se refait la boucle avec les couleurs du soir et sans grand monde.
Et voilà, fini l’Argentine ! Hasta Luego…
17 mars 2011
Les festivités de l’été en Argentine
2011 l’année du retour ! Et oui, le compte à rebours à commencer et j’en profite donc pour vous faire part de nos plans. Puisque toutes les meilleures choses ont une fin, nous serons enfin de retour en France en 2011. Mais ce n’est pas encore l’heure de la déprime (enfin on est aussi très impatients de revoir tout le monde), puisque que nous avons encore 5 à 6 mois de vadrouille devant nous.
Nous avons déjà bien sillonné l’Amérique du Sud, mais il nous en manque un gros bout et pas le moindre, je veux parler bien sur du BRESIL !!!!!!!!!! Nous nous devons d’y aller. Depuis que nous sommes en Patagonie nous ne pensons plus qu’à lui. Mais le Brésil est grand, très grand. Il va donc nous falloir du temps. Nous comptons y entrer début janvier (nous y sommes à l’heure où j’écris) et y rester 2 ou 3 mois. Planning assez flou du à des contraintes logistiques (saison des pluies, vacances scolaires), à des distances colossales, à un cout de vie auquel nous ne sommes plus habitués et à des événements immanquables (le Carnaval !!!). Nous ne voulons pas nous contenter d’un bout et allons donc essayer d’en faire le tour (hors Amazonie bien sur).
Après le Brésil, nous devrons nous pencher sur le sort de Venturette, auquel nous avons déjà largement réfléchit. Il nous apparait que nous n’aurons d’autres choix que de la renvoyer par bateau en Amérique du Nord. Nous avons déjà quelques contacts. Cela se ferait à priori de Buenos Aires en direction de la Floride ou du Mexique, le 22 mars ou 22 avril en fonction du temps dont on aura besoin pour non seulement visiter le Brésil mais aussi redescendre jusqu’à la capitale argentine, un sacré chemin. Nous prévoyons encore 20 000km.
De plus, la traversée, à laquelle nous ne pouvons nous joindre, prend environ 1 mois !!! 1 mois sans Venturette c’est un mois sans abri et sans cuisine. Que va-t-on faire ? Ou va-t-on aller ? Ou dormir ? 1 mois ca peut être long et couteux. Nous avons déjà quelques idées mais rien de bien défini.
Une autre contrainte sera que nous ne pourrons rien laisser dans la voiture pendant la traversée (pas de container cette fois-ci, mais un transfert en RORO plus intéressant économiquement). Lors de ce genre de traversée TOUT ce qui est laissé dans le véhicule disparait, nous donnons les clés de la voiture…
Le point positif en renvoyant la voiture, c’est que nous pourrons rentrer au Québec en voiture via la Louisanne, la Floride, et la côte est des USA, plus ou moins un ou deux mois. Une fois arrivés à Montréal, il ne nous restera plus qu’à revendre la voiture (si elle est encore un seul morceau) et organiser le déménagement en France.
Pour résumer, juin au plus tard nous devrions être au Québec et juillet en France !
En attendant, la route est longue… De nouveau en Argentine, nous n’en avons pas fini avec elle.
Et oui, n’oublions pas que l’Argentine héberge sur ses terres un tout petit mont, juste le plus haut d’Amérique, vous l’aurez reconnu, l’Aconcagua !!! Du haut de ses 6960m, il domine le continent. Loin de nous l’idée de le gravir, bien que l’ascension ne soit pas décrite comme particulièrement difficile. Ce sont en revanche les tarifs qui sont plus que dissuasifs. Même 3 jours de marche à son pied coutent les yeux de la tête. Nous voulons juste nous contenter de l’observer d’en bas. Malheureusement, il ne se laisse pas si souvent apercevoir, et nous ne ferons pas partis de ceux qui ont cette chance. Juste un petit bout…
La route qui y mène nous fait passer par le pont de l’Inca et nous fait profiter d’une superbe vallée. Nous y croisons d’ailleurs énormément de Brésiliens qui s’apprêtent surement à passer leurs vacances sur la côte chilienne.
Nous allons nous réconcilier avec les villes argentines dans les ruelles débordantes de vie de Mendoza. Enfin une ville qui a de l’allure qui nous transporterait presque dans une grande ville espagnole.
Des empanadas de carne en poche, et nous poursuivons vers notre prochaine étape, Alta Gracia via une superbe route.
Nous visitons l’incontournable estancia de la ville,
dégustons notre poulet rôti dans le parc voisin, et passons l’après midi au musée de Ernesto de Guevara, plus connu sous le nom du Che.
La visite de l’une de ses maisons d’enfance est passionnante.
Il est à peine 15h quand nous en sortons. Nous avons envie de passer une soirée en ville, nous partons donc vers Cordoba, à une trentaine de km. Grosse mégalopole, nous la trouvons très agréable avec ses immenses places ensoleillées et ses rues piétonnes bondées.
Trèves de plaisanteries, nous voulons une bonne parillada et trouvons notre bonheur dans l’un des plus grands buffets du pays. Choix monstrueux à volonté : tous type de viande au barbeuks, fruits de mer et poissons cuisinés sous notre nez à notre gout, empanadas, plats chinois, raviolis et pates fraiches, charcuterie, et bien plus encore, c’est de la folie. Le tout pour 8 euros…
Quand nous en sortons, il fait nuit et nous avons bien du mal à trouver la route vers Cosquin. Pourtant, il va bien falloir qu’on y arrive. Jeudi 6 janvier, c’est le festival de Pré-Cosquin. On ne raterait ça pour rien au monde. Ce festival folklorique est un des rendez-vous de l’été. Les Argentins viennent de tout le pays pour supporter chanteurs, musiciens et danseurs de leur région. Pendant plus de 4h (!) nous nous mêlons à eux et passons un excellent moment.
Un peu plus loin, à Jesus Maria, c’est cette fois ci un festival de Gaucho (cowboys) qui endiable pendant une semaine la petite bourgade. Attention, la non plus ca ne rigole pas. Les gauchos viennent des 4 coins de l’Argentine, mais aussi du Chili, Paraguay et Brésil pour s’affronter et dresser leurs jeunes montures. Nous faisons l’ouverture et la mise en route de la compétition est affreusement longue : discours, hymne national, annonces publicitaires. Ajouté au fait que les tribunes du « stade » sont infestées de charmantes blattes, on commence à perdre patience. Avec mon carton de PQ, je vais en éradiquer une bonne cinquantaine en 5h !
Heureusement, le spectacle fini par commencer, les spectateurs sont déchainés et les épreuves impressionnantes. Les chevaux sont surexcités, les gauchos enchainent gamelles sur gamelles plus spectaculaires que douloureuses, quoi que…
En dehors du stade, les rues sont littéralement envahies notamment par les stands de parrillada.
Nous nous contentons d’une petite douzaine d’empanadas !
En roulant vers l’est et en se gavant de prunes ramassées en bord de route, on retrouve des chaleurs un peu oubliées qui nous font apprécier à sa juste valeur une douche froide prise à un péage d’autoroute… Le pied !
Vendredi 7 janvier : rien ne va plus ! D’abord Venturette chauffe et nous fait d’autres petits trucs bizarres. On n’aime pas du tout ça. On sait que si on commence à avoir des ennuis avec le moteur, c’est le début de la fin. Ensuite, suite à nos lectures du Lonely Planet Brésil, nous avons une très mauvaise nouvelle : pas d’essence sans plomb au Brésil ! Pour info, Venturette roule au sans plomb…
Mauvaise passe, ces 2 contre temps nous font voir l’avenir assez noir, et on imagine déjà Venturette sur le RORO dans 10 jours et voyons le Brésil s’envoler.
Alors on fait tout plein de recherche sur internet qui nous rassureront en ce qui concerne l’essence au Brésil, mais qui nous ferons encore plus paniquer sur l’état de santé de Venturette. Joint de culasse, radiateur, thermostat, c’est fou tout ce qu’on s’est dire en espagnol maintenant.
Le lendemain, après une nuit blanche, nous nous décidons à retourner voir un mécano. Encore faut-il le trouver, ce qui n’est pas une mince affaire dans la petite ville de Mercedes. A Jesus Maria, quelques jours avant, nous avions fait identifier une fuite dans le radiateur, nous allons commencer par la faire réparer. Heureusement, la main d’œuvre n’est pas trop chère.
En 30 min, le problème est réglé et le garagiste nous dit de rouler sur nos 2 oreilles, pas de problème majeur d’après lui.
Pas très sereins, nous partons vers le parc d’Estero Del Ibera dont nous savons depuis longtemps qu’il nous réserve de belles surprises.
Estero Del Ibera est un peu à l’Argentine ce que le Pantanal (plus grand wetland-marécage du monde) est au Brésil. Sauf qu’il y a de très fortes chances que nous y soyons pendant la saison des pluies ce qui le rend inaccessible. Ainsi, Estero Del Ibera serait une manière de se consoler, voire même bien plus, puisqu’il parait qu’on y voit plus d’animaux que dans la région Brésilienne. Pour rejoindre cette région une piste de ripio qui nous isole de toute civilisation, ou presque.
Nous avons de la chance, pas de pluies récentes, les 70km se passent bien et nous pouvons déjà apercevoir beaucoup d’animaux sur le bord de la piste : capybaras (plus grands rongeurs au monde),
daim,
Renards, et des dizaines et des dizaines d’espèces d’oiseaux différentes.
On se renseigne alors pour l’excursion traditionnelle en bateau dans les marécages et embarquons deux heures plus tard.
1h30 à guetter chaque animal (on rajoute caïmans et singes à la liste)
au milieu d’une magnifique végétation.
Tout était parfait… avant que je ne marche malencontreusement sur un nid d’abeilles lors d’une mini marche pour approcher les singes. Elles m’attaquent par cinquantaine pour se défendre. Pierrick met un certain temps pour comprendre ce qui se passe et chercher de l’aide auprès de notre guide. Celui-ci semble s’en contre foutre pour ne pas dire qu’il est mort de rire. Pierrick essaye donc de m’aider (même s’il n’y a pas grand-chose à faire). Les abeilles s’en prennent donc aussi à lui. Nous serons chacun piqué plusieurs dizaines de fois dont au visage, sous les yeux des autres touristes qui nous prennent pour des fous. Pas la peine de préciser que nous avons passé un très mauvais quart d’heure et que nous repartons en ayant triplé de volume. Il nous faudra plus de 3 jours pour que les piqures s’atténuent.
Il n’en reste pas moins que cette excursion fut vraiment magique et que nous sommes enchantés par la région. Tellement, que le soir même, nous, les vaillants Indianas Jones (vous savez déjà à ce moment que tout ne va pas se passer comme prévu), nous partons pour un safari nocturne en voiture, pour essayer de voir d’autres animaux. Une bonne douche et nous partons vers 21h pour refaire un bout de piste. 2 puis 3 kilomètres, rien. On insiste et au bout d’une 5èmekm, nous voyons de beaux renards. On continue, on rencontre cette fois ci des capybaras qui squattent la route sans aucune gêne.
Mais ce n’est toujours pas ce que nous cherchons. On veut des tapirs, des fourmiliers et puis des boas constrictors, et oui carrément. Au bout de 10km, on adopte alors une autre technique. On s’arrête en plein milieu de la piste, on éteint les phares et on attend. Bon, c’est sur, on est plus discret, mais on n’y voit rien comme ça. On rallume donc les phares et on attend que le boa constrictor tombe du ciel. 5 min, 10 min toujours rien… 20 min, rien… mais alors vraiment rien, et encore plus rien quand nous essayant de redémarrer. Oups, nos piles sur l’allume cigare étaient toujours branchées… c’est de nouveau le coup de la panne, plus de batterie. Hum, là on est vraiment mal : 22h maintenant, au milieu de la piste, dans le noir et qui plus est sous un déluge monumental !
Rien à faire : va falloir dormir ici et attendre le premier véhicule qui passera par là au matin. On part donc se coucher. Une ½ heure plus tard, les phares d’une voiture nous éblouissent. Alléluia, nous ne sommes pas les seuls paumés à prendre cette piste de nuit. Toujours sous la pluie, on arrête le véhicule. On explique la situation (heureusement, ils ne nous demandent pas comment nous en sommes arrivés là, cela nous épargne un peu d’inconfort). Aussitôt, les 3 gaillards nous proposent de pousser. On les arrête de suite, on ne pousse pas une automatique ! On sort donc les câbles et connectons les batteries des 2 véhicules. 1 min, 1eressai, rien… 2 puis 3 toujours rien… Si la batterie est définitivement HS ici, on est mal. Mais non, comme toujours tout s’arrange et quelques minutes après, et Venturette réagit enfin ! Ouffff ! Allez, assez d’émotions pour aujourd’hui, on remonte tous les 5 dans nos bolides respectifs. Pierrick et moi rebroussons chemin. Et comme on est têtu dans notre genre, on garde l’œil ouvert sur le trajet retour pour notre boa.
Pas de boa, on retrouve le bivouac repéré et on plonge dans le sommeil, on ne l’aura pas volé.
Le lendemain, nous partons arpenter les petits sentiers de randonnées.
Pas de mésaventure aujourd’hui. On arrive même à voir un singe que, visiblement, nous dérangeons. Il se sent obligé de marquer son territoire en nous urinant presque sur la tête du haut de sa branche. On s’estime heureux, parait qu’en temps normal, il nous balance leurs excréments. Hum, charmant.
La matinée s’achève et nous faisons nos adieux au parc en partie en compagnie d’un policier que nous prenons en stop. On a tellement aimé que nous irons aussi au parc Mburucuya. Encore une fois, l’accès n’est pas évident. Mais par temps sec, ca roule tout seul. On croise pas mal de voitures du Paraguay en chemin.
Nous arrivons avec la belle luminosité de fin de journée qui révèle des couleurs bien rougeoyantes. Nous sommes surpris et contents de constater que les paysages sont différents d’Estero Del Ibera. On nous lâcherait là sans savoir, on jurerait être en Afrique.
A 19h, nous partons pour les 6km de ballades. Aie une nouvelle sortir nocturne. Plus long que ce qu’on pensait on revient totalement dans le noir mais avec un magnifique coucher de soleil sur une palmeraie au bout.
On remet ça le lendemain matin pour voir les animaux de jour.
On revient au camping libre du parc où nous avons dormi pour pique niquer et faire un sort à la pastèque de 7kg que nous avons achetée- c’est pas le tout, mais la saison des mangues a commencé.
L’après midi, sur le 2nd sentier, nous rencontrons plusieurs familles de singes hurleurs.
Après que Pierrick ait vérifié qu’il n’a rien perdu de ces talents d’imitateurs animaliers (non, pas d’excréments dans la face), nous repartons pour la 3ème fois faire la 1ere ballade.
Nous mangeons à la tombée du soir sur le ponton en quête de toujours plus d’animaux et revenons cette fois ci à la lampe de poche.
PS : nous continuons à partager la suite de nos albums du Brésil sur la session gmail de Pierrick, n'ayant plus d'espace sur la mienne. Voici le nouveau lien : https://picasaweb.google.com/pierrick.gauthe
13 mars 2011
S’il y’en avait qu’une, ça serait elle !
Retourner en Argentine, oui mais par où ? N’oublions pas qu’entre les 2 pays, il y a une toute petite chaine de montagne, qu’on appelle communément les Andes ! Il va falloir les traverser.
Alors que tout est prévu depuis plusieurs mois, nous doutons. Notre cœur balance entre le Paso (col) del Agua Negra et celui de San Francisco.
Du 1er, 4700m, nous savons qu’il est sensationnel, paysages à couperle souffle garantis. Nous l’avons mis de coté depuis un bon bout ne pouvant y passerà l’aller puisque qu’il n’est ouvert qu’en été.
Le 2nd, qui se situe plus au nord nous engage dans un itinéraire encore plus retranché qui nous ferait traverser des régions quelque peu semblables au Sud Lipez.
Après quelques hésitations nous restons finalement sur notre 1erchoix et nous engageons vers le PasoDel Agua Negra. Nous étions hier au niveau de la mer, et il nous faut maintenant amener Venturetteà 4700m ! Pour cela, nous allons y aller mollo. 1er objectif, atteindre les douanes chiliennes située à 90km avant le col. Nouveau tampon chilien sur le passeport et on continue à peine notre route, le temps de trouver où dormir. Les paysages sont grandioses, on accumule les pauses photos.
Nous pénétrons droit dans les Andes, toujours aussi majestueuses. Les couleurs sont saisissantes. Mais assez pour aujourd’hui. Bien que le moteur ne montre aucun signe de surchauffagesur de tels dénivelés et à de telles altitudes, nous préférons le ménager.
En bord de lagune face à des montagnes hallucinantes, nous fêtons un peu en avance la nouvelle année.
Disons plutôt que nous trinquons à la fin de cette année 2010 qui restera dans nos mémoires à jamais.
Ce qu’on ne savait pas, c’est qu’au même moment, on nous attendait ailleurs. Mercredi 29 décembre, 8h45, nous sommes réveillés par 3 gugussesqui viennent toquerà la vitre. Ces derniers (des ouvriers qui travaillent sur un chantierà quelques mètres) sont envoyés par la la police chilienne elle-même mandatée par celle Argentine, qui s’inquiète de ne pas nous avoir encore reçus dans les bureaux de la douane. Et oui, la douane Argentine se trouve elle à 60 km de l’autre côté du col et nous n’avions nullement l’intention d’y arriver sans profiter de ce cadre exceptionnel. C’est vrai qu’habituellement, les gens mettent 2, 3 heures grand max, de l’une à l’autre. Nous nous comptons le faire en 3 jours ?! On ne pensait pas qu’ilfallait prévenir. Nous demandons aux ouvriers de transmettre le message et de nous excuser pour l’inquiétude suscitée.
Nous ne reprenons la route, et quelle route, qu’en fin de matinée. Nous hallucinons devant la beauté des paysages.
Nous montons très progressivement dans une vallée aux couleurs flamboyantes.
La plus belle route du voyage. 3800m, 4000m, 4200m, une pause s’impose pour reposer la voiture et avoir le temps de s’acclimater.
Allez, il ne reste plus que 500m pour atteindre les 4700m encore à 20km plus loin. Nous nous arrêtons toujours aussi souvent pour immortaliser ces moments, et la température extérieure nous fait prendre conscience que le col n’est pas loin. Nous rencontrons même en chemin ces formations neigeuses étranges, les moines blancs, qui témoignent des langues de neige tout juste fondues.
Encore un ou deux lacets interminables et nous atteignons le col. De l’autre côté, les Andes Argentines sont tous aussi accaparantes.
Au passage, une famille qui transite vers son lieu de vacances remarque notre plaque et nous félicite pour avoir conduit jusque là ! Mais ce que nous faisons, ce n’est rien. Nous croisons régulièrement des cyclistes qui ne cessent de nous impressionner. Sur de tels cols, la Ruta 40, la Carretera Australe, la Panaméricaine… ils sont partout. Qu’il vente, qu’il pleuve, sous un soleil de plomb, ils pédalent ! Ils sont fous ! A côté, nous ne sommes rien.
On s’arrêtera peu de temps après le col, pour y passer l’après midi et la nuit. On se rappelle alors qu’à 4700m on ne dort pas beaucoup. Mais on veut prendre le temps de s’imprégner de toute cette grandeur qui nous entoure. Ce n’est donc que le lendemain que nous arriverons au control de police et aux douanes argentines où tout le monde semble nous connaitre, pour ne pas dire nous attendre ?! « Les 2 Allemands qui sont restés 3 jours au col sont arrivés ?!», à ce détail près qu’onn’est pas Allemands. On s’étonnait du nombre de véhicules rencontrés sur la route, on comprendmieux quandon voit la queue à la douane. Beaucoup de familles argentines empruntent ce col pour passerleurs vacances sur la cote chilienne. Il nous faudra une bonne heure et demie pour s’affranchir des formalités. Cette frontière n’étant ouverte que quelques mois de l’année en été, les agents ne semblent pas très à l’aise avec leur fonction. Celle sur laquelle nous tombons ne semble n’avoir jamais rencontré une voiture étrangère à son poste de douane et à fortiori entendu parler de permis d’importation temporaire de véhicule. Heureusement, le grand chef était là, sinon nous y serions encore.
Nous poursuivons via Iglesia jusqu’à Callingasta où nous constatons que malheureusement la piste n’est toujours pas pavée.
Pierrick qui semble perdre patience s’invente des nouveaux jeux. Après le plus de temps passé en fermant les yeux (moi je les bien ouverts et y’a personne sur la route, juste pour rassurer), il tente le record de conduite sans toucher le volant. Incroyable, 1 minute !!! Venturettearrive à rectifiersa trajectoire toute seule ! Impressionnant, non ? Quand on vous dit que cette voiture est géniale.
En ce dernierjour de 2010, nos plans : avancerun peu et nous trouverun beau bivouac où passer la nuit. Quelques courses pour le repas du réveillon où on se fait rendre une partie de la monnaie en bonbons (?), quelques kilomètres où on suit une voiture qui tire un cheval en laisse (?) et nous bifurquons vers Las Hornillas. La piste est terriblement mauvaise mais les formations rocheuses qui semblent formerun canyon au loin nous attirent irrésistiblement. Belle récompense en arrivant, le site est époustouflant. Totalement paumé, sous le soleil avec une belle rivière, parfait pour y passer le réveillon. Nous occupons l’après midi par des lectures, des baignades dans la rivière et la dégustation d’un excellent melon d’eau.
18h30 on entame les festivités. Cette fois-ci, nous avons un BON petit rouge pour accompagner notre repas. Oui, parce que tous les vins rouges argentins ne sont pas délicieux. Celui-ci, le Xalo, vin de la bourgade n’attire pas le regard avec sa bouteille sans étiquette mais écrase les plus connus Malbec, Cabernet Sauvignon et Syrah achetés auparavant. Enfin, nous on dit ça, on n’y connait rien, mais on l’aime bien.
En guise de feu d’artifice, nous aurons droit à des éclairs éblouissants qui témoignent de l’orage qui est en train de sévir plusieurs kilomètres plus loin. Avec tout ça, nous arrivons même à veiller jusqu’à minuit !
Une belle nuit sous les étoiles dans notre beau canyon, et voilou, nous sommes en 2011…
30 décembre 2010
Sister Act !
Nous voilà donc comme promis dans la charmante ville de Puerto Varas au Chili.
Notre mission ici, pas la moindre : trouver Gaëlle !
A peine arrivés, nous nous lançons dans le tour des auberges de jeunesse. Mais où est Gaëlle, telle est la question. Notre seul indice : elle loge dans une auberge de jeunesse où elle suit des cours d’espagnol donnés par une Polonaise. Il ne peut pas y’en avoir 36…
Un premier échec dans une hospedaje, qui nous renvoie aussitôt vers une seconde. Et voilà, en moins de 20min nous avons retrouvé sa trace.
16h30, nous débarquons dans son auberge de jeunesse et la trouvons confortablement installée dans le jardin sous le soleil en plein cours. La surprise est telle qu’elle ne reconnait pas son barbu de petit frère. Juste l’espace d’une fraction de seconde bien sur ! Joyeuses retrouvailles après plus de 2ans et 4 mois.
Il nous faudra encore patienter une petite heure, le temps qu’elle termine sa leçon pour pouvoir l’assaillir de questions. Nous passons la soirée autour de bonnes empanadas, et nous ne lui laissons aucun répit. Nous voulons tout savoir, avoir des nouvelles de tout le monde, savoir comment va la France, ect ect. Ca fait si longtemps. Nous avions imaginé ces instants des centaines de fois, mais jamais nous n’aurions pensé que cela puisse arriver avant notre retour en France. Ce qui est encore meilleur, c’est que rien n’était prévu. Gaëlle est arrivée au Chili, nous étions à une centaine de kilomètres en Argentine et maintenant nous sommes ensemble. Ca ne pouvait pas mieux tomber ! Autant elle que nous avons du mal à y croire…
On papotte beaucoup et bien sur, on ne tarde pas à s’organiser un petit programme pour passer quelques jours ensemble.
Dès le jour suivant, nous partons tous les 3 vers le Parc Alerce Andino à une heure au Sud de Puerto Varas. Gaëlle arrive à déplacer ses cours pour pouvoir profiter de la journée. Par contre, seule ombre au tableau : la météo. Elle comme nous, avons déjà gouté aux caprices de cette dernière.
Pierrick et Gaelle au pied d’un alerce millénaire
Nous passons quand même une agréable journée sous la bruine et marchons 6h dans une épaisse forêt humide au cours de laquelle nous ne manquons pas de donner à Gaëlle plein d’infos pour la suite de son voyage qui ne fait que commencer.
Nous sommes de retour vers 18h pour le cours d’espagnol. Gaëlle nous rejoint 3h plus tard, pour comme elle le dit, une « Venturette Party » ! Tout le monde en rêve, elle sera la seule à pouvoir se targuer de l’avoir fait. On lève le voile et nous l’ « invitons » à partager le quotidien, celui que nous vivons identique chaque jour depuis 1 an et demi, au travers d’un bon plat de pates cuisiné et partagé dans la voiture ! Gaëlle, nous tenons d’ailleurs à te féliciter pour cette épreuve que tu as su relever avec succès. Quel courage !
Nous nous séparons pour la nuit : Gaëlle dans son auberge et nous, comme à notre habitude, dans la voiture dans une des rues bien tranquilles du voisinage.
Rdv le lendemain à 8h pour profiter d’une nouvelle journée ensemble. Et devinez qui sera de la partie : LE SOLEIL !!! Youhou ! Cela tombe bien, aujourd’hui nous avons vraiment besoin de lui pour admirer sous toutes ses coutures la star de la région, le spectaculaire volcan Osorno.
Nous allons marcher autour de ce dernier tout au long de la journée pour notre plus grand bonheur.
Nous sommes très chanceux et ne le quitterons pas des yeux.
Comme la veille, nous retournons sur Puerto Varas vers 19h. Gaëlle n’a qu’une petite heure devant elle avant de repartir bucher avec sa prof polonaise. Dur dur la vie étudiante. Nous lui réservons une nouvelle fois un modeste diner dans notre petit chez nous. A croire que cela lui a plu ?!
Mardi 14 décembre, Gaëlle vient de terminer ces 15h de cours, nous allons pouvoir aller explorer ensemble d’autres horizons. On se met donc en route et partons pour l’énigmatique Ile de Chiloé.
Cette ile chilienne de la taille de la Corse attire de nombreux touristes pour son architecture qui lui vaut de belles petites églises, mais aussi pour son ambiance particulière qui parait il est lié au temps exécrable qu’il fait sur l’ile. Au moins nous sommes prévenus, il pleut 370 jours par an.
Pour rejoindre l’ile, il nous faut prendre un bac pendant 30 min. Les locaux ont beau dire ce qu’ils veulent, aujourd’hui le soleil brille, on compte bien profiter. Quand nous posons le pied sur l’ile, il est déjà 15h30, mais avec les longues journées qui annoncent l’été, il n’est pas trop tard. Un bref arrêt dans un centre d’infos et nous filons sur Ancud et même un peu plus à l’ouest pour que Gaëlle rencontre ces 1ers pingouins. A peine descendus de la voiture que nous voila dans le bateau pour approcher les petits bonhommes. Pierrick et moi sommes tout aussi enthousiastes car nous allons voir une nouvelle espèce, les Humbolts.
Les oiseaux marins sont eux aussi au rendez-vous, notamment de beaux cormorants le tout sous le soleil, le séjour commence bien.
On reprend ensuite notre route, nous voulons être à Quemchi dans la soirée où Gaëlle pourra se trouver un petit hôtel pour la nuit.
Une fois chose faite, nous allons déguster de délicieuses empanadas qui nous feront gouter aux spécialités de la région, les fruits de mer. Je craque littéralement pour celles à l’araignée de mer qui sont un délice.
Le ciel se charge un peu le lendemain, mais rien d’alarmant. Nous continuons donc tranquillement notre route via tout un tas de minuscules villages et faisons dans chacun une petite halte pour visiter leur adorable église. Entre autres Tenaun, Achao, Quinchao, Dalcahue.
La journée est déjà bien remplie quand nous poussons jusqu'à Castro, capitale de l’ile. S’il n’y en a qu’une, c’est celle là qu’il faut visiter écrit le Lonely. D’abord pour sa cathédrale,
mais aussi pour ses palafitos (maisons sur pilotis)
où vivent les pêcheurs
et enfin pour l’ambiance spéciale qui y règne.
Parfaitement d’accord pour les 2 premiers par contre l’atmosphère particulière, mouai. Il ne pleut toujours pas…ca doit être ça.
C’est un peu tristounets que nous reprenons la route vers Ancud. Et oui, Gaëlle repart demain déjà. Pleines de merveilleuses visites l’attendent plus au Sud. Mais hors de question de se séparer sans un dernier gueuleton ! Nos estomacs sont prêts pour la spécialité de l’ile, le curanto. Assortiment de saucisse, lard, poulet servi avec des fruits de mer (palourdes et moules) ET pommes de terre et purée.
En ce qui concerne l'ile, comme tout le monde nous y sommes allés et comme tout le monde on se demande un peu pourquoi. Agréable et mignonet, rien qui n'en fait pour autant un site d'un grand intêret. Enfin, on aime bien vérifier tout ça de nos propres yeux.
Et voilà, 22h, déjà l’heure de laisser Gaëlle… Elle va continuer sa route seule dans ce fabuleux pays. Un bus l’attend demain au petit matin pour la ramener sur Puerto Montt d’où elle s’envolera vers Punta Arenas.
Sniff, ces 5 derniers jours ensemble sont passés beaucoup trop vite. Mais ils nous ont fait énormément de bien. L’espace de quelques jours, notre quotidien a été délicieusement chamboulé. Nous n’aurions jamais cru qu’un jour nous aurions partagé tout ça avec un proche. Quel plaisir de voyager à 3 !
26 décembre 2010
On the road again
En sortant de Torres Del Paine on continue avec les grands incontournables du coin. On ne manque pas de passer une nouvelle fois la frontière pour retourner en Argentine. Au passage, nous crevons juste devant les douanes. Ca faisait longtemps ! Changer un pneu toute une histoire depuis que notre bon vieux crick nous a laché. Impossible d’un trouver un adapté à notre voiture, Pierrick doit maintenant en utiliser 2 : le 1er étant trop haut il faut se servir d’un 2nd pour présoulever la voiture, le tout le plus rapidement possible puisque le 2nd ne peut soutenir qu’une tonne et que notre voiture en fait plus.
Nous retrouvons un bout de la Ruta 40 qui nous amène directement à El Calafate. Affreuse ville archi touristique où nous ne ferons que faire des courses avant de nous rapprocher du Glacier Perito Moreno.
Et oui, finalement on a décidé d’y aller. Pourquoi ? C’est vrai qu’on en a vu pleins d’autres… D’abord, pour ces dimensions monstrueuses : 50km de long, 4km de large et 60m de haut !!! Ouh, on se sent tout petit à côté. Ensuite, parce que c’est le seul glacier au monde à continuer à avancer !
Arrivés à 8h, nous pouvons profiter de plus d’une heure à sillonner chaque balcon seuls. Le soleil pointe timidement le bout de son nez, mais cela suffit à nous offrir de belles chutes de glace. Nous y resterons finalement jusqu’à 15h. On ne se lasse pas de ces craquements et de ces détonations retentissantes. Pas une seule seconde nous ne quittons des yeux la zone de rupture pour être témoin de la prochaine chute. Nous sommes servis, de 8h30 à 9h30 ca n’arrête pas. Même toute une tour du glacier s’effondre sous nos yeux.
Dans l’après midi, nous prenons donc la route vers El Chaiten, ville la plus récente d’Argentine qui a été tout bonnement crée pour accueillir les touristes qui arrivent en masse pour gravir, approcher ou simplement observer le Fitz Roy et le Cerro Torre. En ce qui concerne la ville, ce n’est toujours pas ça… et quant au Fitz Roy, autant être prévenu d’avance, il est quasiment continuellement dans les nuages ! Nous ne tardons pas à le vérifier : rien on n’y voit rien. On se trouve un petit coin tranquille pour la nuit et optimistes, on prépare nos sacs pour notre prochain trek.
Mardi 30 novembre, on n’a pas fermé l’œil de la nuit. On a bien cru que Venturette allait s’envoler ! C’est quoi ce vent de fou ??? Bien qu’on s’imagine mal marcher par ces conditions, on part demander au ranger quelques infos. Déjà nous revoyons nos plans au rabais, on oublie notre boucle de 5 jours et projetons plutôt de partir pour 3 jours au max.
Avec tout ça, bonne nouvelle le Fitz Roy est découvert. Youpi ! On fait quelques kilomètres en arrière pour profiter de la vue. Ca ne va peut être pas durer…
A 10h, après avoir laissé Venturette chez la police, on commence à marcher. Objectif premier : atteindre le départ du sentier que nous pouvons voir à 300m, et que nous atteindrions en 2 minutes s’il n’y avait pas de vent. Quand on y arrive au bout de 10min je suis déjà épuisée. Je ne le sens pas ce trek. Heureusement, nous serons un peu plus à l’abri sur le sentier, du moins au début. Le sentier est très facile et nous permet d’avancer d’un bon pas. Nous passons le point de vue duquel le Fitz Roy n’existe déjà plus, et un 1er lac sans grand intérêt. Ce qui nous attend pour la suite n’est vraiment pas une partie de plaisir. Pendant 1h30, nous essuyons une belle tempête qui mélange pluie, grêle et neige. Je suis totalement découragée. Le vent me glace le sang, on est trempé tripé et on n’y voit pas à 100m. Désabusée, je continue à mette un pied devant l’autre en me disant que la Patagonie c’est surement très beau mais si on ne voit jamais rien, à quoi bon. Les Pyrénées sont surement moins spectaculaires mais au moins on peut profiter des paysages.
Nous sommes à moitié soulagés d’arriver au campement. Il est à peine 13h, l’aprem sous la flotte va être interminable. On monte vite la tente, s’y enferme pour y pique niquer et sautons dans nos sacs de couchage. On tue le temps en dormant, rien de mieux à faire de toute façon en attendant l’heure du gouter puis du diner. On ne mettra pas le nez dehors, on a vraiment très froid, la nuit s’annonce douloureuse. Le vent vrombit sur notre tente et on prie pour qu’il ne l’arrache pas.
5h30, le lendemain : il faut qu’on bouge, nous sommes congelés. On échange sur la nuit passée et sommes d’accord pour dire que nous n’avons jamais eu aussi froid. On met le bout du nez dehors et surprise…….. ON EST SOUS LA NEIGE !!!
On comprend mieux. On fait un tour du campement pour constater les « dégâts » : une belle couche fraiche de 5cm. Contre toute attente, cela nous redonne le sourire. C’est magnifique !
On laisse tout en place et partons légers pour 2h de montée vers la Laguna de Los Tres. Bien sur nous n’espérons pas voir le Fitz Roy. Le ciel est toujours extrêmement nuageux, mais le vent s’est calmé et il ne pleut plus. Il neigeote.
Une matinée qui nous rappelle nos week-ends au Québec à fouler une neige parfaite. Plus on monte, plus l’épaisseur de neige est importante. On s’y enfonce jusqu‘aux genoux et on aime ça. Rien que pour ça, ce trek vaudra le coup.
Nous retrouvons notre tente vers 10h et plions bagages pour rejoindre l’autre coté du parc qui sera beaucoup moins enneigé.
On renonce au détour de la Laguna Torre qui est censée offrir un point de vue imprenable sur le Cerro Torre. Quant à l’idée de repasser une nuit sous la tente dans ces conditions, NON MERCI.
Alors on reprend la direction d’El Chalten, retrouvons la voiture entière et roulons toujours plus au Nord.
A notre tour, de nous confronter à la Carretera Australe, un peu l’équivalent de la Route 66 aux Etats-Unis. Nous n’y sommes pas encore puisque cette dernière est au Chili, et que nous sommes encore en Argentine. Nous filons donc vers le poste de frontière le plus proche. C’est une nouvelle fois la Ruta 40 qui nous y mènera.
Enfin, Monsieur le tatou se laisse photographier
On s’affranchit pour la énième fois des formalités de douane en s’inquiétant un peu devant le nombre ahurissant de tampons du Chili et d’Argentine que nous avons. A ce rythme là, on ne va plus avoir de place. Une nuit seuls au monde au bord du lac Cardiel en Argentine, puis on longe le gigantesque Lago Buenos Aires (3ème plus grand lac d’Amérique du Sud) à cheval sur les 2 pays. La route de la frontière qui nous fait rejoindre la Carretera Autrale est époustouflante. Elle nous rappelle celle du Cap Corse, en moins dangereuse bien que non bitumée. Pas de Méditerranée mais ce joli lac, et énormément de fleurs pour un festival de couleurs.
Quand nous rejoignons la Carretera Australe, nous sommes agréablement surpris. De la piste certes, mais de la bonne. Enfin, cela peut changer, on reste sur nos gardes.
On profite donc tranquillement du paysage et surtout des changements de végétation. Désormais, nous avons quitté les abords du lac, et les horizons montagneux ont laissé la place à une forêt luxuriante aux « feuilles de chou » géantes.
Pierrick coupe la route par une brève visite de la Cueva de Los Manos, où des empreintes de main datant de très longtemps (me souvient plus trop, ce n’est pas mon truc) sont encore visibles sur les parois de la grotte.
Dans la soirée, nous poursuivons notre route et trouvons tant bien que mal un endroit en bord de piste pour dormir.
Samedi 4 décembre, grosse frayeur. Venturette a choisi la route la plus difficile et retranchée du pays pour jouer avec nos nerfs, et ca marche ! Cette fois-ci, c’est le voyant « entretien moteur » qui illumine notre tableau de bord. Hum, pas de panique, procédons par étape. Tout d’abord, retrouver la route principale sur laquelle il y a du passage. Nous sommes bien évidemment dans un coin paumé où nous avons dormi. Puis, éplucher le mode d’emploi pour savoir à quoi correspond ce voyant, le tout sans éteindre le moteur de peur de ne jamais redémarrer. Prévisiblement, rien de très clair sur le manuel, nous sommes toujours dans le flou. Ensuite, se dire que quoi qu’il arrive, on a de la chance car nous ne sommes qu’à 30km d’une ville ! Oui, oui il y en a sur la Carretera Australe. On essaye de positiver comme on peut. Une fois dans Coyhaique, nous nous posons dans une station service (au moins si on ne redémarre pas, on pourra être aidés) pour effectuer les vérifs suggérées par le guide de la voiture. Mouai, sans grand succès. Pierrick est persuadé que cela vient du filtre à air, que, c’est vrai nous n’avons pas changé depuis un bail. On en a un en stock, il se lance dans l’opération. Après tout, qui ne tente rien n’a rien. Résultat : euh, nan c’est pas ça ! Mais la bonne nouvelle, c’est que Venturette démarre toujours. Yes, yes, yes ! Il y a un garage à un bloc, on part demander conseil. Ils nous rassurent un peu, et nous renvoient de suite vers le concessionnaire Chevrolet de la ville. Allez, on voit le bon côté des choses, nous sommes dans le seul pays d’Amérique du Sud, où notre voiture, la Nord Américaine CHEVROLET Venture, de son petit nom Venturette, est importée. Tu vois, tout va bien… Par contre, il faut se bouger nous sommes samedi et dans 2 ou 3h tout fermera jusqu’à lundi.
Les gars nous suggèrent aussi sec de faire un scan de notre voiture. Exactement ce qu’on nous avait proposé de faire au Pérou quelques mois avant. Sauf que cette fois-ci, le garage est compétent et dispose du matériel pour. 80 000 km depuis notre départ de Montréal, on est plutôt tentés, ce qui nous permettrait d’avoir un bilan général du véhicule. Comme des parents dans la salle d’attente d’un hôpital, on se ronge les sangs le temps que le verdict tombe. Et si Venturette était en fin de vie. Si elle avait décidé de ne plus continuer… Aie aie aie, on réfléchit trop, c’est sur. Mais mais mais, comme on la toujours dit, cette voiture est la meilleure !
Fausse inquiétude, le scan ne détecte aucune anomalie. Juste un niveau insuffisant de liquide de refroidissement. D’ailleurs un des mystères de ce voyage, notre liquide de refroidissement disparait. Pas de fuite, évaporation si importante impossible, si quelqu’un a une idée… On explique au gars que nous avons ce problème depuis des mois et que nous roulons ainsi depuis 50000km au moins. Etrange, étrange…
Toujours est-il que le voyant s’est éteint et le concessionnaire nous donne son feu vert pour reprendre notre route.
Après Coyhaique, nous alternons portion asphaltée et piste dans un paysage qui nous évoque tout simplement nos jolies Alpes.
De beaux pâturages, des montagnes enneigées et des quantités astronomiques de fleurs, le tout sous le soleil. C’est magnifique !
On avait prévu de rouler jusqu’à 20h pour rattraper le retard du à nos soucis mécaniques, quand nous sommes de nouveau dans l’obligation de nous arrêter. Jour de rodéo dans la minuscule bourgade de Manihuales, on ne louperait ça pour rien au monde ! Pendant 2h, nous squattons 2 sièges de la petite arène pour applaudir les huasos. Ces derniers vêtus comme les vrais (ponchos, éperons, chapeaux et bottes) concurrent par paire. Ils doivent grâce à leurs montures bloquer un jeune veau contre la balustrade. On ne comprend pas tout, mais on passe réellement un excellent moment.
Nous ne roulerons pas beaucoup plus le lendemain. Le temps est assez clément et nous voulons en profiter pour mettre le nez dehors. Nous occupons donc la matinée par une ballade de 4h proche du parc Queulat. Nous retrouvons une forêt humide qui nous mènera au pied d’un magnifique glacier.
De même pour l’après midi où nous entrons dans le parc pour une ballade identique et encore plus renversante.
Nous consacrons un bout de la soirée à la route. Nous ne le répéterons jamais assez, mais nous restons bouche bée devant la qualité de la piste qu’on nous annonçait partout comme catastrophique. Peut-être est ce parce que nous sommes en début de saison…
Le lendemain, nous nous permettons même un détour pour une nouvelle ballade bien agréable, toujours une forêt qui nous conduit à un glacier avec de belles orchidées en chemin.
Et voilà, il est déjà temps pour nous de quitter la Carretera Australe après y avoir roulé sur 700km. Sceptiques, le but n’était pas de la parcourir sur sa totalité, 1300km mais d’en faire un petit bout pour vérifier qu’elle est à la hauteur de sa réputation. Effectivement, les paysages qu’elle traverse sont à ne pas louper.
Finalement peu de voitures croisées (et aussi peu de voyageurs) et victoire notre pare-brise est toujours en un seul morceau.
C’est du côté de Futaleufu que, devinez quoi… on rerentre en Argentine. On ne s’en lasse pas. Moyen le plus court de rejoindre El Bolson où nous avions repéré un trek intéressant 2 mois avant lors d’un précédent passage.
Nos passages de frontière sont toujours aussi mémorables : quand ce n’est pas tout le bureau qui est mort de rire en regardant la photo de Pierrick sur son passeport et sa tête maintenant, c’est son 3ème prénom qui intrigue tout le monde, ou encore notre tampon Antarctique qui fait jaser. Sans oublier les fouilles interminables pour nous confisquer 3 grains de mais à pop corn, et les douaniers trop curieux qui veulent absolument retracer tout notre itinéraire en identifiant chaque tampon…
Ce n’est pas qu’on est pressé, mais la station service d’Esquel avec internet en WIFI nous attend pour mettre à jour le blog. Comme il y a 2 mois, nous y restons des heures et des heures… 22h, nous roulons de nuit, bien longtemps que cela n’était pas arrivé, pour passer la nuit dans le parc de Los Alerces. Nous comptions le traverser rapidement, finalement nous y ferons deux très belles randos.
Des fleurs pétillantes,
des lacs paisibles,
des cascades insoupçonnées et surtout des rivières d’un bleu-vert parfait qui nous tenteraient bien pour un petit plongeon…s’il faisait 15°C de plus.
Nous allons aussi admirer un Alerce, arbre centenaire impressionnant par son diamètre et sa hauteur.
Une fois arrivés à El Boslson, nous nous enregistrons pour le trek du Cierro Azul. Nous prévoyons 4 jours de marche dans des paysages montagneux que le Lonely décrit comme « les plus beaux du pays », voir je cite toujours, « les plus beaux au monde » ?! Qu’est ce que cela peut il bien vouloir dire, tout est tellement différent. Intrigués, nous avons besoin d’aller vérifier. Pourtant, nous ne le saurons jamais. Jeudi 9 décembre, les sacs sont prêts, mais le temps est si pourri que nous renonçons. Des treks nous en avaient fait pas mal ces derniers mois, et maintenant ce que nous recherchons ce sont des journées de marche sympas et agréables sous le soleil. A quoi bon ? De toutes façons, les prévisions sont pessimistes pour les jours à venir. Si c’est pour courir et s’enfermer dans la tente le plus tôt possible, ca ne vaut pas le coup.
Un peu déçus (nous sommes revenus dans la région spécialement pour ça) nous espérons quand même remplacer ce trek par 2 autres du côté de Bariloche et San Martin de Los Andes. Là encore, nous connaissons un peu le coin, pour s’y être arrêtés en descendant. Manque de bol, à Bariloche c’est encore pire ! Il flotte encore plus, ça ne s’arrêtera pas pendant 48h ! Même à Pau, on n’a jamais connu ça. Blasés, on annule tous nos treks, mais on s’en garde quand même un en tête au Chili à moins de 100km.
On dort de nouveau sur le parking du parc de Los Arrayanes à Villa La Angostura, où on se réveille sous la neige ?! Oui, je sais, la France aussi est sous la neige, mais la différence c’est que nous ici, nous sommes bientôt en été.
Bon, c’est pas grave, comme on dit, des treks on en a fait déjà beaucoup. Pour tout vous avouer, on admet que la motivation a un peu disparu quand nous avons appris une sacrée bonne nouvelle. Mais alors vraiment bonne, à laquelle on ne pouvait absolument pas s’attendre : la sœur de Pierrick, Gaëlle, est au Chili pour 2 mois ! Entre marcher dans le froid sous la flotte et passer quelques jours avec elle au Chili, y’a pas photos, on fonce ! Revoir enfin une tête connue, plus de 1an et demi, on a tellement de choses à se raconter… on est tout excités et surtout très impatients.
Samedi 11 décembre, il fait beau –un peu. Parfait pour passer la frontière au col de Samoré, réputé pour être splendide. Splendide, il est…mais surtout très enneigé.
D’ailleurs on était tellement dépités à Bariloche, que nous n’avons pu attendre plus longtemps. Pour remettre un peu de gaité dans l’air, nous avons installé nos petites décos de Noel dans la voiture qui se fondent tout à fait dans ce décor tout blanc.
Encore une fois, nous sommes scotchés pas tant de neige. Un peu plus, et il nous aurait fallu les chaines. Mais rien ne pourra nous arrêter, nous voulons être à Puerto Varas dans la journée et faire la surprise à la grande sœur de Pierrick.
Attention, Gaëlle, on arrive !
10 décembre 2010
Nouvelles du bout du monde…
Mardi 26 octobre, impossible de continuer à rouler tant que nous n’avons pas écoulé nos stocks. Donc, on bouffe, pas le choix. Rassasiés et après avoir salué un nandu on se dirige vers la frontière. Rien à signaler du côté de la frontière argentine et quelques km plus loin nous sommes dans la file qui nous permettra de traverser le Détroit de Magellan à Punta Delgada. ½ heure et le bac arrive. 20 minutes de traverser pendant laquelle nous cherchons toujours les toninas, en vain.
Et voilà, il n’en fallait pas beaucoup plus (76 000 km…) pour mettre les pieds en Terre de Feu. Comme on si attendait, les routes sont du ripio (gravillons voir galets). Pourquoi le Chili investirait pour les asphalter alors qu’elles ne servent qu’aux Argentins (les relations entre les 2 pays ne sont pas des meilleures) et à quelques touristes ? Bref, nous avons toutes les raisons de ne pas être très rassurés puisqu’un caillou de la taille d’une balle de ping-pong vient s’écraser de plein fouet sur notre pare brise. Rappelons que depuis notre accident au Venezuela notre pare-brise est en verre trempé, et que si on se prend un impact assez gros il ne se fissurera pas mais éclatera en mille morceaux. Ouf, pas ce coup là ! On ne sait par quel miracle étant donné la vitesse de l’autre véhicule et la taille du projectile. On maudit tous ces conducteurs irresponsables qu’on croise, tous dans une voiture de fonction et qui se préoccupent donc peu de casser leur pare-brise, et qui ne ralentissent absolument pas à notre hauteur. Malheureusement, nous n’avons pas grand-chose à faire, si ce n’est ralentir, voir même s’arrêter et trouver un refuge le temps que ces bolides dégagent. A ce rythme là, dieu seul sait quand est ce que nous arriverons à Ushuaia ?!
On parvient tout de même à repasser la frontière dans la même journée, et après quelques heures à peine au Chili, on rerentre en Argentine. Les douaniers bien que forts sympathiques ont décidé de passer la voiture au peigne fin. Il est déjà 21h, il fait un froid glacial. Mais ils veulent tout voir tout ouvrir et tout comprendre. A quoi ca sert ce petit truc noir ? C’est un adaptateur monsieur. Et ca ? C’est une lampe de poche… Et ça ? Et ça ? Et ça ? Fichtre, on va y passer la nuit. Tout y passe : de la boite d’allumettes, aux trombones en passant par nos jeux de cartes, la boite à outils, la trousse de toilette, le panier de linge sale, le range CD, l’étui à lunettes…. Bref, tout un tas de trucs insignifiants. Mais vous cherchez quoi au juste ? Parce que si c’est du cannabis, je vous assure qu’on le planquerait un peu mieux.
Allez il est temps de se trouver un coin pour dormir, la journée a été longue, mais pas sans croisé un joli renard et un tatou sprinter.
Mercredi 27 octobre, 6h du mat’, nous sommes réveillés par la police qui nous demande de quitter les lieux. Nous sommes dans une zone interdite. Nous mettons plus d’une heure à leur expliquer qu’avec leur système de barrières (des fois on doit les ouvrir nous même pour continuer et des fois non), on ne sait plus quoi faire et on ne différencie plus bien ce qui est privé de ce qui est public.
Plus loin, nous faisons un petit détour de 50km aller pour nous rendre à Cabo San Pablo, où nous pouvons admirer la Desdemona, impressionnante épave rouillée posée sur le sable qui se fond particulièrement bien dans ce décor de bout du monde.
Va-t-on arriver à Ushuaia aujourd’hui ? Telle est la question… Après 1 an, 4 mois et 23 jours sur les routes, VEUT-on y arriver en ce Vendredi 27 octobre 2010 ? Tout porte à croire que c’est notre destinée. A Rio Grande, tout est fermé en ce jour férié pour les Argentins. Nous n’avons donc rien à faire que de continuer. Alors on longe le Lac Fagnagno, on monte au col Garibaldi, on passe le Cerro Castor (station de ski la plus au Sud au monde) et on aperçoit enfin ce fameux Canal de Beagle, juste avant d’atteindre la ville la plus australe au monde (c’est faux, mais bon) : USHUAIA !!!
D’Ushuaia, nous en avons entendu que c’est une ville assez moche et peu engageante. Nous trouvons cette appréciation assez sévère. Au vue des autres villes d’Argentine (par ex, El Cafayate, soit disant une des plus belles du pays, qui nous a laissé totalement indifférent. Mais où sont les gamins qui jouent sous nos roues, où sont les vieillards s’ils ne regardent pas les voitures passées. Dur dur, de sortir de pays comme le Pérou et la Bolivie où la vie est dans chaque ruelle, sur chaque place), nous la trouvons plutôt agréable.
Bon, et comme on n’a pas fait 76 000 km pour se retrouver devant les portes fermées des centres d’info en ce jour chômé, nous nous arrêtons par hasard sur un match de rugby pour soutenir les clubs locaux. Un bon match de rudby tout au bout de la Terre de Feu, en voilà une expérience anodine.
En cherchant le camping municipal gratuit, nous nous retrouvons à l’entrée du Parc National Tierra Del Fuego. 20$ par tête et seulement 4km pour la plus longue des randos, nous ne comptions pas y entrer. 20h, la barrière est ouverte et personne à l’accueil. On suit alors les autres voitures qui se posent moins de questions que nous et entrons dans le parc. En 1h30 (à 21h30 il fait encore clair, mais rien à voir avec les nuits lumineuses que nous avions dans le Nord du Canada. Normal, nous sommes beaucoup moins au sud que nous étions au nord…), nous enchainons les minis marches et les points de vue.
Juste assez de temps pour prendre la poste la plus au sud (bon, promis après j’arrête avec cette histoire de « plus au sud »)et poser devant le panneau qui indique l’Alaska à 17 848km (hi hi, et dire qu’on y était… par contre on a fait nettement plus de km que ça ?!), et nous repartons à la recherche de notre camping que nous trouvons pour la plus australe des nuits (enfin, c’est ce qu’on croit à ce moment).
Après une journée de déambulage dans Ushuaia qui a repris un peu de vie pour faire le tour des centres d’infos, nous allons nous dégourdir les jambes du côté du Cerro Martial. Nous sommes surpris de constater l’importante couche de neige qu’il reste. La rando et les paysages n’en sont que plus agréables.
D’en haut, nous pouvons apercevoir la ville d’Ushuaia au bord du Canal de Beagle. Un petit tour au Carrefour (le plus au S….., chuuuuuuuuuuut !) pour préparer notre barbeuk que nous ne ferons pas ce soir car retardés par d’autres obligations. On s’en fout, on va en _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ !!! Pendu pour ceux qui veulent…
Partie remise le lendemain midi et on file vers le départ de la rando de la Laguna de Los Tempanos. Surprenante rando qui nous fait d’abord traverser une magnifique tourbière dans une jolie plaine verdoyante. Nous suivons ensuite la rivière avant de nous enfoncer dans une forêt de lengas.
Le sentier est difficile à trouver mais nous arrivons quand même à notre objectif les pieds dans la neige. L’épaisseur est telle que nous ne pouvons voir le lac qui en est recouvert ni même le glacier. Les paysages sont grandioses.
Nous pique niquons et ne pouvons résister à une descente en luge (sans luge) au retour.
Nous revenons du côté du canal pour la soirée et la nuit, au milieu d’une foule ahurissante. Nous sommes dimanche, et les Argentins n’ont pas pour habitude de passer cette journée sur le canap’ devant la télé.
6 jours à patienter avant notre départ en _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _. Mais que va-t-on faire en attendant ? Découvrir cette étonnante Terre de Feu dans ces endroits toujours plus retranchés. Cap toujours plus au sud, nous roulons en direction de la célèbre estancia Harberton (la plus…-nan pas au sud- mais ancienne, 1886, plus touristique qu’autre chose aujourd’hui) où nous nous arrêterons uniquement pour retirer un permis de camping.
On continue cette magnifique piste qui longe le canal, en attendant avec impatience l’ouverture sur la mer. Tout au bout, et la pour la peine, c’est difficile de trouver une latitude plus au sud sur ce bout de terre, on arrive à l’Estancia Moat où les travailleurs se relaient tous les 30 jours pour assurer la surveillance de la circulation maritime. On y retrouve 2 voyageurs (euh non 4, 2 p’tits loustiques sont cachés à l’arrière), en Land Cruiser, des français pour changer. On demande l’autorisation de camper sur la plage de Moat. Très très beau bivouac, particulièrement peu venteux lors de notre présence.
La chance continue de nous sourire quand nous apercevons des dauphins en famille à 40 mètres de la plage. Nous les suivons, nous ne sommes pas certains qu’il s’agisse de Toninas. Ceux là ont l’air plus grand et plus gris, des Dustkys en fait.
La soirée au coin du feu s’impose : chipolatas, pièces de bœuf, pommes de terre, bouteille de rouge et mousseux rosé. On ne se laisse pas abattre.
On est tellement bien qu’on reste un jour de plus aux premières loges pour voir passer les dauphins très ponctuels à 10h et 18h.
On trainera encore dans le coin 2 ou 3 jours de plus à tester tous les sites de camping au milieu des chevaux semi sauvages à la mèche rebelle…
06 décembre 2010
Entre baleines, éléphants de mer et pingouins …
Changement total de décor deux jours plus tard quand nous arrivons sur la côte Atlantique ! L’océan, qui plus est Atlantique, ca fait un bail ! Nous sommes restés sur les plages renversantes du Venezuela, l’ambiance est tout autre ici. On ne compte pas se dorer la pilule sous un cocotier, mais scruter les plus belles danseuses d’Argentines, les baleines !
Nous sommes restés un peu sur notre fin lors de notre dernier rdv avec elles en Equateur. Nous voulons retenter notre chance ici, du côté de la célèbre péninsule de Valdez, qui est un des meilleurs endroits au monde pour les observer. Nous sommes confiants, nous sommes dans la bonne saison.
Quelques infos prises dans la ville de Puerto Madryn et nous roulons vers la péninsule sans trop savoir si on va rentrer dans le parc, toujours cette histoire de tarif spécial étranger. Nous envisageons une possible entrée de nuit pour éviter de passer à la caisse. Trop impatients, nous nous arrêtons en route pour essayer de repérer nos 1erès queues. Ca ne loupe, en même pas 5 min, nous en distinguons 4 au loin ! Nous repérons une plage qui nous permettrait de les voir de plus proche. Le site doit être connu, quand nous débarquons à 8h du soir (et oui, depuis l’Argentine, le soleil ne se couche pas avant 8h), 4 camping car immatriculés en France sont déjà sur les lieux. A peine le temps de descendre de la voiture, que nous apercevons une mère et son petit à même pas 50m du bord. Le baleineau nous offre même un joli saut en guise d’accueil, nous sommes aux anges !!!
Bien que nous n’irons pas faire connaissance avec les autres voyageurs vue l’heure tardive, nous
nous apercevons que nous « connaissons » l’une des familles. Ce ne sont autres que les « Matons » de qui nous recevons des mails d’infos pratiques par le biais d’autres voyageurs.
7h, nous sommes sur le pied de guerre, sur le sable en train de petit déjeuner. Les baleines, on vous attend. On n’a même pas le temps de finir de manger que la 1ère arrive. Elle est proche, très proche ! Comment est ce possible ? Elle va s’échouer… Que fait elle là ? Elle longe la côte, nous la coursons par la plage. En fait, il n’y en a pas qu’une.
Elles sont souvent par 2, la mère et le petit. Nous serons particulièrement chanceux cette matinée là, elles sont 8 au total (dont une albinos) à jouer sous nos yeux. Nous parlons ici des baleines franches australes qui font une douzaine de mètres.
Les Matons, Gilles, Natacha, Alex (13ans) et Théophile (9ans) assistent eux aussi au spectacle. Difficile de faire les présentations quand une baleine tape de la queue derrière,
une autre fait la plus parfaite des planche,
une autre fait semblant de couler pour attirer l’attention, une autre nous fait des pschitts retentissants,
une au loin fait un saut monumental, une ouvre son immense bouche et nous laisse voir ses fanons,
une autre tourbillonne sur elle-même, une dernière tape des nageoires… Bref, la totale ! C’est un véritable ballet. Nous sommes là pour elles et faire les belles elles aiment ça. Et dire que nous hésitions à prendre une excursion en bateau pour les approcher. Nous ne pouvons pas les voir mieux alors que nous sommes sur la plage. Nous réalisons que ce qui se produit sous nos yeux est inoubliable. Nous enchainons les « Ohhhhh », « Ahhhhhh », « Houuuuuu » et ne savons plus où donner de la tête. On n’en espérait pas autant.
Nous allons rester ici quasiment 3 jours, car à chaque nouvelle journée, le programme est le même. Entre 6 et 8h nous sommes réveillés par leurs souffles et leurs chants qui annoncent leur arrivée. Encore endormis nous sortons pour le plus poétique des réveils. Vers 14h, elles sont de retour un peu plus passives, et rebelote en soirée pour une nouvelle exhibition. On ne s’en lasse pas, qui le pourrait ?
Entre temps, on échange avec les Matons, on fait connaissance avec une française qui voyage seule depuis plusieurs années dans un camion aménagé -2 pièces, plus grand que ce que nous avions à Paris avec lave vaisselle et lave linge !!! et un couple de retraités. Ca ne s’arrête pas là. Non, nous n’avons pas la berlue, c’est maintenant Ula et Mick (couple Autralo-Polonais rencontré au Costa Rica) qui débarquent. Génial, plus on est de fous plus on s’amuse !
Entre 2 apparitions des baleines, nous partageons nos expériences autour d’un petit apéro sur la plage. Ahhh, ça sent les vacances ! Nous décernons la palme à Ula et Mick, qui se sont mis dans une sacrée galère en nous faisant une terrible sortie de piste en Equateur un jour de pluie, leur van se retrouvant dans le décor dangereusement incliné et prêt à valdinguer dans le précipice. Les photos sont saisissantes. A un tel point, qu’ils doivent évacuer le véhicule sans pouvoir prendre quoi que ce soit avec eux. Plus de 5km à pieds sans chaussure (trop dangereux d’aller les chercher à l’intérieur) pour trouver de l’aide. Tout le monde s’en sort indemne, le van y compris. Waouh, on est d’autant plus content de vous revoir sachant cela. Comme quoi, c’est très vite arrivé.
Ensemble, nous déplorons aussi le triste rapport avec les Péruviens et maudissons ces Argentins pour leur habitude honteuse de surfacturation vis-à-vis des étrangers. Eux comme nous, déciderons de ne pas mettre un pied sur la péninsule. Voilà le résultat, à force de grossir les tarifs les gens finissent par renoncer. C’est tout ce que l’on souhaite au tourisme du pays !
Jeudi 21 octobre, nos routes se séparent. Les Matons accusent le coup à moins d’un mois du retour en France, alors que nous reprenons notre route vers le Sud forts de bons plans en poche. Merci !
Un autre très bon spot « nature » nous attend un peu plus au Sud, à Punta Ninfas.
Ula et Mick qui galèrent pour renvoyer leur van canadien d’Amérique du Sud au Mexique, nous y suivront pour se changer les idées. Au programme, ballade entre voyageurs le long de la plage au milieu d’une des plus grandes colonies d’éléphants de mer du coin.
On se retrouve littéralement nez à nez avec eux assistant au combat des males,
à la tétée des petits
et aux tentatives de séduction du grand chef qui ne sait plus où donner de la tête dans son harem.
D’un côté, plus d’une dizaine de femelles avec leurs petits,
de l’autre autant de males vaincus sanguinolents que le combat a épuisé.
Oui, merci, on sait on pue
Bye bye
En revanche, impossible de prendre l’apéro dehors ici à cause du vent, nous trouvons refuge dans le génialissime van d’Ula et Mick autour d’un bon thé à la mode argentine bien sur. Alors ? Ben, c’est juste de l’eau chaude avec un léger gout de tabac qu’on boit à la paille.
Encore une fois, nous devons quitter nos compagnons de route qui non seulement nous ont permis de nous sortir un peu de notre quotidien à 2 (plus d’1 an sans voir nos copains, c’est long), mais en plus nous ont filé des infos du tonnerre pour la suite qui nous donneraient presque envie de sauter les 3 prochains mois de voyage pour y être plus vite. A suivre…
Nous n’en avons pas fini avec la faune marine. Nous voulons tenter notre chance à Puerto Rawson pour déceler les plus petits dauphins au monde, les Toninas. Malheureusement, ces derniers se cachent. Avec une excursion cela aurait surement été plus facile. Nous nous décidons alors à se pencher sur le remplacement de notre filtre à air et de nos plaquettes de freins. Quasiment impossible à dégoter ici en Argentine, les vendeurs nous rassurent et nous renvoient vers la zone franche de Punta Arenas, au Chili où nous devrions trouver notre bonheur.
Ce n’est pas grave. Les pingouins nous attendent à Cabo Dos Bahias… Nous tentons toutes les approches possibles et imaginables pour établir un léger contact avec ces petits bonhommes noirs et blancs présents en quantité innombrable.
Mais, en ce début de printemps, les femelles méfiantes restent collées à leurs œufs prêts à éclore qu’elles couvent dans leur trou.
Les méchantes mouettes rodent et attaquent tout œuf abandonné. Afin de ne pas les contrarier, on se garde bien de leur dire qu’ils n’ont pas que la couleur du putois (si vous voyez ce que je veux dire…) et nous préférons les admirer dans leur braiement passionné.
Les guanacos sont eux aussi de la partie plus beaux que jamais.
Une nuit dans le coin a traqué le passage des orques qui se font rares en cette saison, et nous partons vers la grosse ville, Comodoro Rivadavia (quelque chose dans le genre). Nous avions le choix entre revenir sur nos pas et retrouver le plus rapidement possible l’asphalte, ou longer la cote via une piste sur 200km. Nous avons opté pour la seconde ce qui nous a, dans un 1er temps, permis de voir toujours plus de guanacos mais aussi de jolis lièvres, de splendides perruches aux couleurs bien flashies et le surprenant mara, sorte de lièvre géant à moitié biche.
Mais encore une fois, nous payons notre audace.
1- La route se détériore et on explose nos « quesos » à chaque nid de poule caché aux pires endroits. 2- Notre tableau de bord nous signale que nous n’avons presque plus d’essence
3- Ces débiles de moutons suicidaires à poil qui ne ressemblent à rien après la tonte, nous font de belles frayeurs en se jetant sous nos roues
4- Impossible de faire plus de 3km sans rencontrer une barrière que les gauchos (propriétaires des estancias (fermes) environnantes que nous traversons) ont installée pour empêcher leurs animaux de s’enfuir. Heureusement, pas de cadenas. Il faut juste s’arrêter, descendre, ouvrir, passer et refermer. Trop chiant, et puis ce n’est pas l’idéal pour lutter contre notre pénurie d’essence.
On apprécie quand même la beauté des paysages, parce que c’est aussi ça l’Argentine. C'est-à-dire : RIEN ! Des kilomètres et des kilomètres sans rien, juste de la pampa… Nous ne nous sommes jamais sentis aussi paumés et seuls. D’ailleurs, on se dit que Florent Pagny doit surement être installé dans le coin.
Après 70 km sur la réserve d’essence, nous pouffons de soulagement quand nous retrouvons la route nationale 3. Pour autant, il ne faut pas espérer faire le plein avant Comodoro à encore 60km. On serre les fesses (on a toujours notre bidon dans le coffre mais la flemme) et puis nous avons confiance en Venturette, elle ne nous a jamais trahie… ou si peu. 40, 30, 20, 10 kilomètres, allez, trop bête de remplir maintenant. On est si proche, on va y arriver. C’était sans compter sur un maudit feu rouge en pleine montée à exactement 1,3km de la station service !!! On rage ! Ce feu a tout fait foiré. Obligé d’utiliser notre bidon. Depuis la dernière fois, on a quand même acheté un entonnoir et même avec ça, on en fout la moitié à côté. Enfin, on aura quand même réussi à faire 130km sur la réserve, cette voiture est GÉ-NIA-LE !
Une fois Venturette réhydratée à la pompe, nous continuons vers Puerto Julian. La route est droite, plate, ennuyante à mourir. C’est bien sympa la pampa, mais c’est surtout bien monotone. Nous aimerions bien en garder pour le lendemain et nous trouver un endroit où passer la nuit. Comble de l’ironie dans ces terres où règne l’espace vide, impossible de s’écarter de la route principale, tout est barricadé. Nous devons attendre une jonction avec une autre route pour y espérer trouver un petit coin.
4 heures plus tard le lendemain et 2 virages plus loin, nous bifurquons et quittons la RN 3 pour le Circuito Costero, boucle costale à 30 km au Nord de Puerto Julian. 1er point d’intérêt la loberia où des dizaines de lions de mer (non pas des éléphants qui sont plus gros) lézardent sur un rocher. Si proches que nous arrivons à discerner les impressionnantes crinières des males, d’où leur nom.
Des petits nous font aussi de jolis plongeons à corps perdu dans la mer déchainée.
Des jolis cormorans à pattes rouges se laissent photographier au passage.
Prochaine étape le parc de Monte Leon. En chemin, l’Eldorado : une station service avec internet et surtout DES DOUCHES CHAUDES !!!! Des douches c’est déjà extraordinaire, mais alors quand l’eau est chaude et illimitée, c’est le PARADIS !!!
Propres comme un sous neuf, on est toujours décidé à atteindre Monte Leon dans la soirée. Grosse déception : le parc est fermé jusqu’au 1er novembre. Triplement contrariés car on ne sait plus où dormir, ajouté au fait qu’on va arriver trop tôt à Ushuaia, et qu’on a plein de bouffe dans la voiture qui ne passera jamais au Chili pour rejoindre la Terre de Feu.
02 décembre 2010
Le Canada en Argentine !
Quelques journées de route nous séparent encore de ces mythiques montagnes et il n’est pas si facile de trouver des coins pour la nuit quand les villes sont aussi flingantes (pffffff, quel déprime, tout est mort, il n’y a vraiment pas âme qui vive avant 20h, l’heure à laquelle on part se coucher…) et quand les routes sont aussi moroses.
Nous changeons de discours en se rapprochant du Parc Talampaya où nous retrouvons des paysages désertiques. Dommage que nous ayons été obligés de boycotter ce parc. Encore une fois, on tape du poing et on exprime haut et fort notre mécontentement face aux tarifs « spécial étrangers». On n’a pas fini de s’insurger quand on apprend (avant d’avoir payé l’entrée-ouf) qu’on ne peut rien faire de valable dans le parc sans payer un guide ?! Punaise, ils ne comprennent pas que si on paye une entrée c’est justement pour y trouver des sentiers balisés. On ne peut s’empêcher de leur dire qu’aux Etats-Unis, tu payes 80$ pour UN AN d’accès dans TOUS les parcs du pays dans lesquels des dizaines de randos dans chacun sont possibles seul.
Raz le bol, on repart avec l’idée que si c’est la même chose dans tous les parcs, on risque d’être à Ushuaia demain !
Notre bonne humeur revient dans le Parc de Las Quijadas : entrée et camping gratuit. C’est déjà bien, par contre si tu veux marcher dans le parc, faut prendre un guide pour un tour en groupe où là encore ils exagèrent vraiment. Punaise, laissez nous donc marcher tranquille. Décidés à ne rien payer, nous nous contentons pour le 1er jour des miradors.
Le 2ème jour, nous ne tenons plus en place. Sur un coup de tête, en tongs, sans eau et sans lampe de poche, nous partons pour la rando alors qu’il est 18h15. Nous avons 1h45 devant nous avant l’arrivée de la nuit pour faire cette rando qui se fait en 4h30. Pas de temps à perdre. Le groupe guidé vient de remonter, le champ est libre. Pour être surs, de ne pas être vus par les gardes qui rodent nous descendons à toute allure dans les canyons pour y être à l’abri des regards. Enfin, nous pouvons profiter vraiment. Plus personne pour nous embêter, juste les derniers rayons du soleil qui illuminent majestueusement ces gigantesques falaises.
Nous marchons maintenant dans le cours d’un rio à sec et n’allons pas tarder à être au milieu de ces obélisques.
Nous courrons sur quasiment tout le chemin du retour se croyant dans un jeu de piste en train de chercher les repères que nous avons laissés sur le sentier à l’aller pour ne pas se perdre. Mais nous devons aussi nous planquer tous les 10 mètres, car tout un groupe de touristes est arrivé. Du mirador où ils se trouvent ils peuvent nous voir et nous balancer aux gardes. Pas de tout repos cette rando, mais quand on revient à la voiture sains et saufs, juste à la tombée de la nuit, on glousse de plaisir d’avoir réussi notre coup.
En se dirigeant vers le Canon d’Atuel, nous frôlons la panne d’essence. Pas vraiment en réalité puisque nous avons gardé l’habitude de voyager avec notre bidon plein. Un bidon de 25 litres c’est bien, mais sans entonnoir ca rend l’opération plus délicate. Nous ne testerons pas vu qu’après 55 km sur la réserve, nous trouvons enfin une YPF, une des stations service du pays.
En ce dimanche de printemps (pffffff, les cactus ne sont pas encore en fleurs), le canyon est archi bondé. Les Argentins envahissent les innombrables campings le temps d’une aprem. Certains ne choisissent rien d’autre que le bord de la chaussée (où les emplacements de barbeuks sont omniprésents sur n’importe quelle route) pour un bon asado en famille. Autre coutume étrange, les gens s’arrêtent sur le barrage, s’y garent, s’assoient sur le trottoir à même le sol, et boivent leur satané thé dans leur petit bol à l’aide de ce qui ressemble à une paille de luxe.
Un jour plus tard, nous découvrons nos 1ers paysages andins argentins. C’est au bord de la Laguna Blanca que nous nous rendons compte que les sommets sont encore enneigés. Peut-être n’est il pas encore trop tard pour tester les pistes de ski des Andes…
Toujours plus au Sud (comment pourrait il en être autrement, le jour où nous irons vers le Nord, nous serons sur le chemin du retour), nous renonçons au Volcan Payun. La piste qui nous fait passer à travers les champs de lave nous épuise.
Après plus de 2 semaines sous le soleil et par une chaleur bien agréable, nous nous réveillons, en ce mercredi 13 octobre, sous les nuages et par un froid auquel nous ne sommes plus habitués. Mais que c’est il passé ? On nous aurait transportés pendant la nuit ?! Bon, on ressort nos manteaux et on accroche notre tuque !
A peine quelques kilomètres plus loin, nous passons un col encore enneigé !
Après tout, nous sortons tout juste de l’hiver… Trop tôt dans la saison pour envisager des randos de plusieurs jours, nous parcourons toutes les boucles possibles et imaginables en voiture qui nous font passer par les lacs de montagnes et par des forêts d’araucarias, arbres qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
Nous dévions un peu de notre itinéraire pour aller faire un tour à la station de ski de Villa Pehuenia. Faire du ski dans les Andes pour les 27 ans de Pierrick serait parfait pour marquer le coup. On tente notre chance. La station est toujours ouverte, mais pas aujourd’hui, il faut attendre le week-end qui marquera définitivement la fin de la saison. On hésite à attendre 2 jours juste pour faire du ski dans cette station riquiqui qui se résume à une seule piste ridiculement courte et pentue, celle que nous ne prendrions jamais en temps normal. Ajouté au temps pourri et au cout de la location du matériel et du forfait, nous décidons de ne pas y aller. Tant pis…
Nous continuons donc notre circuit et enchaînons les nuits aux bords de lacs et rivières. Nous ne pouvons désormais plus nous passer de notre petit feu en soirée (comme nous faisions au Yukon/Alaska) autour duquel nous mangeons pommes de terre à la braise accompagnées d’une petite bouteille de rouge.
Jeudi 14 Octobre, nous faisons pêter le mousseux… Déjà 3 anniversaires pour Pierrick passés en dehors de la France : Québec, Californie, Argentine. Les années passent et ne se ressemblent pas. On aime ça.
A San Martin de Los Andes (réplique exacte de Jasper au Canada), on poursuit avec la merveilleuse Route des 7 Lacs qui nous amène jusqu’à Villa Angustora. Une nouvelle fois, nous exprimons notre mécontentement face au gars de l’office du tourisme qui nous réclame beaucoup trop pour entrer dans le Parc de Los Arrayanes. Toutefois, prêts à payer la somme demandée, nous nous dirigeons vers l’entrée du parc où nous bénéficierons finalement du tarif étudiant, soit 5 pesos au lieu de 40 !!! On nous a demandé si on était étudiant, on a répondu oui, forcément, mais qu’on avait oublié nos cartes à l’hôtel.
A 13h, saucisson, pâté et pinard dans le sac à dos, nous partons pour 24 km de marche tout de même ! Départ plus que tardif pour une telle distance, nous marchons d’un bon pas au milieu d’une belle forêt qui borde le lac Nahuel Huapi.
Les ouvertures sur le lac sont rares mais tout au bout nous avons des jolis points de vue.
Une petite ballade dans le bosquet des arrayanes, ces arbres qui ont donné leur nom au parc.
Puis c’est parti pour les 12 km du retour. Quand on rentre, les jambes bien fatiguées, il est quasiment 20h.
Encore tout rouillés au réveil, nous partons vers les 2 miradors qui eux, sont en accès libre et qui valent vraiment le détour.
Quelques kilomètres nous séparent de Bariloche, la station de sport d’hiver qui attire les touristes.
Nous sommes très agréablement surpris par la beauté du parc municipal de LLao Llao qui nous réserve de belles marches cumulant passage dans de jolies forêts, panoramas sur les innombrables lacs encaissés qui prennent des allures de fjords et accès à de belles criques où nous regrettons de ne pas pouvoir nous y baigner.
Sur la route panoramique du parc, alors que cette Région des Lacs nous évoque de plus en plus un réel mélange de Québec, d’Ontario et de Yukon, nous croisons pour la 3ème fois « Mich et Dani ».
Surprenant de se retrouver alors que nous suivons des itinéraires totalement différents. Le monde est il donc si petit ?
28 novembre 2010
Au pays de Mamita y Papito !!!
Dimanche 26 septembre : nous y serons donc arrivés ! A quoi ? A amener une Québécoise en Argentine. Nous avons du mal à le croire, mais voilà, il nous aura fallu 1an, 2 mois et 22 jours pour descendre jusqu’en Argentine ! On est tout chose…
Une chose est sure, nous ne réalisons pas ce que nous sommes en train de vivre. Pourtant un panneau à la frontière annonce Ushuaia à 5121km. Nous en sommes à 70 000km, 5000 de plus c’est comme si on y était.
Mais filer vers Ushuaia directement serait un crime. Tant de merveilles en chemin… A commencer par ce fabuleux Nord Argentin moins connu que l’Ouest Américain, mais pourtant.
Pour terminer notre 1er journée dans ce nouveau pays, nous choisissons la laguna Pozuelos comme terre d’accueil pour la nuit. Par la même occasion, nous faisant connaissance avec celui dont tout le monde parle ici, non pas le Ché ni Maradona, mais le VENT ! Les vigognes, les flamands roses et tout un tas d’autres oiseaux sont aussi au rdv.
On retrouve un climat plus clément en descendant le Quebrada Humahuaca.
Un circuit de plusieurs centaines de kilomètres qui nous fait passer par de jolis villages perdus dans ces montagnes arides et colorées.
Ici, nous redécouvrons le plaisir de nous balader en tong et T-shirt. Après tant de temps passé à plus de 4000m, nous apprécions ces basses altitudes.
Pour un peu nous n’aurions même pas remarqué le panneau en bord de route. Nous passons le Tropique du Capricorne ! Ca vaut bien une photo. Au fait quand est ce que nous avons passé celui du Cancer ? Aucune idée.
La piste nous offrant des paysages à tomber à la renverse, nous emmène vers un nouveau salar,
Dragon Ball Pierrick !!!!!
Des vicunas toujours plus belles
Et un viaduct qui ne peut en aucun cas rivalisait avec celui de Millau, mais qui vaut le détour.
Notre mission à Salta trouver une assurance auto, soit une belle journée de galère en prévision. Nous avons quelques noms en tête que les autres voyageurs nous ont recommandés, mais malgré cela, la tache se révèle des plus ardues. Nous trouvons le quartier où elles se concentrent toutes et méthodiquement nous allons les passer une par une. A chaque fois, la même rengaine : non, nous n’assurons pas les voitures étrangères. Pourtant, il va bien falloir que quelqu’un se dévoue… Mais le temps passe et 13h arrive. En attendant que les agences réouvrent à 17h (mais qu’est qu’ils foutent pendant tout ce temps ?), nous mangeons de succulentes fraises achetées à des marchants ambulants mais surtout la spécialité du coin, des empanadas. A 17h, pas du tout motivés, on repart dans nos recherches. La compagnie Allianz laisse planer un espoir mais ne pourra nous confirmer le contrat que le lendemain. Nous sommes bons pour passer la nuit ici. Heureusement, il y a un CARREFOUR pour nous consoler.
Le lendemain, la femme, désolée (et nous donc) nous annonce qu’ils ne nous couvriront pas. Trop compliqué, il faut se rendre à Buenos Aires pour faire la demande. Oui bien sur, sauf que pour aller jusque-là, il faut une assurance !!!! Devant notre désarroi, elle contacte une autre compagnie avec qui nous signerons finalement, Bercley, pour 4 mois renouvelable et qui couvre toute la zone du Mercosur.
Nous n’en demandions pas plus pour filer vers le Parc El Rey. Cela fait si longtemps que nous n’avons pas vu d’arbres tout simplement que nous sommes bien impatients d’arriver. Les perruches en bandes nous accompagnent sur une partie des 50 derniers kilomètres tandis qu’une dizaine de toucans traversent la route sous notre nez volant d’arbres en arbres.
Nous allons rester ici pour plusieurs jours. L’entrée du parc est gratuite, le site de campement qui dépasse largement nos espérances de même. Tables, barbeuks, toilettes, douches et eau potable… le 5 étoiles.
Nous n’en décollerons pas pour la 1ere journée. Lessive, rangement, cuisine et surtout nous n’en finissons plus de dépoussiérer Venturette de l’intérieur. Trop c’est trop. Je craque, saisis l’éponge, la bassine et fais un malheur. Je parviens même à fabriquer de la boue avec la poussière et de l’eau ! PAS-SION-NANT…
Le soir, on se décide quand même pour une petite sortie durant laquelle on croise un joli furet. De retour au camping, nous faisons connaissance autour de notre feu de camp avec 2 Belges un peu allumés en lune de miel.
Nous sommes si bien ici. Nous pouvons rester dehors jusqu’à 22h sans se les geler. Pas de vent, ni trop de moustiques.
Un peu quand même
Le parfait équilibre entre les chaleurs écrasantes de l’Amérique Centrale et la rigueur des Andes. Seul hic, les tiques ! Quand nous revenons de notre ballade de 4h dans la forêt, un pie vert et un toucan de plus en boite, nous en sommes couverts.
Heureusement, ici contrairement à l’Europe elles ne transmettent pas de maladies. Très belle ballade dans une végétation luxuriante où les rios se traversent les pieds dans l’eau.
Nouvelle marche, et nous pouvons rajouter le Gato Monte et les Corzuelas à notre petite liste, ainsi qu’une cinquantaine de tiques. Quelle plaie !
Me voila de nouveau en train d’astiquer la voiture quand Pierrick m’interrompt. Il n’a pas pu refuser. Nous sommes invités à notre 1er asado par une famille d’Argentins venue profiter d’un agréable dimanche. Sans être de grands carnivores, nous apprécions à leur juste valeur ces énormes pièces de viande cuite à la perfection au barbeuk. Nous retrouvons aussi le plaisir de partager un moment de convivialité avec des locaux qui ne cherchent rien d’autres que l’échange avec des étrangers sans chercher à nous soutirer du fric.
Le soir, nous continuons ce festival gastronomique, sur notre feu de bois. Nous innovons et nous confectionnons des pizzas maison à base de fajitas, ricotas et salami ! Résultat approuvé !
Nous quittons nos compagnons de campement
et retrouvons les plaines arides de la vallée de Calchaquies.
Même les Saguaros, ces cactus géants sont de retour. Un peu déçus d’avoir quittés nos belles forêts nous trouvons consolation dans la Valle Encatado.
Dans le parc de Los Cardones, cachés derrière un gros rocher, le camping est interdit (on ne campe pas, on dort dans notre voiture, nuance…) nous passons une nuit parfaitement calme. Nous désobéirons aussi aux panneaux qui nous imposent une pause thé. Ahhhhh, les argentins et leur thé…
Cachi n’est pas loin, surtout quand les routes sont aussi droites que la Recta Tin Tin.
Là bas, nous ne résistons pas, et nous nous offrons une parillada accompagnée d’une bonne bouteille de rouge. Après tout, nous célébrons nos 1 an de mariage ! 1ére année que nous ne sommes pas prêts d’oublier. 24h/24 à vivre à 2 dans une voiture, ce n’est pas de tout repos, croyez moi. Faut fêter ça ! L’assiette d’assortiment de viande est énorme et le vin saoulant. Nous en ressortons totalement pompette.
Nous nous demandons alors si c’est la route qui tourne atrocement ou si c’est nous qui n’avons pas eu le temps de décuver. Un vrai rallye mais un paysage toujours aussi magique.
Quelques heures plus tard, les vignobles annoncent notre arrivée sur Cafayate.
La soirée est déjà bien avancée. Pas le temps d’aller faire un tour dans la ville, par contre nous sommes au meilleur moment de la journée pour visiter la Quebrada de Cafayate. Une myriade de formations rocheuses que le soleil de fin de journée met particulièrement en valeur. Génial !
Le lendemain, on fait la boucle dans l’autre sens en prenant un peu plus notre temps.
Une délicieuse glace à Cafayate (et oui nous sommes en Argentine, glace oblige…) dont une boule au vin Torrontes (vraiment pas mauvais)
et nous filons vers le vignoble Domingo pour une visite avec dégustation. Le blanc n’est vraiment pas terrible, le rouge meilleur. On en achète une bouteille.
Du vin c’est bien, mais avec du fromage c’est encore mieux ! On visite alors la fabrique de fromage de chèvre de Cabra Marca à coté de Santa Maria. Tenue par des Allemands cette fromagerie accueille les visiteurs. On salue les biquettes, on les regarde se faire gentiment traire et puis vient l’heure de la dégustation… Ben pour un fromage pas français, il n’est vraiment pas dégueu. On en achète 2 dont un au vin, original et super bon !



































































































































































































































































