Str & Pericou

Pour nous suivre dans nos aventures...

23 novembre 2010

Sur les traces de Butch Cassidy et Sundance Kid…

D’Uyuni plusieurs heures de route + ou – asphaltée nous séparent de la splendide Sucre ! Tellement belle que nous avons du mal à croire que nous sommes toujours en Bolivie. Quel contraste. Une ville propre et calme. Un peu trop même. Où sont tous les Boliviens en ce dimanche après midi ???

Les ruelles de Tarabuco au nord de Sucre étaient bien plus animées pour le marché du dimanche. Pas de merveilles artisanales, mais le détour vaut le coup d’œil pour les tenues traditionnelles des locaux : sandales du Moyen Age, casque-bonnet de Clovis et longs ponchos bariolés. Ce mélange des styles  n’est à pas louper.

 

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Les empanadas vendus par les enfants dans la rue non plus !

De retour dans la ville blanche- en voila une qui porte bien son nom, nous flânons. De toute façon tout est fermé, il faut attendre demain lundi pour partir à la recherche de nouveaux pneus.

 

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Oui, déjà, mais après les pistes que nous avons prises (et surtout celles qui s’annoncent), on préfère prévenir que guérir. Sans compter que c’est certainement en Bolivie que nous aurons les meilleurs tarifs. Nous gardons quand même 2 de nos pneus comme auxiliaires et revendons les 2 autres qui ne sont usés qu’à 50%. Nous choisissons cette fois ci des pneus bien crantés pour un style encore plus agressif !

Dans les rues de Sucre alors que nous cherchons celle qui pourra nous accueillir pour la nuit, nous rencontrons Dani et Mich, dans leur Sprinter immatriculé 38 ! Nous allons les saluer et finirons par passer la soirée dans leur van.

On prend alors la  route vers Potosi. La ville est encore une fois assez agréable. Nous y réservons notre excursion pour la visite de la mine.

Potosi_009Des centaines de mineurs y travaillent pour le compte de coopératives et extraient plusieurs types de minerais. Nous ne resterons dans ces interminables tunnels obscurs que 2h, parfois à quatre pattes tellement le plafond est bas.

 

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La température à l’intérieur peut atteindre les 40°C. Nous devons suivre notre guide de près. A tous moments, les mineurs avec leur chariot peuvent surgir. Il n’y a pas assez de place pour les croiser. Nous devons trouver un recoin pour les laisser passer.  L’expérience est inoubliable et nous admirons ces hommes qui passent toutes leurs journées dans de telles conditions. Nous en rencontrons quelques uns à qui comme le rituel le veut, nous offrons feuilles de coca et soda. Les plus jeunes travailleurs ont 14 ans.

Un repas express pris dans la rue composé d’empanadas et de cacahuètes, et nous passons notre après midi à la poste. Non, on n’a pas peur d’envoyer un nouveau colis en France remplis de souvenirs depuis la Bolivie…  Le fonctionnaire ne sait absolument pas faire son boulot. OUfff, le colis est bien arrivé à l’heure qu’il  est.

Nous passons ensuite chez un mécano qui nous a promis de nous faire la plus belle des plaques d’immatriculation. Marre de se faire arrêter à cause de cette plaque avant manquante. Le résultat est un peu olé-olé, mais pour le prix et pour une fausse plaque, ca fera l’affaire !

Tupiza_037Dans notre Venturette sans cesse revue et corrigée, nous reprenons la route vers Uyuni. Et oui, demi- tour. Assez rare qu’on choisisse un itinéraire qui nous fasse revenir sur nos pas. Mais nous voulons parcourir la piste Uyuni-Tupiza qui parait il est magnifique, mais aussi exécrable ! En réalité, seuls les 30 1ers kilomètres sont réellement pénibles. Il est toutefois possible de dévier de la piste principale couverte de tôle ondulée via d’autres pistes annexes parallèles en meilleur état. Attention, aux passages sablonneux qui peuvent survenir sans prévenir ! Nous avons frôlé l’enlisement, obligeant Pierrick à de nouvelles cascades pour rejoindre la piste via un fossé au milieu d’arbustes.  Ah, ce n’est pas de tout repos… Mais autour de nous, la nature dans toute sa splendeur.

Tupiza_040Le lendemain, nous continuons notre route. Quand nous arrivons au petit village de Tacocha perdu dans le désert, nous y découvrons que nous avons de nouveau un pneu crevé. Encore une chance, nous sommes dans un  coin avec un peu de vie, nous allons pouvoir le faire réparer. Je pars chercher le réparateur  le plus proche pendant que Pierrick sort le pneu. Mais les choses se corsent. Quand je reviens Pierrick n’est pas de bon poil, et pour cause le crick vient de lâcher. Venturette s’est affaissée de tout son poids sur la jante ! On prend les choses un peu moins bien. Je retourne voir le mécano pour qu’il nous prête un crik. Sauf que celui ne dispose que de crick hydraulique fait pour pick-up qui ne passe pas sous notre voiture. Il nous en dégote un autre qui date de Mathusalem. Au bout de plus de 20min à tourner la manivelle, nous pouvons enfin extraire le pneu. Pendant que le gars nous le répare nous partons « en ville » acheté un nouveau crick. On ne trouve pas vraiment ce que nous voulons, mais étant donné les circonstances nous n’avons guère le choix.

Nous avons perdu plus de 3h quand nous reprenons notre route. Arrivés à Tupiza, nous allons faire le tour des agences. Enfin, nous allons jouer aux cowboys sur nos chevaux. Rendez-vous raté dans l’Ouest Américain à cause de prix déraisonnable, nous allons pouvoir nous faire plaisir ici en Bolivie. 3,5 $ de l’heure avec guide privé et pique nique ?! Tarif difficile à battre ! Pour la peine, inconscients nous réservons pour 7h ! Et dire que nous voulions partir pour 2 jours… Nos fesses ne regrettent pas ce petit changement !

Avant de monter en selles, nous avons un jour de battement dont nous profitons pour visiter les alentours. Paysages à couper le souffle. Notamment le mirador Del Silar d’où nous avons une vue plongeante sur une belle forêt de rochers.

 

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Vendredi 24 septembre : en selle cow boy ! Mais pas sans revêtir les petits accessoires prêtés par l’agence. Ah ben oui, là c’est sur, on se fond bien dans le décor…

 

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A peine le temps de faire connaissance avec nos montures, que nous voilà perchés dessus. Ca commence mal, encore en pleine ville, le guide nous laisse 2 min le temps de faire 1 course. Nous sommes sensés poursuivre seuls, droit devant. Mais mon cheval refuse d’avancer… Encore pire, il fait demi tour et repart à l’écurie. Pfffffff, moi la grande amie des animaux, bien péteuse, je ne me sens pas trop dans mon élément.

Tupiza_021Pierrick le cavalier (ca va, je sais que tu as fais 1 semaine de stage d’équitation à 12 ans), n’attend qu’une chose galoper, ce que je lui interdis, mon cheval risque de suivre et ça, ca ne me plairait pas trop.  Arnold, notre guide de 17ans, revient et tout rentre dans l’ordre. Nous sortons de la ville pour nous diriger vers les magnifiques canyons aux alentours. Quand nous ne sommes pas concentrés à contrôler nos bêtes, nous pouvons admirer toutes les formations rocheuses qui nous entourent.

 

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Nous traversons toute une vallée de cactus dans laquelle une descente vertigineuse sur un sentier étroit me donne des sueurs froides. Déjà plus de 2h, et je ne me sens pas beaucoup plus à l’aise. Nos chevaux ne peuvent s’empêcher de trotter, ce qui est un supplice pour mes fesses alors que Pierrick semble avoir monté toute sa vie… Enfin, le petit coup de folie des chevaux qui se mettent au galop en pleine montée semble l’avoir surpris aussi. Tout d’un coup nos 3 chevaux partent au galop comme des branques. On lutte tant bien que mal pour les arrêter et surtout pour rester dessus ! Bouhhhhhhh, quelle frayeur ! La prochaine fois j’aimerais bien être prévenue et surtout avoir un tout petit peu plus de contrôle.

Une pause pique nique bien méritée et nous repartons. Au programme pour cette aprem, un sentier qui longe et qui traverse de multiples fois le rio, ce qui n’est guère pour plaire à mon cheval.

 

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Nous sommes pris dans un groupe de 10 autres chevaux, et j’ai le seul qui refuse de traverser. A chaque fois, il me faut plus de 5min alors que les autres passent en 5 secondes. Quelle barbe !

L’après midi est longue, très longue. Nos chevaux semblent en avoir marre. Celui de Pierrick n’arrête pas de taper du sabot, de mordre le cul de celui qui est devant et de donner des coups de sabot à celui de derrière. Une vraie teigne, je tiens le mien à distance. Celui d’Arnold a une case en moins : il part au galop aux moments les plus dangereux et semble incontrôlable. Le mien : le suiveur qui n’attend qu’une chose partir en flèche à la moindre occasion, ne se gêne pas pour m’entrainer dans des galops totalement incontrôlés. Je finis avec les mains en sang sciées par les rênes essayant de le retenir en vain.

Pfffff, quelle journée ! Le cheval en Bolivie c’est bien mais avec des chevaux un peu moins tarés, ça aurait été encore mieux. A voir comment nos bêtes avaient peur de nous, on présume qu’ils étaient mal traités. On réessayera en France au prix fort c’est sur mais avec des chevaux un peu plus calmes.

 

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Et c’est ainsi que nous achèverons cet extraordinaire séjour en Bolivie. Un gros coup de cœur pour ce pays riche de tant de merveilles naturelles et à la fois si pauvre et si dur. Nous n’en avons largement pas fait le tour. L’excursion dans la jungle amazonienne et le circuit des missions Jésuites restent les rendez-vous manqués du fait de difficultés d’accès. On ne peut pas tout faire !

Posté par Esther_Pierrick à 21:20 - 20. Bolivie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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19 novembre 2010

Uyuni ! Nous y serons donc arrivés !

Immense soulagement quand nous arrivons dans la vilaine ville d’Uyuni. Ayé, nous sommes sortis du Sud Lipez, en vie et Venturette est entière ! Une seule crevaison à déclarer, nous nous attendions à pire.

 

 

 

Nous pouvons donc nous diriger en toute sérénité vers celui qui fait l’objet de toutes les convoitises : l’incontournable Salar d’Uyuni. Encore un autre salar, OUI MAIS celui là est le plus vaste, le plus pur et le plus hallucinant.

 

 

 

Certains refusent de s’y engager seul, attendent de faire connaissance avec d’autres voyageurs pour partir ensemble et sortent leur méga GPS avant de se lancer. Genre l’aventure de leur vie… Quel blabla ! N’exagérons point, ce n’est pas le Sahara non plus ! Genre 200km de longueur…

 

 

 

Nous choisissons d’y accéder par l’est. Les 20km qui nous en séparent sont assez médiocres mais nous sommes trop impatients pour attendre le lendemain. Nous voulons notre 1er coucher de soleil sur le salar ce soir.

C’est chose faite ! Incroyable…  Le Salar d’Uyuni, nous y sommes !

 

 

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On a du mal à y croire tellement le cadre est magique.

 

 

 

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1ere nuit au milieu de nulle part, et étonnamment il ne fera pas si insupportablement froid. Bien au contraire, on ne se rappelle pas avoir eu aussi chaud dernièrement.

 

 

 

Le lendemain, sous un soleil de plomb, nous fonçons vers l’ile des Pêcheurs. 70km de bonheur sur ce salar immaculé suivant avec attention les traces noires des Lands touristiques et vérifiant notre cap à la boussole.

 

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1ère pause obligatoire pour faire nos premières tentatives de photos de perspectives…

 

 

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Manquant de figurants, nous devons faire travailler notre imagination pour trouver des mises en scènes toujours plus originales.

 

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Jolie ballade sur l’ile au milieu des cactus de laquelle nous pouvons admirer toute la grandeur (et la blancheur) du salar.

 

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Salar_d_Uyuni_145 Ce salar réputé pour avoir un climat des plus épouvantables (vent, froid et soleil ravageur) ne cesse de nous surprendre. Il fait chaud et bon, l’air est frais, bref, le top. On s’installe et on fait nos pan-cake.

 

 

 

Dans l’après-midi, on part vers le Volcan Tunupa avec peut-être l’intention d’y monter. Pour le reste de la soirée, nous nous contentons d’aller voir d’étonnantes momies au fond d’une grotte dont on a la clé.

 

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Nous avions pourtant mis le réveil à 5h, mais en ce jour, nous sommes pris d’une grande flemme. Après tout, c’est les vacances ! On reste au lit aujourd’hui, mais éveillés pour regarder le levé du soleil sur le salar, portière ouverte sous la couette.

A une heure beaucoup plus correcte, 10h, nous nous décidons à bouger nos fesses et partons en direction du mirador. Nous n’irons pas plus haut, la vue est déjà géniale.

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Et puis, on a trop hâte de revenir sur le salar. Une fois dessus on ne peut s’empêcher de quitter les traces. Allez juste pour quelques kilomètres, en surveillant la boussole, pour se perdre dans cette immensité. Oui, là c’est parfait ! On ne voit que du blanc autour de nous. On cuisine, on lit et on dort ici.

 

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Il est alors temps de faire nos adieux au Salar. Avant de partir vers d’autres aventures en Bolivie, nous prenons le temps de faire nettoyer Venturette pour la vider de tout ce sel.

 

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14 novembre 2010

La Bolivie, le retour en force !

Le Sud Lipez, tout le monde en rêve… Maintenant, c’est notre tour ! Tous nos petits problèmes sont rentrés dans l’ordre. Rien ne pourra pas plus nous arrêter. Remarque, serait-ce un signe ?! Souvenez-vous la malédiction du 13 qui s’abat sur nous chaque mois. Peut être ferions nous mieux de renoncer…

Hors de question ! Si on part comme ça, on ne va plus faire grand-chose. Alors, on y va !!!

Sauf qu’on n’est pas encore parti. Cela fait 3 plombes que nous tournons en rond dans San Pedro de Atacama. Trouver LA station service de la ville, UNE HISTOIRE DE FOU. C’est sur qu’à voir la tête du gars (qui se disait déjà  « ils ne trouveront jamais ») à qui on a demandé les indics, on se doutait que ca n’allait pas être facile. Mais à ce point. San Pedro seulement, 5000 habitants, comment ont-ils pu aussi bien la cacher ?!

10 siècles plus tard, nous avons notre plein et nous dirigeons vers les douanes chiliennes. Nous y rencontrons 2 Irlandais qui font le tour du monde en Subaru (oui, à partir de maintenant tous les voyageurs que nous allons rencontrer font un tour du monde : camping car, voiture et même en tandems avec 2 gamins ?! A celui qui aura le défi le plus fou…) et qui nous donnent des infos en or pour le devenir de notre voiture.

Sud_Lipez_002 Ok pour le Chili. Cependant nous n’enchainons pas de suite avec l’entrée en Bolivie qui se trouve à plusieurs dizaines de km plus loin. Quand on arrive au poste d’immigration perdu dans ce bout du monde, les choses se présentent mal. Comme on s’y attendait, l’agent refuse de nous donner les 70 jours restants auxquels nous avons droit. Il donne 30 jours à Pierrick. S’en suit une longue discussion qui dévie légèrement en enguelade. J’essaye de calmer les choses. Pas folle la guêpe, le gars n’a pas encore tamponner mon passeport ce que Pierrick ignore à ce moment là. Et voila, ce qui devait arriver arriva. Le gars se braque, me rend mon passeport sans y avoir touché et part bouder dans son coin. C’est malin ! Va falloir aller le récupérer maintenant. Punaise, on va finir par la passer cette frontière, je vous le dis. Aussitôt Pierrick se fait aussi doux qu’un agneau, mais le mal est fait. Allez j’explique au gars qu’il ne faut pas nous en vouloir, qu’on essaye juste de faire appliquer nos droits et quelques minutes plus tard il me fera le tampon. 30 jours par contre, on fera avec.

A peine la frontière passée, c’est de nouveau le cahot sur la route. Ah, les pistes boliviennes elles nous avaient presque manqué.

Pour commencer notre itinéraire dans le Sud Lipez, nous entrerons par la laguna Verde. Subjuguant !

 

 

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Une eau si verte avec derrière le Volcan Licancabur qui se dresse. Waouhhh, on en  prend plein les yeux et plein la poire aussi. Le vent toujours le vent…

L’après midi nous partons en direction du volcan sans être vraiment sur de trouver la route puis le sentier qui permettent d’y monter.

 

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Aie, on trouve la route qui n’est vraiment pas bonne du tout !!! Ca monte beaucoup, Venturette râle, et surtout ca secoue grave. C’est un soulagement quand on descend de la voiture. Il est déjà 16h, nous partons en repérage pour trouver le départ du sentier. On nous a prévenu qu’il faut prendre un guide pour l’ascension (ce que nous ne comptons pas faire) et nous attendons donc à avoir des difficultés à trouver le sentier de nuit. Oui, j’oubliais le Licancabur, mine de rien frôle les 6000m, 5960 pour être exacte. Une nouvelle ascension qui nécessite un départ plus que matinal.

Sud_Lipez_02620h, nous sommes couchés bien que nous ne sachions toujours pas lequel des 2 sentiers repérés est le bon. La nuit porte conseille dit on… Bingo, 3h30 du mat’. Pierrick me réveille, 3 pick up montent. Surement des tours guidés, notre seule chance de savoir quelle est le bon chemin. Pierrick part se renseigner et à 4h30, nous commencerons à marcher ! Nous avons quasiment 1000m de dénivelé devant nous pour cette journée.

Il fait nettement plus sombre que lors de l’ascension du Huayna Potosi, et surtout beaucoup plus froid. Le vent est déjà levé. Mais ces 2 1ères heures dans le noir passeront assez vite. Marcher à la lampe frontale nous amuse beaucoup…

 

 

 

 

 

 

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On rigole un peu moins quand on se rend compte qu’il fait jour et que pourtant il fait toujours aussi froid. L’ascension se révèle particulièrement pénible et éreintante du fait des conditions extrêmes. Avec le levé du jour, le vent a redoublé de violence. Après 2h30, je suis tétanisée par le froid. Pourtant, la meilleure chose à faire est de continuer à avancer pour essayer de se réchauffer, en vain.

La progression déjà difficile dans cette espèce de sable nous parait quasiment impossible. Nous dépassons un des 2 groupes pourtant. Cela nous redonne un peu de motivation. Et nous finirons par rejoindre le 1er groupe parti 40 min avant nous. Le vent est atroce et le froid insupportable. Cela fait bien trop longtemps que je ne sens plus mes pieds. Je me demande si c’est bien raisonnable d’insister. Puis, je me reprends, on n’est pas dans l’Himalaya, non plus. Après tout, il est clair que je ne vais pas perdre mes orteils ici. Dans 5h grand max, je serais au chaud dans la voiture ! C’est tout ! Allez diable, je vais y arriver.

Pierrick lui semble un peu moins souffrir du froid, mais beaucoup plus de l’altitude. Il ne dit rien mais le fait qu’il soit derrière moi, n’est pas bon signe…

Mon dieu, qu’est ce que c’est long ! Mon dieu qu’est ce que c’est dur ! Mon dieu qu’est ce qu’on en chie !!! Pierrick n’avance quasiment plus, il semble exténué. Pour ma part, impossible de rester à sa hauteur. J’ai tellement froid, qu’il faut que je marche pourtant tout autant à bout de forces.

Heureusement, un des guides plus que sympathique nous ouvre le chemin et nous conseille sur la meilleure voie. Plus on monte plus le sentier se perd. Le sable se transforme en grosse rocaille guère plus aidante pour nous jambes. Pffff, quel calvaire ! On aurait mieux fait de rester au lit !

On change vite d’avis quand on arrive victorieux en haut et qu’on découvre la vue !

 

 

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Je rejoins le touriste français (punaise, lui il est vraiment en forme) et son guide (qui m’accueille par une bonne embrassade pour me féliciter) arrivés depuis déjà 15 min alors que Pierrick est toujours  un peu plus bas dans la montée. Moi en prem’s en haut, ça change. Il va en entendre parler pendant un petit moment, c’est sur. Hi hi !

A peine le temps de jeter un coup d’œil à la vue RENVERSANTE, que je m’affaisse d’épuisement ! On verra plus tard pour les photos… Une éternité s’écoule (hi ! hi !) et Pierrick arrive. Ben alors on dirait que t’es fatigué ?! Trêve de plaisanteries. On se trouve un abri qui n’en est pas vraiment un et incapable de redescendre dans la foulée, on s’attend à mourir de froid ici.

 

 

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En fait, on attend la femme du français qui elle aussi fait ce qu’elle peut face à ce redoutable volcan pour redescendre tout ensemble. On conclut un arrangement avec Séraphino, l’un des guides. En échange d’un petit billet, il nous guidera pour la descente qui se fera par une autre voie et nous couvrira si un gars du parc nous tombe dessus parce qu’on n’a pas pris réellement de guide. On ne pense pas que nous aurions pu craindre quoi que ce soit, mais le gars est tellement sympa qu’on veut bien lui donner un petit quelque chose.

1h plus tard, quand la française arrive nous ne trainons pas et entamons la descente. Il fait toujours aussi froid mais le paysage est tellement irréel que nous pensons à autre chose. Le retour sera pas mal périlleux.

Sud_Lipez_045La descente est à pic et chaque pierre se dérobe sous nos pieds si bien que nous ne pouvons éviter les chutes.  Les uns après les autres on tombe comme des prunes dans la plus grande lourdeur. Parfois c’est plus facile de courir pour soulager un peu les cuisses. Encore faut il savoir s’arrêter...

A 12h, enfin, après plus de 7h de marche nous ressentons les 1res effets des rayons du soleil. Oh, oui, un peu de chaleur !

A 13h30, nous sommes en bas, pas peu fiers mais épuisés ! Nettement plus dur que le Huayna Potosi. Long pique nique pour reprendre des forces et nous repérons des sources thermales sur notre carte qui feraient parfaitement l’affaire. Entre elles et nous, de la piste… Donc, des cailloux plus gros que des météorites, du sable à n’en plus finir et de la tôle ondulée à gogo. Mais les paysages sont inouïs alors on avance et on ne perd pas de vue notre objectif. On s’arrête au passage dans le désert de Dali. Figurez vous que c’est Salvador, en personne qui est venu disposer des grosses pierres ici ?!

 

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On se jette dans la piscine à la température parfaite en écoutant les galères d’autres touristes qui pendant leur tour organisé ont cassé leur 4*4 !...et sont bloqués dans la piscine en attendant que leur chauffeur partis chercher de l’aide à pied dans ce désert, revienne. Dis donc, on n’aimerait pas être à leur place. Comme quoi seul ou en tour organisé, on n’est à l’abri de rien dans le Sud Lipez.

La journée a été longue et difficile, nous dormons sur place.

Le lendemain, visite obligée des puissants geysers de Sol de Manana.

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La encore la température au petit matin est glaciale, et on sauterait bien dans un de ces petits bassins boueux et bouillonnants.

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Nos obligations administratives nous rattrapent. Nous ne sommes toujours pas passés à la douane pour régulariser la nouvelle entrée de Venturette en Bolivie. C’est que le poste de douane est juste un poil excentré. A plus de 5000m (nouveau record pour Venturette) au bout d’une piste sinueuse et improbable ! Une fois acquittés de cette formalité, nous reprenons le volant, cap sur la Laguna Colorada.

Sud_Lipez_091 On roule, on maltraite Venturette et alors que nous sommes à moins de 300 mètres, c’est la crevaison !!! Ok, on s’y était préparé… Le plus tard était le mieux, mais bon. Ni une ni deux. Nous avons 3 roues de secours, elles sont la pour ça. Dans un décor hallucinant, les eaux de la lagune qui doivent leur couleur au plancton qu’elle héberge nous émerveille, Pierrick s’y colle et dans le vent change la roue.

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Nous finissons la route avec notre nouveau pneu et apprécions le paysage en dégustant une « blinis party » maison. Les flamands roses ont envahi par centaines le lac.

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Sud_Lipez_134Vers 15h, un peu inquiets d’avoir déjà crevé au vue des km qui nous restent encore à parcourir, nous décidons d’aller faire réparer notre pneu. Pas de village ici, seul des habitations qui hébergent les tours organisés lors de leur parcours en 4*4 de 4 jours. Nous n’espérons pas trouver de garagistes, c’est sur, mais une âme charitable disposant du matériel pour faire la réparation, soit un chauffeur de tour guidé. Nous sommes peu confiants. Ces derniers ont la réputation de ne pas venir en aide à ceux qui font le choix osé mais pas fou de se lancer seul avec leur propre véhicule dans le coin. Pré visiblement, nous sommes assez mal reçus. Pourtant à force de sonner à toutes les portes, nous trouverons 2 chauffeurs qui acceptent de nous donner un coup de main. Ils sortent le pneu et nous annoncent que le trou est énorme. Vous vous souvenez l’histoire du pare brise le plus grand du monde, ben on remet ça ! Le trou le plus grand du monde cette fois ci… Impossible de trouver un patch assez grand. On va voir tous les chauffeurs qui nous sortent tous types de patch, même un en étoile, si si, très joli monsieur- mais ca ne nous aide en rien. On finit par trouver le patch de nos rêves qui permet à nos 2 chauffeurs de faire la réparation. Même pas besoin de compresseur, ils détournent leur air conditionné et s’en servent pour gonfler le pneu. Ingénieux ! On en apprend tous les jours…

Nous en profitons pour demander conseil pour la suite de notre parcours. 2 pistes au choix dont l’une plus mauvaise que l’autre mais aussi plus attirante. Les chauffeurs qui prennent tous la plus mauvaise, nous poussent à en faire de même, nous promettant leur aide en cas de pépins. Mouai, ils seront déjà arrivés à destination que nous ne serons pas partis…

On hésite, beaucoup : Pierrick est évidemment pour prendre la piste la plus cahoteuse alors que je suis plus pour jouer la sécurité. Après tout, la meilleure piste va nous offrir des paysages sensationnels aussi, et il nous reste tant de route jusqu’à la fin de notre voyage, qu’il faut préserver Venturette. Pas encore décidés, nous partons quand même en direction d’Arbol del Piedra (à 20km sur la mauvaise piste) où nous avons le site pour nous tout seul… un tout petit quart d’heure.

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Sud_Lipez_147 Ensuite, c’est l’invasion. Des dizaines de Land entourent Venturette pour déverser leur vague de touristes. Encore une fois, les chauffeurs (tout le monde nous connait, nous sommes repérés) nous encouragent à poursuivre par cette voie alors que nous étions décidés à prendre l’autre route.

Mais la raison l’emporte, on fait donc demi tour ! Et heureusement, vu comment la piste est pourrie de notre côté, on n’ose même pas imaginer de l’autre ! Les paysages sont toujours aussi extraordinaires ce qui nous aide à tuer le temps.

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Nous choisissons de couper la route en 2 et dormons aux pieds de drôles de formations rocheuses…

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Le lendemain, on doit repartir. Pfffffffff, même pas 10 km et on en a déjà notre claque de ces pistes. Notre cauchemar, la tôle ondulée ! Quelle plaie !

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C’est l’enfer et alors que nous approchons d’Uyuni et que la route est censée s’améliorer, c’est encore pire… On fait du 2, on ne s’entend plus, je m’ennuie à mourir alors que Pierrick pestant contre chaque caillou n’en peut plus.

Une seule énigme : Comment les routes peuvent être aussi pourries ? C’EST PAS POSSIBLE !!!

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Uyuni, wouhouuuu, nous voila !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 novembre 2010

Venturette sur la ligne de départ du Paris-Dakar sur les pistes chiliennes

Nous n’en avons pas fini avec la Bolivie, loin de là. Néanmoins, afin d’éviter certaines pistes impraticables nous faisons le choix de nous diriger vers la frontière chilienne.

En route, que du bonheur. Des pistes encore et toujours mais rien qui ne fasse peur à Venturette. Nous traversons donc une partie de l’altiplano pour approcher le très imposant volcan Sajama que l’on distingue des kilomètres à la ronde ! Nous prenons une piste extraordinaire qui nous en fera faire quasiment le tour .

 

 

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Au passage nous nous arrêtons dans le minuscule village de Tomarapi où il n’y a rien si ce n’est une de ces petites églises blanches à tomber à la renverse. Perdue face au volcan, l’endroit est hors du temps. Voilà un avant gout du Nord du Chili.

 

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Parque_Sajama_028 Après tant d’heures de route, nous nous octroyons un petit moment de détente privilégié. Ici, au milieu de l’altiplano et toujours avec le Sajama en toile de fond, nous profitons d’une autre merveille naturelle : des piscines d’eau chaude ! 45°C dans l’eau alors que dehors le vent cinglant est à glacer le sang, voilà exactement ce qui nous fallait.

 

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Ce coin de paradis est un régal, nous dormons sur place et remettons ca le lendemain dans une piscine un peu plus loin. On va peut-être s’installer ici pour la peine.

 

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On trouve le courage de continuer notre route. Pierrick concentré comme jamais évite chaque énorme pierre, négocie les passages sablonneux dans lesquels il ne vaut mieux pas perdre de vitesse, pendant que j’essaye de nous diriger sur ces pistes sans aucune indication.

 

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Parque_Sajama_064Nous n’échapperons pas à ce que nous redoutons le plus : les traversées de rivière. Pas de pont par ici… A chaque rio, le scénario se répète : dans le doute et afin de ne pas noyer Venturette, je descends pour évaluer la profondeur de l’eau avec un baton. Diagnostic imparable : « Nan, ça ne passe pas ! » Pierrick derrière le volant me rétorque : « Mais si ça passe ! ».

 

 

On finit tous les 2 deux les pieds dans la rivière, sous les yeux de lamas intrigués, pour la délibération ultime, qui comme vous vous en doutez est toujours « Oui, ca passe ». Oui, oui comme vous voyez on s’amuse bien. Donc Pierrick remonte et fait traverser Venturette pendant que j’immortalise ces moments. Et effectivement, jusqu’à ce jour, « c’est passé » !

 

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Au prochain pseudo village, nous allons sonner à la porte d’un habitant ou presque. Fini la rigolade, il nous faut absolument des œufs… A suivre.

Parque_Sajama_074 Une vingtaine de km plus loin et surtout après de nouvelles rivières, nous arriverons à ce que nous appellerons notre mini Yellowstone (vous vous souvenez ce parc aux USA) où geyser et bassins colorés se disputent la vedette.

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Bien sur ici, il n’y a quasiment personne et nul besoin de fuir les rangers à la tombée de la nuit pour dormir sur place. Le lendemain, c’est là que l’œuf entre en scène. Et oui, des petits bassins bouillonnants, on ne pas résister à l’envie d’essayer d’y faire cuire un œuf. Effectivement, ça marche l’œuf est à point pour le pique nique…

 

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Jeudi 2 septembre, après s’être empiffrés de nos pan cake maison pour le petit déj, nous sommes en route pour le Chili. D’ailleurs, saviez vous que par ici les modes d’utilisation de la levure chimique varient en fonction de l’altitude ?! Surprenant…

 

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En approchant de la frontière, les contrôles se multiplient. Nous mentons sans scrupule à l’officier qui nous demande si nous transportons de l’essence. Et oui, depuis peu nous avons l’habitude de rouler avec un bidon de secours. Les villages sont rares dans ces coins paumés et les stations quasi inexistantes. Il va en être de même de l’autre côté de la frontière, nous voulons donc garder le maximum avec nous.

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Le passage de la frontière est assez poussif. D’une part, parce que c’est très mal indiqué et que nous ne savons absolument pas où il faut aller. D’autre part, parce que les douanes chiliennes sont réputées pour être des plus sévères. Interdiction de faire passer tout un tas de denrées alimentaires. Ca ne loupe pas, nous avons droit à la fouille, mais nous avions pris soin de cacher le petit bout de fromage qui nous reste et 2 ou 3 autres trucs dans le genre si bien que l’on ne nous confisque rien, même pas notre bidon d’essence pourtant en évidence.

1er pique-nique en terre chilienne devant la station de ranger du Parque du Volcan Parinacota. Quel bonheur de retrouver un pays qui dispose d’un centre d’info avec des gens compétents.

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Ce volcan aux mensurations parfaites nous fascine.

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Nous resterons dans le coin la journée du lendemain et ne manquerons pas la pittoresque église de Parinacota digne d’une carte postale.

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Nous allons aussi sonner à toutes les portes de ce minuscule village que se partage une demi-douzaine de familles pour dénicher 1kg de farine et 6 œufs. On nous regarde avec des gros yeux.

Parque_Lauca_018Les pistes ici paraissent encore plus sauvages et plus retranchées, et nous offrent des paysages saisissants. Après avoir coursés les nandus (sortes d’autruches) sur quelques centaines de mètres, nous nous trouvons un bivouac avec un beau panorama sur les volcans alentours malgré le ciel menaçant.

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Le lendemain, fait assez rare, nous prenons un local en stop. La dernière fois que nous l’avons fait ces derniers nous avaient cassé le peu d’aménagement que nous avons dans notre voiture. Toujours est il que, tenez vous bien, le gars a le culot de NOUS demander une CONTRIBUTION (on déteste ce mot) financière. A nous ??? Nous qui le conduisons. Le monde à l’envers, on vous jure. Bien essayé, mais il peut toujours courir.

Encore une extraordinaire journée de piste dans cette région du Norte Grande entre lamas et volcans qui nous mènera au fabuleux Salar de Surir via le Parc de Lauca. Depuis plus de 4 jours, nous traversons des paysages d’une beauté si pure que nous ne pensions pouvoir rencontrer mieux.

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Et pourtant, ce nouveau coin nous réserve bien des surprises.

D’abord une séance photo s’impose sur ce désert de sel.

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Nous y amenons Venturette, nous avons besoin d’elle pour nos photos de perspective.

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Une nuit avec les flamands roses et nous partons à la recherche de nouvelles piscines thermales. Ici, les lamas ont laissé la place aux vicunas.

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Encore mieux ! A défaut de tomber directement sur nos bains, c’est un lac entier aux eaux laiteuses et thermales que nous trouvons.

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Le cadre est inouï. On n’était pas parti pour mais on y restera la journée. Le bain est inévitable même si nous avons du mal à trouver l’endroit où se plonger tellement l’eau est chaude.

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Pas un chat, une température extérieure glaciale à cause du vent… quel délice de pouvoir lézarder dans ces eaux. Bien sur ça sent un peu l’œuf pourri, mais on a même un bain de boue en prime.

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L’après-midi, nous trouvons le courage d’aller chercher ces fichues sources à pied cette fois. On marchera plus de 2h pour ne trouver que des bassins vaseux à l’eau tiédasse.

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Nous sommes définitivement mieux au bord de notre lac. La soirée passe et alors que nous nous préparons à affronter une nouvelle nuit dans ces terres désertiques et austères, nous sautons de nouveau dans nos maillots de bain pour un bain nocturne. Le trajet de la voiture à l’eau est une épreuve. Mais une fois dedans, ni le vent et ni le froid pourront nous gâcher ce moment magique. Nous sommes au milieu de nulle part avec un lac entier pour nous tout seul en pleine nuit sous un des ciels les plus étoilés au monde. Oui, le ciel chilien est une pure merveille, l’un des plus clairs. Plusieurs grands observatoires (que nous ne manquerons pas de visiter plus tard) attirent nombres de visiteurs et scientifiques venus des 4 coins de la terre. Nous contemplons ces millions d’astres pendant une bonne heure et nous émerveillons devant chaque étoile filante. Bien réchauffés, nous courons nous jeter sous la couette et dormons comme des loirs.

Le lendemain, un peu sur un coup de tête, nous décidons de faire le tour du salar. Pas moins de 60km de piste sablonneuse dans laquelle Pierrick s’éclate pendant que je prie pour éviter l’enlisement. Venturette dans les montées sablonneuses, c’est pas encore ça. Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas déçus du voyage.

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Mais la route est encore longue jusqu’au Parc Isluga. Nous faisons une pause dans un village déserté qui ne retrouve qu’un peu de vie lors des cérémonies bien arrosées (les bouteilles sur le sol en témoignent) de certains week-ends.

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Notre objectif est d’atteindre les geysers dans la soirée, mais cette fichue tôle ondulée cassante nous ralentit énormément. Peut-être le pire, c’est toute la voiture qui tremble de partout sur ces maudites vagues. Dans ce vacarme incessant, pas grand-chose à faire si ce n’est ralentir toujours plus. Notre moyenne ne doit pas dépasser les 30km/h, mais tant que les amortisseurs tiennent le coup on n’en demande pas plus.

16h, nous sommes aux geysers.

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La particularité du site : un geyser dont l’eau qu’il projette gèle sur place tellement le climat est rude. Nous ne verrons rien de tel en cette saison, pourtant la nuit que nous nous apprêtons à passer va être une horreur. A vue de nez, nous allons approcher les -15°C/-20°C cette nuit. Encore cela ne nous aurait pas trop fait peur si je n’avais pas été malade, une nouvelle fois. Nous avons fait confiance au gars du parc qui nous assurait que l’eau de leur fontaine était potable (même pour nous européens), apparemment non. Un cauchemar pour moi qui doit sortir pour me vider toutes les heures dans un froid que je n’ai jamais connu jusque là, même au Québec.  Le froid, le vent polaire à décorner les bœufs et ces maudits geysers qui font exprès de se déclencher quand il ne faut pas, me rendent la tache encore plus désagréable. J’ai bien cru mourir cette nuit là. Le matin on fuit ce froid polaire : les vitres sont recouvertes de givre et l’eau dans les bidons est congelée.

Retour à la civilisation le lendemain après une semaine passée seuls le long de cette frontière Chili/Bolivie. La route est toutefois longue et fatigante. Nous étions à plus de 4000m et nous allons redescendre au niveau de la mer par une route qui était sensée être asphaltée. Dommage, elle est en travaux, on doit se farcir la piste qui la longe.

1er choc, punaise il fait chaud ici. On peut sortir de la voiture sans être figé par le vent. 2ème constat : ah ce que c’est bon d’être de nouveau dans un pays « civilisé ». Sud des USA ou Mexique, on s’y croirait. Les rues sont propres, les routes ont un marquage au sol, les panneaux routiers sans ambigüité, le PQ et l’eau présents dans les toilettes publiques, les flics pas corrompus et les gens spontanément aidants. Ohhh, comme on va aimer le Chili. Ohhhhhhhhh, comme on ne comprend rien à ce qu’ils nous racontent. On croyait pourtant qu’ils parlaient espagnol au Chili ?! Nous dirions plutôt le Chilenos… Même entre eux, ils ne se comprennent pas.

 

 

 

On pique nique devant le Gigante de Atacama, plus grand géoglyphe au monde. Quoi, ca ne vous fait pas rêver ? Ben nous non plus…

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Puis on part à la recherche du distributeur le plus proche. On nous renvoie chez les militaires ! Une blague ? Non, c’est vrai !

Humberstone_Santa_Laura_017 Puis arrêt obligatoire dans une des nombreuses villes minières qui sillonnent la région. Nous choisissons la ville fantôme d'Humberstone et l'oficina de Santa Laura qui retracent quelques splendeurs du boom des nitrates.

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Fondée en 1872, cette ville minière connut son apogée en 1940 et depuis 1970 est un monument historique, pour finir en 2005 à l’UNESCO.

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En 1960, l’usine ferme ses portes et plus de 3000 mineurs perdent leur emploi.

 

Il est encore possible de se replonger dans cette période en visitant les habitations d’époque et les Grandes Machines qui servaient à exploiter les nitrates.

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Encore un peu plus loin, non loin de Calama, une nouvelle mine incontournable. Celle de Chuquicamata, qui n’est autre que la plus grande mine à ciel ouvert au monde.

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Chuquicamata_031Ici, c’est le cuivre qu’on cherche ! 2h de visite guidée gratuite pour en faire le tour au milieu des gigantesques camions. Une consommation de 3l à la minute… bref des monstres !

Mais Calama, c’est aussi la grande ville du coin. Nous tombons plus ou moins par hasard sur un centre commercial digne de ceux Nord Américains avec un supermarché. Il ne nous en fait pas plus pour faire notre bonheur. C’est l’orgie après plus de 2 mois à ne faire que les minis tiendas Péruviennes et Boliviennes où on se contente de ce qu’il y a… Ici aussi, il y a même des bibliothèques avec  WIFI, on en profite pour vous raconter nos treks au Pérou. La ville n’a rien d’exceptionnelle, mais on aime quand même. Les rues sont claires, propres, les gens respectueux et la circulation ordonnée. Ca change ! On y flâne une après-midi.

On continue de se rapprocher de la frontière Bolivienne en prenant la direction de la très touristique San Pedro de Atacama. Ici, nous avons rendez-vous avec Miss Chile. Non pas la plus belle femme du pays, mais une momie ! Nous arpentons donc les différentes galeries du musée archéologique. Dommage que nous ne nous soyons rendus compte qu'en sortant du musée qu’un minuscule écriteau spécifiait que cette momie avait été déplacée quelques mois auparavant. Nous enchainons ensuite avec plusieurs visites à la police, au centre d’info et à la douane pour se renseigner sur l’état des routes et les possibilités de circuit dans ce fameux Sud Lipez qui fait rêver. Et oui, nous serons de retour en Bolivie dans les prochains jours, mais pas sans avoir visité la terrible Valle de la Luna. Des paysages bien colorés où nous retrouvons le plaisir de nous faufiler dans des slots canyons.

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Vendredi 10 septembre, nous sommes prêts pour repasser la frontière et affronter les inquiétantes pistes du Sud Lipez. 25 litres d’essence en rab, 40 litres d’eau en stock, de la bouffe à foison, 3 roues de secours, queso installés pour rehausser Venturette… c’est bon, on est prêts. Mais FAUX DEPART ! 100 mètres à peine ce matin, et Venturette est en FEUX !!! Littéralement. Nous sommes perdus dans un magnifique canyon où nous avons passé la nuit quand une méchante fumée bien noirâtre sort de notre prise allume cigare et envahie tout l’habitacle. Arrêt en urgence, qu’est ce que c’est que ce bazar ? J’ai comme l’impression qu’il va y avoir du changement dans le programme.

La fumée s’arrête et on file vers San Pedro pour y chercher de l’aide. On passera finalement plus de 5h chez un mécanicien qui va nous installer une nouvelle prise allume cigare. L’ancienne a totalement cramé, le fusible (qui je précise est Bolivien) n’a pas joué son rôle. Ok, on a une nouvelle prise allume cigare, par contre notre convertisseur allume cigare a lui aussi grillé au passage. 2 choix : continuer notre route sachant que le remplacer en Bolivie est peine perdue ou retourner à Calama (80km) où nous savons que nous pouvons en trouver.

13h : bien contrariés, nous repartons sur Calama pour y acheter cet appareil de malheur en espérant qu’il sera de meilleure qualité que celui acheté un mois avant au Pérou. Nous espérons encore passer la frontière dans la journée. Nous revoyons une nouvelle fois nos plans, quand arrivés dans la ville nous nous apercevons que tout est fermé. Il est 14h30, et ici à cette heure ci tout est fermé…jusqu’à 17h minimum. Ils sont au rythme espagnol au Chili. Crotte, il va falloir attendre 2h30… Les boules. A 17h, nous retournons voir la boutique où on a vu l’appareil. Pas de chance, toujours fermée et elle le restera.  Quelle poisse ! On en trouve quand même une autre et optons cette fois ci pour un appareil beaucoup plus robuste mais aussi beaucoup plus gros, en espérant qu’il tienne la route.

Définitivement trop tard pour entrer en Bolivie aujourd’hui. Nous bivouaquons la où nous avions dormi 2 jours auparavant et comptons sur une meilleure journée demain.

 

 

Posté par Esther_Pierrick à 19:19 - 21. Chili - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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04 novembre 2010

Huayna Potosi : 6088' : 1er cordée !

L’idée nous trotte en tête depuis bien longtemps. Nous avions renoncé au Cotopaxi en Equateur du fait de la météo pourave et de tarifs un peu trop gonflés. Cette fois ci nous ne louperons pas notre rdv avec le grand, le beau, le haut : Huayna Potosi qui mine de rien dépasse les 6000m ! De peu certes, seulement de 88m, mais ça reste un 6000 !

Comment donc ne pas craquer quand on sait que ce sommet est l’un des plus faciles 6000 au monde ! Pas besoin d’expérience juste une bonne condition physique qu’ils disent… Les chiffres ? 85% des grimpeurs y parviennent.

Allez, soyons fous, on se lance. Pas de réelle difficulté technique pour ce pic, pour autant nous ne pouvons partir seul. Piolet, crampons, et corde obligatoire. Nous faisons donc le tour des agences sur La Paz qui comme d’habitude proposent toutes exactement la même chose à des prix assez proches.

Nous devons d’abord choisir en combien de jours nous souhaitons le faire : 2 ou 3 jours. On nous conseille 3 jours pour nous assurer une meilleure acclimatation à l’altitude. Mais au vue des nombreux treks que nous avons à notre actif ces 2 derniers mois, nous choisissons de faire l’ascension en 2 jours.

 

 

Vendredi 27 aout est le grand jour, celui du départ. Nous embarquons dans un micro bus avec un Allemand et un Israélien bien sur, pour 2 heures de route de folie jusqu’au pied du sommet.

 

 

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Ouai, ouai, on a la banane, mais tout reste à faire…

2 En ce premier jour, nous devons rejoindre le refuge qui se trouve à 5130m, soit seulement 500m de dénivelé. Rien d’insurmontable en soit, mais c’était sans compter sur notre sac qui pèse 3 tonnes. Nous devons porter notre équipement pour l’ascension du lendemain. Je ne me rappelle pas avoir eu un sac aussi lourd ! J’ai l’impression que je vais m’affaisser sous son poids à chaque pas. Les 15kg que nous portions habituellement lors de nos treks aux USA et Canada, me paraissent largement dépassés. Peut-être pas au final, dur à dire… Cette 1ère journée n’est pas une partie de plaisir, bien que nous sommes en haut en 2h au lieu des 3 annoncées. Quand nous atteignons le refuge, il est à peine 15h30, ce qui nous laisse pas mal de temps pour profiter du paysage, se reposer mais aussi appréhender la journée du lendemain.

 

 

 

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4Du refuge, nous pouvons (ou pas selon les nuages)apercevoir le sommet du Huayna qui nous parait bien loin et surtout bien haut !!!

 

 

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On ne vous cache pas, qu’on se met à douter de nos capacités à faire cette ascension. Les commentaires gravés sur le refuge des anciens grimpeurs ne nous encouragent guère : « Réel challenge », « il faut savoir se dépasser », « repousser ses limites »… On a un peu la pression. Va-t-on y arriver ? Rien n’est moins sur.

Puis la soirée passe, on discute avec les uns et les autres. Finalement, peu ont d’expérience pour ce type d’ascension, certains même n’ont pas pris le temps de s’acclimater par un ou deux treks, et arrivent ici directement en descendant de l’avion. Cela nous rassure un peu quant à notre condition physique : nous sommes plus qu’entrainés, bien acclimatés et normalement l’altitude ne devrait pas nous posait problème, et surtout nous avons un mental d’enfer. Etre mentalement positif, voilà la clé de la réussite selon notre guide. Alors on reprend un peu de poil de la bête. Bien sur qu’on va y arriver ! On est là pour ca ! Et on ne renoncera pas si facilement…

 

Nous dinons relativement tôt écoutant avec attention le briefing des guides. Il y aura 2 départs. Un lot de grimpeurs partira à 1h (ceux qui marchent d’un rythme plus tranquille) et l’autre à 2h. Oui, oui du matin, en pleine nuit. Nouvel encouragement, notre guide au vue de la 1ère journée nous met dans le 2nd. Pour lui, il n’y a aucun doute, nous arriverons tous les 3 au sommet, à 6088m…

Le refuge qui est rempli peut héberger jusqu’à 20 personnes. A 19h30, tout le monde est au pieu dans le dortoir collectif où il fait bien loin de faire froid. Rien à voir avec nos bivouacs sous la tente. Si nous avions su, nous n’aurions pas pris tant d’affaires pour le froid, les sacs auraient été bien moins lourds. Pour autant, nous ne dormirons pas un poil. La pression et surtout l’excitation nous tient éveillés jusqu’au levé du 1er groupe à minuit. 00h30, c’est à notre tour. L’agence nous a prêté les vêtements appropriés : pour le bas, 3 couches seront nécessaires, 4 pour le haut ! Plus des gants énormes, cache cou, bonnet et/ou cagoule. Ben dis donc avec tout ça je ne sais pas si je vais réussir à faire un pas. Petit déjeuner obligatoire pour faire le plein d’énergie, puis il est temps de vêtir le matériel. Petit hic, quand Hilario, notre super guide, nous demande où sont nos harnais. Des harnais, quels harnais ? Il ne nous a jamais donné de harnais. On pensait qu’ils étaient au refuge. Mais non, ils ont du rester en bas. Ah ?! Bon, ben comment on fait ? On ne va pas redescendre… Nous ferons donc comme à la vielle école. Hilario me donne le sien, alors que Pierrick et lui n’auront que la corde.

 

Quand nous partons munis de tout notre attirail dans lequel nous ne sommes pas vraiment à l’aise, il est déjà 2h. Nous sommes les derniers qui plus est à quitter le refuge. La température à l’extérieur est étonnement clémente. Pas un poil de vent et il ne fait vraiment pas froid. Pourtant, nous sommes à plus de 5000 au bord d’un glacier. Le ciel quant à lui est magnifiquement clair…

Tout de suite, nous chaussons nos crampons et constituons la cordée : Hilario en tête, moi derrière et Pierrick en queue. Nos 1ers pas sur le glacier sont gravés à jamais dans nos mémoires. Là, au clair de lune, sous un ciel extraordinairement étoilé, à plus de 5000m à 2h du matin, nous avons conscience que nous allons vivre une expérience indescriptible. Pendant la 1ere demie-heure, nous nous familiarisons avec l’usage des crampons. Rien de bien sorcier, il suffit de marcher normalement. Hilario nous montre quelques techniques différentes pour grimper sans trop s’essouffler et se fatiguer les mollets. Nous progressons très très lentement suivant pas à pas l’avancée du guide. Nous en avons normalement pour plus de 6h, hors de question de partir en trombe. C’est parfait, ça nous laisse le temps de jeter quelques coups d’œil au ciel et de deviner le panorama qui nous entoure.

 

 

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Exactement dans ces conditions et à cette allure les 4 1eres heures passeront très vite et surtout comme une lettre à la poste. On se regarde : « T’es fatigué(e), toi ? », «  Non, et  toi ». «  Non plus ». Cool !!! Hilario semble lui aussi content de notre petite cordée.  Nous sommes partis une demie heure après certains et nous les avons rattrapés assez rapidement. Nous accueillerons même dans notre cordée, Philippe l’Irlandais. Sa cordée est en galère. Et oui, le pauvre est tombé avec l’Israélien très sympathique pour autant, mais qui s’est lancé là dedans sans trop savoir ce qui l’attendait. Il parle bien trop, ce qui, à moins d’avoir une pêche du tonnerre n’est pas trop compatible avec l’ascension.  De même que la clope à 5000m…

 

20Bref, avec l’arrivée de Philip nous abordons le 1er passage bien raide. Mais tranquillement, ce 1er raidillon se passe bien. Nous négocions aussi notre premier passage de crevasse, il y en aura bien d’autres…  Et étant donné mes prédispositions familiales quant aux chutes dans les crevasses (ah ah nièce indigne que je suis), je reste attentive.

Tiens au fait, le soleil s’est levé ! Quelle merveille ! Nous découvrons l’immensité de tout ce qui nous entoure. Les rayons du soleil qui illuminent le glacier nous offrent des panoramas à couper le souffle.

 

 

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Alors que tous les guides nous assurent que l’ascension ne présente aucune difficulté technique, j’émets une légère objection. Faire pipi avec 3 épaisseurs, un baudrier, à moitié dans la pénombre avec 2 groupes devant et 3 derrière, le tout encordée, relève de l’exploit !!! Echec pour moi...

Nous poursuivons pendant un petit moment par une montée progressive. Puis, alors que tout allait bien, nous commençons à trainer la patte. Que se passe-t-il ? Nous avons tout simplement passé le cap des 5800m ! Nous manquons d’oxygène et l’ascension devient tout d’un coup nettement plus difficile. A partir de ce moment nous irons vraiment plus que lentement. Impossible pour moi de marcher plus de quelques minutes en continue. Il me faut des pauses de quelques secondes plus que régulières pour reprendre mon souffle. Les gars derrière semblent les apprécier eux aussi. La fille qui s’arrête semble le bon prétexte pour récupérer. Je ne manque pas de jeter un regard noir à Hilario qui essaye de nous pousser un peu plus. Quand je te dis qu’il faut que je m’arrête, il faut s’arrêter,  non mais. Tellement hors d’haleine, que je me demande si ce n’est pas Pierrick qui se laisse trainer sur la corde pour m’embêter ?!!! Non, t’es sur ? Bon… Pourtant, ça serait bien ton genre !

Et ainsi pendant plus d’1h30, nous ferons du 2 à nous arrêter toutes les minutes. Lentement, mais surement, nous avançons, dépassons encore quelques autres groupes. Assez drôle, chacun jure dans sa langue contre cette maudite montagne pour se redonner un peu de motivation. Au moins, tout le monde est dans le même état, c’est rassurant.

Puis nous attaquons un passage du tonnerre de Zeus. A pic, sur la glace il va falloir trouver les forces. Cela devient un peu plus périlleux. Il faut planter les crampons dans la glace, mais aussi ce piolet dont on ne sait vraiment pas trop quoi faire, pour trouver un peu d’équilibre et des points d’appuis. Hilario en premier, moi derrière qui m’applique à reproduire le plus fidèlement possible chacun de ses mouvements et les gars qui suivent. Allez, encore un peu d’effort, et après un passage vraiment scabreux et tuant… NOUS Y SOMMES !!!

…en haut de ce passage, mais pas encore au sommet. A ce moment là, assis le cul dans la glace, en train de réaliser à quel point ce que l’on fait est dur, nous pouvons le voir ! Oui, le sommet, il est là, à quelques centaines de mètres plus loin, et quelques dizaines plus haut. Oui, à ce moment on sait qu’on peut la faire. A ce moment là, plus aucun doute nous arriverons en haut. Nous sommes si proches, c’est dur certes, mais pas insurmontable. L’espace de quelques minutes je suis prise d’une légère euphorie. J’ai envie de courir, de sauter. Hum, nous sommes au bord d’un vide gigantesque. C’est pas vraiment le moment. S’en suit alors une phase plus émotive : comme une gamine j’ai envie de pleurer, de soulagement (pourtant nous ne sommes toujours pas arrivés  en haut) mais surtout de joie.

Allez, après 10 minutes, nous devons repartir. Nos derniers pas se feront sur une crête partiellement enneigée et glacée.

 

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Nous devons conjuguer avec le vide qui nous menace sur notre droite et nos crampons entre roche, glace et neige. Pas évident. Surtout que nous sommes physiquement bien entamés. Alors que nous ne pensions pas que cela été possible, nous irons encore plus lentement qu’auparavant. Mais la vue du sommet si proche et si beau nous redonne des ailes. Pas après pas, OUI, nous y parviendrons !!!

VICTOIRE !!! NOUS Y SOMMES ! LA… 6088 mètres !!! Enorme. On n’en revient pas. On l’a fait !!!

 

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10La vue est grandiose. D’un côté on devine à peine le lac Titicaca et de l’autre c’est toute la Cordillera Real qui nous fait face. Séance photo obligatoire. Sous tous les angles, Hilario fier de ces grimpeurs nous prend en photos.

 

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13Un 2nd groupe nous rejoint avec qui nous partageons volontiers un bout de ce somment pourtant si exigu. Puis l’espace de quelques minutes, tous les gars descendent et je me retrouve en haut toute seule. Petit moment de gloire, moi qui apprendrait à ce moment que je suis la seule fille à être arriver en haut aujourd'hui. Non ce n’est pas moi qui suis particulièrement résistante, ni les autres qui sont nulles. C’est juste une question d’acclimatation et d’entrainement. Il est clair que nous étions plus que bien préparés pour ce sommet.

Au bout de 20 min, nous devons libérer la place pour les suivants. Nous entamons la descente en toute allégresse, mais nous devons rapidement retrouver nos esprits pour aborder les passages délicats. Il s’agit de ne pas se foutre dans le vide.

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Tout se passe bien même si nous avons bien hâte de retrouver les parties les plus faciles du glacier. Sous un soleil de plomb et une chaleur surprenante, nous descendons les yeux remplis de bonheur et surtout tournés vers toutes ces montagnes qui nous entourent.

21 Philip néanmoins semble accuser le coup. Lui qui se retrouve dans la descente en tête de cordée, ne semble plus marcher très droit et avoir un peu de mal à s’orienter. Hilario décide alors de mettre Pierrick en tête.

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24Partis les derniers du refuge, nous serons les 1ers arrivés au sommet et les 1ers de retour au refuge, ce qui nous laisse tout le loisir de nous reposer avant les 2h de descente jusqu’au bus.

 

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En conclusion, cette ascension restera un des moments forts de tout notre voyage. Cela a été dur, très dur, mais nous nous attendions à bien pire ! Pas de « surpassement » ni de repoussage des limites. Nous avons bien moins souffert que la moyenne, ce qui est à la fois très satisfaisant mais aussi un peu frustrant. Nous en voulons encore plus ! Un  peu comme la plongée nous découvrons par cette 1ere ascension de nouvelles sensations indescriptibles. Des moments inoubliables. Quand on y a gouté, on ne peut plus s’en passer…

Mais pas demain…il va nous falloir quelques jours pour récupérer.

 

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30 octobre 2010

Nouvelle capitale... La Paz !

Retour à la civilisation après le trek puisque nous nous dirigeons vers la capitale : La Paz.

La_Paz_El_Alto_003 Avant cela, nous nous octroyons un jour de repos pour récupérer. Au programme farniente et cuisine dans un petit coin bien tranquille, sans vent où la température est idéale. Conditions optimales pour prendre ses aises et se lancer dans la préparation de pan cake ! Si si, des pan cake et ma fois, le résultat est plutôt réussi.

Requinqués, nous prenons la route vers La Paz mais nous arrêtons dans un 1er temps, dans le quartier populaire d’El Alto. Nous y resterons quelques jours. Plusieurs obligations nous y retiennent.

Remplacer notre fusible qu’on mettra beaucoup de temps à trouver…

Changer notre planche à l’arrière qui constitue le seul aménagement que nous avons apporté à la voiture.

Souscrire une assurance auto. Nous n’avons pas pu le faire plus tôt car les villes rencontrées en chemin n’étaient pas assez grandes pour disposer d’une agence.

Mais aussi trouver une 6ème jante et un 6ème pneu pour pouvoir aborder les terribles pistes du spectaculaire Sud Lipez en toute sérénité ou presque.

La_Paz_El_Alto_008 Enfin, nous espérons aussi faire poser des palos sur Venturette. Genre de gros blocs de fonte que l’on pose sous les suspensions et qui permettent de gagner de la hauteur, encore une fois…

Et oui, après le Pérou, les routes de Bolivie ne sont pas meilleures : peu d’asphalte et surtout de la terre et des pierres. Donc, marre de s’entendre dire que notre voiture est « bajissimo » ou « superbajo » ! Hé chico, c’est une voiture pas une navette spatiale !

On va finir par faire de Venturette une vraie tueuse.

Notre 2ème rdv à el Alto, est bien sur l’impressionnant marché du 16 de Julio. Marché immense qui se tient chaque jeudi et chaque dimanche où toute la population d’El Alto afflue pour chiner et marchander.

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C’est bien simple, ici on trouve de tout et n’importe quoi. On a l’impression que quelque soit ce qu’on cherche, on le trouvera c’est sur. Personnellement, je reste totalement fascinée par ce marché. On n’y passe que quelques heures car nous devons descendre sur La Paz dans la journée, mais j’aurai pu y rester la journée. C’est sur ce marché n’est pas destiné aux touristes, très peu d’artisanat et surtout beaucoup de bazar, comme une brocante géante. Nous avons du mal à réaliser l’ampleur du marché bien qu’on avoue s’y être paumé.

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Chaque rue est envahie par les marchants qui s’installent soit à même le sol, soit dans des emplacements bien définis. Il y en a tellement, partout, tous les mêmes au final… Le challenge pour nous : trouver un réchaud à kérosène que nous a conseillé Saturnino. Mission accomplie, nous décoctons une belle vieille antiquité pour un prix dérisoire. Si, on a testé, il fonctionne !

Nous profitons aussi de la magnifique vue qui s’offre à nous depuis les hauteurs d’El Alto sur l’immensité de La Paz.

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Assez impressionnant, nous redoutons un peu d’y aller en voiture.

Pourtant l’accès à la ville se passe assez bien. Quelques bouchons, on se paume dans les ruelles pentues en sens unique mais on parvient quand même à laisser Venturette dans une rue passante mais pas trop. Les parkings sont tous pleins ou introuvables.

La Paz, pourtant plus haute capitale (sauf que la « vraie » capitale du pays est Sucre) au monde (autour des 4000) en elle-même ne nous laisse pas des souvenirs intarissables. Si nous sommes là, c’est surtout pour organiser notre prochaine excursion… Bien sur nous déambulons dans le quartier touristique, craquons pour de l’artisanat à un prix imbattable et poussons vers le marché.

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Nous ne verrons pas grand-chose de plus de La Paz bien que nous y passerons 2 nuits étonnamment calmes.

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25 octobre 2010

Un nouveau petit trek pour le fun !

Nous ne ferons finalement qu’un seul trek en Bolivie (on ne va pas tous les faire non plus) et nous choisirons pour cela l’Illampu Circuito. Une fois arrivée à Sorata, nous nous dirigeons directement vers la Casa de Guia pour obtenir des renseignements sur les différents treks. Le guide sur lequel nous tombons est assez sérieux, par contre ne nous aide en rien pour choisir quel trek. Nous tranchons donc pour l’Illampu Circuito qui se fait habituellement en 7 jours. 7 jours c’est long, impossible de partir seul sans une mule pour porter nos vivres. C’est donc Saturnino (un des meilleurs qu’on ait eu, ses coordonnées : 735 15 210/ 765 32 061) qui partira avec nous. Comme lors de l’Ausangate, c’est lui qui cuisinera, mais c’est à nous d’acheter la bouffe ce qui est assez délicat quand ce n’est pas nous qui cuisinons. Enfin, pas trop le temps de trainer, il est déjà 17h, il faut faire les courses et nos sacs avant que la nuit tombe pour être sur le départ demain matin à la 1ère heure.

Pour la ville la plus tranquille du pays, nous avons bien du mal à trouver un coin paisible pour la nuit.

Au réveil, gros moment de stress, Pierrick nous fait une belle poussée de je ne sais pas trop quoi. Grosses plaques rouges sur tout le corps qui démangent. Tiens, ça c’est nouveau. Aucune idée de ce que ça peut être et après hésitations, nous nous décidons à partir quand même. De toute façon, personne ne sera d’une grande aide ici, il faudra bien que ça passe. Pourquoi à chaque fois qu’on se prépare à partir pour plusieurs jours en montagnes, y’a toujours un truc qui cloche.

On retrouve Saturnino, faisons 3 emplettes de dernières minutes et laissons Venturette en gardiennage.

J 1 : D’abord, 40 min de piste infernale en taxi. Pffff, heureusement que nous avons tenu tête à Saturnino cette fois qui voulait qu’on monte avec notre voiture. Venturette n’y serait jamais arrivé.

Puis quasiment 1h d’attente devant sa maison, le temps que celui-ci se prépare. Avec tout ça il est déjà 11h45 quand nous commençons à marcher. Puis au rythme où nous allons, on n’est pas arrivés.

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Et oui, je vous présente Vicky, notre mule qui surchargée (Saturnino s’entête à ne prendre qu’une mule alors qu’on lui avait bien dit qu’on avait un max d’affaires) n’avance pas. Saturnino tire, Pierrick lui pousse les fesses, mais quand y’a rien à faire, y’a rien à faire. Faut attendre. Bon bon bon…

Allez, on va pique niquez pour la peine. L’état de notre petit Pericou ne s’arrange pas. La marche plus la transpi et la chaleur, ne font pas un bon cocktail. Saturnino commence à s’inquiéter quand il voit l’état de son bras qui est totalement boursouflé et rouge, comme si une plaque géante l’avait envahi.

2-3h de marche jusqu’au campement où nous retrouvons un autre randonneur et son guide. Nous avions pourtant demandé s’il n’y avait pas d’autres touristes pour se joindre à eux et partager les frais.

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La soirée pour ce 1er bivouac, qui soit dit en passant est extra, ne sera pas des plus joyeuses. Les fichues plaques de Pierrick ne se calment pas, bien au contraire cela devient de plus en plus insupportable. En même temps, pas grand-chose à faire… Attendre. On ne dort pas beaucoup cette 1ere nuit.

J 2 : Youpi ! Pierrick, le mutant a retrouvé une peau normale !!! Nous pouvons savourer le pouridge à l’avoine-pomme-banane que Saturnino nous a préparé. Rien à redire, excellent chef !

En route vers notre 1er col. Pas si facile, le sentier est particulièrement abrupt. Tout le monde y arrive même Vicky ! En haut, nous faisons connaissance  avec l’autre randonneur, Scott, jeune polytechnicien français et son guide, Guillermo, qui n’est autre que le petit frère du notre.

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Nous marcherons finalement avec eux pendant les 7 jours.

Dès le 2ème jour, nous prenons un peu d’avance sur l’itinéraire et gagnerons ainsi un jour au final.

Maintenant, que Pierrick est revenu à l’état normal nous apprécions réellement les journées de marche mais aussi les longues aprems au soleil aux campements. Nous gagnons une bonne heure de soleil sur le Pérou et les températures sont beaucoup plus clémentes.

J3 : Nous avons campé au pied du col, si bien que nous y sommes en moins d’1h. Nous descendons ensuite une vallée suivant le cours d’une rivière aux eaux glaciaires.

Avant de traverser le prochain village, nous faisons un petit briefing et nous séparons afin d’éviter de payer des frais de passage.

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Opération réussie : nous passons sans qu’on ne nous demande quoi que ce soit et Vicky se trouve un amoureux par-dessus le marché. Pauvre âne épris d’une si belle mule, il n’a aucune chance…

La soirée très brumeuse passe vite.

J 4 : encore une fois, nous nous sommes arrêtés juste avant un col, que nous atteignons en 40 min. Nous progressons toujours dans une vallée aux eaux laiteuses où les lamas broutent en toute liberté.

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Parfait pour le pique nique. Les frères nous annoncent que nous allons passer un 2nd col puisque nous n’avons pas l’air très fatigués.

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Ok, ca sera toujours ca de moins à faire demain. Nous atteignons les 5000m du col progressivement.

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Vicky va beaucoup mieux, les vivres diminuent. Par contre, Guillermo, qui est non seulement guide et cuisinier mais surtout porteur semble fatiguer. Comme on le comprend, en chaussures de ville et pantalon de costard avec un sac de 20kg sur le dos !

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16 En haut, il n’est pas au bout de ses peines et nous non plus d’ailleurs. Plus de 2h de descente avant de rejoindre le campement ultra venteux. On taquine nos guides. Quoi, on a marché tout ca pour arriver ici dans le vent et le froid ?! Les pauvres, eux qui vont devoir cuisiner dans ces conditions. Pas de tente de cuisine pour ce trek. Comme chaque soir, nous donnons bien sur un coup de main pour la préparation des traditionnelles pâtes à la tomate, petits légumes et thon. Et oui, en  pleine montagne, on équeute les haricots, émince les oignons, détaille le poivron… et ça nous plait !

J 5 : Avec la journée précédente, surement l’une des plus belles. Après un petit déjeuner de roi, quoique nous n’avons même pas droit au thé servi dans la tente au réveil comme lors du Salkantai trek… Non, je rigole, cela ne nous manque pas du tout. Cela nous mettait plus mal à l’aise qu’autre chose.

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Nous allons donc évoluer dans un paysage lunaire entre lagunes aux couleurs hallucinantes, sources d’eau chaude et flancs sablonneux que nous nous amusons à dévaler à toute berzingue en glissade sous les yeux ahuris de Saturnino qui se fait bien trop de soucis pour nous.

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17 Vicky quant à elle a de nouveau ses humeurs et caracole en tête à plusieurs centaines de mètres. Tant qu’on la retrouve pour l’heure du pop-corn que nous mériterons bien après 2 nouveaux cols.

Le sentier se perd et nous devons marcher en pleine pampa pour rejoindre le camp où nous profiterons du soleil jusqu’à son dernier rayon.

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Ce que nous aimons dans ce trek, c’est que nous sommes tout seul. A part Scott avec qui nous marchons, nous ne croiserons strictement personne.

29J6 : Longue, longue journée aujourd’hui. Dis donc ce trek n’est pas pour tout le monde. On le trouve pas mal fatigant. 2h de descente pour rejoindre un village où nous devons nous arrêter pour refaire le plein de nourriture après 5 jours de marche. Puis 1h30 de plat et la pause repas. Et enfin, le plus dur pour la fin de journée : 3h de montée bien à pique, bam !

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Très vite, les jambes accusent un dénivelé impressionnant mais on tient bon. On refuse même des pauses que les frères s’octroient, Guillermo semble vraiment en baver. On veut bien qu’il mette son sac sur Vicky, de toute façon, elle n’est jamais contente. Nous, nous n’avons qu’une hâte, arriver.

Nous arrivons dans les nuages à la laguna Chilata où nous allons passer 2 nuits.  Nous nous mettons d’accord avec Saturnino, pour ne revenir sur Sorata que le surlendemain au matin, plutôt que le lendemain au soir. Nous préférons dormir sous la tente en montagne que dans la voiture en pleine ville.

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J7 : Pas besoin de démonter la tente ce matin, on peut prendre un peu plus notre temps. A 8h30, nous sommes prêts à marcher, pourtant je refuse de bouger. Hors de question de partir sans que « la personne de la sécurité » ne soit là pour surveiller nos tentes, comme convenu quand on a signé. Saturnino nous rassure, il va arriver dans 10 minutes. Ok, têtus dans notre genre, dans ce cas, nous allons attendre pour être surs. On n’est pas à 10 min. Cela ne fait pas son affaire, puisque lui comme nous savons que personne ne viendra pas.

Un peu embarrassé il va trouver le garde du groupe d’à côté, (non nous ne sommes plus seuls, ce dernier jour est un peu particulier, un petit extra que nous rajoutons au trek) pour qu’il surveille nos affaires aussi.

35 Ok, maintenant on peut partir. 3h30 de montée intense dans la rocaille avant de rejoindre la Laguna Glaciaire qui est exceptionnelle : glacier qui se jette dedans et ice berg qui flotte tranquillement.

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J8 : Et voilà déjà l’heure du retour. En 2 heures nous retrouverons la maison de Saturnino.

Difficulté : 4

Note : 4

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21 octobre 2010

Copacabana made in Bolivia !!!!!!!

Après presque 2 mois intenses au Pérou, l’heure est venue de nous attaquer à un autre gros morceau : la Bolivie ! Tous les voyageurs nous en parlent ou plutôt nous en disent tous la même chose : « La Bolivie, c’est trop bien, c’est pas cher ». Certes, la Bolivie est le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud (64% de la population en dessous du seuil de pauvreté), mais encore…

2 Nous redoutions le passage de la frontière et surtout la validité de notre permis d’importation. Nous sommes prévenus par d’autres voyageurs que les agents des douanes ne donnent que 30 jours pour le véhicule et qu’il faut ensuite demander une extension à la Paz. Comme quoi les passages et les formalités dépendent de sur qui on tombe. Pour nous, on nous demande combien de temps on désire. On répond, 90 jours. On nous les donne sans problème.

Là où nous serons un peu moins agréablement  surpris, c’est à l’immigration. L’agent refuse de nous donner plus de 30 jours et de même nous renvoie à La Paz pour l’extension. On pleurniche en argumentant qu’on n’a pas l’intention d’aller dans une grosse ville et qu’il nous faut nos 90 jours maintenant, ce à quoi tout français à droit lors de sa 1ere entrée en Bolivie.  Bueno ! On l’obtient.

On change nos Soles du Pérou contre des Bolivianos de Bolivie et nous filons vers Copacabana, non rien à voir avec la plage mythique brésilienne (plutard plutard…). Je parle de cette petite ville  bolivienne au bord du lac Titicaca.

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On se fait bien entuber au 1er péage rencontré sur la route, ainsi qu’au restau. Ca nous apprendra à vouloir manger au restau. En même temps, c’était juste pour gouter la truite du Lac Titicaca. Enfin…

Petite visite de la magnifique église devant laquelle les locaux réunissent leur voiture pour les baptiser en cette période de festivités.

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La place centrale est totalement paralysée par les voitures pouvant venir du Pérou pour recevoir l’eau bénite que le prêtre déverse sur chaque véhicule et tout un tas de décorations plus pimpantes les unes que les autres.

Le lendemain, nous partons pour une journée sur la magnifique Isla Del  Sol. Le trajet en bateau est toujours aussi interminable, on cherche les boliviens en train de pédaler. On refuse de croire que le bateau a un moteur.  La fin est un supplice, le lac s’agite et nous souffrons comme à notre habitude du mal de mer.

Nous passons une journée géniale sur l’Ile. Un sentier permet de la traverser via des petites criques aux eaux turquoises dignes de celles de la Méditerranée et de jolies ruines

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mais aussi d’insupportables postes de péages bien trop fréquents au gout de tout le monde.

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Non, j’crois que la réduc’, ça sera pour une autre fois…

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Nous trainons pas mal sur l’ile, prenant pas mal de photos et ramassant de la mounia, cette plante qui nous fait pensé à du thym et que nous utilisons en infusion. Il est déjà l’heure de reprendre le bateau et de filer vers Sorata où l’Illampu Circuito, trek de 8 jours nous attend.

Sauf que non, Venturette en a décidé autrement. En ce vendredi 13 Aout, (pas besoin que ce soit un vendredi, depuis plusieurs mois, tous les 13 du mois nous avons une galère), donc au menu pour ce mois d’aout, c’est une panne générale de la voiture. C’est bien simple, il ne se passe plus rien quand on tourne la clé dans le démarreur, mais alors plus rien ! Le stress… On pense d’abord à la batterie et partons demander de l’aide à un taxi. Au moins, nous ne sommes pas dans un coin paumé. Ventuertte semble à son aise sur la place centrale de Copacabana, devant le poste de police. Evidemment, on attire les regards : 2 touristes avec une voiture qui ne démarre pas. Les chauffeurs de taxi s’attroupent pour rajouter leur petit grain de sel. Ok, pas de problème, y’en aura peut etre un qui aura une illumination. Effectivement, un fusible, encore ! Ouuuf, juste un fusible. On le trouve et on s’apprête à aller en acheter un nouveau. Sauf qu’il est 8h du soir. On verra ca demain. En attendant un bout de fil fera l’affaire pour nous permettre de démarrer et de se trouver un autre coin dans la ville pour dormir.

Le lendemain, pensant être sorti de l’auberge, nous faisons un tour à la poste pour envoyer notre renouvellement d’assurance voyage. Dommage, y’a pas de timbre, oui oui à la poste. Ah bon ?

Ensuite, impossible de trouver notre fusible. A La Paz, peut être, à 3h de route. Hum, ok.

Enfin,  un de nos pneus ne nous plait pas trop. Depuis plusieurs jours, il se dégonfle continuellement. Nous allons voir un réparateur qui nous trouve un beau petit clou. Il nous répare ça en 2 temps 3 mouvements pour vraiment rien.  On ne le croit pas quand il nous annonce la facture. Et oui, nous sommes en Bolivie.

Avec  un pneu comme neuf, et notre bout de cable sur notre fusible, on reprend donc notre route.

17 Venturette aura droit à sa petite sortie sur le Lac Titicaca via un bac où on se fait encore une fois volés…

Ca ne s’arrête pas là.

Depuis Copacabana, plusieurs heures de route nous séparent de Sorata, décrite par certains comme la ville la plus « cool » du pays. Personnellement, on ne voit pas pourquoi.

Le trajet nous prendra un peu plus de temps que prévu puisque nous avons quelques difficultés à nous réapprovisionner en essence. Impossible de faire le plein à la sortie de Copacabana, le pistolet de la pompe est trop gros et ne rentre pas dans notre réservoir. 68000km à ce jour, et 1ère fois qu’on fait fasse à cette situation. Zen…  Le gars ne semble pas vouloir nous aider plus, un simple entonnoir aurait pourtant fait l’affaire !

Plus loin sur le trajet, les stations sont soit à sec soit ne nous donnerons l’équivalent de même pas 10$. On ne risque pas d’aller bien loin. Nous étions sortis du Pérou avec le réservoir presque vide sachant que le prix du carburant en Bolivie est très bon marché. Et sachant aussi que celui du Pérou est l’un des plus chers parmi tous les pays traversés.

On finira par trouver une station qui acceptera de nous faire le plein. Ouf, nous atteignons Sorata en milieu d’après midi.

Ok, la Bolivie ça commence bien !

Posté par Esther_Pierrick à 17:37 - 20. Bolivie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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