25 novembre 2011
Cap des 100 000 km !!!
Figurez-vous, que lors d'une de nos rares sorties du samedi aprem sur le centre de Montpellier, nous sommes tombés sur une voyageuse rencontrée sur les routes aux Amériques avec qui nous avions organisé la traversé des véhicules Panama-Colombie. Concours de circonstances assez improbable... comme quoi le monde est vraiment petit ! Pour un peu, on ne se serait pas reconnu "hors contexte". Et c'est avec un certain étonnament, que nous retrouvons énormément de plaisir à reparler des nos aventures communes. Pour ne pas dire que ça nous a même redonné la pêche dans ces moments où on se demande pourquoi on est rentré... Mais aussi un peu de motivation pour achever ce blog avant d'avoir les cheveux gris et d'avoir tout oublié. Déjà fin novembre 2011, allez, je m'y met et continue de vous raconter nos périples au Brésil...
Plage numéro 32 et 33, ça continue : Praia Engenhoca et Havazinho nous accueilllent pour la journée dans un décor Hawaien. Grosses vagues, large plage de sable doré et imposants palmiers. On se trouve un coin un peu à l'abris du vent qui nous permet de bouffer un peu moins de sable et surtout à l'ombre proche d'une source d'eau douce dans laquelle on prend plaisir à se rincer.
On continue notre route, nous sommes en dessous de Bahia, nous avons bien avancé mais Rio est encore à 1600 km, soit une bonne quinzaine d'heures !!!
Heureusement, les plages sont là pour nous couper la route. On enchaine les miradors où le littoral brésilien s'offre à nous à perte de vue : des milliers de km de plage, c'est ça le Brésil ! Le littoral, là où la population se concentre au détriment de l'intérieur des terres beaucoup plus désert.
Juste le temps de nous dire que l'odeur de cacao nous embaume, que nous loupons une bifurcation. On est bon pour faire un détour ! Nous sommes sur la réserve et croisons les doigts pour trouver un posto rapidement. Ouf, c'est bien le cas. On y dort, pénard, l'éléctricité et internet étant disponible dans les toilettes. Bon, c'est sûr, on a connu mieux. Qu'est ce qu'il ne faut pas faire pour vous faire partager notre aventure. On en profite aussi pour se doucher, et ce, en compagnie de tout un tas de bébêtes depuis maintenant plusieurs semaines. Après le crapaud lapin, les papillons de nuits géants, les cousins, les sauterelles, maintenant ce sont les salamandres qui m'accompagnent. Berk, toutes ces bébètes m'auraient fait m'enfuire à poil à 10 lieux il y a quelques mois. Maintenant, j'arrive à prendre le dessus. Pas le choix, c'est la condition à accepter pour pouvoir profiter d'une douche, en plus de l'eau froide bien sur. La soirée passe vite : on profite de tous ces services qui ne se présentent pas tous les jours et entre la lessive, le blog et la tonne de mail à envoyer, notamment à Capricorne, la compagnie avec laquelle nous projettons de rapatrier Venturette en Amérique du Nord, nous nous couchons à 2h du mat.
Le levé est donc difficile d'autant plus qu'une journée entière de route nous attend. Il le faut ! On quitte la route du cacao pour rejoindre la BR 101 au milieu des camions. Nous rejoignons une région fruitière (champs de bananes, papaye et fruits de la passion...). Nous continuons de chercher un supermarché depuis plus de 4jours. On commence à être à sec. Enfin, le Atacado croise notre chemin et on peut se faire plaisir : chocolat bien sur, mais aussi fromage (et oui on en trouve pas mal au Brésil, très accessible et vraiment pas si mauvais).
Nous sommes dans la soirée à Arrial d'Ajuda, hyper touristique. Les petits restaux et boutiques chics pullulent, pas vraiment notre dada, et pour couronner le tout, il fait un temps de chiotte. Heureusement, il y a un grand parking à l'entrée du village où plusieurs camping-car brésiliens sont déjà installés.
Ca n'arrête pas de toute la nuit, mais pour la peine il fait frais, assez pour qu'on sorte nos sacs de couchage qu'on n'utilise plus depuis l'Argentine. On petit déjeune tranquillement en testant un Dulce de Leche au chocolat. Miam ! Malgré le temps, on tente Praia Pitinga où finalement ça se dégage. La mer par contre est glaciale (enfin pour la-bas, 28°C quoi), je me réchauffe par 1h de longueurs au son des Jackson Five que le comedor de la plage nous fait partager. On a juste le temps de pique niquer avant de se faire chasser par la flotte. On se dirige donc vers Praia Espelho mais nous nous arrêtons avant, à Trancoso. On passe la nuit sur un parking à côté d'un restau à Praia Dos Nativos où on se lance dans un grand nettoyage intérieur de la voiture.
Au matin, on suit une piste pour Praia Espelho, sencée être une des plus belles du pays. Sauf que sous un ciel gris, c'est moins éblouissant. L'eau est tellement "fraîche" que Pierrick refuse la baignade. Alors on se ballade et on bouquine. La pluie nous déloge encore une fois et on rejoint alors la BR 101 entourés cette fois-ci de champs de mamao (une sorte de papaye) et on s'arrête à la première station. Le lendemain, des flaques géantes nous attendent pour rejoindre Itaunas. Changement de décor, nous nous retrouvons au milieu d'une forêt d'eucalyptus que nous reconnaissons par leur odeur caractéristique. 1h30 sur la plage entre les gouttes et puis on emmène Venturette dans la forêt. La pluie ne cesse pas et Pierrick, en maillot de bain, bien vaillant, en profite pour aller frotter Venturette. On ouvre une bouteille de rouge, on sort le sauciflard, les cacahuètes, les olives pour tuer le temps. Le déluge devient maintenant inquiètant. Avec des chaussettes en guise de gants pour parer les moustiques, la nuit est longue, on redoute que la pluie ait transformée la piste en terrain de boue.
On arrivera à en sortir le lendemain et profitons d'une alcamie pour une ballade dans une petite forêt longeant la côte. A la recherche de la faune, nous ne verrons que des serpents. On rejoint la plage pour manger et faire la sieste. La mer ici n'est pas du tout attirante, d'une couleur maronnasse. Je tente quand même un plouf. J'aurais mieux fait de m'abstenir : voilà que je vais découvrir une nouvelle technique de pêche. Croyez le, ou non, mais je vais réussir à m'empaller un poisson dans le pied !!! Si, si, il faut le faire, je le sais. Quelle n'est pas ma surprise quand sentant que j'ai marché sur un truc pointu, je sors mon pied de l'eau, et que je vois au bout : UN POISSON ! Je hurle 1- de douleur, 2-d'horreur, 3-d'impuissance. Pierrick, se demandant bien ce qui peut m'arriver encore, est scotché ! Ni une ni deux, à moitié dans l'eau (ben oui, forcément, j'ai un peu de mal à me déplacer avec un poisson dans le pied), il attrape le poisson et essaye de le retirer. Dégueulasse pour lui et pour moi. Il a du mal à le saisir à pleine main, comme je le comprend. En fait, le poisson, assez exotique, possède des longs filaments de 20 cm sur le coté qui se tranforme en pics quand il vaut se défendre. Voila ce que j'ai dans le pied, le poisson pendant au bout. Sympathique, non ?!
Pierrick arrive enfin à retirer le monstre et dans la panique le balance à la flotte. On ne pourra pas le prendre en photo pour savoir s'il est venimeux. Toujours est-il que ça me fait bien souffrir, et manque de bol, pour une fois la voiture n'est pas à 2 pas. 3 km à pied à se faire. On trouve en chemin un réservoir d'eau de pluie raccordé à un tuyau qui va nous servir de douche. Mais plus le temps passe plus, ça me fait mal et plus mon pied gonfle. Quand on retrouve enfin la voiture, impossible d'avoir un peu de tranquilité. Un gars décide de nous refaire l'histoire de Napoléon au Brésil. Très intéressant mais c'est pas le moment. On arrive à s'échapper et allons se poser dans un posto. Maintenant, mon pied est vraiment douloureux et ne rentre plus dans ma tong. A un tel point, que me déplacait jusqu'aux douches est une épreuve. Enfin, à part ça, rien d'autre. Alors on se dit que le liquide que m'a injecté par auto-défense le poisson n'est pas dangereux.
Direction l'intérieur de pays maintenant. Sous des averses diluviennes pour changer, on parcours des régions qui nous rappellent le Guatemala avec des cultures partout (le café est de retour) mais aussi pas mal de misère (maison en sac poubelle). Une journée de route qui nous conduit de posto en posto. Le vigil nous accueille dans sa station aux toilettes sans porte ?!
Enfin, nous arrivons à Mariana, très jolie ville coloniale. Plus vieille ville de l'état du Minas Gerais, elle possède de nombreux batiments baroques qui lui valent l'intêret des touristes. On galère un peu pour arriver jusqu'au centre, mais une fois garés, on ne peut s'empêcher de comparer avec les villes coloniales de Colombie.
Arrêt au vendeur de salgado et chez le fromager, et on continue par Ouro Preto, la plus connue. Cette région, le Minas Gerais est réputée pour être le coeur architectural et culturel du pays notamment grâçe à la ruée vers l'Or du 17ème siécle.
On fait le tour des innnombrables églises du villages, on arpente les rues pavées en subissant leur inclinaison et on profite du payage valloné.
La région est vraiment trés plaisante et on découvre un autre aspect du pays. Impossible de dormir dans le village trop pentu et étroit, on roule jusqu'à une station où on se laisse tenter par le fameux buffet à volonté avec une limite de 150g de viande par personne comme on trouve souvent le long des routes.On s'installent donc au milieu des camionneurs et comme eux, on regarde la télé. On avait presque oublié que ça existait.
Jeudi 17 mars : tindin!!!!!!!!!!!!! 100 000 km tout rond au compteur depuis le départ de Montréal ! Pas mal ?! En 622 jours, soit une moyenne raisonnable de 160 km par jour.
622 jours, quasi autant de nuits dans la voiture puisqu'on en dénombre seuleument 86 à l'exterieur qui représentent surtout celles passées sous la tente en trek ou sur une ile où Venturette ne peut pas aller.
Nous passons la matinée à Congonhas. La ville est sans éclat. Mais situé au sommet d'une colline, le sanctuaire de Bom Jesus se dresse comme une diademe. Une douzaine de statues sculptées dans une pierre savonneuse et résistante acceuillent le visiteur. L'artiste, Aleijadinho, (signifiant petit estropié), fils d'un menuisier portugais et d'une esclave noire ne savait ni lire ni écrire. D'une laideur effrayante, malade de la lèpre, il ne vécut que pour son art, isolé. Aveugle, paralysé et maudit, il vécut jusqu'à 84 ans et est aujourd'hui parmi les plus grands artistes baroques de l'histoire du Brésil.
Nous trouverons un peu plus de chaleur dans les ruelles de Tiradentes, superbe autre village colonial implanté entre la foret atlantique et les hautes falaises de la Serra de Sao José. L'église principale montre toute l'exubérence du style baroque diffusé par les Portugais et qui dans le Minas Gerais possède une décoration très riche en or, métal abondant dans la région jadis.
En route pour la mythique, Rio de Janeiro, nous tombons sur le posto idéal, comme ils s'appellent tous, avec net, prise et même un petit banc à proximité. Rebelotte, une longue soirée à faire le point dans l'envoi des nouvelles, la sauvegarde des photos, la recherche des visites...
Rio, on arrive !!! Ah ah !
20 novembre 2011
O Bahia, oba oba oba...
Jeudi 3 mars, youhou, Str et Pericou s’apprête à vivre le plus gros événement du pays : Le Carnaval !!!
Autant nous hésitions à l’entrée dans le pays quant à la ville dans laquelle passer cette fête, maintenant c’est clair : Salvador de Bahia !!! Nous voilà !
Au diable Rio et ses écoles de samba, de toute façon pour profiter vraiment de la fête il faut prévoir tout ça des mois à l’avance. Alors, va pour la spontanéité de Bahia.
On attend ce carnaval depuis un bail, mais on s’est aussi mis une grosse pression. Crainte des débordements, de la foule, de la petite délinquance, de la circulation dans Salvador (près de 3 millions d’habitants quand même), de ne pas trouver un l'endroit sur où laisser la voiture, toutes nos affaires et passer la nuit.
Enfin, encore une fois, on essaye d’être le plus prévenant possible. On veut arriver avant l’ouverture des festivités, ce jour, à 20h tapantes !
Plusieurs arrêts en route sont nécessaires pour ranger dans nos chaussettes, slip ou soutif (sans rire), quelques billets et les clés. On met nos fringues les plus pourris, on range la voiture comme jamais et cachons dans les plastiques de l’habitacle tout ce qui a de la valeur. Non, non on n’est pas parano !
Puis, quelques courses en chemin pour avoir des stocks pendant plusieurs jours si jamais on s’attarde.
Allez, on touche presque au but, nous sommes encore à 30 km et la circulation est monstrueuse !!! Quel peuple ! Ca commence (ou plutôt continue) à nous faire peur. Dia, on se sent un peu seul, nous les blancs becs dans une voiture américaine. Restons concentrés sur les indications. Si on se paume ici, on est foutu. Toujours pas de GPS, une carte à la noix, des panneaux incompréhensibles, c’est chaud ! On est très tendu, et on fait ce qu’il ne fallait pas faire, louper une bifurcation !!! Merde, merde, merde… On percute vite heureusement et on arrive à faire demi-tour et retrouver notre chemin. De toute façon, on ne sait pas trop bien où on veut aller. On ne se rend absolument pas compte de l’ampleur du carnaval, des itinéraires des parades, de la grandeur de la ville, de la délimitation du centre… Bref, on est vraiment dans le flou.
On va finalement au plus simple en suivant les panneaux centre en espérant que tout ne soit pas déjà bloqué. H-10 avant le début de la folie. Plus on se rapproche plus ça devient bordélique : petite rues étroites sans nom, sens unique, voitures mal stationnées et surtout rabatteurs ! Ca y est, on est repéré. 3 gars nous hurlent au visage ! Hum, on commence par leur dit qu’on ne comprend strictement rien ?! Ok, on se détend, et on essaye d’entamer la conversation avec eux. On leur explique qu’on cherche un parking sûr pour plusieurs jours dans lequel on peut rester dormir. Ces derniers trop survoltés ne nous écoutent pas et nous font entrer dans leur parking assez glauque sans avoir saisi que nous voulons dormir dans la voiture. On ressort aussi sec.
Plus ça va, plus on est arrêté par un tas de mec totalement allumés qui voient en nous de bonnes proies pour se faire un max de tunes pendant toute la durée du carnaval. L’un d’entre eux un peu plus posé, nous renvoie vers un parking qui devrait faire notre bonheur. C’est un euphémisme, nous sommes au 7ème ciel : grand parking, super calme, avec sécurité et toilettes 24h sur 24. On nous laisse voir le grand chef qui nous autorise à dormir sans payer de suppléments. Le tout pour 20 reals par jour. Trop bien !!! Le détail qui tue, on est au cœur du centre touristique, donc nous pourrons revenir à n’importe quelle heure de la nuit à pied sans crainte.
Il est tout juste midi, on a toute l’après-midi pour visiter la ville avant qu’elle ne soit envahie. Ca ne pouvait pas tomber mieux. On flâne, on repère, on se renseigne pour obtenir le programme et on en profite pour prendre des photos vu que l’appareil ne nous suivra pas pendant la fête. Le quartier historique est absolument époustouflant : débordant de couleur (c’est sur les décos y sont pour quelque chose aussi), des rues qui grimpent, une architecture magnifique et des mamas afros bien costumées pour satisfaire les touristes. Et oui, nous nous sentons beaucoup moins perdus maintenant.
Un dernier saut à la voiture et vers 17h nous partons à pattes les mains dans les poches vers Campo Grande pour le départ de la parade. En chemin, nous sommes effarés. Les locaux s’affairent à la dernière minute pour barricader leur vitrine à l’aide de contre plaqué. Guère rassurant tout ça. Mais petit à petit, la transformation s’opère : tout ferme, plus aucune voiture, les vendeurs de hot-dog s’installent, les stocks de bières s’accumulent, les gens descendent dans la rue, et les dernières retouches s'imposent…
Nous arrivons au pied des tribunes avec 2h d’avance et choisissons de continuer notre marche dans le quartier du Pelo où on mange sur le pouce des sortes de boules frites au poulet.
20h, nous sommes en place, tout devant, près pour le spectacle. La parade commence évidemment au son des tambours et autres percussions locales menées suivis par des centaines de fans. Les troupes s’enchainent et on ne tarde pas à voir nos 1ers chars (immenses camions équipés d’énormes sono) sur lesquels les plus grandes stars locales pavanent devançant des foules de fêtards en transe !
Tout s’enchaine, les danseuses de samba et les mamas afros se joignent à la fête à laquelle nous ne sommes encore que spectateurs. Il y a du monde certes, mais ça reste supportable. Ca ne fait que commencer…
Les rues se remplissent progressivement et on profite d’une pause dans le défilé pour déambuler : une petite crêpe tapioca/coco, hotdog et bière à 1 real soit 40 centimes d’euro. Pourquoi s’en priver ?!
Le défilé reprend : danseurs de capoiera, costumes à plumes… c’est littéralement la folie, bien qu’il n’y ait aucune bousculade. Bien au contraire, la fête est très bon enfant : beaucoup de jeunes certes, mais aussi beaucoup de familles, des enfants aux grands parents. Parmis eux, la moitié sont des vendeurs de bière ! Véritable institution dans le pays, les gens ne boivent que ça et sont littéralement intansigeants quant à la fraicheur de la boisson. Sans rire, tous testent avant d'acheter et n'hésitent pas à changer de vendeur sous prétexte qu'il n'y a pas assez de glace dans la glacière.
Il est déjà minuit avec tout ça et vers 1h les rues sont bondées. On décide alors de repartir vers le Pelo mais notre progression est désormais très limitée : on fait du surplace, les parades bloquent totalement les artères principales. Mais dans le calme, avec beaucoup de patience et de courtoisie de chacun, on y arrive. Personne ne pousse ou ne crie, même pas un doigt de pied écrasé. Chapeau, la conduite est exemplaire.
Bien loin de l'orgie des fêtes de Bayonne, l'ambiance est bien plus agréable et saine. Les gens arrivent à se tenir du moins en ce premier jour. Les plus bourrées sont finalement les étrangers. Quand nous revenons vers le centre historique aux alentours de 3h30, tout est fini. Nous sommes encore là pour plusieurs jours, on y va mollo et partons nous coucher. On a les oreilles explosées mais on est ravi. Ça ne pouvait pas mieux se passer.
Quand on émerge le lendemain, il est déjà 10h40. Quand on vous dit qu'on est vraiment bien dans notre parking. Tranquillement dans l'après midi, on repart se ballader. On pousse jusque Barra via le quartier de Campo Grande. Pierrick en profite pour faire un petit plouf. A 16h, on tente d'approcher la parade, mais on renonce devant la foule. On passe la soirée dans le centre historique où on assiste à plusieurs concerts sur les petites placettes, on suit les trio et les écoles de samba, et rencontrons les énormes marionnettes.
Tout va pour le mieux jusqu'à ce qu'un dégout déborde et qu'une des ruelles dans laquelle nous nous agitons soit envahie d'eau usée. Sauve qui peut sur les trottoirs, l'odeur est immonde... Ca coupe la chique à tout le monde.
On s'échappe, et on part attendre dans un autre coin le défilé de Oludum, un des plus attendu et soutenu. Je crois qu'à ce moment là, on peut affirmer que nous n'avons jamais vu autant de Brésiliens de notre vie. On profite encore de tous ces fameux beignets et filons au lit vers 1h40.
Samedi 5 mars, 3 ème jour. Le week-end a commencé, la fréquentation va atteindre son apogée. Visite de la Ciudad Baixa dans l'après-midi et soirée à Barra, où nous nous placons du côté du phare au milieu d'une foule immense. Ce que tout le monde attend aujourd'hui, ce sont les Blue Man Group qui ont déjà plus de 2h30 de retard sur le planning. Heureusement, d'autres groupes apparemment tout aussi connus au vue de la foule délirante chauffe l'ambiance. Les cadeaux pleuvent du ciel et nous nous débattons comme tout le monde pour avoir notre part ! Quand les Blue Man arrivent, l'ambiance est survoltée et tout le monde s'agite. De toute facon, les Brésiliens passent 100% de leur temps à danser, c'est comme une drogue pour eux. Même quand ils se dépacent c'est en dansant. Nous repartons tranquillement vers notre lieu de résidence, à environ 6km tout de même. Et oui, qu'est ce qu'on trotte ! En chemin, on croise de nouveau des danseuses brésiliennes qui sont peut-être bien les seules à ne pas avoir le coeur à remuer du popotin, des empanadas du tonnerre pour nous ressourcer, un passage à notre vendeur de hot-dog et bière préféré qui connait déjà notre commande, et on file se reposer. Aussi étonnamment que cela puisse paraitre, nous ne sommes absolument pas génés par le bruit et dormons comme des loirs.
Le rendez-vous du lendemain à ne pas louper est le défilé des Fils de Gandhi, costumés en bleu et blanc, portant des gros colliers de perles, ils ont la particularité d'arroser leur spectateurs avec de l'eau de cologne !
Nous nous postons en haut d'une rue en pente de laquelle nous pouvons observer l'immense tache noire qui s'étend à perte de vue... oui la foule, dans laquelle nous sommes ! Vraiment très impressionant.
Les policiers sont quand même très présents. Ils sillonnent chaque rue par groupe de 4 ou 5 en file indienne. A leur passage, il faut vraiment dégager la voie. Ces derniers sont armés d'une machette et n'hésitent à s'en servir si quelqu'un montre la moindre forme d'opposition. En même temps, nous les avons vu s'en servir qu'une seule fois en 5 jours, mais c'est relativement impressionnant notament quand il s'agit de femmes ou d'enfants. C'est peut-être pour cela que tout le monde se tient à carreau. Bien sur, on imagine que les fouteurs de merde sont aussi de la partie mais nous n'avons pas croisé leur chemin.
Aujourdhui, nous avons gardé l'appareil photo histoire d'avoir quelqures souvenirs. Nous restons donc dans le quartier touristique, le plus surveillé et le plus familiale. Beaucoup d'enfants de sortie en ce samedi soir, plus beau que jamais dans leur petit déguisement. Tout comme eux, nous ne ferons pas long feu aujourd'hui et après une nouvelle petite pause pour des succulents salgados, on retrouve Venturette.
A noter que le seul soir où nous avons pris l'appareil photo pendant 2h nous nous sommes faits embêtés. Un gars m'est rentré dedans de manière assez violente, assez pour me couper le souffle et me déboussoler pendant un bon quart d'heure. Discrètement cette fois ci, il revient à la charge en se placant à coté de moi pendant un défilé et en fouillant ma ridicule poche dans laquelle je n'avais rien bien sur. Dommage, je m'en rend compte. On fait du bruit et le gars dégarpi aussi sec. Comme quoi, faut vraiment y aller sans rien du tout. On ira poser l'appareil photo illico presto.
Et voilà, lundi 7 mars, le carnaval continue, mais nous nous décidons de partir. 4 jours déjà c'est pa si mal. Il faut qu'on avance.
On se réveil tot cette fois-ci car le but est de quitter la ville en prenant un bac avant que l'agitation ne commence. Mais la queue pour le bac est très mal gérée : nous arrivons à 7h30 et à 9h30, nous sommes toujours en file.
Allez, quelques bonnes heures plus tard, nous serons tirés d'affaire et pourrons profiter de la mer comme beaucoup de Brésiliens en cette période de carnaval. Ben, non, ils n'étaient pas tous à Salvador ?! D'autres en profitent pour fuir les villes et aller passer quelques à la plage. A Praia Barra Grande, On se trouve un coin à côté d'une posada-restau pour la nuit et profitons le lendemain de l'eau transparente et des cocotiers. Mais en cette période nous ne sommes plus seuls au monde comme à notre habitude. En ce qui me concerne, je boude un peu masque et tuba. Voila plus d'un mois, que mes lèvres me font une réaction bizarre au contact du trio : sel, sable soleil. Trop chiant, ça ne passe absolument pas, et je me traine cloques et brulures qui sont particulièrement génantes.
Heureusement, ça ne m'empeche pas de croquer dans le coeur d'une belle coco que mon tarzan m'a ouverte pour notre gouter quotidien.
Voilà, la tounrée des plages reprend après cette inoubliable étape à Salvador, qui restera l'un des temps fort du Brésil, voir même de tout le voyage ! Une belle leçon sur l'art de faire la fête, un bel exemple à suivre !
05 novembre 2011
Sea, sand and sun
Plus on approche de l'état de l'Alagoas, plus les choses commencent à devenir sérieuses. On avoue qu'on a peu oublié à quoi ressemblent les plages en France. En tout cas, au Brésil c'est du lourd. Plus on en fait, plus elles sont belles !
Nous voila dans le Pernambouco, et on ne regrette pas d'être arrivés jusque-là !
On vous présente Praia Dos Carnieros, petit coin de paradis comme on les imagine. Alors le programme de la journée, c'est très simple : buller ! Et dans un cadre pareil, c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Et en plus, ici, il fait beau :)))
Alors, on se débrouille pas mal non ?
La plage est protégée par un petite barrière de corail, qui à marée basse se dévoile et fait apparaitre des petites piscines aux eaux transparentes dans lesquelles les poissons sont pris au piège. Pas cool pour eux, mais ça nous assure des belles séances de snorkelling.
N'ayant toujours pas goûter à la Carne do Sol (sorte de steak séché au soleil), on décide d'y remédier dans ce cadre magique. C'est les pieds dans le sable avec la vue sur la plage, qu'on vient nous servir un plat gargantuesque (dommage il ne font que pour 3 personnes...).
Viande, tapioca, bananes cuites, fromage fondu, fayot, farine de manioc, riz et crudités...
Après un tel repas, impossible de bouger. On se contente de couler tellement on a le ventre plein dans cette eau irréllement chaude. Tant pis, cette plage mérite bien qu'on y passe un 2ème jour de toute facon !
Mangues et noix de coco fraichement cueillies en guise de repas ce soir. On passe la nuit sur le parking du restau où quelqu'un veille sur le bel écran plat.
La chaleur nous réveille à 6h du mat', mais ouf l'eau n'est qu'à 20 mètres. Impossible de dormir cette nuit, il a fallu chasser ces p****** de moustiques de m***** toute la nuit en vain. Ni la raquette tueuse ni le DEET 10 ne sont d'une grande d'aide. Heureusement, on compte finir notre nuit sous notre cocotier préféré.
Mais le ciel est orageux aujourd'hui et nous ne nous attardons pas.
Vers 14h, nous partons donc en direction de Maragogi où nous investissons, en tant que plagistes de compétitions, dans l'achat de raquettes de plages et d'un nouveau bikini. Nous nous installons à côté de la caserne de pompiers pour la nuit qui sera parfaite : calme, température idéale et surtout zéro moustique.
Réveil com d'hab à 6h, et à 7h nous sommes déjà en train d'essayer nos nouvelles raquettes sur la plage. Mais c'est sur une autre plage un peu plus loin, du coté de Japaratinga, que nous en prendrons de nouveau plein les yeux. Aux confins d'une baie, les eaux ici sont d'un profond turquoise laiteux.
Parfait, pour notre collation de la matinée à base de mangues fraîches. On y observe aussi les locaux dans leur rituel de pêche au filet. Une dizaine d'hommes, plus de 40 min de labeur, tout cela, pour récolter aujourd'hui seulement une douzaine de poissons.
Il nous faudra prendre un bac dans l'après-midi pour rejoindre Praia Patacho et traverser une immense cocoteraie. Mais le jeu en vaut la chandelle. La plage est tout simplement subjugante : une immense bande de sable bordée de cocotiers parfaitement alignés.
On y arrive pile poil pour l'heure du goûter : la coco-time ! Ah, les fruits au Brésil sont vraiment un don du ciel. Pendant que Pierrick s'archarne sur elle, je pars faire mon footing. Il sera bien plus en âge que moi...
Nous dormons au mileu des cocotiers au bord de la plage et seront réveillés à l'aube par des hurlements. Des singes ? Non, impossible ! Il s'agit bien d'hommes, ou plutôt disons des hommes singes. Ces derniers nous offrent un spectacle insolite. Avec une habilité digne de nos plus anciens ancêtres, ils se hissent au sommet des plus hauts cocotiers pour en faire tomber leurs précieux fruits. Une fois en haut, ils hurlent à celui qui reste en bas le numéro de l'arbre et le nombre de fruits qui en est tombé.
On a bien fait de déplacer Venturette afin d'éviter qu'elle ne soit pas esquintée. Pas très rassurés quand même, on ne les quitte pas des yeux et attendrons qu'ils aient fini leur opération pour petit-déjeuner sur le sable.
Après beaucoup d'hésitations, on décide de ne pas rester toute la journée ici. Mine de rien, le temps passe et il nous reste encore tant de route jusqu'à retrouver l'Argentine.
On galère ensuite beaucoup pour trouver l'accès de la prochaine plage, Praia Sao Miguel de Los Milagres. Finalement, nous aurions peut-être dû rester là où on n'était. On sait ce qu'on quitte et on ne sait pas ce qu'on va trouver plus loin. Mais nos efforts seront récompensés. La plage, une nouvelle fois, est sensationnelle : eau hallucinante, pur sable blanc et toujours cocotiers.
Et pour couronner le tout, comme à l'accoutumée, nous sommes seuls au monde. La mer est décidément bouillante, on ne pensait pas que ca puisse être possible. Cette fois-ci, on préfère la coco, fraîche (et non sèche) et nous nous désaltérons de son eau.
Après une nuit sur place, nous visons la Praia Do Carro Quebrado sans toutefois être certains de pouvoir l'atteindre. Le Lonely annonce un bac assez cher, nous voulons plutot tenter un accès à pied, soit 7km aller. Une fois sur place, pas de bac mais encore mieux un pont ! Qui dit pont, dit accés par la route. Bien évidemment les locaux essayent de nous en dissuader et les enfants se proposent de monter avec nous pour nous guider en raquant bien-sur. De toute facon, ca ne correpond pas trop à notre programe de la journée. Pas envie d'être bloqués par le gamin qui ne nous laissera qu'une heure sur la plage et nous contraindra à manger dans le restau de sa mère au retour en ville. On va de nouveau tenter notre chance seuls, ça nous rappelle quelquechose... Donc, 1- trouver le départ de la piste. On met un peu de temps, mais on arrive à soutirer ces infos aux locaux en leur faisant croire que nous allons accepter leur service. 2- Continuer sur la bonne piste s'en ségarer. Pas évident quand il y a plein de fourches... 3- Ne pas s'embourber, ce que fera le véhicule devant nous. Pierrick part pousser pour aider ce groupe de jeunes locaux qui, reconnaissants, acceptent que nous les suivions. Ouf ! On n'aurait jamais trouvé sans eux.
Une fois garés, nous marchons un petit kilomètre et arrivons dans un coin féérique.
Pas un chat, un parfait cocotier solitaire qui ne demande qu'à nous ombrager. Sable blanc, eau turquoise comme sur les cartes postales. Seule ombre au tableau, un petit garcon rencontré en chemin avec qui Pierrick discute, un peu trop curieux au sujet de notre voiture. Pas tranquille, cela oblige Pierrick à faire des allers retours pour protéger Venturette de toute attaque. Enfin, on reste quand même la journée et on récupère la voiture intacte.
On obtient une 1ère autorisation de dormir dans un posto du côté de Maceio. Mais notre tranquillité va être dérangée par un bof qui n'a rien de mieux à faire en ce samedi soir que de venir passer la soirée dans la station. Tout seul avec sa bière à la main et surtout sa sono à fond (plus qu'à fond même malgré le panneau " sono de voiture interdite"), il est vraiment pitoyable ! Le grand classique du Brésil : les gens préfèrent pavaner avec leur belle voiture dans une pauvre station service que passer une soirée entre amis...
Le bruit est insupportable, on préfère partir. Ca peut durer des heures. On n'aime pas ça car il fait nuit et nous sommes dans une grande ville. Nul autre choix que d'en sortir en espérant trouver une autre station où on nous accepte. Nous finirons par rouler plus d'1h.
Dimanche 27 février, nous nous fondons au milieu des locaux sur la Praia Frances envahie par les restaux. Nous préférons le sable même si la pluie nous oblige à nous abriter sous notre parasol.
On décide d'aller chercher le soleil un peu plus loin. Là encore, Praia de Gunga n'est pas censée être accessible en voiture. Mais notre guide date un peu et nous avons l'agréable surprise de constater qu'un pont et une route ont été construits. Les locaux nous indiquent même volontairement le chemin. La mer est cette fois-ci très agitée et le bain n'est pas de tout repos. Sur place, on profite de la douche et partons se trouver un petit coin au milieu des cannes à sucre.
Du changement pour aujourd'hui, une plage oui, celle de Pontal de Coruripe mais sutout la visite de la splendide ville de Penedo.
On se trouve un nouveau posto pour la nuit, et pendant que je profite de ma douche (non en fait pendant que je suis bloquée dans les sanitaires car un crapaud de la taille d'un lapin bloque la sortie), Pierrick lui sympathise avec des camionneurs. Le matin, au réveil nous découvrons un gentil cadeau de nos potes camionneurs (décidément les meilleurs du monde) qui pendant la nuit nous ont fait de magnifiques croquis des routes qu'il vaut mieux emprunter. C'est y pas mignon ?!
On reprend la route vers Pontal d'où nous espérons trouver le bateau qui nous ménera vers Mangue Seco. En chemin, on demande conseil à un local qui nous garantit qu'il existe un accès par la terre par le sud. On va donc tenter cette option. Mais plus facile à dire qu'à faire : effectivement aucun panneau n'indique cet accès et personne d'autre ne connait. On finit par prendre des routes totalement au feeling et arrivons à trouver un gars qui nous confirme l'info. On prend donc la route vers Costa Azul où nous allons avoir plus d'infos. Selon les dires de ce gentil brésilien, il nous suffit de ne pas louper l'accès à la plage sur laquelle nous allons rouler (et oui ?!). Le repère : 3 cocotiers. Nous roulons actuellement sur une piste qui longe la côte et au bout de plusieurs kilomètres on commence à douter : y'a des cocotiers partout!!! On commense à se dire qu'il s'est bien foutu de notre gueule ! Mais non, on finit par y arriver. Seul hic, l'entrée sur la plage n'est pas si évidente. Du moins pas pour Venturette. On joue la sécurité et afin d'éviter de s'enliser en passant la mini dune qui sépare la plage de la piste, on se construit un tapis à base de branches de palmiers. Oui, comme dans Koh-Lanta... Après avoir beaucoup tourné autour, et hésité, on finit par se lancer. Ouf, c'est passé. Mais nous ne sommes pas sortis de l'auberge pour autant. Notre préoccupation principale : la marée. Un détail non négligeale. Comme partout dans le pays, les marées sont impressionantes. Il s'agit donc d'arriver à Mangue Seco, à 30km de là, avant que la mer ne remonte. Je nous vois déjà enlisés et engloutis par la mer, assistant impuissants à la noyade de Venturette. Pierrick quant à lui a peur de ne pas trouver un échappatoir à l'arrivée.
On profite quand même de cette expérience magique. Seuls sur le sable, un sentiment de liberté nous envahit.
Nous ne croiserons des buggys que sur la fin et arrivons comme des fleurs à Mangue Seco.
Venturette en sécurité bien loin de l'eau, nous profitons de la beauté du site et nous installons dans une barraca bien à l'ombre.
Allez, on décide de tester enfin une des spécialités locales les plus réputées : le moqueca de poisson, sorte de ragout cuisiné avec du lait de coco, de l'huile de palme et du piment. La marée monte et nous dégustons notre festin les pieds dans l'eau.
C'est alors qu'une méchante vague vient troubler notre festin. Elle avale tout sur son passage. Le repas est sauvé mais par contre, nos affaires partent à l'eau sans qu'on est le temps de réagir. Le courant est tel que Pierrick aura bien du mal à récuperé notre Lonely Planet, notre Atlas routier (le Cuadra Ruta, excellent soit dit en passant) et nos romans... Heureusement l'appareil photo a évité le bain. Nous croyons avoir sauvé les meubles et reprenons notre repas après avoir déménagé. 10 min plus tard, on se rend compte qu'on ne trouve plus les clés de la voiture ! Horreur ! Et merde... finalement le plus important ! Pas de panique pour autant on a toujours le double sur nous. Et oui, faut pas nous prendre pour des débutants. On reste quand même bien embêtés car 2 jeux c'est vraiment le minimum. Et refaire un double sachant que c'est une clé codifiée risque de ne pas être facile. On termine le repas avec un peu moins d'appétit et partons chacun notre tour pour une longue marche sur la plage dans le but de retrouver notre clé que le courant aurait peut être déposé plus loin. Mais rien, l'un comme l'autre revenons bredouille.
Alors que nous nous appretons à quitter le "restau", un des serveurs vient nous voir avec nos clés à la main. Incroyable, il a réussi à les récupérer à marée basse. Muito obrigado !!! Comblés, on reste sur place pour la nuit, de toute façon il est trop tard pour repartir, la marée remonte déjà. Les propriétaires nous rassurent : le coin est sur pour la nuit. Une petite ballade au coucher du soleil pour conclure cette merveilleuse journée.
A l'heure du diner, nous sommes toujours en train de digérer le moqueca et nous contentons d'un apéro maison de coco et cajoux.
Le lendemain, à 6h pétante, nous sommes déjà en train de petit déjeuner face à la mer et entamons dans la foulée les 1.5 km qui nous séparent du village, plus à l'intérieur. Le village est bati entre les dunes, le sable dans les rues remplace le bitume. Les enfants font même une partie de pétanque avec des cocos. Un dernier plouf et il est temps de repartir si on veut profiter de la marée basse tout en ayant le temps de s'arrêter à Praia Coqueiros à 15 km. On abandonne Venturette sur la plage le temps d'une nouvelle marche.
Le retour sur la piste va être poussif. Le terrain est légérement ascendant, ce qui donne du mal à Venturette et son pilote. On reconstruit notre tapis et on y va. Je préfère descendre pour guider Pierrick.
Hum, 1ère tentative : échec. Venturette patine, glisse et perd de la vitesse. Pierrick n'insiste pas arrive à se dépétrer en repartant en marche arrière.
2ème tentative : ok, on prend de l'élan ! Vroum, vroum, rien y fait !
Bon, on commence à stresser un peu, la mer monte lentement mais surement.
3ème tentative : ça rigole plus, faut qu'on sorte de là. Un max d'élan, Venturette arrive à fond les ballons, et passe enfin avec succès cette satanée micro dune ! Pfouuuuuuuu, ayé on est de l'autre côté et ca va mieux.
Allez, on roule vers Praia Do Forte, station balnéaire ultra touristique qui nous attire pour son projet Tamar. Le projet Tamar est un vaste programme d'aide à la survie des tortues de mer. Nous sommes dans la bonne saison et allons pouvoir assister à l'éclosion des oeufs et à la relàche des bébés tortues à la mer. Bien sur tout cela aurait été plus sympa en pleine nature mais après plusieurs essais non concluants, on se rabat sur ça. C'est tout de même très émouvants de voir cette centaine de tortues à peine nées se jeter dans la grande bleue à corps perdu.
Et voilà, elles reviendront ici même dans quelques années pour déposer à leur tour leurs oeufs.
Sur ce, s'achève une nouvelle étape de notre séjour...
Notre prochain rendez-vous, qui va mettre en transe tout la pays, le Carnaval, qui commence demain, jeudi 3 mars dans les rues de Salvador de Bahia bien entendu !!!
01 novembre 2011
Descente du littoral brésilien : les 19 premières plages du Nord au Sud
Lundi 7 février, on continue la grande descente. Une matinée de route récompensée par une nouvelle belle plage, la Praia Lagoinha. Nous la contemplons d’abord de haut depuis la route en corniche. On décide alors d’aller voir ça de plus prés et passons un bon moment dans l’eau chacun notre tour à lutter contre ce maudit courant.
On ne s’attarde pas, et allons passer la soirée sur une nouvelle plage, Praia Taiba radicalement différente mais toujours aussi accueillante, du moins pour la journée.
Quand la nuit tombe vers 17h30, c’est une autre affaire. On préfère alors reprendre la route et retrouver la nationale sur laquelle on devrait trouver une station pour la nuit. On finit par trouver même si la station est fermée mais l’agent de sécurité nous autorise à y rester. Une bonne douche bien fraîche et une belle salade de fruits exotiques (banane, ananas, fruits de la passion, mangue et goyave :P) tout aussi fraiche, quoi de mieux pour conclure cette journée.
Le lendemain, on prend les mêmes et on recommence. On se réveille aux aurores avec le soleil, on roule et on se déniche de nouveau une splendide plage, Praia Cumbuco. On se noie dans les vagues, je tente un footing aux premières heures avant que le chaleur ne monte et surtout on lézarde bien à l’ombre.
Comme la veille, on termine la journée par une 2ème plage où de jeunes surfeurs affrontent de superbes vagues. Pour faire original, on passe de nouveau la nuit dans un posto (on ne peut plus se passer de notre douche quotidienne) et pendant que Pierrick s’occupe de la rotation de nos pneus, je nous prépare une bonne salade de riz.
Rebelotte le lendemain, cette fois-ci nous partons en direction de la plage de Morro Branco qui a la particularité d’être bordée de falaises rougeoyantes. Les formations rocheuses dessinent de petits canyons dans lesquels nous prenons plaisir à déambuler.
Nous prenons ensuite de la hauteur d’où le contraste du rouge de la pierre avec le turquoise de la mer est éblouissant.
De là haut, on observe amusés les dizaines de buggys qui conduisent les touristes à ces cayons alors qu’ils sont accessibles en 5 min à pied. On longe un peu les falaises pour profiter du panorama avant de redescendre faire un plouf. On entame une jolie marche sur le sable qui aurait pu être encore plus agréable si on ne se faisait pas klaxonner toutes les min par les buggys. Enfin, c’est comme ça au nord du Brésil, la plage est réservée aux voitures. On atteint des mini cascades d’eaux douces et en profitant pour se rincer. Sait on jamais peut être ne trouverons nous pas de douche ce soir. On pique nique sous la voile d’un de ces typiques bateaux du pays, les Saveiros.
La route vers Caixaba nous prend pas mal de temps si bien qu’on n’y arrive que pour la soirée. A peine le temps de faire une promenade sur les passerelles et d’échanger quelques romans dans une auberge de jeunesse qu’il nous faut de nouveau penser à là où on va pouvoir passer la nuit.
En route, on se mord les doigts d’avoir laisser passer une station service. Il commence à se faire tard et bien évidemment, on se fait arrêter par les flics. Il fait maintenant nuit, le flic ne comprend rien à notre voyage, les moustiques sont désormais de sortie et se font un malin plaisir de nous dévorer et pour combler le tout des chiens tout pouilleux nous assaillent. Après plus d’1/2h avec le flic, on finit par repartir. On poussera finalement jusqu’à Icapui. Mais même dans la ville pas évident de trouver où dormir. Finalement, un agent de sécu nous accueille de nouveau dans sa station et nous offre une douche. Quand on se réveille au milieu de la nuit, tout est éteint et on ne voit plus personne. On part faire une ronde mais si, notre garde du corps est bien là, dans un coin, en train de tisser un beau hamac !
Depuis Incapui, nous rejoignons la Praia Redonda que nous ne sommes pas prêt d’oublier.
Nous y dégustons une langouste de plus de 1kg pour quasiment rien accompagnée du traditionnel farofa (farine de manioc) et d’ 1l de bière !
On manque d'ailleurs de faire pleurer le serveur. Mais bon, c'est de sa faute aussi. C'est lui qui nous ressort l’histoire du 3-0. Tellement déçu, tant d'années plus tard : qu’il se rassure, ça n’arrivera plus !
En route vers Mossoro, on refait le plein d’eau dans une station et on passe alors une bonne partie de l’aprem dans un centre commercial à tenter de sauvegarder nos photos et envoyer quelques nouvelles. Mais devant autant de lenteur, et sans prise de courant, on abandonne. On tombe alors sur un posto de fou : c’est un véritable camping ! A vue de nez une petite centaine de camions : les chauffeurs se trimballent en direction des douches avec la serviettre sur l’épaule ou installent leur hamac à l’arrière du camion. On se fait notre place et profitons d’une bonne douche. Enfin surtout moi, parce que chez les hommes la queue est monstrueuse.
Vous avez compris maintenant, on va de plages en plages ! Donc pour aujourd'hui, une petite nouvelle accessible que par bateau. On rejoint l'embarcadère via une très belle route qui nous fait traverser des champs de pétrole et longer une côte rougeoyante et une mer turquoise. On se paume un peu, mais in transexuel nous renvoit vers le bon chemin. Une fois sur la péninsule de Galinho, nous avons la plage pour nous, il n'y a pas foule dans ce petit village coloré de pêcheurs. L'eau y est toujours aussi belle bien qu'un peu vaseuse tout de même. Une jolie marche vers le phare et nous reprenons le bateau et la route vers Natal.
Nouvelle nuit, nouvelle station, nouvelle douche. Si ça continue notre budget savon va dépasser celui en essence !
On s'arrête alors à Genipabu à quelques kilomètres de Natal.
Nous y sommes acceuillis par des hordes de buggys qui se jettent sur nous pour nous embarquer pour une petite excursion. On se laisse convaincre à condition de partager le véhicule avec 2 autres touristes. Un gars nous promet de nous trouver nos compagnons en 2 temps 3 mouvements. Nous lui faisons confiance, à tord. 2h plus tard nous attendons toujours alors que nous le découvrons gentiment appuyé au bar... Pendant ce temps, on tue le temps à la plage, espérant qu'il vienne nous chercher. En vain, on perd patience et quittons les lieux sans rien demander. C'est alors qu'on vient nous réclamer du fric pour le parking. Faut pas pousser le bouchon non plus. On refuse de payer expliquant que si nous nous sommes garer c'est uniquement parce que le gars du buggy (cousin de celle qui gère le parking) nous a promis une excursion. Ca se gâte : la gérante du parking s'en fout et ne veut rien entendre. On lui explique que le buggyman se fera un plaisir de payer le parking à notre place, encore faudrait il qu'il ait assez de couilles pour venir se montrer. S'en suit toute une suite de propos assez véhéments en portugais. On ne comprend pas tout ce que la vieille nous dit, elle non plus d'ailleurs ne semble pas trop saisir notre portugespagnol. En tout cas, son fils lui a bien compris qu'on ne paiera pas et essaye de raisonner sa mère qui n'en démors pas et va même jusqu'à me mettre son poing dans la gueule ! Ca, ça clou le bec à tout le monde sauf à moi bien sur qui prends la sextagenaires à la gorge et l'étale au sol .... Noooooooooon, je rigole bien sur. Pierrick est dans une furie furieuse alors que je reste sonnée, non pas par la violence du coup (c'est une p'tite vieille), mais par le geste. Je me remet de mes émotions et rejoint Pierrick qui hurle comme un putois sur toute la famille. Entre temps la vieille, semblant incontrolable, a été enfermée par son fils derrière une grille pour contenir cet accés de violence. Si, si, je vous jure ! Le jeune un peu plus réfléchit se confond en excuse devant le comportement de sa mère alors que Pierrick les menace d'aller faire un tour au commissariat tout ensemble. Evidemment, devant un tel bordel, un attroupement s'est formé, et étonamment les locaux vont prendre notre parti et m'encourage même à lui en foutre une. Devinez qui voilà maintenant... les flics juste de passage, la tension s'appaise et on peut reprendre notre route totalement déconcertés d'en être arrivés là !
On va passer nos nerfs dans un carrefour. On reste un moment dans la food-court s'acharnant sur la mauvaise connexion internet tandis que les locaux sirotent leur géante girafe de bière avec un méga système de tube rafraichissant. Les Brésiliens et leur bière fraiche, toute une histoire ! A 19h, alors que "DJ Abdel" arrive au platine de ces modestes fast food pour une soirée de folie (ou pas), on préfère laisser la place. On galère dans Natal pour trouver notre chemin. Comme d'hab au Brésil, tout est très bien indiqué jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien... Une station très moyenne mettra fin à cette journée décidément foirée.
Au réveil, il fait déjà très chaud même si ça n'a rien à voir avec les chaleurs connues en Amérique Centrale. On va se rafraichir sur la plage de Pirangi Do Norte, mais le ciel se gate, et c'est dans Venturette sous une pluie tonitruante que nous pique-niquerons.
Notre prochaine destination est Praia Pipa, mais le temps nous fait douter. De peur de ne pas trouver où dormir en sécurité autre que dans la ville, nous poursuivons la route. Nous arrivons dans ce village balnéaire bien touristique dans la soirée toujours sous la pluie. On tente une brève sortie et trouvons un coin vraiment sympa en pleine nature où dormir.
Lundi 14 février, pas de grasses mat' d'amoureux mais un réveil à 5h30 ! Le soleil est déja levé et il ne faut pas traîner si nous voulons atteindre la Bahia dos Dolphinos accessible qu'à marée basse. Il parait qu'on peut y nager avec des dauphins. Sceptiques, on va quand même tenter notre chance. 6h du mat', 1er bain... mouai pas l'ombre d'un dauphin. Ce n'est qu'en ressortant de l'eau, qu'on les aperçoit ! Ils sont bien au rendez-vous !!! Ni une ni deux, on retourne à l'eau, et malgré les méchantes vagues on s'éloigne un peu de la côte pour mieux les voir. Ca fonctionne, les dauphins petits à petits se rapprochent. Incroyable !!! Ils nagent, pèchent, sautent "autour" de nous. Bien sur, on ne peut pas les toucher, on n'est pas à Sea World ! Mais les plus proches sont à 5 mètres tout au plus. Sea World, non, mais pourtant pas si loin, quand on les voit enchaînés les sauts et vrilles dans les vagues. Quel beau cadeau pour cette Saint Valentin 2011 !
Après plus de 4h sur cette baie, on préfère repartir avant d'être bloqué pour la journée. La Plage de l'amour nous attend pour une jolie marche entrecoupée de bains. On monte en haut de falaises d'où la vue est exceptionnelle.
Pour bien conclure la journée, on s'ouvre une bouteille de Padre Cicero. Mais la fête va être troublée : en plein repas, alors que la nuit est déjà tombée une voiture s'approche. Etrangement, elle semble faire comme un signal avec une lumière hyperpuissante. On pense à un dealer qui cherche son client. Au bout de plusieurs minutes, des gars finissent par sortir. On n'y voit strictement rien mais on entend des voix qui semblent nous demander de sortir du véhicule. Déjà bien enfermés, on n'a pas trop l'intention de descendre. On pense alors bien-sûr à la police, mais la voiture n'est pas balisée et ils ne se sont pas identifiés. C'est bien elle. On leur laisse entendre que leur méthode d'approche n'est pas très rassurante. Il est a peine 18h30 (ben oui on mange très tot, tellement le soleil se couche tôt) et il faut quitter les lieux. On ira alors passer la nuit sur un parking surveillé.
Le lendemain, on ne résiste pas et on retourne nager avec les dauphins. Ben oui, ça ne nous arrive pas tous les jours, à nous pauvres français. On reprend ensuite la route vers Joao Pessoa avec une station comme terre d'acceuil pour la nuit, encore ce qui fonctionne le mieux.
De la route toujours de la route... depuis notre entrée au Brésil, on roule quand même beaucoup plus que dans les autres pays. Au moins, on voit du pays, mais on se dit qu'il faudrait 1 an voir 2 pour vraiment visiter dignement le pays. En tout cas, on ne peut s'empêcher de comparer le Brésil au Mexique : les infrastructures, la taille du pays, cette végétation luxuriante, les plages et le niveau de développment, autant de détails qui nous rappellent notre séjour au pays des Mariachis.
On coupe souvent la route par des arrêts courses. Rien de mieux que des kilos de noix de cajou pour tuer le temps. Aujourd'hui nous atteignons le point le plus à l'est des Amériques... Ca vous fait une belle jambe, hein ?!
Nous ne serons qu'en fin d'aprem à Praia Coqueirinhos.
Dommage nous qui avions investi dans un beau parasol, le soleil est quasiment couché à 16h30. Je laisse Pierrick à ses lectures et part pour un agréable footing suivi de plusieurs longueurs. On se trouve même un coin dans la cambrousse pour la nuit qui nous permettra de profiter de cette superbe plage le lendemain.
7h pétantes, nous sommes déja sur le sable profitant des seuls rayons de soleil de la journée que notre peau de blanc bec supporte. On alterne marche et bain chacun notre tour et alors que Pierrick s'attaque au cocos du cocotier qui nous ombrage, je retourne à mes longueurs.
Brave homme, il lui faudra toute l'après-midi pour venir à bout de 3 cocos. Mais quel délice, quel exotisme : mère nature nous gâte au Brésil.
On redort au même endroit. Sur la route, on retrouve les camions à la coupe afro débordants de canne à sucre déjà rencontré au Panama. Pas de plage aujourd'hui, mais la visite de la très colorée Olinda ! Il faut dire qu'on tombe bien, la ville se prépare pour le carnaval et les décorations sont déjà en place.
On se laisse alors tenter et goûtons au tapioca sous forme de galette au fromage et à la coco.
Tout proche se trouve Recife, une nouvelle grosse métropole dont la circulation va nous donner du fil à retordre. Totalement bloqués dans les bouchons, on abandonne et passons la nuit dans une station au coeur de la ville. Le lendemain, on évite volontairement les plages. Et oui, des réquins (les méchants ceux prêts à te bouffer tout cru) trainent dans le coin parait-il... Nous préférons la jolie plage de Calhetas où nous allons faire une rencontre que nous ne sommes pas prêts d'oublier.
Nous arrivons sur cette petite crique aux eaux vertes et bien calmes (pour une fois) vers 8h. On déplore toujours la présence de ces restaux de plage qui altèrent un peu la beauté du site. C'est alors que Pierrick fait connaissance avec Francisco, un sociologue Jésuite d'une soixante d'année parlant français. De fil en aiguilles, on rejoint sa table où il déguste crabe et bière avec son jeune employé, Orlando 16 ans. Un jeune issu d'un milieu défavorisé qu'il emploie pour entretenir sa propriété et à qui il enseigne le portugais. Bon, soit... Francisco habite dans un petit village à l'intérieur des terres et prétend avoir une petite propriété avec manguiers et avocatiers. Conscient des conditions dans lesquelles on vit dans le cadre de notre voyage, il nous invite à y rester quelques jours et se propose de nous faire visiter le coin. Nous qui disions que nous avions justement du mal à rencontrer des locaux, nous voyons là une bonne opportunité de découvrir le pays sous un autre angle.
Nous acceptons donc l'invitation et les suivons à plus de heure de route jusqu'à Gloria de Goïta. Nous nous arrêtons dans le village pour manger quelques crevettes. Mais très vite, l'ambiance et la fréquentation du "bistrot" éveille en nous quelques doutes (enfin surtout en moi parce que Pierrick a des doutes depuis le départ). Quelques minutes plus tard, la situation tourne au cauchemard quand Francisco nous propose tout naturellement un "petit amusement sexuel" en compagnie de son jeune employé, d'une prostituée, d'un transexuel de 15 ans et de lui même bien entendu. On a beau retourné la situation dans tous les sens, on se demande bien à quel moment de la journée on lui a laissé une chance de penser qu'on serait partant pour ce genre de choses. On est scotché, déclinons séchement son offre et prenons nos jambes à notre cou pour fuir le plus loin possible.
Tanpis, je crois qu'on va limiter nos rencontres aux sympathiques pompistes, certes un peu mauvais perdants mais qu'on ne se lasse pas de taquiner avec ce 3-0 ! Au moins, ça alimente chaque conversation. Allez, une bonne nuit dans un posto sous la surveillance d'un garde avec un fusil à pompe et une bonne douche au milieu des camioneurs nous feront digérer nos mésaventures. Ca c'est une valeur sure. C'est bon, on a compris la leçon, on ne suit plus personne. Pas de bol, quand même, la seule et unique fois qu'on nous invite !
Au moins ça nous aura permis de voir un tout petit peu "l'intérieur" du pays. On traverse une région agricole où l'odeur ambainte trahie la présence de canne à sucre.
Evidemment à la sortie d'un petit village paumé on se fait arrété par un flic incapable de déchiffrer notre permis international : le portugais ne faisant pas partie des langues utilisées sur le doc. Ils nous laissent quand même repartir et nous arrivons à Porto Galinhas une nouvelle fois sous la pluie. Pffffffffff, on commence à en avoir raz le bol de la flotte. Bloqués dans la voiture, on attend que ça passe et ce n'est que quelques heures après que nous pourrons tenter une sortie. Juste le temps de faire une heure de footing que ça recommence. On bat repli dans une station et s'attaquons à ces ignobles moustiques à coup de raquette de tennis électriques. Ceux qui connaissent savent à quel point ça peut etre jouissif. Ahhhhhhhhh ahhhhh !!!
6h40 le lendemain, le ciel est clair mais ça ne va pas durer. 1h plus tard installés sur le sable, c'est de nouveau la douche. Un cajoutier nous sert d'abris et dès la moindre alcamie nous en profitons pour aller explorer avec masque et tuba, les piscines qui font la renommée de la plage. Effectivement à marée basse, nous pouvons atteindre des beaux petits bassins remplis de jolis poissons.
On finit aussi par gouter l'Acai, baie rouge issu d'un palmier que l'on consomme généralement glacée.
Sur la route pour Tamandaré, nous constatons que la région est envahie de fourmies géantes et qu'ici comme en Colombie, les locaux en raffolent ! Chacun arpente les routes pour chasser la bébête, personne n'hésite à squater le bitume au milieu de la voie pour remplir sa bouteille. Dingue, c'est un véritable concours : dès qu'ils en voient une, ils se jettent dessus...
Allez, j'arrête ici pour cette 1ere partie. Déjà 19 plages à notre actif, et notre bronzage n'est pas mal du tout. Qu'en reste t'il aujourd'hui ? Bouhhhhhhh !
24 avril 2011
Plus de 2 mois au Brésil...
Notre carnet de route étant reparti vers la France avec le dernier carton, il faudra attendre qu'on le rejoigne pour avoir le récit de notre inoubliable séjour sur la côte Brésilienne.
En attendant, voici un bref aperçu de ces 2 mois et demi, qui resteront parmi les plus marquants.
D'abord des plages, paradisiaques le mot est faible. Une petite quarantaine ?! Dans ce pays où la plage est un culte, nous sommes devenus des plagistes hors pairs : parasol, raquettes de plages, 5 tubes de crèmes solaires, masque-tuba... Chaque jour nous en découvrons une plus belle ! Pour nous, les plus belles plages du continent américain sont là !
Des bons petits plats, des produits de la mer, des tonnes de fruits exotiques. La gastronimie française nous manque tout de suite beaucoup moins. Les mangues sont un cadeau du ciel. Ici, elles ne s'achètent pas, mais se ramassent à volonté. 4 par jour c'est un minimum. Nous ajoutons à ce régime des tropiques des cocos que nous dégustons sur le sable. Et nous ne manquons pas de gouter quelques spécialités : langouste, tapioca, carne do sol ...
La chance de pouvoir participer à un des plus grands carnaval du pays, celui de Salvador de Bahia. Surement l'un des meilleurs moments du voyage. 4 jours de folie dans les rues de Salvador de Bahia à vibrer aux rythmes des percussions et des trios électroniques dans une ambiance 100% afro. On en prend plein les yeux et surtout plein les oreilles. Véritable carnaval de la musique. Il faut y être pour le vivre. Les Brésiliens nous donnent une grande leçon sur l'art de faire la fête !
La région des villes coloniales dans le Minas Gerais où on multiplie ballades au coeur de ruelles pavées et visites d'innombrables églises.

4 jours dans l'unique Rio de Janeiro. Une ville exceptionnelle de par sa situation géographique. Entre montagnes, forêts luxuriantes et une baie absolument magique, nous "grimpons" aux Pain de Sucre et au Cristo Redentor, on déambule sur les célèbres dalles de Copacabana et d'Ipanema, on flane dans le paisible quartier de Santa Teresa et on s'enflamme dans les tribunes d'un des club de foot de la ville...
Encore plus de plages où on trouve toujours un cocotier pour nous ombrager, une eau délicieuse pour nous rafraichir, et un sable fin pour lézarder.
Et parce que le Brésil ne serait pas le Brésil sans les Brésiliennes...
22 avril 2011
En route vers le Nord du Brésil
Le Pantanal, check !
On poursuit par une autre attraction de la région, le Parc National de Los Guimaraes. Cette 1ere expérience avec les parcs du pays ne va pas s’avérer très concluante. Les sentiers que nous avions reperés ne sont accessibles qu’en prenant des guides (de toutes façons en ce moment ils sont même fermés) et la Cité des Pierres est elle aussi fermée au public apparemment depuis un bail. Il va donc falloir se contenter de la cascade du Voile de la Mariée, néanmoins superbe,
et d’un point de vue saisissant sur les plaines du Pantanal.
Après cette brève excursion, nous poursuivons donc vers la capitale du pays, Brasilia. Cette capitale créee dans les années 60, répond à une volonté d’instaurer une capitale à l’intérieur du Brésil qui réunirait toutes les institutions gouvernementales et qui représenterait un modèle de société, de développement urbain et d'architecture. Le résultat est assez surprenant. Nous aurons du mal à nous prononcer sur la réussite de ce singulier projet. Toujours est-il que la ville décrite comme 100% futuriste nous parait un peu vieillotte pour ne pas dire fade et décalée. Nous restons perplexe devant les nombreux monuments dont l’architecture c’est sure n’a pas d’égale dans son genre.
Une journée donc nous suffira.
Notre prochaine étape Sao Luis, plus de 1500 km plus au nord. Autant dire qu’il va falloir se trouver des petites haltes en chemin pour couper la route. C’est du côté de Alto de Paraiso, que nous nous laissons aller à une aprem midi de repos dans les piscines et cascades naturelles de Loquinha.
Un joli havre de paix en pleine végétation où les bassins verdoyants qui appellent à la baignade se succèdent. L’eau est bien fraiche, mais le cadre super. Nous avons même la chance de croiser le chemin de nouveaux singes qui ont tout des grimlins, les micos.
Les kilomètres défilent mais le ciel ne s’éclaircie pas, bien au contraire nous essuyons averses diluviennes sur averses diluviennes.
Nous sommes même contraints de nous arrêter à plusieurs reprises sur le bord de la route pour attendre que ça passe. Et dire que nous allons tout au nord du pays pour profiter des plages tropicales ?!
Au bout de 3 jours de route, nous atteindrons enfin le point le plus au nord de notre itinéraire non sans avoir testé en chemin les fameux restaux au kilo des camionneurs où nous nous offrons un marmitex mémorable (assiette qu’on se compose nous même au buffet pour un prix dérisoire).
Notre arrivée sur Sao Luis en ce dimanche après midi ne nous met pas trop en confiance. On se paume comme jamais incapables de comprendre ces foutus panneaux d’indications (surement les pires de toute l’Amérique du Sud, enfin au moins il y en a, jusqu’au moment où il n’y en a plus ce qui suppose dans 76% des cas qu’on est arrivé…) et passons par des quartiers très glauques et délabrés qui n’invitent pas vraiment à la flânerie et encore moins à laisser Venturette seule par ici. On tourne et retourne jusqu’à trouver le centre historique totalement mort et une station où laisser la voiture. Nous tentons quand même une petite sortie à pied pour découvrir cette ancienne cité française dont la beauté et l’authenticité fait sa renommée. Nous sommes dans le Nord Brésilien et ca se sent. Malgré le manque d’animation, les ruelles et les bâtiments sont incontestablement bourrés de charme.
Le lendemain au matin, nous retournons sur nos pas et nous découvrons une tout autre ville envahie par les passants et animée par les nombreux commerces de rue.
Nous rejoignons Barreirinhas qui sera notre point de départ pour entrer dans le Parque Lencois Maranhenses. Pas question pour autant d’y accèder par nos propres moyens. C’est tout un désert de dune de sable qui nous attend, nous devons donc prendre un tour. Le transport n’est pas de tout repos et c’est sous un ciel très orageux que nous arrivons au pied des dunes.
L’inévitable se produit, nous nous prenons une bonne saucée qui ternira un peu la couleur éclatante du sable. Dommage aussi que nous ne soyons pas dans la meilleure saison pour voir ces lagunes d’eau turquoise remplies en saison des pluies qui se cachent entre les dunes. Nous pouvons quand même accéder à la Lagune des Pêcheurs et profiter d’un bon bain sous le ciel bleu.
Nouvelle excursion, décidemment nous n’en aurons jamais prises autant qu’au Brésil, à Parnaiba pour aller explorer son delta. Nous patientons un jour faute d’autres touristes pour partager l’embarcation. Maica, notre guide nous emmène à la confluence du rio et de la mer entre dune et mangrove à la recherche de la faune.
Ses talents d’explorateur ne vont cesser de nous surprendre : l’homme prétend être capable de sentir les animaux à 100m à la ronde ?! Il va nous le démontrer : il coupe le moteur du bateau, rénifle 2 ou 3 coups, et hop, voila un beau serpent indécelable de prime abord dans cette dense mangrove.
Crabes, poissons à 4 yeux, oiseaux, iguanes et singes viennent s’ajouter au reptile.
Nous rencontrons ensuite des pêcheurs qui pêchent au filet ou qui plongent en apnée dans une eau maronnasse pour dégoter une poignée de palourdes.
Et les plages me direz vous ? Il est temps d’aller y faire un tour. On ouvre donc le bal par Barra Grande, décrite par le Lonely comme « The top of the bunch », on ne comprend pas trop, alors on va se faire notre idée. Nous découvrons une grande baie de sable clair parsemée d’algues totalement déserte.
L’eau bien que laiteuse, nous laisse imaginer une belle couleur turquoise. Les barques des pêcheurs qui attendent la prochaine sortie et les marées impressionnantes correspondent à l’image du Nord Est que nous avons.
Nous restons finalement une journée sur cette plage à s’acclimater au rythme du Brésil et à lutter contre ce soleil ravageur. Nous sommes blancs comme des cachets d’aspirine et ne supportons que 30 minutes d’exposition entre 6h30 et 7h le matin avec de l’écran total. Après cela, nous avons le droit à une ou deux heures à l’ombre, puis il est temps d’enfiler le T-shirt. La mer quand à elle est un délice où nous pourrions rester des heures et des heures. Nous en profitons aussi pour tester nos 1ers fruits exotiques et nous nous faisons des salades de fruits à vous en lécher les babines à base de mangue, maracujas (fruits de la passion), ananas - dommage que n’avons pas su choisir la goyave qui visiblement n’est pas tout à fait mure.
On décolle et partons vers Camocim où nous ne ferons que passer et demander les possibilités d’accès vers l’une des plages les plus célèbres du Brésil, celle de Jericoacoara. Pas vraiment de route mais des dunes aussi belles qu'ennuyantes quand il faut les traverser. La solution de facilité aurait consisté à prendre un nouveau tour pour rejoindre ce village isolé en buggy. Sauf que cette option sous entend une nuit à l’hotel. Ce que nous voulons, c’est y amener Venturette pour pouvoir rester à loisir. Malheureusement et comme toujours, les avis sont plus contradictoires : certains nous assurent que c’est impossible de passer les dunes sans un 4*4, d’autres nous garantissent la victoire avec la présence d’un guide dans la voiture voir même d’un conducteur, et ça ca nous fait bien rire ! On hésite beaucoup, beaucoup trop, tout le monde nous harcèle et chacun, tous aussi ignorants les uns que les autres, fait preuve d’imagination pour nous y conduire et récupérer de l’argent. Après leurs avoir soutiré toutes les informations sur les temps de parcours, itinéraires, obstacles, ect, nous les remercions bien gentiment et décidons de partir seuls ! A force de trop nous harceler, voila.
Nous partons donc le lendemain aux premières heures pour éviter qu’on ait 10 gars qui courent derrière la voiture. 1èr objectif, le Lago Paraiso, que nous trouvons sans aucun problème (y’a même des panneaux, c’est vraiment du foutage de gueule). 6h30 du mat’, sur une petite plage bien tranquille, on décompresse, on coure à l’eau et prenons le temps de prendre notre petit déjeuner en paix.
Vers 10h, on part à la recherche d’une autre plage sur ce même lac et tombons sur un bar-restau qui mérite un arrêt. Le cadre est exceptionnel, l’eau hallucinante, il ne nous en faut pas plus, on craque.
Pour une fois, nous allons prendre une conso pour profiter des hamacs qui sont installés au beau milieu de l’eau.
Ajouté à cela des beaux palapas et transats qui n’attendent que nous, et de la bière au 600ml pour moins de 3$, et des jus de maracujas à tomber. On prend le tout, on s’installe lourdement dans un hamac les fesses dans l’eau,

et on pense à combien on va aimer le Brésil !
On trouve le courage de quitter ce 1er coin de paradis et ne perdons pas notre objectif initial, rejoindre Jericoacoara. On reprend donc la piste qui devient de plus en plus sablonneuse, étroite et peu signalée. On demande notre route aux habitants et lors d’une manœuvre pour faire demi-tour on s’enlise. Aie ! En même temps, ca nous pendait au nez. Pas de panique, on n'en est pas à notre 1er, Pierrick pousse, je conduis et on s’en sort seul ! On va juste veiller à éviter ce genre de manœuvre.
On franchit quelques passages sablonneux qui ne nous plaisent pas trop avant d’arriver à un croisement où nous demandons une nouvelle fois notre route. Devant la septicité des gens au regard de notre véhicule, et alors que nous sommes à 10km de Jeri, nous acceptons l’offre d’un conducteur qui nous propose de nous faire la route, de nous attendre et de nous aider en cas de pépin en échange de quelques pièces. Après avoir posé avec ces passagères Canadiennes devant Venturette, nous dégonflons nos pneus de 35 à 20 psi, on croise les doigts et zouh, l’aventure commence ici. Ca va être bref, mais intense. On a du mal à le croire mais nous entrons au cœur des dunes. Nous ne regrettons pas notre choix, nous ne serions jamais attaqués à ces dunes seuls ! Ce moment est unique. Dans notre voiture qui ne paye pas de mines, nous avons l’impression de vivre un mini Paris-Dakar. Nous passons notre 1ère dune avec succés. Le sable se ramollit, les pentes s’accentuent mais Venturette fait des prouesses ! L’expérience est inoubliable.
Il est à peine 14h, et nous sommes à Jeri. Nous laissons Venturette sur le parking à l’entrée du village où la circulation automobile est interdite (sauf les buggys). Le village, paradis des backpackers, a la particularité d’être totalement dans le sable mais ne nous fait pas réver.
Nous faisons une belle marche sur un sentier de corniche,
assistons à nos 1eres impressionnantes démonstrations de capoeira, admirons le coucher du soleil en haut de la dune de Por do Sol, et dégustons une plâtrée de crevettes accompagnée de bière qui coule à flot pour encore une fois un prix inimaginable en Europe. On obtient l’autorisation de dormir sur le parking sécurisé et nous endormons heureux comme des rois.
Le lendemain, nous partons pour une belle marche sur ces immenses plages bordées de dunes où les buggys et autres voitures sur le sable ne surprennent plus personne. C’est le Brésil !
On reprend la voiture dans l’après midi. C’est pas le tout, mais comment va-t-on repartir ? On choisit un autre itinéraire, plus facile et trouvons sans problème l’accès du Lago Azul. Voila que ca recommence, un autre coin de paradis, une bière dans la main, la chaise dans l’eau et y’a plus qu’à buller.
Nous sommes le 6 février et c'est confirmé, on trouve définitivement ce que nous étions venus chercher au Brésil !
25 mars 2011
Brasiiiiiiiiiil ! Com ou sem chumbo ?
Traduction : Brésil, avec ou sans plomb ?
Nous en rêvions. Nous y sommes ! Enfin tout juste juste, et surtout nous ne savons pas si nous allons pouvoir aller bien loin.
Comme tous les voyageurs, une fois qu’on a vu les chutes d’Iguazu du côté argentin, on ne peut s’empêcher de passer la frontière pour aller vérifier qu’elles sont aussi belles au Brésil. Sauf que pour nous, le Brésil ne se limitera pas à Iguazu et à Rio. Le Brésil, c’est un peu le début d’une nouvelle ère, mais aussi notre dernière grande étape sud américaine.
Néanmoins, quelques incertitudes telles que le sens dans lequel nous allons tourner, les distances colossales, le prix monumental de l’essence, l’insécurité et surtout cette maudite question de l’essence AVEC ou SANS plomb nous mettent des bâtons dans les roues.
Nous pensions avoir élucidé favorablement le mystère mais le gars de la douane à la frontière (qui nous fait attendre plus de 30 min- heureusement, qu’on a vidéo gag version brésilienne pour patienter), nous assomme par son verdict tranchant : toute l’essence contient du plomb au Brésil. Pour lui, il n’y a aucun espoir. Une nouvelle fois, nous voyons nos beaux projets brésiliens tomber à l’eau. On est dégouttés. Rien à faire pour ce soir, il est 21h, on s’apprête à passer une longue et mauvaise nuit. Il nous reste tout fois à trouver un endroit sécuritaire où dormir. Tout le monde a sa petite histoire bien flippante en ce qui concerne l’insécurité ici. On ne veut prendre aucun risque et on finit donc sur un parking proche de la frontière.
Le lendemain, impossible d’aller aux chutes sans savoir, si oui ou non nous allons pouvoir visiter le Brésil. Alors on fait la tournée des stations services et des garagistes pour sonder les gars et leur demander si OUI ou NON on peut trouver de l’essence sans plomb au Brésil ??? Fini de tergiverser, il nous faut une réponse claire. Cela nous semble inconcevable qu’il n’y ait pas d’essence sans plomb, mais bon. Le verdict tombe. Tous sont unanimes et nous assurent que non, l’essence au Brésil ne contient pas de plomb.
Advienne que pourra, il est 10h (ou peut être 9, on ne sait toujours pas si y’a un décalage horaire) en ce vendredi 17 janvier et nous sommes plus que décidés à visiter ce grand pays ! Nous avons 3 mois sur notre passeport rien ne pourra plus nous arrêter !
A 11h, nous sommes sur les passerelles brésiliennes des chutes et notre bonne humeur est de retour. Les chutes sont tout aussi spectaculaires d’ici, impossible de faire un choix entre les 2 pays bien que le côté brésilien se visite plus rapidement.
« Chumbo », voila sans doute notre 1er mot de vocabulaire portugais, c’est bien mais pas suffisant. On comprend tout à ce qu’il y a d’écrit mais pas un traitre mot de ce qu’on nous raconte. Supermarché, distributeur, garagiste, centre d’infos, police, toutes ces banalités de notre quotidien s’avèrent bien plus délicates quand on ne maitrise pas la langue, (on commence à comprendre la galère de ceux qui voyagent des mois en Amérique latine sans faire l’effort d’apprendre l’espagnol), ou plutôt quand on croit parler portugais et quand nos interlocuteurs croient parler espagnol. Un dialogue de sourd !
Sous une chaleur écrasante, on parvient quand même à se faire comprendre et à changer nos pauvres plaquettes de freins. Avec nos nouvelles plaquettes, on roule et on ne perd pas de temps. Le Brésil est grand et notre prochaine destination pas toute proche. Nous traversons des régions agricoles où les champs d’herbes à maté s’étendent à l’infini. Nous avons bien du mal à trouver nos marques dans ce nouveau pays (cela fait des mois que nous sommes habitués à l’Argentine et au Chili). Tout nous parait si différent : la langue, les gens, la circulation (conduite plus que sportive, ce n’est pas un mythe, les Brésiliens aiment vraiment la vitesse). Au milieu, quelques Paraguayens qui s’aventurent jusqu’ici et surtout des manguiers à profusion qui vont faire notre bonheur pendant des semaines.
Pour notre 1ère vraie nuit au Brésil, nous ne dérogeons pas à la règle et optons pour l’un des immenses et nombreux postos (station service) qui bordent les routes nationales. Le lendemain 700 km nous attendent pour rejoindre Bonito, LE point d’intêret de la région à ne pas louper. Un méga pique nique à base de mangue et d’avocat, une douche bien fraiche dans un posto en route et nous nous arrêtons un peu avant Bonito dans une autre station. Sécurité, toilettes et douches, on avait tout pour passer une bonne nuit, mais c’était sans compter sur les ronflements des camionneurs qui suspendent leur hamac juste à côté de Venturette. Eux, au moins ils sont au frais.
A Bonito, ville hyper touristique nous organisons notre excursion pour aller explorer les magnifiques rivières d’eaux cristallines. Mais ce n’est pas pour aujourd’hui, il pleut des cordes. On tue le temps comme on peut alors et en profitons pour changer notre liquide de frein cette fois ci. Les gars très sympathiques nous offrent même des petits fruits exotiques, appelés péqui dont nous avons bien du mal à savoir comment consommer.
Une nouvelle nuit dans le posto de la ville. On commence à ne plus pouvoir se passer de notre douche quotinienne.
Jeudi 20 janvier, le ciel n’est pas vraiment découvert, mais notre sortie pour le Rio de la Prata tient toujours.
1h de route sur une superbe piste au milieu des vaches indiennes
et nous sommes prêts pour enfiler combinaison, masques et tubas. Et oui, c’est sous l’eau que tout va se passer. Ces rivières hébergent des dizaines et des dizaines d’espèces de poissons. Pendant une heure avec notre guide nous allons descendre la rivière en compagnie des poissons sous une averse du tonnerre. Enfin, sous l’eau on s’en fiche un peu.

Nous reprenons des forces au buffet qui nous fera déjà tester quelques spécialités gastronomiques comme la farofa, farine de manioc, ainsi que le traditionnel riz+haricot rouge. En dessert, nous nous laissons à aller à quelques douceurs comme le Dulce de Leite (confiture de lait), des compotes citrouilles coco…
Le jour qui suit sera de nouveau un jour de route au milieu d’innombrables camions, à éviter les très dangereux trous béants sur la chaussée et les déraisonnables dos d’âne qui s’enchainent les uns après les autres. Au milieu de tout ce cafouillis, on arrive quand même à apercevoir un magnifique toucan et des couples de aras inséparables plus beaux (et bleus, bien que Pierrick lui les voit rouges…) que jamais. Nous nous arrêtons à Cuiaba à une cinquantaine kilomètres de la Tranpantaneira, notre nouveau défi.
La traversée du Pantanal (plus grand marécage au monde) en pleine saison des pluies, voila de quoi donner du fil à retordre à Venturette. Vous pouvez nous croire, le Sud Lipez Bolivien à coté ce n’est rien…
Devant le peu d’informations que nous arrivons à obtenir à Poconé, nous nous lançons dans cette nouvelle aventure au petit bonheur la chance. Cela fait 3 jours (même bien plus) qu’il pleut à n’en plus finir, mais aujourd’hui le ciel est clair (enfin pour la région). C’est maintenant ou jamais ! Très vite nous allons être mis au parfum. La route ou plutôt la piste n’est pas vraiment entretenue et nous alternons entre tôle ondulée, flaque et « gruyère ». Mais nous n’avons encore rien vu… Nous n’en sommes qu’à notre première vingtaine de kilomètres (il nous en reste 100 !!!) et les choses se corsent. Les averses à répétition des jours précédents ont transformé la piste en champs de bataille. Ça gicle, ça dérape, ça s’enfonce !!! Désolée, mais quelle MERDE ! On n’est vraiment plus certain de pouvoir y arriver ni de le vouloir. Nous passons des sections catastrophiques en serrant les fesses et en pouffant de soulagement quand on la voit dans le rétro. Mais pas le temps de souffler, la suivante arrive. Nous avons de réelles sueurs froides. Nous craignons non seulement de nous enliser dans cette boue mais aussi de perdre le contrôle de la voiture et de finir dans les marécages avec les caïmans. Les caïmans, oui, c’est pour eux et pour tous les autres animaux que nous sommes là. Les caïmans seront les 1ers au rdv, immanquables à se dorer au beau milieu de la piste. Pierrick les confond même avec des pneus éclatés. Je tente une sortie (soit disant qu’ils sont inoffensifs et très lents sur la terre) pour immortaliser ces moments, mais à peine je fais 5 mètres que Pierrick me hurle de rentrer dans la voiture : ils sont en train de bouger vite, très vite et de se battre.
Les capybaras, plus gros rongeurs au monde déjà rencontrés en Argentine, sont les autres stars du Pantanal.
A cela nous ajouterons, un superbe couple de Hyacinthe,
des aras rouges, toucans, perruches vertes,
lézards vert fluo, iguanes, daims et des tapées d’autres oiseaux, comme des hérons, blancs, noirs, gris,
aigrettes, rapaces, ainsi que les très impressionnant yabirus.
On reprend notre tapis de gadoue, et tachons de bien viser pour monter sur les 125 ponts qui jalonnent le circuit. 125 ca fait beaucoup mais ca nous évite quelques bains dans les ruisseaux.
Le parcours du combattant continue. La voiture est dans un état lamentable, mais toujours sur ces 4 roues !
Nous croisons un pick up que nous ne manquons pas de questionner sur la suite. Il nous annonce que ca va vraiment être difficile (sans blague ? ca l’est déjà pour nous !). Toujours plus de passages quasiment infranchissables, deux autres voitures non 4*4 ont du renoncer. On redouble donc de précautions et de motivation, et contre toute attente, nous allons parvenir à nos fins et en voir le bout sans même remarquer les passages dont il nous parlait.
A la fin, pas grand-chose de plus que tout au long de la route. Un gérant de pousada exécrable qui nous renvoie au tout départ en prétextant un déluge. Mais bon, on s’en fiche ! Nous avons fait le Pantanal, tout seul comme des grands ! Youpi !
Reste plus qu’à se farcir le chemin retour. Totalement tétanisés par l’idée d’une nouvelle averse qui, pour la peine rendrait la piste définitivement impracticable, nous repartons dans la foulée. Il nous a quand même fallu plus de 4h de conduite et de copilotage plus que sportif pour faire l’aller, autant dire que nous sommes vannés.
Heureusement, nous allons être agréablement surpris : en une heure, les quelques rayons de soleil et l’absence de pluie, ont fait séchée la route considérablement. Ça dérape toujours, mais rien à voir. Ces quelques photos prises sur le retour témoignent de l’état de la piste. Imaginez à l’aller !
Plus on avance plus le ciel se dégage et plus on peut s’émerveiller face aux paysages que nous traversons.
Des nids de thermites géants
Mais surtout des paysages qui nous évoque un peu l’Afrique, du moins ce que nous nous en imaginons.
Nous profitons quand même du cadre grâce à une pause où Pierrick décide sur un coup de tête de se débarrasser de celle qui le suit depuis plus d’1 an (nan nan pas moi…), mais sa proéminente barbe ! ET oui, on l’avait dit que le Brésil serait la fin d’une ère. Adieu Jesus, le Che, Castro ou Ben Laden, et autres surnoms affectifs donnés par les locaux.
Les moustiques nous rendent la vie impossible (nous n’en avons jamais vu autant), nous reprenons le volant et terminons cette folle journée et cette longue route de nuit en prenant garde de ne pas écraser les bébés caimans qui défilent sous nos roues.
Cette nuit là dans notre nouveau posto, nous nous endormons épuisés mais plus heureux que jamais.
Iguazu, Bonito et le Pantanal : 3 gros incontournables brésiliens, opération réussie ! On a hate de voir la suite…
10 février 2011
Toujours en vie ....
Un court bulletin spécial pour vous informer que nous allons toujours bien.
Nous sommes maintenant au Brésil où nous avons bien du mal à trouver des connections internet au vol.
Nous mettons donc de coté le blog pendant quelques temps.
En attendant nous progressons bien. Entrés par l'Argentine, après les Chutes d'Iguazu nous sommes partis vers Bonito, puis le Pantanal.
Une petite journée à Brasilia et nous avons enchainé par des km et des km pour atteindre le point le plus au Nord de notre itinéraire, Sao Luis.
Maintenant on redescend tranquillement via la cote (Fortaleza-Natal-Recife-Bahia-Rio-...), où on se gave de mangues, on essuie averses tropicales sur averses tropicales, et entre, on crame au soleil.
Devant l'immensité du pays, force est de constater que nous roulons énormément.
Sinon, nous jouons la sécurité en ne dormant que dans les immenses stations services où on a même le droit à une bonne douche !
Après 15 jours, on ne parle que très peu portugais, mais on comprend plus ou moins ce que les gens nous baraguinent. Le problème est qu'eux ne nous comprennent pas...
PS : En attendant de nouvelles photos sur Picasa












































































































































































































