18 janvier 2012
Et pour 2012 alors ?!
Bonjour à tous chers ultimes lecteurs... et tous nos meilleurs voeux pour 2012.
Je profite de la nouvelle année pour faire un petit bilan depuis notre retour.
Voilà, nous n'aurons pas attendu 2012 pour un nouveau départ. Nous entrons dans cette nouvelle année avec, parait-il, ce qu'il y a de meilleur pour nous (en ce moment) : un CDI chacun en poche ! Gloups, c'était ce que nous cherchions mais maintenant que nous l'avons, ça fait bizarre. Ainsi, depuis quelques semaines, oserai-je dire que les jours ont tendance à se ressembler un peu.
Dans cette routine de parfaits travailleurs, il nous reste heureusement la liberté de penser à la vie qu'on désirerait, ou du moins à l'année qui s'annonce. C'est donc la tête imprimée d'images et chargée de sentiments et de réflexions que nous allons faire de 2012 une année exaltante ! Si, si, l'aventure du retour ne fait que commencer et le voyage continue. Forts de tout ce qu'on a appris et de toutes ces questions restées sans réponse, nous sommes bien décidés à ne pas laisser le temps filer.
On commence d'abord par profiter de tout ce qui nous entoure. Nous ne tenons toujours pas en place et supportons assez difficilement l'enfermement. Nous fuyons la foule de la ville et nous nous faisons un plaisir de redécouvrir la nature sauvage du sud de la France. Parce que finalement les Alpes n'ont rien à envier aux Rocheuses et aux Andes, parce que les criques de la Côte d'Azur font de toutes aussi belles carte postales que les plages des tropiques, et parce qu'ici les Adirondacks s'appelent les Cévènnes (les ours en moins)... Voilà de quoi nous permettre de nous évader après une semaine de boulot.
Alors, qu'est ce qui a changé depuis notre départ en 2008 ? Ben, vraiment pas grand-chose, pour ne pas dire rien. Tout est identique, un peu comme si le temps s'était arrété.
Et nous, avons-nous changé ? Tellement et si peu à la fois... Ce sont surtout nos aspirations et nos ambitions qui sont différentes.
Nous nous sommes réadaptés très rapidement mais refusons encore certaines pointes de technologie. A l'heure de l'Ipod, l'Ipad et de la tablette ou je ne sais trop quoi, toujours pas de téléphone portable (ok, si on a changé !). Hein ?! Des extras terestres, on sait. On a réussi à vivre sans pendant 2 ans... et plutôt bien ! Alors pourquoi en reprendre un ? De toutes façons, on ne sait même plus envoyer un texto...
Sinon, Pierrick ne se rase quasiment plus et pour ma part, je ne me change plus 3 fois par jour, mais on s'aime toujours, et c'est le principal qui nous permet de continuer l'aventure de notre vie...
En avant 2012 !!!
PS : veuillez nous excuser si nous sommes absents et silencieux de temps à autres. C'est juste que l'espace d'un instant nous sommes repartis quelque part par là-bas.
25 novembre 2011
Cap des 100 000 km !!!
Figurez-vous, que lors d'une de nos rares sorties du samedi aprem sur le centre de Montpellier, nous sommes tombés sur une voyageuse rencontrée sur les routes aux Amériques avec qui nous avions organisé la traversé des véhicules Panama-Colombie. Concours de circonstances assez improbable... comme quoi le monde est vraiment petit ! Pour un peu, on ne se serait pas reconnu "hors contexte". Et c'est avec un certain étonnament, que nous retrouvons énormément de plaisir à reparler des nos aventures communes. Pour ne pas dire que ça nous a même redonné la pêche dans ces moments où on se demande pourquoi on est rentré... Mais aussi un peu de motivation pour achever ce blog avant d'avoir les cheveux gris et d'avoir tout oublié. Déjà fin novembre 2011, allez, je m'y met et continue de vous raconter nos périples au Brésil...
Plage numéro 32 et 33, ça continue : Praia Engenhoca et Havazinho nous accueilllent pour la journée dans un décor Hawaien. Grosses vagues, large plage de sable doré et imposants palmiers. On se trouve un coin un peu à l'abris du vent qui nous permet de bouffer un peu moins de sable et surtout à l'ombre proche d'une source d'eau douce dans laquelle on prend plaisir à se rincer.
On continue notre route, nous sommes en dessous de Bahia, nous avons bien avancé mais Rio est encore à 1600 km, soit une bonne quinzaine d'heures !!!
Heureusement, les plages sont là pour nous couper la route. On enchaine les miradors où le littoral brésilien s'offre à nous à perte de vue : des milliers de km de plage, c'est ça le Brésil ! Le littoral, là où la population se concentre au détriment de l'intérieur des terres beaucoup plus désert.
Juste le temps de nous dire que l'odeur de cacao nous embaume, que nous loupons une bifurcation. On est bon pour faire un détour ! Nous sommes sur la réserve et croisons les doigts pour trouver un posto rapidement. Ouf, c'est bien le cas. On y dort, pénard, l'éléctricité et internet étant disponible dans les toilettes. Bon, c'est sûr, on a connu mieux. Qu'est ce qu'il ne faut pas faire pour vous faire partager notre aventure. On en profite aussi pour se doucher, et ce, en compagnie de tout un tas de bébêtes depuis maintenant plusieurs semaines. Après le crapaud lapin, les papillons de nuits géants, les cousins, les sauterelles, maintenant ce sont les salamandres qui m'accompagnent. Berk, toutes ces bébètes m'auraient fait m'enfuire à poil à 10 lieux il y a quelques mois. Maintenant, j'arrive à prendre le dessus. Pas le choix, c'est la condition à accepter pour pouvoir profiter d'une douche, en plus de l'eau froide bien sur. La soirée passe vite : on profite de tous ces services qui ne se présentent pas tous les jours et entre la lessive, le blog et la tonne de mail à envoyer, notamment à Capricorne, la compagnie avec laquelle nous projettons de rapatrier Venturette en Amérique du Nord, nous nous couchons à 2h du mat.
Le levé est donc difficile d'autant plus qu'une journée entière de route nous attend. Il le faut ! On quitte la route du cacao pour rejoindre la BR 101 au milieu des camions. Nous rejoignons une région fruitière (champs de bananes, papaye et fruits de la passion...). Nous continuons de chercher un supermarché depuis plus de 4jours. On commence à être à sec. Enfin, le Atacado croise notre chemin et on peut se faire plaisir : chocolat bien sur, mais aussi fromage (et oui on en trouve pas mal au Brésil, très accessible et vraiment pas si mauvais).
Nous sommes dans la soirée à Arrial d'Ajuda, hyper touristique. Les petits restaux et boutiques chics pullulent, pas vraiment notre dada, et pour couronner le tout, il fait un temps de chiotte. Heureusement, il y a un grand parking à l'entrée du village où plusieurs camping-car brésiliens sont déjà installés.
Ca n'arrête pas de toute la nuit, mais pour la peine il fait frais, assez pour qu'on sorte nos sacs de couchage qu'on n'utilise plus depuis l'Argentine. On petit déjeune tranquillement en testant un Dulce de Leche au chocolat. Miam ! Malgré le temps, on tente Praia Pitinga où finalement ça se dégage. La mer par contre est glaciale (enfin pour la-bas, 28°C quoi), je me réchauffe par 1h de longueurs au son des Jackson Five que le comedor de la plage nous fait partager. On a juste le temps de pique niquer avant de se faire chasser par la flotte. On se dirige donc vers Praia Espelho mais nous nous arrêtons avant, à Trancoso. On passe la nuit sur un parking à côté d'un restau à Praia Dos Nativos où on se lance dans un grand nettoyage intérieur de la voiture.
Au matin, on suit une piste pour Praia Espelho, sencée être une des plus belles du pays. Sauf que sous un ciel gris, c'est moins éblouissant. L'eau est tellement "fraîche" que Pierrick refuse la baignade. Alors on se ballade et on bouquine. La pluie nous déloge encore une fois et on rejoint alors la BR 101 entourés cette fois-ci de champs de mamao (une sorte de papaye) et on s'arrête à la première station. Le lendemain, des flaques géantes nous attendent pour rejoindre Itaunas. Changement de décor, nous nous retrouvons au milieu d'une forêt d'eucalyptus que nous reconnaissons par leur odeur caractéristique. 1h30 sur la plage entre les gouttes et puis on emmène Venturette dans la forêt. La pluie ne cesse pas et Pierrick, en maillot de bain, bien vaillant, en profite pour aller frotter Venturette. On ouvre une bouteille de rouge, on sort le sauciflard, les cacahuètes, les olives pour tuer le temps. Le déluge devient maintenant inquiètant. Avec des chaussettes en guise de gants pour parer les moustiques, la nuit est longue, on redoute que la pluie ait transformée la piste en terrain de boue.
On arrivera à en sortir le lendemain et profitons d'une alcamie pour une ballade dans une petite forêt longeant la côte. A la recherche de la faune, nous ne verrons que des serpents. On rejoint la plage pour manger et faire la sieste. La mer ici n'est pas du tout attirante, d'une couleur maronnasse. Je tente quand même un plouf. J'aurais mieux fait de m'abstenir : voilà que je vais découvrir une nouvelle technique de pêche. Croyez le, ou non, mais je vais réussir à m'empaller un poisson dans le pied !!! Si, si, il faut le faire, je le sais. Quelle n'est pas ma surprise quand sentant que j'ai marché sur un truc pointu, je sors mon pied de l'eau, et que je vois au bout : UN POISSON ! Je hurle 1- de douleur, 2-d'horreur, 3-d'impuissance. Pierrick, se demandant bien ce qui peut m'arriver encore, est scotché ! Ni une ni deux, à moitié dans l'eau (ben oui, forcément, j'ai un peu de mal à me déplacer avec un poisson dans le pied), il attrape le poisson et essaye de le retirer. Dégueulasse pour lui et pour moi. Il a du mal à le saisir à pleine main, comme je le comprend. En fait, le poisson, assez exotique, possède des longs filaments de 20 cm sur le coté qui se tranforme en pics quand il vaut se défendre. Voila ce que j'ai dans le pied, le poisson pendant au bout. Sympathique, non ?!
Pierrick arrive enfin à retirer le monstre et dans la panique le balance à la flotte. On ne pourra pas le prendre en photo pour savoir s'il est venimeux. Toujours est-il que ça me fait bien souffrir, et manque de bol, pour une fois la voiture n'est pas à 2 pas. 3 km à pied à se faire. On trouve en chemin un réservoir d'eau de pluie raccordé à un tuyau qui va nous servir de douche. Mais plus le temps passe plus, ça me fait mal et plus mon pied gonfle. Quand on retrouve enfin la voiture, impossible d'avoir un peu de tranquilité. Un gars décide de nous refaire l'histoire de Napoléon au Brésil. Très intéressant mais c'est pas le moment. On arrive à s'échapper et allons se poser dans un posto. Maintenant, mon pied est vraiment douloureux et ne rentre plus dans ma tong. A un tel point, que me déplacait jusqu'aux douches est une épreuve. Enfin, à part ça, rien d'autre. Alors on se dit que le liquide que m'a injecté par auto-défense le poisson n'est pas dangereux.
Direction l'intérieur de pays maintenant. Sous des averses diluviennes pour changer, on parcours des régions qui nous rappellent le Guatemala avec des cultures partout (le café est de retour) mais aussi pas mal de misère (maison en sac poubelle). Une journée de route qui nous conduit de posto en posto. Le vigil nous accueille dans sa station aux toilettes sans porte ?!
Enfin, nous arrivons à Mariana, très jolie ville coloniale. Plus vieille ville de l'état du Minas Gerais, elle possède de nombreux batiments baroques qui lui valent l'intêret des touristes. On galère un peu pour arriver jusqu'au centre, mais une fois garés, on ne peut s'empêcher de comparer avec les villes coloniales de Colombie.
Arrêt au vendeur de salgado et chez le fromager, et on continue par Ouro Preto, la plus connue. Cette région, le Minas Gerais est réputée pour être le coeur architectural et culturel du pays notamment grâçe à la ruée vers l'Or du 17ème siécle.
On fait le tour des innnombrables églises du villages, on arpente les rues pavées en subissant leur inclinaison et on profite du payage valloné.
La région est vraiment trés plaisante et on découvre un autre aspect du pays. Impossible de dormir dans le village trop pentu et étroit, on roule jusqu'à une station où on se laisse tenter par le fameux buffet à volonté avec une limite de 150g de viande par personne comme on trouve souvent le long des routes.On s'installent donc au milieu des camionneurs et comme eux, on regarde la télé. On avait presque oublié que ça existait.
Jeudi 17 mars : tindin!!!!!!!!!!!!! 100 000 km tout rond au compteur depuis le départ de Montréal ! Pas mal ?! En 622 jours, soit une moyenne raisonnable de 160 km par jour.
622 jours, quasi autant de nuits dans la voiture puisqu'on en dénombre seuleument 86 à l'exterieur qui représentent surtout celles passées sous la tente en trek ou sur une ile où Venturette ne peut pas aller.
Nous passons la matinée à Congonhas. La ville est sans éclat. Mais situé au sommet d'une colline, le sanctuaire de Bom Jesus se dresse comme une diademe. Une douzaine de statues sculptées dans une pierre savonneuse et résistante acceuillent le visiteur. L'artiste, Aleijadinho, (signifiant petit estropié), fils d'un menuisier portugais et d'une esclave noire ne savait ni lire ni écrire. D'une laideur effrayante, malade de la lèpre, il ne vécut que pour son art, isolé. Aveugle, paralysé et maudit, il vécut jusqu'à 84 ans et est aujourd'hui parmi les plus grands artistes baroques de l'histoire du Brésil.
Nous trouverons un peu plus de chaleur dans les ruelles de Tiradentes, superbe autre village colonial implanté entre la foret atlantique et les hautes falaises de la Serra de Sao José. L'église principale montre toute l'exubérence du style baroque diffusé par les Portugais et qui dans le Minas Gerais possède une décoration très riche en or, métal abondant dans la région jadis.
En route pour la mythique, Rio de Janeiro, nous tombons sur le posto idéal, comme ils s'appellent tous, avec net, prise et même un petit banc à proximité. Rebelotte, une longue soirée à faire le point dans l'envoi des nouvelles, la sauvegarde des photos, la recherche des visites...
Rio, on arrive !!! Ah ah !
20 novembre 2011
O Bahia, oba oba oba...
Jeudi 3 mars, youhou, Str et Pericou s’apprête à vivre le plus gros événement du pays : Le Carnaval !!!
Autant nous hésitions à l’entrée dans le pays quant à la ville dans laquelle passer cette fête, maintenant c’est clair : Salvador de Bahia !!! Nous voilà !
Au diable Rio et ses écoles de samba, de toute façon pour profiter vraiment de la fête il faut prévoir tout ça des mois à l’avance. Alors, va pour la spontanéité de Bahia.
On attend ce carnaval depuis un bail, mais on s’est aussi mis une grosse pression. Crainte des débordements, de la foule, de la petite délinquance, de la circulation dans Salvador (près de 3 millions d’habitants quand même), de ne pas trouver un l'endroit sur où laisser la voiture, toutes nos affaires et passer la nuit.
Enfin, encore une fois, on essaye d’être le plus prévenant possible. On veut arriver avant l’ouverture des festivités, ce jour, à 20h tapantes !
Plusieurs arrêts en route sont nécessaires pour ranger dans nos chaussettes, slip ou soutif (sans rire), quelques billets et les clés. On met nos fringues les plus pourris, on range la voiture comme jamais et cachons dans les plastiques de l’habitacle tout ce qui a de la valeur. Non, non on n’est pas parano !
Puis, quelques courses en chemin pour avoir des stocks pendant plusieurs jours si jamais on s’attarde.
Allez, on touche presque au but, nous sommes encore à 30 km et la circulation est monstrueuse !!! Quel peuple ! Ca commence (ou plutôt continue) à nous faire peur. Dia, on se sent un peu seul, nous les blancs becs dans une voiture américaine. Restons concentrés sur les indications. Si on se paume ici, on est foutu. Toujours pas de GPS, une carte à la noix, des panneaux incompréhensibles, c’est chaud ! On est très tendu, et on fait ce qu’il ne fallait pas faire, louper une bifurcation !!! Merde, merde, merde… On percute vite heureusement et on arrive à faire demi-tour et retrouver notre chemin. De toute façon, on ne sait pas trop bien où on veut aller. On ne se rend absolument pas compte de l’ampleur du carnaval, des itinéraires des parades, de la grandeur de la ville, de la délimitation du centre… Bref, on est vraiment dans le flou.
On va finalement au plus simple en suivant les panneaux centre en espérant que tout ne soit pas déjà bloqué. H-10 avant le début de la folie. Plus on se rapproche plus ça devient bordélique : petite rues étroites sans nom, sens unique, voitures mal stationnées et surtout rabatteurs ! Ca y est, on est repéré. 3 gars nous hurlent au visage ! Hum, on commence par leur dit qu’on ne comprend strictement rien ?! Ok, on se détend, et on essaye d’entamer la conversation avec eux. On leur explique qu’on cherche un parking sûr pour plusieurs jours dans lequel on peut rester dormir. Ces derniers trop survoltés ne nous écoutent pas et nous font entrer dans leur parking assez glauque sans avoir saisi que nous voulons dormir dans la voiture. On ressort aussi sec.
Plus ça va, plus on est arrêté par un tas de mec totalement allumés qui voient en nous de bonnes proies pour se faire un max de tunes pendant toute la durée du carnaval. L’un d’entre eux un peu plus posé, nous renvoie vers un parking qui devrait faire notre bonheur. C’est un euphémisme, nous sommes au 7ème ciel : grand parking, super calme, avec sécurité et toilettes 24h sur 24. On nous laisse voir le grand chef qui nous autorise à dormir sans payer de suppléments. Le tout pour 20 reals par jour. Trop bien !!! Le détail qui tue, on est au cœur du centre touristique, donc nous pourrons revenir à n’importe quelle heure de la nuit à pied sans crainte.
Il est tout juste midi, on a toute l’après-midi pour visiter la ville avant qu’elle ne soit envahie. Ca ne pouvait pas tomber mieux. On flâne, on repère, on se renseigne pour obtenir le programme et on en profite pour prendre des photos vu que l’appareil ne nous suivra pas pendant la fête. Le quartier historique est absolument époustouflant : débordant de couleur (c’est sur les décos y sont pour quelque chose aussi), des rues qui grimpent, une architecture magnifique et des mamas afros bien costumées pour satisfaire les touristes. Et oui, nous nous sentons beaucoup moins perdus maintenant.
Un dernier saut à la voiture et vers 17h nous partons à pattes les mains dans les poches vers Campo Grande pour le départ de la parade. En chemin, nous sommes effarés. Les locaux s’affairent à la dernière minute pour barricader leur vitrine à l’aide de contre plaqué. Guère rassurant tout ça. Mais petit à petit, la transformation s’opère : tout ferme, plus aucune voiture, les vendeurs de hot-dog s’installent, les stocks de bières s’accumulent, les gens descendent dans la rue, et les dernières retouches s'imposent…
Nous arrivons au pied des tribunes avec 2h d’avance et choisissons de continuer notre marche dans le quartier du Pelo où on mange sur le pouce des sortes de boules frites au poulet.
20h, nous sommes en place, tout devant, près pour le spectacle. La parade commence évidemment au son des tambours et autres percussions locales menées suivis par des centaines de fans. Les troupes s’enchainent et on ne tarde pas à voir nos 1ers chars (immenses camions équipés d’énormes sono) sur lesquels les plus grandes stars locales pavanent devançant des foules de fêtards en transe !
Tout s’enchaine, les danseuses de samba et les mamas afros se joignent à la fête à laquelle nous ne sommes encore que spectateurs. Il y a du monde certes, mais ça reste supportable. Ca ne fait que commencer…
Les rues se remplissent progressivement et on profite d’une pause dans le défilé pour déambuler : une petite crêpe tapioca/coco, hotdog et bière à 1 real soit 40 centimes d’euro. Pourquoi s’en priver ?!
Le défilé reprend : danseurs de capoiera, costumes à plumes… c’est littéralement la folie, bien qu’il n’y ait aucune bousculade. Bien au contraire, la fête est très bon enfant : beaucoup de jeunes certes, mais aussi beaucoup de familles, des enfants aux grands parents. Parmis eux, la moitié sont des vendeurs de bière ! Véritable institution dans le pays, les gens ne boivent que ça et sont littéralement intansigeants quant à la fraicheur de la boisson. Sans rire, tous testent avant d'acheter et n'hésitent pas à changer de vendeur sous prétexte qu'il n'y a pas assez de glace dans la glacière.
Il est déjà minuit avec tout ça et vers 1h les rues sont bondées. On décide alors de repartir vers le Pelo mais notre progression est désormais très limitée : on fait du surplace, les parades bloquent totalement les artères principales. Mais dans le calme, avec beaucoup de patience et de courtoisie de chacun, on y arrive. Personne ne pousse ou ne crie, même pas un doigt de pied écrasé. Chapeau, la conduite est exemplaire.
Bien loin de l'orgie des fêtes de Bayonne, l'ambiance est bien plus agréable et saine. Les gens arrivent à se tenir du moins en ce premier jour. Les plus bourrées sont finalement les étrangers. Quand nous revenons vers le centre historique aux alentours de 3h30, tout est fini. Nous sommes encore là pour plusieurs jours, on y va mollo et partons nous coucher. On a les oreilles explosées mais on est ravi. Ça ne pouvait pas mieux se passer.
Quand on émerge le lendemain, il est déjà 10h40. Quand on vous dit qu'on est vraiment bien dans notre parking. Tranquillement dans l'après midi, on repart se ballader. On pousse jusque Barra via le quartier de Campo Grande. Pierrick en profite pour faire un petit plouf. A 16h, on tente d'approcher la parade, mais on renonce devant la foule. On passe la soirée dans le centre historique où on assiste à plusieurs concerts sur les petites placettes, on suit les trio et les écoles de samba, et rencontrons les énormes marionnettes.
Tout va pour le mieux jusqu'à ce qu'un dégout déborde et qu'une des ruelles dans laquelle nous nous agitons soit envahie d'eau usée. Sauve qui peut sur les trottoirs, l'odeur est immonde... Ca coupe la chique à tout le monde.
On s'échappe, et on part attendre dans un autre coin le défilé de Oludum, un des plus attendu et soutenu. Je crois qu'à ce moment là, on peut affirmer que nous n'avons jamais vu autant de Brésiliens de notre vie. On profite encore de tous ces fameux beignets et filons au lit vers 1h40.
Samedi 5 mars, 3 ème jour. Le week-end a commencé, la fréquentation va atteindre son apogée. Visite de la Ciudad Baixa dans l'après-midi et soirée à Barra, où nous nous placons du côté du phare au milieu d'une foule immense. Ce que tout le monde attend aujourd'hui, ce sont les Blue Man Group qui ont déjà plus de 2h30 de retard sur le planning. Heureusement, d'autres groupes apparemment tout aussi connus au vue de la foule délirante chauffe l'ambiance. Les cadeaux pleuvent du ciel et nous nous débattons comme tout le monde pour avoir notre part ! Quand les Blue Man arrivent, l'ambiance est survoltée et tout le monde s'agite. De toute facon, les Brésiliens passent 100% de leur temps à danser, c'est comme une drogue pour eux. Même quand ils se dépacent c'est en dansant. Nous repartons tranquillement vers notre lieu de résidence, à environ 6km tout de même. Et oui, qu'est ce qu'on trotte ! En chemin, on croise de nouveau des danseuses brésiliennes qui sont peut-être bien les seules à ne pas avoir le coeur à remuer du popotin, des empanadas du tonnerre pour nous ressourcer, un passage à notre vendeur de hot-dog et bière préféré qui connait déjà notre commande, et on file se reposer. Aussi étonnamment que cela puisse paraitre, nous ne sommes absolument pas génés par le bruit et dormons comme des loirs.
Le rendez-vous du lendemain à ne pas louper est le défilé des Fils de Gandhi, costumés en bleu et blanc, portant des gros colliers de perles, ils ont la particularité d'arroser leur spectateurs avec de l'eau de cologne !
Nous nous postons en haut d'une rue en pente de laquelle nous pouvons observer l'immense tache noire qui s'étend à perte de vue... oui la foule, dans laquelle nous sommes ! Vraiment très impressionant.
Les policiers sont quand même très présents. Ils sillonnent chaque rue par groupe de 4 ou 5 en file indienne. A leur passage, il faut vraiment dégager la voie. Ces derniers sont armés d'une machette et n'hésitent à s'en servir si quelqu'un montre la moindre forme d'opposition. En même temps, nous les avons vu s'en servir qu'une seule fois en 5 jours, mais c'est relativement impressionnant notament quand il s'agit de femmes ou d'enfants. C'est peut-être pour cela que tout le monde se tient à carreau. Bien sur, on imagine que les fouteurs de merde sont aussi de la partie mais nous n'avons pas croisé leur chemin.
Aujourdhui, nous avons gardé l'appareil photo histoire d'avoir quelqures souvenirs. Nous restons donc dans le quartier touristique, le plus surveillé et le plus familiale. Beaucoup d'enfants de sortie en ce samedi soir, plus beau que jamais dans leur petit déguisement. Tout comme eux, nous ne ferons pas long feu aujourd'hui et après une nouvelle petite pause pour des succulents salgados, on retrouve Venturette.
A noter que le seul soir où nous avons pris l'appareil photo pendant 2h nous nous sommes faits embêtés. Un gars m'est rentré dedans de manière assez violente, assez pour me couper le souffle et me déboussoler pendant un bon quart d'heure. Discrètement cette fois ci, il revient à la charge en se placant à coté de moi pendant un défilé et en fouillant ma ridicule poche dans laquelle je n'avais rien bien sur. Dommage, je m'en rend compte. On fait du bruit et le gars dégarpi aussi sec. Comme quoi, faut vraiment y aller sans rien du tout. On ira poser l'appareil photo illico presto.
Et voilà, lundi 7 mars, le carnaval continue, mais nous nous décidons de partir. 4 jours déjà c'est pa si mal. Il faut qu'on avance.
On se réveil tot cette fois-ci car le but est de quitter la ville en prenant un bac avant que l'agitation ne commence. Mais la queue pour le bac est très mal gérée : nous arrivons à 7h30 et à 9h30, nous sommes toujours en file.
Allez, quelques bonnes heures plus tard, nous serons tirés d'affaire et pourrons profiter de la mer comme beaucoup de Brésiliens en cette période de carnaval. Ben, non, ils n'étaient pas tous à Salvador ?! D'autres en profitent pour fuir les villes et aller passer quelques à la plage. A Praia Barra Grande, On se trouve un coin à côté d'une posada-restau pour la nuit et profitons le lendemain de l'eau transparente et des cocotiers. Mais en cette période nous ne sommes plus seuls au monde comme à notre habitude. En ce qui me concerne, je boude un peu masque et tuba. Voila plus d'un mois, que mes lèvres me font une réaction bizarre au contact du trio : sel, sable soleil. Trop chiant, ça ne passe absolument pas, et je me traine cloques et brulures qui sont particulièrement génantes.
Heureusement, ça ne m'empeche pas de croquer dans le coeur d'une belle coco que mon tarzan m'a ouverte pour notre gouter quotidien.
Voilà, la tounrée des plages reprend après cette inoubliable étape à Salvador, qui restera l'un des temps fort du Brésil, voir même de tout le voyage ! Une belle leçon sur l'art de faire la fête, un bel exemple à suivre !
05 novembre 2011
Sea, sand and sun
Plus on approche de l'état de l'Alagoas, plus les choses commencent à devenir sérieuses. On avoue qu'on a peu oublié à quoi ressemblent les plages en France. En tout cas, au Brésil c'est du lourd. Plus on en fait, plus elles sont belles !
Nous voila dans le Pernambouco, et on ne regrette pas d'être arrivés jusque-là !
On vous présente Praia Dos Carnieros, petit coin de paradis comme on les imagine. Alors le programme de la journée, c'est très simple : buller ! Et dans un cadre pareil, c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Et en plus, ici, il fait beau :)))
Alors, on se débrouille pas mal non ?
La plage est protégée par un petite barrière de corail, qui à marée basse se dévoile et fait apparaitre des petites piscines aux eaux transparentes dans lesquelles les poissons sont pris au piège. Pas cool pour eux, mais ça nous assure des belles séances de snorkelling.
N'ayant toujours pas goûter à la Carne do Sol (sorte de steak séché au soleil), on décide d'y remédier dans ce cadre magique. C'est les pieds dans le sable avec la vue sur la plage, qu'on vient nous servir un plat gargantuesque (dommage il ne font que pour 3 personnes...).
Viande, tapioca, bananes cuites, fromage fondu, fayot, farine de manioc, riz et crudités...
Après un tel repas, impossible de bouger. On se contente de couler tellement on a le ventre plein dans cette eau irréllement chaude. Tant pis, cette plage mérite bien qu'on y passe un 2ème jour de toute facon !
Mangues et noix de coco fraichement cueillies en guise de repas ce soir. On passe la nuit sur le parking du restau où quelqu'un veille sur le bel écran plat.
La chaleur nous réveille à 6h du mat', mais ouf l'eau n'est qu'à 20 mètres. Impossible de dormir cette nuit, il a fallu chasser ces p****** de moustiques de m***** toute la nuit en vain. Ni la raquette tueuse ni le DEET 10 ne sont d'une grande d'aide. Heureusement, on compte finir notre nuit sous notre cocotier préféré.
Mais le ciel est orageux aujourd'hui et nous ne nous attardons pas.
Vers 14h, nous partons donc en direction de Maragogi où nous investissons, en tant que plagistes de compétitions, dans l'achat de raquettes de plages et d'un nouveau bikini. Nous nous installons à côté de la caserne de pompiers pour la nuit qui sera parfaite : calme, température idéale et surtout zéro moustique.
Réveil com d'hab à 6h, et à 7h nous sommes déjà en train d'essayer nos nouvelles raquettes sur la plage. Mais c'est sur une autre plage un peu plus loin, du coté de Japaratinga, que nous en prendrons de nouveau plein les yeux. Aux confins d'une baie, les eaux ici sont d'un profond turquoise laiteux.
Parfait, pour notre collation de la matinée à base de mangues fraîches. On y observe aussi les locaux dans leur rituel de pêche au filet. Une dizaine d'hommes, plus de 40 min de labeur, tout cela, pour récolter aujourd'hui seulement une douzaine de poissons.
Il nous faudra prendre un bac dans l'après-midi pour rejoindre Praia Patacho et traverser une immense cocoteraie. Mais le jeu en vaut la chandelle. La plage est tout simplement subjugante : une immense bande de sable bordée de cocotiers parfaitement alignés.
On y arrive pile poil pour l'heure du goûter : la coco-time ! Ah, les fruits au Brésil sont vraiment un don du ciel. Pendant que Pierrick s'archarne sur elle, je pars faire mon footing. Il sera bien plus en âge que moi...
Nous dormons au mileu des cocotiers au bord de la plage et seront réveillés à l'aube par des hurlements. Des singes ? Non, impossible ! Il s'agit bien d'hommes, ou plutôt disons des hommes singes. Ces derniers nous offrent un spectacle insolite. Avec une habilité digne de nos plus anciens ancêtres, ils se hissent au sommet des plus hauts cocotiers pour en faire tomber leurs précieux fruits. Une fois en haut, ils hurlent à celui qui reste en bas le numéro de l'arbre et le nombre de fruits qui en est tombé.
On a bien fait de déplacer Venturette afin d'éviter qu'elle ne soit pas esquintée. Pas très rassurés quand même, on ne les quitte pas des yeux et attendrons qu'ils aient fini leur opération pour petit-déjeuner sur le sable.
Après beaucoup d'hésitations, on décide de ne pas rester toute la journée ici. Mine de rien, le temps passe et il nous reste encore tant de route jusqu'à retrouver l'Argentine.
On galère ensuite beaucoup pour trouver l'accès de la prochaine plage, Praia Sao Miguel de Los Milagres. Finalement, nous aurions peut-être dû rester là où on n'était. On sait ce qu'on quitte et on ne sait pas ce qu'on va trouver plus loin. Mais nos efforts seront récompensés. La plage, une nouvelle fois, est sensationnelle : eau hallucinante, pur sable blanc et toujours cocotiers.
Et pour couronner le tout, comme à l'accoutumée, nous sommes seuls au monde. La mer est décidément bouillante, on ne pensait pas que ca puisse être possible. Cette fois-ci, on préfère la coco, fraîche (et non sèche) et nous nous désaltérons de son eau.
Après une nuit sur place, nous visons la Praia Do Carro Quebrado sans toutefois être certains de pouvoir l'atteindre. Le Lonely annonce un bac assez cher, nous voulons plutot tenter un accès à pied, soit 7km aller. Une fois sur place, pas de bac mais encore mieux un pont ! Qui dit pont, dit accés par la route. Bien évidemment les locaux essayent de nous en dissuader et les enfants se proposent de monter avec nous pour nous guider en raquant bien-sur. De toute facon, ca ne correpond pas trop à notre programe de la journée. Pas envie d'être bloqués par le gamin qui ne nous laissera qu'une heure sur la plage et nous contraindra à manger dans le restau de sa mère au retour en ville. On va de nouveau tenter notre chance seuls, ça nous rappelle quelquechose... Donc, 1- trouver le départ de la piste. On met un peu de temps, mais on arrive à soutirer ces infos aux locaux en leur faisant croire que nous allons accepter leur service. 2- Continuer sur la bonne piste s'en ségarer. Pas évident quand il y a plein de fourches... 3- Ne pas s'embourber, ce que fera le véhicule devant nous. Pierrick part pousser pour aider ce groupe de jeunes locaux qui, reconnaissants, acceptent que nous les suivions. Ouf ! On n'aurait jamais trouvé sans eux.
Une fois garés, nous marchons un petit kilomètre et arrivons dans un coin féérique.
Pas un chat, un parfait cocotier solitaire qui ne demande qu'à nous ombrager. Sable blanc, eau turquoise comme sur les cartes postales. Seule ombre au tableau, un petit garcon rencontré en chemin avec qui Pierrick discute, un peu trop curieux au sujet de notre voiture. Pas tranquille, cela oblige Pierrick à faire des allers retours pour protéger Venturette de toute attaque. Enfin, on reste quand même la journée et on récupère la voiture intacte.
On obtient une 1ère autorisation de dormir dans un posto du côté de Maceio. Mais notre tranquillité va être dérangée par un bof qui n'a rien de mieux à faire en ce samedi soir que de venir passer la soirée dans la station. Tout seul avec sa bière à la main et surtout sa sono à fond (plus qu'à fond même malgré le panneau " sono de voiture interdite"), il est vraiment pitoyable ! Le grand classique du Brésil : les gens préfèrent pavaner avec leur belle voiture dans une pauvre station service que passer une soirée entre amis...
Le bruit est insupportable, on préfère partir. Ca peut durer des heures. On n'aime pas ça car il fait nuit et nous sommes dans une grande ville. Nul autre choix que d'en sortir en espérant trouver une autre station où on nous accepte. Nous finirons par rouler plus d'1h.
Dimanche 27 février, nous nous fondons au milieu des locaux sur la Praia Frances envahie par les restaux. Nous préférons le sable même si la pluie nous oblige à nous abriter sous notre parasol.
On décide d'aller chercher le soleil un peu plus loin. Là encore, Praia de Gunga n'est pas censée être accessible en voiture. Mais notre guide date un peu et nous avons l'agréable surprise de constater qu'un pont et une route ont été construits. Les locaux nous indiquent même volontairement le chemin. La mer est cette fois-ci très agitée et le bain n'est pas de tout repos. Sur place, on profite de la douche et partons se trouver un petit coin au milieu des cannes à sucre.
Du changement pour aujourd'hui, une plage oui, celle de Pontal de Coruripe mais sutout la visite de la splendide ville de Penedo.
On se trouve un nouveau posto pour la nuit, et pendant que je profite de ma douche (non en fait pendant que je suis bloquée dans les sanitaires car un crapaud de la taille d'un lapin bloque la sortie), Pierrick lui sympathise avec des camionneurs. Le matin, au réveil nous découvrons un gentil cadeau de nos potes camionneurs (décidément les meilleurs du monde) qui pendant la nuit nous ont fait de magnifiques croquis des routes qu'il vaut mieux emprunter. C'est y pas mignon ?!
On reprend la route vers Pontal d'où nous espérons trouver le bateau qui nous ménera vers Mangue Seco. En chemin, on demande conseil à un local qui nous garantit qu'il existe un accès par la terre par le sud. On va donc tenter cette option. Mais plus facile à dire qu'à faire : effectivement aucun panneau n'indique cet accès et personne d'autre ne connait. On finit par prendre des routes totalement au feeling et arrivons à trouver un gars qui nous confirme l'info. On prend donc la route vers Costa Azul où nous allons avoir plus d'infos. Selon les dires de ce gentil brésilien, il nous suffit de ne pas louper l'accès à la plage sur laquelle nous allons rouler (et oui ?!). Le repère : 3 cocotiers. Nous roulons actuellement sur une piste qui longe la côte et au bout de plusieurs kilomètres on commence à douter : y'a des cocotiers partout!!! On commense à se dire qu'il s'est bien foutu de notre gueule ! Mais non, on finit par y arriver. Seul hic, l'entrée sur la plage n'est pas si évidente. Du moins pas pour Venturette. On joue la sécurité et afin d'éviter de s'enliser en passant la mini dune qui sépare la plage de la piste, on se construit un tapis à base de branches de palmiers. Oui, comme dans Koh-Lanta... Après avoir beaucoup tourné autour, et hésité, on finit par se lancer. Ouf, c'est passé. Mais nous ne sommes pas sortis de l'auberge pour autant. Notre préoccupation principale : la marée. Un détail non négligeale. Comme partout dans le pays, les marées sont impressionantes. Il s'agit donc d'arriver à Mangue Seco, à 30km de là, avant que la mer ne remonte. Je nous vois déjà enlisés et engloutis par la mer, assistant impuissants à la noyade de Venturette. Pierrick quant à lui a peur de ne pas trouver un échappatoir à l'arrivée.
On profite quand même de cette expérience magique. Seuls sur le sable, un sentiment de liberté nous envahit.
Nous ne croiserons des buggys que sur la fin et arrivons comme des fleurs à Mangue Seco.
Venturette en sécurité bien loin de l'eau, nous profitons de la beauté du site et nous installons dans une barraca bien à l'ombre.
Allez, on décide de tester enfin une des spécialités locales les plus réputées : le moqueca de poisson, sorte de ragout cuisiné avec du lait de coco, de l'huile de palme et du piment. La marée monte et nous dégustons notre festin les pieds dans l'eau.
C'est alors qu'une méchante vague vient troubler notre festin. Elle avale tout sur son passage. Le repas est sauvé mais par contre, nos affaires partent à l'eau sans qu'on est le temps de réagir. Le courant est tel que Pierrick aura bien du mal à récuperé notre Lonely Planet, notre Atlas routier (le Cuadra Ruta, excellent soit dit en passant) et nos romans... Heureusement l'appareil photo a évité le bain. Nous croyons avoir sauvé les meubles et reprenons notre repas après avoir déménagé. 10 min plus tard, on se rend compte qu'on ne trouve plus les clés de la voiture ! Horreur ! Et merde... finalement le plus important ! Pas de panique pour autant on a toujours le double sur nous. Et oui, faut pas nous prendre pour des débutants. On reste quand même bien embêtés car 2 jeux c'est vraiment le minimum. Et refaire un double sachant que c'est une clé codifiée risque de ne pas être facile. On termine le repas avec un peu moins d'appétit et partons chacun notre tour pour une longue marche sur la plage dans le but de retrouver notre clé que le courant aurait peut être déposé plus loin. Mais rien, l'un comme l'autre revenons bredouille.
Alors que nous nous appretons à quitter le "restau", un des serveurs vient nous voir avec nos clés à la main. Incroyable, il a réussi à les récupérer à marée basse. Muito obrigado !!! Comblés, on reste sur place pour la nuit, de toute façon il est trop tard pour repartir, la marée remonte déjà. Les propriétaires nous rassurent : le coin est sur pour la nuit. Une petite ballade au coucher du soleil pour conclure cette merveilleuse journée.
A l'heure du diner, nous sommes toujours en train de digérer le moqueca et nous contentons d'un apéro maison de coco et cajoux.
Le lendemain, à 6h pétante, nous sommes déjà en train de petit déjeuner face à la mer et entamons dans la foulée les 1.5 km qui nous séparent du village, plus à l'intérieur. Le village est bati entre les dunes, le sable dans les rues remplace le bitume. Les enfants font même une partie de pétanque avec des cocos. Un dernier plouf et il est temps de repartir si on veut profiter de la marée basse tout en ayant le temps de s'arrêter à Praia Coqueiros à 15 km. On abandonne Venturette sur la plage le temps d'une nouvelle marche.
Le retour sur la piste va être poussif. Le terrain est légérement ascendant, ce qui donne du mal à Venturette et son pilote. On reconstruit notre tapis et on y va. Je préfère descendre pour guider Pierrick.
Hum, 1ère tentative : échec. Venturette patine, glisse et perd de la vitesse. Pierrick n'insiste pas arrive à se dépétrer en repartant en marche arrière.
2ème tentative : ok, on prend de l'élan ! Vroum, vroum, rien y fait !
Bon, on commence à stresser un peu, la mer monte lentement mais surement.
3ème tentative : ça rigole plus, faut qu'on sorte de là. Un max d'élan, Venturette arrive à fond les ballons, et passe enfin avec succès cette satanée micro dune ! Pfouuuuuuuu, ayé on est de l'autre côté et ca va mieux.
Allez, on roule vers Praia Do Forte, station balnéaire ultra touristique qui nous attire pour son projet Tamar. Le projet Tamar est un vaste programme d'aide à la survie des tortues de mer. Nous sommes dans la bonne saison et allons pouvoir assister à l'éclosion des oeufs et à la relàche des bébés tortues à la mer. Bien sur tout cela aurait été plus sympa en pleine nature mais après plusieurs essais non concluants, on se rabat sur ça. C'est tout de même très émouvants de voir cette centaine de tortues à peine nées se jeter dans la grande bleue à corps perdu.
Et voilà, elles reviendront ici même dans quelques années pour déposer à leur tour leurs oeufs.
Sur ce, s'achève une nouvelle étape de notre séjour...
Notre prochain rendez-vous, qui va mettre en transe tout la pays, le Carnaval, qui commence demain, jeudi 3 mars dans les rues de Salvador de Bahia bien entendu !!!
01 novembre 2011
Descente du littoral brésilien : les 19 premières plages du Nord au Sud
Lundi 7 février, on continue la grande descente. Une matinée de route récompensée par une nouvelle belle plage, la Praia Lagoinha. Nous la contemplons d’abord de haut depuis la route en corniche. On décide alors d’aller voir ça de plus prés et passons un bon moment dans l’eau chacun notre tour à lutter contre ce maudit courant.
On ne s’attarde pas, et allons passer la soirée sur une nouvelle plage, Praia Taiba radicalement différente mais toujours aussi accueillante, du moins pour la journée.
Quand la nuit tombe vers 17h30, c’est une autre affaire. On préfère alors reprendre la route et retrouver la nationale sur laquelle on devrait trouver une station pour la nuit. On finit par trouver même si la station est fermée mais l’agent de sécurité nous autorise à y rester. Une bonne douche bien fraîche et une belle salade de fruits exotiques (banane, ananas, fruits de la passion, mangue et goyave :P) tout aussi fraiche, quoi de mieux pour conclure cette journée.
Le lendemain, on prend les mêmes et on recommence. On se réveille aux aurores avec le soleil, on roule et on se déniche de nouveau une splendide plage, Praia Cumbuco. On se noie dans les vagues, je tente un footing aux premières heures avant que le chaleur ne monte et surtout on lézarde bien à l’ombre.
Comme la veille, on termine la journée par une 2ème plage où de jeunes surfeurs affrontent de superbes vagues. Pour faire original, on passe de nouveau la nuit dans un posto (on ne peut plus se passer de notre douche quotidienne) et pendant que Pierrick s’occupe de la rotation de nos pneus, je nous prépare une bonne salade de riz.
Rebelotte le lendemain, cette fois-ci nous partons en direction de la plage de Morro Branco qui a la particularité d’être bordée de falaises rougeoyantes. Les formations rocheuses dessinent de petits canyons dans lesquels nous prenons plaisir à déambuler.
Nous prenons ensuite de la hauteur d’où le contraste du rouge de la pierre avec le turquoise de la mer est éblouissant.
De là haut, on observe amusés les dizaines de buggys qui conduisent les touristes à ces cayons alors qu’ils sont accessibles en 5 min à pied. On longe un peu les falaises pour profiter du panorama avant de redescendre faire un plouf. On entame une jolie marche sur le sable qui aurait pu être encore plus agréable si on ne se faisait pas klaxonner toutes les min par les buggys. Enfin, c’est comme ça au nord du Brésil, la plage est réservée aux voitures. On atteint des mini cascades d’eaux douces et en profitant pour se rincer. Sait on jamais peut être ne trouverons nous pas de douche ce soir. On pique nique sous la voile d’un de ces typiques bateaux du pays, les Saveiros.
La route vers Caixaba nous prend pas mal de temps si bien qu’on n’y arrive que pour la soirée. A peine le temps de faire une promenade sur les passerelles et d’échanger quelques romans dans une auberge de jeunesse qu’il nous faut de nouveau penser à là où on va pouvoir passer la nuit.
En route, on se mord les doigts d’avoir laisser passer une station service. Il commence à se faire tard et bien évidemment, on se fait arrêter par les flics. Il fait maintenant nuit, le flic ne comprend rien à notre voyage, les moustiques sont désormais de sortie et se font un malin plaisir de nous dévorer et pour combler le tout des chiens tout pouilleux nous assaillent. Après plus d’1/2h avec le flic, on finit par repartir. On poussera finalement jusqu’à Icapui. Mais même dans la ville pas évident de trouver où dormir. Finalement, un agent de sécu nous accueille de nouveau dans sa station et nous offre une douche. Quand on se réveille au milieu de la nuit, tout est éteint et on ne voit plus personne. On part faire une ronde mais si, notre garde du corps est bien là, dans un coin, en train de tisser un beau hamac !
Depuis Incapui, nous rejoignons la Praia Redonda que nous ne sommes pas prêt d’oublier.
Nous y dégustons une langouste de plus de 1kg pour quasiment rien accompagnée du traditionnel farofa (farine de manioc) et d’ 1l de bière !
On manque d'ailleurs de faire pleurer le serveur. Mais bon, c'est de sa faute aussi. C'est lui qui nous ressort l’histoire du 3-0. Tellement déçu, tant d'années plus tard : qu’il se rassure, ça n’arrivera plus !
En route vers Mossoro, on refait le plein d’eau dans une station et on passe alors une bonne partie de l’aprem dans un centre commercial à tenter de sauvegarder nos photos et envoyer quelques nouvelles. Mais devant autant de lenteur, et sans prise de courant, on abandonne. On tombe alors sur un posto de fou : c’est un véritable camping ! A vue de nez une petite centaine de camions : les chauffeurs se trimballent en direction des douches avec la serviettre sur l’épaule ou installent leur hamac à l’arrière du camion. On se fait notre place et profitons d’une bonne douche. Enfin surtout moi, parce que chez les hommes la queue est monstrueuse.
Vous avez compris maintenant, on va de plages en plages ! Donc pour aujourd'hui, une petite nouvelle accessible que par bateau. On rejoint l'embarcadère via une très belle route qui nous fait traverser des champs de pétrole et longer une côte rougeoyante et une mer turquoise. On se paume un peu, mais in transexuel nous renvoit vers le bon chemin. Une fois sur la péninsule de Galinho, nous avons la plage pour nous, il n'y a pas foule dans ce petit village coloré de pêcheurs. L'eau y est toujours aussi belle bien qu'un peu vaseuse tout de même. Une jolie marche vers le phare et nous reprenons le bateau et la route vers Natal.
Nouvelle nuit, nouvelle station, nouvelle douche. Si ça continue notre budget savon va dépasser celui en essence !
On s'arrête alors à Genipabu à quelques kilomètres de Natal.
Nous y sommes acceuillis par des hordes de buggys qui se jettent sur nous pour nous embarquer pour une petite excursion. On se laisse convaincre à condition de partager le véhicule avec 2 autres touristes. Un gars nous promet de nous trouver nos compagnons en 2 temps 3 mouvements. Nous lui faisons confiance, à tord. 2h plus tard nous attendons toujours alors que nous le découvrons gentiment appuyé au bar... Pendant ce temps, on tue le temps à la plage, espérant qu'il vienne nous chercher. En vain, on perd patience et quittons les lieux sans rien demander. C'est alors qu'on vient nous réclamer du fric pour le parking. Faut pas pousser le bouchon non plus. On refuse de payer expliquant que si nous nous sommes garer c'est uniquement parce que le gars du buggy (cousin de celle qui gère le parking) nous a promis une excursion. Ca se gâte : la gérante du parking s'en fout et ne veut rien entendre. On lui explique que le buggyman se fera un plaisir de payer le parking à notre place, encore faudrait il qu'il ait assez de couilles pour venir se montrer. S'en suit toute une suite de propos assez véhéments en portugais. On ne comprend pas tout ce que la vieille nous dit, elle non plus d'ailleurs ne semble pas trop saisir notre portugespagnol. En tout cas, son fils lui a bien compris qu'on ne paiera pas et essaye de raisonner sa mère qui n'en démors pas et va même jusqu'à me mettre son poing dans la gueule ! Ca, ça clou le bec à tout le monde sauf à moi bien sur qui prends la sextagenaires à la gorge et l'étale au sol .... Noooooooooon, je rigole bien sur. Pierrick est dans une furie furieuse alors que je reste sonnée, non pas par la violence du coup (c'est une p'tite vieille), mais par le geste. Je me remet de mes émotions et rejoint Pierrick qui hurle comme un putois sur toute la famille. Entre temps la vieille, semblant incontrolable, a été enfermée par son fils derrière une grille pour contenir cet accés de violence. Si, si, je vous jure ! Le jeune un peu plus réfléchit se confond en excuse devant le comportement de sa mère alors que Pierrick les menace d'aller faire un tour au commissariat tout ensemble. Evidemment, devant un tel bordel, un attroupement s'est formé, et étonamment les locaux vont prendre notre parti et m'encourage même à lui en foutre une. Devinez qui voilà maintenant... les flics juste de passage, la tension s'appaise et on peut reprendre notre route totalement déconcertés d'en être arrivés là !
On va passer nos nerfs dans un carrefour. On reste un moment dans la food-court s'acharnant sur la mauvaise connexion internet tandis que les locaux sirotent leur géante girafe de bière avec un méga système de tube rafraichissant. Les Brésiliens et leur bière fraiche, toute une histoire ! A 19h, alors que "DJ Abdel" arrive au platine de ces modestes fast food pour une soirée de folie (ou pas), on préfère laisser la place. On galère dans Natal pour trouver notre chemin. Comme d'hab au Brésil, tout est très bien indiqué jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien... Une station très moyenne mettra fin à cette journée décidément foirée.
Au réveil, il fait déjà très chaud même si ça n'a rien à voir avec les chaleurs connues en Amérique Centrale. On va se rafraichir sur la plage de Pirangi Do Norte, mais le ciel se gate, et c'est dans Venturette sous une pluie tonitruante que nous pique-niquerons.
Notre prochaine destination est Praia Pipa, mais le temps nous fait douter. De peur de ne pas trouver où dormir en sécurité autre que dans la ville, nous poursuivons la route. Nous arrivons dans ce village balnéaire bien touristique dans la soirée toujours sous la pluie. On tente une brève sortie et trouvons un coin vraiment sympa en pleine nature où dormir.
Lundi 14 février, pas de grasses mat' d'amoureux mais un réveil à 5h30 ! Le soleil est déja levé et il ne faut pas traîner si nous voulons atteindre la Bahia dos Dolphinos accessible qu'à marée basse. Il parait qu'on peut y nager avec des dauphins. Sceptiques, on va quand même tenter notre chance. 6h du mat', 1er bain... mouai pas l'ombre d'un dauphin. Ce n'est qu'en ressortant de l'eau, qu'on les aperçoit ! Ils sont bien au rendez-vous !!! Ni une ni deux, on retourne à l'eau, et malgré les méchantes vagues on s'éloigne un peu de la côte pour mieux les voir. Ca fonctionne, les dauphins petits à petits se rapprochent. Incroyable !!! Ils nagent, pèchent, sautent "autour" de nous. Bien sur, on ne peut pas les toucher, on n'est pas à Sea World ! Mais les plus proches sont à 5 mètres tout au plus. Sea World, non, mais pourtant pas si loin, quand on les voit enchaînés les sauts et vrilles dans les vagues. Quel beau cadeau pour cette Saint Valentin 2011 !
Après plus de 4h sur cette baie, on préfère repartir avant d'être bloqué pour la journée. La Plage de l'amour nous attend pour une jolie marche entrecoupée de bains. On monte en haut de falaises d'où la vue est exceptionnelle.
Pour bien conclure la journée, on s'ouvre une bouteille de Padre Cicero. Mais la fête va être troublée : en plein repas, alors que la nuit est déjà tombée une voiture s'approche. Etrangement, elle semble faire comme un signal avec une lumière hyperpuissante. On pense à un dealer qui cherche son client. Au bout de plusieurs minutes, des gars finissent par sortir. On n'y voit strictement rien mais on entend des voix qui semblent nous demander de sortir du véhicule. Déjà bien enfermés, on n'a pas trop l'intention de descendre. On pense alors bien-sûr à la police, mais la voiture n'est pas balisée et ils ne se sont pas identifiés. C'est bien elle. On leur laisse entendre que leur méthode d'approche n'est pas très rassurante. Il est a peine 18h30 (ben oui on mange très tot, tellement le soleil se couche tôt) et il faut quitter les lieux. On ira alors passer la nuit sur un parking surveillé.
Le lendemain, on ne résiste pas et on retourne nager avec les dauphins. Ben oui, ça ne nous arrive pas tous les jours, à nous pauvres français. On reprend ensuite la route vers Joao Pessoa avec une station comme terre d'acceuil pour la nuit, encore ce qui fonctionne le mieux.
De la route toujours de la route... depuis notre entrée au Brésil, on roule quand même beaucoup plus que dans les autres pays. Au moins, on voit du pays, mais on se dit qu'il faudrait 1 an voir 2 pour vraiment visiter dignement le pays. En tout cas, on ne peut s'empêcher de comparer le Brésil au Mexique : les infrastructures, la taille du pays, cette végétation luxuriante, les plages et le niveau de développment, autant de détails qui nous rappellent notre séjour au pays des Mariachis.
On coupe souvent la route par des arrêts courses. Rien de mieux que des kilos de noix de cajou pour tuer le temps. Aujourd'hui nous atteignons le point le plus à l'est des Amériques... Ca vous fait une belle jambe, hein ?!
Nous ne serons qu'en fin d'aprem à Praia Coqueirinhos.
Dommage nous qui avions investi dans un beau parasol, le soleil est quasiment couché à 16h30. Je laisse Pierrick à ses lectures et part pour un agréable footing suivi de plusieurs longueurs. On se trouve même un coin dans la cambrousse pour la nuit qui nous permettra de profiter de cette superbe plage le lendemain.
7h pétantes, nous sommes déja sur le sable profitant des seuls rayons de soleil de la journée que notre peau de blanc bec supporte. On alterne marche et bain chacun notre tour et alors que Pierrick s'attaque au cocos du cocotier qui nous ombrage, je retourne à mes longueurs.
Brave homme, il lui faudra toute l'après-midi pour venir à bout de 3 cocos. Mais quel délice, quel exotisme : mère nature nous gâte au Brésil.
On redort au même endroit. Sur la route, on retrouve les camions à la coupe afro débordants de canne à sucre déjà rencontré au Panama. Pas de plage aujourd'hui, mais la visite de la très colorée Olinda ! Il faut dire qu'on tombe bien, la ville se prépare pour le carnaval et les décorations sont déjà en place.
On se laisse alors tenter et goûtons au tapioca sous forme de galette au fromage et à la coco.
Tout proche se trouve Recife, une nouvelle grosse métropole dont la circulation va nous donner du fil à retordre. Totalement bloqués dans les bouchons, on abandonne et passons la nuit dans une station au coeur de la ville. Le lendemain, on évite volontairement les plages. Et oui, des réquins (les méchants ceux prêts à te bouffer tout cru) trainent dans le coin parait-il... Nous préférons la jolie plage de Calhetas où nous allons faire une rencontre que nous ne sommes pas prêts d'oublier.
Nous arrivons sur cette petite crique aux eaux vertes et bien calmes (pour une fois) vers 8h. On déplore toujours la présence de ces restaux de plage qui altèrent un peu la beauté du site. C'est alors que Pierrick fait connaissance avec Francisco, un sociologue Jésuite d'une soixante d'année parlant français. De fil en aiguilles, on rejoint sa table où il déguste crabe et bière avec son jeune employé, Orlando 16 ans. Un jeune issu d'un milieu défavorisé qu'il emploie pour entretenir sa propriété et à qui il enseigne le portugais. Bon, soit... Francisco habite dans un petit village à l'intérieur des terres et prétend avoir une petite propriété avec manguiers et avocatiers. Conscient des conditions dans lesquelles on vit dans le cadre de notre voyage, il nous invite à y rester quelques jours et se propose de nous faire visiter le coin. Nous qui disions que nous avions justement du mal à rencontrer des locaux, nous voyons là une bonne opportunité de découvrir le pays sous un autre angle.
Nous acceptons donc l'invitation et les suivons à plus de heure de route jusqu'à Gloria de Goïta. Nous nous arrêtons dans le village pour manger quelques crevettes. Mais très vite, l'ambiance et la fréquentation du "bistrot" éveille en nous quelques doutes (enfin surtout en moi parce que Pierrick a des doutes depuis le départ). Quelques minutes plus tard, la situation tourne au cauchemard quand Francisco nous propose tout naturellement un "petit amusement sexuel" en compagnie de son jeune employé, d'une prostituée, d'un transexuel de 15 ans et de lui même bien entendu. On a beau retourné la situation dans tous les sens, on se demande bien à quel moment de la journée on lui a laissé une chance de penser qu'on serait partant pour ce genre de choses. On est scotché, déclinons séchement son offre et prenons nos jambes à notre cou pour fuir le plus loin possible.
Tanpis, je crois qu'on va limiter nos rencontres aux sympathiques pompistes, certes un peu mauvais perdants mais qu'on ne se lasse pas de taquiner avec ce 3-0 ! Au moins, ça alimente chaque conversation. Allez, une bonne nuit dans un posto sous la surveillance d'un garde avec un fusil à pompe et une bonne douche au milieu des camioneurs nous feront digérer nos mésaventures. Ca c'est une valeur sure. C'est bon, on a compris la leçon, on ne suit plus personne. Pas de bol, quand même, la seule et unique fois qu'on nous invite !
Au moins ça nous aura permis de voir un tout petit peu "l'intérieur" du pays. On traverse une région agricole où l'odeur ambainte trahie la présence de canne à sucre.
Evidemment à la sortie d'un petit village paumé on se fait arrété par un flic incapable de déchiffrer notre permis international : le portugais ne faisant pas partie des langues utilisées sur le doc. Ils nous laissent quand même repartir et nous arrivons à Porto Galinhas une nouvelle fois sous la pluie. Pffffffffff, on commence à en avoir raz le bol de la flotte. Bloqués dans la voiture, on attend que ça passe et ce n'est que quelques heures après que nous pourrons tenter une sortie. Juste le temps de faire une heure de footing que ça recommence. On bat repli dans une station et s'attaquons à ces ignobles moustiques à coup de raquette de tennis électriques. Ceux qui connaissent savent à quel point ça peut etre jouissif. Ahhhhhhhhh ahhhhh !!!
6h40 le lendemain, le ciel est clair mais ça ne va pas durer. 1h plus tard installés sur le sable, c'est de nouveau la douche. Un cajoutier nous sert d'abris et dès la moindre alcamie nous en profitons pour aller explorer avec masque et tuba, les piscines qui font la renommée de la plage. Effectivement à marée basse, nous pouvons atteindre des beaux petits bassins remplis de jolis poissons.
On finit aussi par gouter l'Acai, baie rouge issu d'un palmier que l'on consomme généralement glacée.
Sur la route pour Tamandaré, nous constatons que la région est envahie de fourmies géantes et qu'ici comme en Colombie, les locaux en raffolent ! Chacun arpente les routes pour chasser la bébête, personne n'hésite à squater le bitume au milieu de la voie pour remplir sa bouteille. Dingue, c'est un véritable concours : dès qu'ils en voient une, ils se jettent dessus...
Allez, j'arrête ici pour cette 1ere partie. Déjà 19 plages à notre actif, et notre bronzage n'est pas mal du tout. Qu'en reste t'il aujourd'hui ? Bouhhhhhhh !
11 octobre 2011
Il y a longtemps, nous étions dans les Rocheuses
Un message écrit en route et non posté faute de connexion, juste pour nous rappeler de bons souvenirs...
Une récente révision de notre blog m’a fait réaliser que je n’avais quasiment rien écrit sur les Rocheuses, pourtant l’une des parties les plus inoubliables du séjour ! En ce temps là, forte de ma plus grande énergie je trouvais le temps de cuisiner et de me laver les cheveux en roulant, mais un peu moins pour écrire…
Je vais donc y remédier de ce pas.
10 juillet 2009, voilà nous y sommes. Depuis la transcanadienne que nous ne quittons plus depuis notre départ, nous les apercevons au loin. Majestueuses, tel un objectif longtemps désiré, nous n’avons jamais été aussi proche. Nos chaussures de rando sont sur le qui vive, prêtes à accueillir nos petits petons pour fouler les plus beaux sentiers, gravir les plus hauts sommets, et frôler les plus vieux glaciers.
Avant cela, nous avons pris soin de nous mettre dans le bain en passant par Calgary, où nous arrivons pour le Stampede : sorte de fête du cow-boy annuelle !
Nous ouvrons le bal par le magnifique sentier de la Bow River que nous entamons à 16h30… Trop impatients, impossible d’attendre le lendemain pour jouir de nos 1ers panoramas.
Nous enchainons le lendemain par l’Edith/Cory pass qui sera aussi inoubliable pour nos yeux pour ses vues stupéfiantes, que pour nos gambettes pour ses pentes éreintantes.
L’Healy Trail via la Simpson Pass sera riche en émotions. Ici nous savons que les ours rodent. Un ranger nous prévient qu’une semaine avant 2 randonneurs ont croisé le chemin d’une mère et ses petits. Cette dernière a chargée, ils ont adpoté la position de sécurité qui consiste à s’allonger à plein ventre sur le sol en gardant le sac sur le dos et en protégeant la nuque avec les mains. L’ourse les a reniflés et tatés de la patte et est repartie.
Nous serons plus chanceux, nous ne verrons que leurs empreintes et pour seul fauve ce beau chien de prairie.
Début juillet les près sont en fleurs
A cette époque nous étions encore courageux et faisions notre lessive à la maison dans les rivières aux alentours.
Frotte, c’est pas comme ça que ca va être propre
Laver c’est une chose, sécher en est une autre…
Le Lac Louise maintenant. Celui que tout le monde connait, le rendez-vous des touristes qui ne sont pas venus dans les Rocheuses pour marcher. Un château hôtel implanté sur ses rives, des locations de bateaux gonflables pour distraire les plus excités et pas mal de monde. Voilà pour l’aspect déplaisant. Le cadre par contre est angélique. Un lac d’un bleu turquoise (la couleur provient des alluvions de la moraine au dessus), des majestueux glaciers qui le surplombent et des sapins comme on n’en trouve qu’au Canada.
Quand on prend un peu d’altitude et qu’on s’éloigne de la foule, voilà ce qu’on admire :
Bien sur cela se mérite. Nous avons du essuyer de belles averses et le mal de dos le soir se fait sentir.
Son voisin, le lac Moraine, n’a rien à lui envier. Bien au contraire, un peu moins fréquenté, c’est un autre joli coin de paradis.
Nous nous attaquons cette fois-ci un vertigineux Sentinell Pass qui nous fait traverser la Vallée des 10 pics. Toujours plus de pics, toujours plus de glaciers qui semblent suspendus par un fil.
La encore la pluie sera au rendez-vous mais sous nos supers ponchos nous ne craignons rien.
Le soleil est de retour pour la terrible ascension du Mont Fairview. Ca monte sec pendant 3h mais une fois en haut, nous avons l’impression d’être au 7ème ciel.
A la hauteur des glaciers, nous avons l’impression de dominer toute la vallée
Ah comme nous regrettons les sentiers nord-américains, toujours parfaitement balisés !
L’Iceline Trail sera peut-être la rando qui nous laissera le souvenir le plus impérissable. Le sentier débute tout près des somptueuses Takakaw Falls ci-dessous. Ensuite, la boucle nous permet de nous rapprocher de glaciers toujours plus impressionants.
Longue rando de 20 km que nous ne verrons pas passer dans de tels paysages.
Que dire de la route des Glaciers, réputée pour être l’une des plus belles routes au monde avec des arrêts qui valent le coup d’œil. Comme ces superbes lacs…
De près ou de loin, des glaciers toujours plus grandioses
Nous allons faire quelques pas sur le glacier Athabasca. Noter Pierrick est en tong…
Ici au pied de l’Angel Glacier avec de petits ice berg
Quelques dernières cascades avant de clôturer notre séjour dans les Rocheuses par « l’expédition » au lac berg.
Nous avons réservé notre emplacement de camping au bord du lac longtemps à l’avance pour profiter de ce cadre enchanteur.
Malheureusement, une nuit de plus n’aurait pas été du luxe. Ceux que tout le monde fait en 3 jours nous le ferons en 2, avec notre record : 36km en 1 jour avec gros sac et 1000m de dénivelé !!!
Les derniers km sont un supplice pour les pieds. Je reviens exténuée.
Mais on ne regrette rien. Le sentier nous fait d’abord passer au dessus de magnifique rivières.
Puis nous amène à des cascades majestueuses,
avec toujours en toile de fond, le Mont Robson
avant de nous amener sur les rives du lac Berg dans lequel des glaciers se jettent.
Le lendemain, nous irons approcher l’un d’entre eux, nous entrerons même dans son antre.
Voila la masse de glace que nous allons avoir au-dessus de nos têtes
La grosse meringue du glacier au 1er plan
Puis nous grimpons sur l’autre versant pour profiter de vues toujours plus belles
Nous entamerons enfin l’interminable retour où chaque pas sera un enfer sur la fin.
Et voilà pour les Rocheuses… Les Andes pourront-elles faire mieux ? A suivre…
18 septembre 2011
J+ 70, et maintenant...
Déjà plus d'2 mois que nous sommes revenus en France. Il serait temps de donner quelques nouvelles à nos fidèles lecteurs. 1 mois que nous n'avons pas vu passé et pourtant nous n'avons pas chomé.
Souvent, nous avons pensé à notre retour, mais jamais nous n'aurions imaginé à un tel scénario. Je rembobine donc jusqu'au 9 juillet.
Pour notre 3ème anniversaire de PACS, le cadeau est de taille : un aller (ou plutôt retour) simple vers la France. Ce n'est que le lendemain que nous atterrirons sur le sol francais. 10 juillet, voilà 2 ans et 10 mois que nous avons quitté la France bien loin de deviner tout ce que nous vivrions.
Mais voilà, il était temps, et c'est heureux et sous une douce chaleur que nous retrouvons la France à Toulouse où les soeurs de Pierrick nous accueillent. Mais les retrouvailles seront brèves.
Aussi fou que cela puisse paraitre, lundi 11 juillet alors que je retrouve les joies de voyager avec la SNCF en direction de Pau, Pierrick, lui, a un tout autre programme : il passe un entretien d'embauche !!! Moins de 24h après notre atterrissage avec 6h de décalage horaire dans la tête et une fatigue cumulée qu'on vous laisse imaginer ! Dingue, notre vie est dingue.
Dingue mais pas folle, la preuve. Mardi 12 juillet, il ne nous aura pas fallu plus de 2 jours pour connaitre là où nous allons nous installer. Pierrick est pris et c'est donc sous le beau soleil de Montpellier que nous reprendrons un quotidien un peu plus traditionnel.
Mais avant cela, 2 intenses semaines nous attendent. Nous avons moins de 10 jours pour revoir nos proches (malheureusement qu’une petite partie), organiser la fin du déménagement et l'emménagement. Nous n'avons pas vraiment le temps de comprendre ce qui nous arrive et encore moins de repenser à notre aventure. Nous sommes entièrement tournés vers l'avenir. Et dire qu'il y a 3 semaines nous vivions dans notre voiture dans les rues de New-York ?! Ca nous parait déjà bien loin.
Voilà, je vous passe les détails, mais nos journées sont occupées par un tas de démarches tout aussi barbantes les unes que les autres (pôle emploi, caf, sécu...). Heureusement, nous retrouvons des amis formidables qui n'hésitent pas à nous ouvrir leur porte le temps de trouver notre nouveau chez nous. En une semaine, ce sera chose faite. Après 2 ans à vivre dans une voiture, forcément on devient moins exigeant.
Cela fait maintenant presque 2 mois que Pierrick travaille, et nous ne sommes peut-être pas très objectifs, mais on trouve, lui comme moi, qu'il a repris son activité comme s'il n'avait jamais arrêté. La réadaptation n'est en fait pas si difficile. Somme toute assez logique parce que 2 ans de vadrouille n'effacent pas 26 ans de vie et de quotidien (et fort heureusement). Voilà le principal argument que je ne manquerai pas de soumettre à mes potentiels futurs employeurs les plus septiques. Donc oui, nous avons bien « atterris », un peu dans la précipitation, mais tellement content que tout cela soit derrière nous maintenant.
Alors c'est sur, nous n'avons pas encore eu le temps de revoir tout le monde (voir vraiment pas grand monde en fait) : telle va être une de nos priorités pour les mois à venir et qui nous amèneront cerainement jusqu'à la fin de cette passionnante année 2011.
Comment vit-on le quotidien maintenant ? Outre le fait d’apprécier tout le confort et toutes les facilités que nous offre un logement (mon dieu, je me demande déjà comment a t’on fait pour vivre dans de telles conditions... PENDANT 2 ANS !?), nous profitons aussi de ne plus vivre à 3000 à l’heure et à 400%. Fini la peur de passer à côté de quelque chose. Non, nous prenons le temps, et ce qui n’est pas fait aujourd’hui pourra être fait demain. Nous profitons alors plus des petits plaisirs du quotidien et boudons un peu l’extérieur. Les petites escapades, ce sera pour plus tard (de toutes façons, nous n’en avons encore pas eu vraiment le temps).
Et puis il faut qu’on vous avoue qu’on mange plus que de raison. Cela avait commencé fort à notre retour dans le sud ouest, et nous continuons sur notre lancée. Menus du 1er week-end à 2 : fondue (oui oui par 35 degrés, on s’en fout), confit, pierrade, et surtout plateau de charcuterie et fromages. Le tout arrosé par du Jurançon et des bons petits rouges. C’est aussi ça la France ! Vous voyez on tient le bon bout…
On scotche aussi pas mal devant la télé. Pas le choix, maintenant que notre super méga freebox révolution est arrivée, on a 300 chaînes !!! Et parmi cela, plus grand-chose nous intéresse finalement. Le JT nous laisse relativement indifférent et les émissions de téléréalités nous font pas mal de peine. Non, c’est plutôt quand on tombe sur un reportage de TV5 ou W9 sur les Amériques, qu’on ne peut plus s’en défaire. Les autres voyageurs nous comprendront. La faune du Costa Rica, les indigènes des Andes, l’exceptionnelle diversité des grands marécages du Venezuela, les grands espaces alaskiens… c’est avec ces émissions que nous revivons notre voyage. Parce que ces patelins là, on les a traversés ; ces sentiers ont les a foulés ; ces habitants on les a rencontrés (bon, non mais ca aurait pu); ces routes, on les a parcourues ; ces marchés, on les a arpentés. Oui, on y était, là exactement. Et une fois que nous sommes plongés dans ce genre de sentiments, difficile de s’en extraire. On réalise alors à quel point nous sommes heureux et fiers d’avoir réalisé un rêve.
Alors il y a aussi tous ces moments d’absence en pleine séances de courses, repas de famille ou au beau milieu d’une conversation, quand un détail fait émerger un souvenir, une rencontre, une expérience. Un flot d’émotions qui peut aussi remonter sans raison apparente. On comprend alors tout l’intérêt d’avoir vécue et partagée cette aventure à deux.Un instant t insignifiant nous revient, et alors qu’on se dit que l’autre ne se souviendra jamais de cette pomme que j'ai épluchée, qu'il ne verra jamais de quel arbre je parle, ne retrouvera jamais la route à laquelle je pense, et ben si ! Nous savons ! Insensé, devant l’infinité d’instants t, comment peut-on se rappeler l’un comme l’autre de faits si précis ? Je me souviens (ah ah, le Québec nous a marqué), tu te souviens et surtout on se souviendra… Emotion purement magique qui nous conforte dans l’idée qu’un voyage de ce type doit se faire à plusieurs, et qui nous rappelle que nous n’en avons certainement pas fini avec ce voyage. Non, nous voulons aussi maintenant prendre le temps (que nous n’avions pas sur les routes) de lire et d’apprendre sur chaque pays, parce que le voyage est la meilleure école et le meilleur éveil à la curiosité.
Pour l'instant, on ne s'est pas encore relancé le défi totalement incensé (relevé avec succés à J +365 du début du voyage) de retracer jour par jour, où nous étions et ce que nous avons fait. La 1ère fois, il nous aura peut être fallu plusieurs jours, mais nous y sommes arrivés. Jour par jour, juste de mémoire, nous pouvions dire exactement ce que nous avions fait de nos journées. Pourra t’on en faire autant si on nous demande de reprendre l’année 2012. Bien sur que non. Voilà la puissance d’une telle aventure...
Maintenant, nous relativisons aussi beaucoup. Sur la France et ce qui s’y passe, parce qu’à côté de ce qui se passe ailleurs, ben c’est un peu du vent. On remet aussi beaucoup en question tout ce qu’on peut nous montrer. Parce que la télé ne nous montre que ce qu’elle veut. Nous avons l’impression d’avoir développer un certain esprit critique. Il nous est plus facile maintenant de faire un peu plus la part des choses. Parce que, parfois, la pauvreté et les conditions de vie qu'on voit sur nos écrans, ne sont pas aussi catastrophiques en réalité. Malheureusement, des fois c’est bien pire, et ça aussi on a pu le constater par nous même.
Voilà, en quelques mots notre état d’esprit à J+70. Quoi ???? DEJA !!!!
En ce qui concerne le devenir de ce blog, avant de le classer dans les archives, à venir comme promis le carnet de voyage du Brésil et de la côte Est des USA, seules étapes que je n’ai pas pu « romancer » sur place.
Eventuellement, on se lancera dans un remodelage total au niveau de la présentation et de la organisation, parce que c’est vraiment le bazar. Même moi je suis paumée.
On espère pouvoir faire aussi un semblant de bilan peut-être avec quelques chiffres et quelques images. Il n’y en a que 38 000 à trier, vous voyez ça va être rapide.
Et puis, on donnera aussi quelques nouvelles au début, parce que, oui, j’ai quand même pour projet principal de trouver un boulot !
05 juillet 2011
114 000 km et 722 jours !!!
Voili, voilou... on arrête les compteurs là !
C'est le cœur gros et déjà bien trop nostalgiques que nous arrivons triomphant à Montréal en ce vendredi 24 juin ! Quel meilleur timing aurions nous pu espérer que de revenir à notre point de départ le jour de la fête du Québec 2 ans plus tard (à 9 jours près).
Certes, il fait un temps de chien : on se les caille grave et il bruine tellement que nous distinguons à peine les gratte-ciels de Montréal depuis le pont Champlain. Hum, quel accueil !
Nous nous y préparons depuis plusieurs semaines, pourtant, nous avons beaucoup de mal à réaliser où nous sommes et ce que nous avons vécu ces 2 dernières années. Le passage de cette dernière frontière restera un grand moment. A croire que les douaniers sont décidés à nous faire verser une petite larme quand ils reprennent notre passeport de A à Z énumérant les pays les uns après les autres. Mais, point de larme, juste beaucoup de fierté et un gros OUF de soulagement. On l'a fait !
Incroyable, ce qui était un vague rêve farfelu il y a 2 ans est devenu réalité et est maintenant du passé. Moi, qui écrivais à l’époque (message du 1er juillet 2009) : "...Et puis surtout, un voyage de ce genre ne se prépare pas en 15 jours ! Sans blague ?!" On me l’aurait dit je ne l’aurais pas cru ! On commence à comprendre quelle audace et quelle chance on a eues !
Mais avant de retrouver notre très chère Montréal, nous avons beaucoup profité une dernière fois des USA. Après les Smoky Mountains, nous avons passé une très belle journée dans les musées et monuments de Washington à comprendre un peu mieux l'histoire des USA. Il était temps ! De Washington, nous sommes partis vers Philadelphia puis New York pour une 2ème fois. 2 jours a New York, où cette fois ci nous avons pu profiter de Broadway ! On aura beaucoup hésité mais on n'a définitivement pas pu résister aux Adirondacks, ne serait ce que pour se rappeler des excellents week-end qu’on a passé sur ces sentiers ! On est tellement mélancoliques qu’on refait exactement la même rando. 3 jours dans ces belles montagnes à prendre le temps de digérer et de se souvenir. 3 jours à fleurs de peau perdus dans nos pensées. Pierrick pense beaucoup à la suite tandis que moi je reste muette rêveuse de tout ce qu’on a pu vivre. Bref, je reviendrai sur notre remontée des USA en images plus tard.
Cela fait maintenant une semaine que nous sommes revenus. Une semaine à la fois bien remplie et reposante. Nous logeons chez Paulinha et Boto où nous nous sentons un peu comme chez nous (on a même retrouvé certains de nos anciens meubles). Les 1ers jours, nous nous sommes consacrés à Venturette bien sur. Un bon nettoyage de printemps, et une belle annonce sur Kijiji, il n'en faut pas plus pour que Venturette parte vers de nouvelles aventures. Nous l'avons revendue mardi à un gentil mécanicien libanais qui va se charger de la remettre sur pied et de la revendre (3 fois plus cher c'est sur). Mais bon, c'est ce qu’on voulait pour elle. Un petit pincement au cœur quand même lors des adieux mais cela va nous aider à tourner la page. Nous récupérons aussi progressivement toutes nos affaires laissées à droite à gauche et réglons quelques dernières démarches administratives. Puis, nous nous sommes enfin décidés à prendre nos billets d’avion pour la France. Le retour tant attendu est prévu le 9 juillet... dommage que tu ne sois pas là, grand frère, pour fêter tes 31 ans ensemble.
Mais le retour au Québec est surtout le temps des retrouvailles. Et ça, ça fait chaud au cœur ! Des soirées barbecue, (certes desfois un peu à la mode québécoise, c’est à dire le barbecue dehors mais nous dedans) mais aussi des virées dans le centre pour profiter du légendaire festival de Jazz de Montréal.
La dernière grosse étape qui risque de nous occuper toute la semaine va consister à organiser le déménagement retour. Des beaux cartons à remplir et à envoyer par la poste (encore une chance que la Poste Canada ait repris le travail). Mais aussi une dernière semaine pour faire nos adieux à ce fabuleux continent qui nous aura fait rêver pendant 3 ans avant de retrouver notre douce France.
16 juin 2011
Bientot la fin...
Quelques nouvelles depuis nos retrouvailles avec Venturette.
Nous avons finalement repris la route le 24 mai. Il ne nous aura fallu que 2 jours pour remonter le Mexique avec en route la visite d'une ultime ruine.
Cela fait maintenant une quinzaine de jours que nous profitons de nouveau de la splendeur des Etats-Unis. Pas mal de route certes, mais ici, ça roule comme sur des roulettes.
Une parfaite journée au Texas, quelques déceptions en Louisianne, une rapide traversée du Mississipi et de l'Alabama avant de rejoindre la Floride bien sur. Une bonne semaine dans cet état qui ne connait que l'été. Des belles plages de sable blanc, des rencontres reptiliennes dans les Everglades, un week end bien à l'américaine sur les Keys, une soirée à Miami Beach. Fort lauderdale, Palm Beach, Daytona, Saint Augustine, la péninsule fut longue à remonter. Un arrêt en Georgie à pique niquer dans les squares romantiques et gothiques de Savannah, une dégustation de produits de la mer dans la très chic Charleston en Caroline du Sud, et nous mettons le cap vers les Appalaches. Changement de programme, on lâche la côte pour quelques marches dans le parc des Smoky Mountains. Pour relier Washington, nous choisissons de suivre la Blue Ridge Parkway. Plus de 750km de route panoramique.
Il ne nous restera plus que Philadelphia, New York, et ce sera la dernière ligne droite vers Montréal à la fin du mois.
Plus que 15 jours...
23 mai 2011
20 jours en sac à dos à Cuba…
« Nos vemos », voilà les derniers mots adressés à Venturette. En espérant qu’elle ne prenne pas mal le fait que nous partions à Cuba sans elle. Promis nous ne tiendrons pas compte de ce nouveau pays dans nos comptes.
Mercredi 27 avril, 22h30 heure locale, aéroport de Buenos Aires, nous quittons définitivement l’Amérique du sud non sans un pincement au cœur. Nous nous préparons à monter dans l’avion qui nous déposera à Cuba, notre plus long vol à ce jour. Près de 9h avant notre 1ère escale à Mexico. Heureusement, nous voyageons de nuit et allons roupiller pendant la majorité du temps.
A Mexico, nous avons à peine le temps de faire l’immense queue de l’immigration, de se faire fouiller par la douane qu’il nous faut déjà rejoindre la porte d’embarcation pour La Havane, plus qu’à 2h20 !
13h30, La Havane, on met le pied à terre dans l’aéroport Jose Marti. La chaleur est écrasante. Le printemps sous les tropiques. Hum, ok, il faisait vraiment bon au Brésil. 38°C, voilà la moyenne qu’il faudra « supporter » pendant tout le séjour. Nous qui avons tous nos vêtements chauds sur nous pour nous alléger les sacs… On passe de nouveau à l’immigration présenter nos beaux visas, on récupère nos sacs et sautons dans un taxi en direction de Vedado, un quartier de La Havane, où nous avons réservé une chambre dans une casa particulière recommandée par Ula et Mick, passés par là quelques mois avant.
Voilà, Cuba nous sommes là.
Cuba, un des derniers pays communistes au monde. Cuba, une île, convoitée par de nombreux back-packers, des jeunes mariés et un max de canadiens. Qu’attendons-nous de notre séjour ? Une nouvelle expérience, une autre façon de voyager, un quotidien différent, mais aussi découvrir un monde à part parce que Cuba ne va ressembler à rien de tout ce qu’on a vu.
Par où commencer ?
Cuba, tout le monde a entendu parler de la révolution cubaine.

Le Che, Fidel Castro, tout le monde connait ces noms. Nous allons essayer d’en savoir plus sur ce pays unique. Cela commencera dans les rues de La Havane mais aussi dans le fabuleux musée de la Révolution. Bien que pas franchement pertinemment organisé (guide obligatoire quand on ne parle pas espagnol), il va nous permettre de mieux cerner le passé du pays et de mieux en comprendre les tenants.
Mais le plus beau musée du pays est pour nous, celui à ciel ouvert que nous avons devant nous. La Havane en elle-même.
Vibrante et authentique, il n’y aucune autre ville dans le monde comme elle. Depuis ces demeures à bout de souffle qui jonchent le Malecon témoins d’un passé chaotique,
à ses grandioses édifices coloniaux dans la Vieja Habana,
avec ses vielles voitures à faire pâlir n’importe quel collectionneur,
avec ses ruelles et ses balcons débordants de vie,
la Havane est hors du temps… C’est comme être dans un vieux film des années 50, la couleur en plus. L’atmosphère est unique, magique. Bien qu’en totale décomposition dans certains quartiers, La Havane ne peut que séduire.
Hormis le centre touristique, tout nous parait intact, inaltéré par le tourisme. Les Cubains grouillent dans la rue, à l’extérieur de leur habitation où l’air doit y être étouffant. La vie s’organise à l’extérieur ici. Trottoirs, terrasses et balcons sont envahies par les vieillards, les enfants, les familles entières. A l’inverse, les vitrines elles, sont inlassablement vides (y compris les étalages des pharmacies mais assurément pas ceux d’Havana Club…). Il n’est pas rare de voir un paquet de chips exposé comme une rolex à travers la vitre.
En bas de notre casa, déjà quelques vieux s’affrontent lors d’une partie de dominos. Nous faisons connaissance avec Lyssie, notre hôte, et ne tardons pas à partir à la découverte de cette ville. Depuis Vedado, il y a plusieurs km de marche pour rejoindre le centre de la Havane. Nous choisissons le Malecon pour s’immerger dans cet univers. On traine, on flâne, les yeux grands ouverts. Partout, il y a une scène à ne pas manquer.
On goute un peu à la vie cubaine en achetant de quoi grignoter aux vendeurs de rue. Comme tout le monde on fait la queue (même un arrivage de tongs rameute tout le pays), pour plusieurs churros qu’on paye quelques pesos. Des pesos, oui, mais des pesos cubanos. Deux monnaies circulent dans le pays : le peso cubano, la monnaie nationale et le CUC, le peso convertible qu’on trouve dans toutes les mains des touristes et qui est utilisé pour tout ce qui a trait au tourisme. Evidemment celui ci vaut plus que le peso cubain, 25 fois plus ! Pour autant, rien n’empêche les étrangers de posséder des coupures de la monnaie nationale et de l’utiliser. Pour certains vendeurs de rues par exemple, ce qui nous permettra de manger pour 3 fois rien. 10 centimes d’euros la boule de glace, 30 pour les churros, 75 pour la pizza… de quoi réconcilier n’importe quel porte monnaie avec Cuba. Encore faut-il être au courant et ne pas donner des CUC là où le prix est affiché en pesos cubanos !
Pour autant, on n’échappe pas aux restaux touristiques du vieux centre qui offrent l’avantage de pouvoir écouter de la musique cubaine. « Buena Vista Social Club », des grands classiques, un peu toujours les mêmes en fait, à toutes les sauces. Mais on ne s’en lasse pas ! En ce qui concerne la gastronomie cubaine, pas de grandes révélations. Il parait que la meilleure est à Miami, non ? Les bases : du riz, des haricots rouges, du maïs, du yucca, du poulet et quelques produits de la mer. Simple, mais bon ! J’oubliais les fruits…
Notre 1ère impression sur les Cubains est bonne, vraiment bonne en fait.
Certes, on se fait un peu harceler pour monter dans un taxi ou s’installer dans un restau, mais ils n’insistent pas. Personne ne nous regarde non plus avec des gros yeux. Les Cubains semblent habitués à la présence des touristes et n’y prêtent pas plus attention que ça. Quelque uns viendront nous demander du savon, shampoing ou autre produit du quotidien (médicaments aussi), mais rarement de l’argent. Les Cubains sont en effet rationnés sur ce genre de produits (du moins c’est ce qu’on nous en dit, on sait que les choses sont en train de changer depuis que Fidel à céder le pouvoir). L’état leur donne d’ailleurs des coupons pour se procurer ses produits, mais des fois un savon pour le mois ne suffit pas.
Autre constat, les cubains nous paraissent relativement sveltes pour des latinos. Le rationnement y serait-il pour quelque chose ?
2 jours à La Havane et il est temps d’organiser notre prochaine étape. Sans Venturette, c’est sur, on se sent pas mal limités et prisonniers des horaires de bus. Mais bon, on y arrive. De toute façon, ici tout est fait pour le tourisme. Impossible de circuler via les bus locaux, il nous faut prendre les bus Viazul, ceux réservés aux étrangers, ceux qui coûtent 25 fois plus chers (il en est de même pour les taxis, il y a ceux agrées à prendre des touristes et les autres). Et oui, pas question d’être entassés au milieu des cubains, le gouvernement nous impose d’être dans des bus confortables tous neufs avec clim et toilettes. On ne va pas s’en plaindre, mais pour la peine on a un peu l’impression d’être dans une bulle dans un circuit parallèle. Mais au moins, les bus sont à l’heure, les chauffeurs fiables et les pauses nombreuses, un peu trop fréquentes et longues même. C’est avec grand plaisir que le chauffeur nous arrête dans toutes les aires de repos touristiques où nous sommes invités à consommer et acheter x souvenirs.
Nous sommes quand même bien contents de ne pas avoir à conduire ici. Plus qu’ailleurs, la route est envahie par vieillards et enfants, et véhicules en tout genre. Pas de dos d’âne ici, les voitures roulent incroyablement vite dans les villes si bien qu'on se demande quand est ce qu’on va finir par renverser quelqu’un. Au moins nous pouvons profiter du paysage et constater que le pays est relativement propre. En même temps, les emballages sont réduits au strict minimum, même une simple poche plastique est une denrée rare.
A 15h30, nous arrivons enfin à Vinales, et nous sommes bien contents d’avoir déjà le contact d’une amie de Lissye pour notre 2nde casa particulière. Toute une horde de sauvages nous attend à la sortie du bus pour nous rabattre dans leur casa. Et oui, à Cuba, nous ne pouvons pas non plus loger n’importe où. Il y a tout un réseau de casas particulières officielles qui sont aptes à loger les touristes.
Attention, certaines familles peuvent prétendre l’être mais ne le sont pas ce qui expose à une certaine insécurité. Pour ces familles, cela représente une source de revenus considérable. Compter en moyenne 25 CUC par nuit alors que le salaire mensuel moyen est estimé à 15 CUC. Imaginez un peu. Ajouter à cela, le petit déjeuner à 3 CUC et un diner à 8 CUC, des pourboires en CUC, on comprend que les Cubains cherchent à nous garder le plus possible dans leur casa. Certains se montrent même très insistants et n’hésitent pas à vous raconter qu’il y a assez à voir dans leur ville pour y rester une semaine. Attention, ce n’est en général pas tout à fait vrai. Néanmoins, ceux agrées auraient à reverser au gouvernement une somme de 200 CUC tous les mois que leurs habitations soient occupées ou non. Difficile de savoir le vrai du faux dans tout ça. Mais il est clair que ce système a engendré des inégalités incroyables.
Tata est donc bien là pour nous accueillir avec sa petite ardoise « Esther » et aussi sa jolie moustache ! Mais c’est finalement chez Gladys et Vladimir que nous allons aller. C’est comme ça que ça marche ici. La casa est à 2 pas du centre et du parc de Vinales. La chambre est immense avec clim, ventilo et salle de bain privée. Nous avons en plus une entrée indépendante et une jolie terrasse. Une des meilleures, nous y resterons 4 nuits, temps nécessaire pour découvrir le coin.
Nous commençons d’abord par une belle marche au coucher du soleil dans la vallée de Vinales. Nous y rencontrons Juan, vieux fermier, et nous nous laissons tenter par ses cigares.
Après en avoir testé un, nous lui en prenons quelques uns en échange de quelques pesos cubanos. Nous acceptons aussi son invitation (intéressée certes), et le suivons jusqu’à sa splendide ferme. La vue sur la vallée est superbe et sa femme Luisa adorable. Un nouveau cigare, un bon café cubain et nous reprenons notre marche.
Pendant ce temps, la fille de Gladys, Laura nous prépare un excellent repas : aujourd’hui, un poisson chacun accompagné de riz, haricots rouges, crudités que nous prenons dans la salle à manger de la famille. Quel contraste ! Alors que Juan et Luisa vivent en totale simplicité, Gladys et sa famille semble avoir tout le confort à l’occidentale : télé, lecteur de DVD…
Nous montons en selle le lendemain après un petit déjeuner gargantuesque (le meilleur de Cuba) : pain, beurre, pates de fruits à la goyave, omelettes aux légumes, café, chocolat chaud, jus de fruits frais et une immense assiette de fruits ! On se réconcilie d’ailleurs avec la papaye que l’on trouve dans tous les pays d’Amérique latine. Jusque là nous trouvions que cela avait un gout de vomi… avant de gouter celles de Cuba, un régal.
Tatico nous attend avec Poncho et Pépé, nos 2 montures. Cette fois ci, une agréable ballade sans galop imprévisible pour approcher les mogotes, formations rocheuses, et zigzaguer entre les champs de tabac et de yucca.
Un arrêt dans une grotte où nous pouvons prendre un bain assez spécial et l’incontournable visite de la ferme de tabac. On nous explique la fabrication du cigare cubain et on nous désaltère avec une bonne coco fraiche auquel on a rajouté du miel, et une lichette de rhum bien sur !
De retour dans la ville, passage obligatoire au stand de « peso pizza », puis à celui des glaces. On réserve nos excursions pour les prochains jours. Et nous partons à pied via la route sous une chaleur incroyable jusqu’au belvédère du parc. Nous dinons dans la rue ce soir, quelques centimes d’euros pour une demi-douzaine d’empanadas.
Lundi 2 mai, un petit jour d’avance pour 28 mètres sous la mer pour mes 28 ans. Nous partons à Maria La Gorda, le plus beau spot de plongée de Cuba sur l’ile principale.
Au programme, la découverte d’un immense mur de corail noir. Peu de poissons il est vrai, mais quand même une murène, des superbes poissons lions et puis tous ceux qu’on a l’habitude de voir en snorkeling. Mais le plus impressionnant sont les tunnels qu’on nous fait prendre, les tubes fluorescents, les fleurs de coraux multicolores…
Nous avons encore toute l’après midi à profiter de la superbe plage en utilisant notre masque et notre tuba.
Pour finir cette dernière journée de mes 27 ans, un cigare-mojito s’impose sur notre terrasse. Et j’aime autant vous dire que les mojitos de Gladys vont être les meilleurs. De toute façon, tout ce que fait Gladys est le meilleur de l’ile. Ce soir c’est elle qui se met aux fourneaux : au menu de la langouste ! Un délice… Une petite intrusion du Francais dans la casa voisine pour nous apprendre tout triomphant que Ben Laden aurait été trouvé et tué, et nous en revenons à nos mojitos.
3 mai : Aujourd’hui c’est Vladimir qui me gâte en m’offrant tout un filet de mangues. La saison commence à peine ici ! Parfait pour notre nouvelle excursion à Cayo Jutias. Une journée à profiter d’une merveilleuse plage. La mer surtout est irréelle, les Caraïbes, mais la plage en elle-même n’a pas le charme du Brésil.
Le soir nous reprenons notre diner chez Gladys.
Sa famille n’arrête pas de nous surprendre quand nous découvrons le gigantesque gâteau d’anniversaire sur la table. « Restez nourris à Cuba », disait le Lonely Planet, alors que nous croulons sous des tonnes de bouffe depuis notre arrivée.
Dommage, il est temps de continuer notre route. Les coordonnées de Gladys et Vladimir, on recommande chaudement cette casa : Adela Azcuy n° 10-A, (53)(048) 79-33-14, (53)53373911, vladimir67@correodecuba.cu, juste après le stade de base-ball, un des sports national du pays.
Une nouvelle fois nous nous levons aux aurores pour monter dans le bus vers Trinidad. Là-bas, nous sommes attendus par Roberto. La casa encore une fois est super.
Un frigo en plus cette fois-ci, et une belle terrasse pour un petit-déjeuner bien agréable. Trinidad est réputée pour être la plus belle ville du pays. Elle est aussi très touristique et le spectacle salsa en plein air du soir nous donne un peu l’impression d’être au club med.
Nous n’y resterons qu’une nuit. Changement de programme finalement. En se renseignant sur les activités dans le coin, nous sommes tombés sur un bon plan… vraiment super bon plan. Certaines agences du pays organisent des week-ends pour les locaux dans des hôtels tout inclu dans les plus belles stations balnéaires. Rien n’empêche les étrangers de s’y joindre, encore faut-il le savoir et bien tomber. C’est notre cas ! Nous signons donc pour 3 nuits-4 jours dans un cinq étoiles (on ne l’apprendra qu’après) sur Cayo Coco. Seul hic, le transport étant inclu, il faut que l’on soit à Cienfuegos demain pour attraper le bus. On raccourci donc notre séjour à Trinidad. On profite quand même de la superbe plage Ancon non sans tester les coco taxi.
Quand nous arrivons à Cienfuegos, pour une fois nous n’avons pas de « réservation » en casa.
On visite rapidement la ville de Cienfuegos et le lendemain, nous sommes prêts pour Cayo Coco. Aucun étranger cette fois ci, et le bus est un peu moins neuf que d’habitude et le chauffeur moins prudent. 5h de route, où nous pouvons enfin contempler ces immenses champs de canne à sucre. On comprend alors pourquoi Cuba ne manquera jamais de rhum. Sans doute pour ça qu’il n’y a pas de rationnement sur cette petite douceur locale.
En route, on ne peut manquer aussi les nombreuses pancartes de « propagande » socialo-communistes.
Mais force est de constater que le travail ne fait pas partie des valeurs principales dans la vie de tous les jours. Plus qu’ailleurs, nous restons ébahis devant la quantité d’hommes et femmes en âge de travailler en train de roupiller sur leur rocking chair à longueur de journée.
On arrive alors au Blau International Hotel où on tombe de haut. L’hotel est époustouflant. Un grand complexe organisé autour de plusieurs zones résidentielles. Plusieurs piscines, cours de tennis, billard, ping pong, 2 restaux, x bars… Waouhhh, on ne s’attendait pas à ça au regard du prix qu’on paye. Quand on découvre que la chambre double coute en réalité 130 euros, on se dit qu'on a vraiment fait une bonne affaire en payant 60 euros la nuit avec l’aller retour depuis Cienfuegos. N’oublions pas que tout est inclus, alimentation et boissons. Il est 13h30, on a petit déjeuné à 5h, on va se faire plaisir au buffet. Mais où sommes-nous exactement ? Pourquoi la serveuse nous parle en français ? Mais oui, on connait cet accent ! Les Québécois ! Ils sont tous là ! Voilà de quoi ils nous parlaient… 50 vols par semaine arrivent depuis le Canada chaque semaine à Cuba. Et au prix des vols, les Québécois se font un plaisir d’envahir ces hôtels surtout en plein hiver. Bienvenue au Québec ! On n’en croit pas nos yeux. Ils représentent 90% des clients, le reste étant les cubains aisés avec qui nous sommes arrivés. Nous qui voyions tant de français à Cuba jusque là, il n’y en a plus aucun. Cuba, 2 manières de voyager : en sac à dos à sillonner l’ile, ou en All-inclusive à profiter du soleil. On est bien content de pouvoir allier les 2.
Pas de temps à perdre, nous ne restons pas 15 jours, nous. 4 jours ça va passer vite. On fonce donc voir la mer, agitée en ce 1er jour mais toujours aussi attirante.
Au programme farniente, on est là pour ça. On se chamaille un peu pour savoir lequel des 2 va aller chercher mojitos et pina colada.
Très vite notre activité principale se résume à manger ! Rien d’exceptionnel, mais pas mal de choix.
On assiste au spectacle du soir et on retrouve enfin notre luxueuse (du moins pour nous) chambre, dans laquelle on ne sera pas bien souvent.
Le lendemain, la mer s’est métamorphosée. Plus un pet de vent, l’eau est transparente à souhait.
On ne résiste pas à un petit tour en kayak dans cette eau tout simplement divine, ni même au pédalo ! QUOI ? C’est inclu ! C’est tout simplement féerique.
On mange aujourd’hui au restau au bord de la piscine, qui par bonheur n’est pas un buffet. On va éclater avant la fin… Heureusement, on ne reste que 4 jours. C’est alors que nous découvrons une bouteille de ricard ! Ils nous l’avaient cachée. Les mojitos et pina coladas sont délicieux, mais on tuerait pour un ricard. La bouteille est bien entamée mais heureusement, on en trouve d’autres dans les autres bars (non, on n’est pas alcoolique, on aime juste beaucoup le ricard, et puis ça fait vraiment longtemps !). Visiblement, les barmen ne semblent pas habitués à en servir. Ils nous le servent pur sans glaçon ni eau… On découvre aussi des belles bouteilles de martini. Pfff, c’est sur on n’aura jamais assez de temps.
Mais même avec tous les meilleurs efforts du monde notre consommation, ni celle des Québécois en vacances, n'égale celles des Cubains. Ils s’empiffrent à longueur de journées (snack ouvert 24h) et boivent comme jamais. Comment font-ils ? C’est inhumain. Pourtant les Québécois viennent équipés, avec des mugs géants qu’ils se font remplir pour ne pas avoir à quitter leur transat. On est vraiment des débutants, nous. Un autre monde, mais c’est aussi ça Cuba.
Plus qu’une journée déjà pour perfectionner notre bronzage et nous devons repartir. La conduite des cubains lors du dernier repas est hallucinante. Ces derniers n’hésitent pas à remplir des sacs plastiques et des sacs plastiques de bouffe qu’ils prennent au buffet pour ramener à la maison. Tout le monde est consterné. Voilà, une nouvelle expérience. Nous avons découvert une autre catégorie de cubains, plus aisés et franchement moins sympathiques et respectueux. Comment fermer les yeux sur la quantité de bouffe qui est gâchée devant ceux aux yeux plus gros que le ventre qui se remplissent x assiettes sans pouvoir en manger le tiers, alors qu’on parle de rationnement aux autres cubains ? La peur de manquer, ceci explique peut être cela…
Enfin, ce qui est bien drôle, c’est qu’à l’aller nos compagnons de route n’avaient aucune affaire, et qu’au retour, ils repartent avec des sacs monstrueux. Sans blague, ils ont du tout prendre, oreillers, serviettes… On hallucine, tout le monde le voit bien et personne ne dit rien.
Le trajet retour en bus n’est pas franchement agréable. Notre chauffeur et notre guide qui ont eux aussi profité de l’hôtel semblent bien imbibés. Et ça, ça ne fait rire personne.
A notre retour, nous passerons un jour de plus à Cienfuegos.
On traine dans les rues, on retourne chez Coppelia, le meilleur glacier du pays. Il faut s’armer de patience par contre. Comme partout, il y a la queue. Mais ces Cubains semblent mieux éduqués que ceux qui ont les moyens d’aller dans les all-inclusives et font sagement la queue. « Ultimo », voila juste ce qu’il faut penser à demander quand on prend place. Ensuite, il faut essayer de comprendre dans quelle salle il faut aller. Cela dépend éventuellement de la monnaie avec laquelle vous voulez payer, et de pleins d’autres facteurs totalement inconnus. Nous souhaitons payer en pesos cubanos. Nous n’en avons retiré que l’équivalent de 50 euros, mais tout est tellement pas cher qu’on va s’en retrouver sur les bras. Ensuite quand on te dit d’entrer, tu t’installes à une table à 4 (où tu n’as pas le droit d’être à plus et où tu seras aussi rejoint par de parfaits inconnus). Tu attends à nouveau dans cette grande salle à moitié vide, en te demandant mais pourquoi donc ils ne la remplissent pas. Une serveuse vient prendre ta commande sauf que tu ne comprends rien à leur système. Eux vont croire que c’est parce que tu ne parles pas bien espagnol, mais non le problème n’est pas là. Un conseil : prend comme tout le monde, en réduisant les quantités par 4 et ça devrait aller. Le prix de la boule varie en fonction du parfum, et les parfums dispos varient en fonction des jours. En général, il n’y en a que deux. Mais c’est pas grave, parce que c’est un pur bonheur. Ces glaces sont un must et en plus, elles ne nous rendent pas malade. Par contre, on n’a pas touché au verre d’eau qui est servi avec. Quand vient l’addition, ne discute pas. Non, il n’y a pas d’erreur. Si ça ne coute que 30 centimes d’euros pour une quantité monstrueuse de glace, c’est normal, et c’est pour ça que c’est populaire. La prochaine fois, promis, on s’achète une glacière.
Le lendemain, nous prenons le bus pour Varadero, la péninsule où les hôtels de tourisme international se concentrent pour accueillir les étrangers en lune de miel ou en quête de soleil. C’est ici que nous avions réservé un hôtel all inclusive depuis Buenos Aires. On ne savait pas alors qu’on trouverait sur place un package comme celui de Cayo Coco. Nous avons bloqué les 2 dernières nuits de notre séjour ici. Avant cela, nous souhaitions rejoindre Matanzas et de là passer une journée à Playa Coral réputée pour son snorkeling. Mais devant les commentaires négatifs des casas sur Matanzas et les « difficultés » de transfert, nous resterons finalement sur Varadero. Impossible d’avancer les dates de notre réservation, nous nous trouvons alors un hotel tout simple, mais en plein sur la mer pour profiter un peu plus de cette splendide péninsule.
Toujours le même tableau, sable blanc et eau cristalline, mais je vous rassure, on ne s’en lasse pas. On déplore juste le manque de cocotiers… 2 jours ici, à « prendre des marches » sur la plage comme disent les Québecois, sur un bout des 14 km de la péninsule.
Encore une fois, nous sommes estomaqués par les tarifs trouvés sur place : 30 euros pour une chambre double avec petit dej buffet et une vue comme celle là…
C’est le prix du Formule 1 en France, non ?
Vendredi 13 mai, nous déménageons à quelques kilomètres pour aller à l’autre hotel, le Villa Tortuga. All inclusive 3 étoiles, plus simple qu’à Coco mais tout autant satisfaisant. La bouffe est même meilleure, par contre pas de ricard. Mais ne vous inquiétez pas, y’a toujours le duo de choc, pina colada et mojito.
A notre grande surprise, pas tant de Québécois (40% peut -être), mais des Russes. En fait, c’est plutôt de la vodka qu’on trouve au bar.
On est aussi surpris par le nombre de familles cubaines qui viennent profiter de la plage que ce soit pour une journée ou même pour le week-end. On entend tellement de choses sur cette péninsule : « là où les Cubains n’ont jamais mis les pieds », « barre d’hôtels sur 14 km qui rend la plage inaccessible aux non-clients », … Tout cela ne s’avère pas tout à fait exact. Les Cubains ont tout à fait accès aux plages et en profite comme tout le monde.
De nouveau nos déplacements se limitent à : de la chambre au restau, du restau à la plage, de la plage au bar (plusieurs fois, il faut rester hydratés), et de la plage au restau.
Et voilà notre séjour touche à sa fin. Une dernière nuit à la Havane, un dernier coucher de soleil sur le Malecon et nous repartons vers le Mexique. Le vol se passe bien, cette fois ci nous sommes à la fenêtre et pouvant admirer l’ile d’en haut. La queue interminable à l’immigration nous fait louper notre vol pour Veracruz, mais heureusement nous arrivons à prendre le suivant, 1h plus tard.
Ce séjour nous a permis de nous donner une meilleure vision de ce pays, autre de ce que les médias veulent bien nous en dire. Pour autant, beaucoup de choses semblent changer à Cuba. Quand nous sommes arrivés, nous croyions que l'embargo des USA concernait aussi les vols touristiques... Lors de notre départ, nous constatons sur l'écran qu'il y a plus de 5 vols par jour qui relient La Havane à Miami !
Cuba tourne progressivement une page et les Cubains ne semblent pas s'en plaindre.
21 mai 2011
Hasta Luego Sur America…
Nous voilà de retour de Cuba et par la même occasion de retour en Amérique du Nord.
Voici la carte de notre itinéraire en Amérique du Sud.
Nos dernières visites dans ce merveilleux continent. L’Uruguay assez rapidement et surtout Buenos Aires. Comment passer à côté d’une soirée tango au café Tortoni ? Absolument éblouissant, accordons ça à l’Argentine, le Tango est assurément la plus belle danse au monde et les Argentins en sont les maîtres.
Hasta Luego Argentina, Hasta Luego Sur America…
26 avril 2011
Ce n'est qu'un au revoir...
C'est avec une certaine émotion que nous nous envolerons demain de l'Amérique du Sud. Après plus d'un an de vadrouillage dans ce magnifique continent, il est temps pour nous de prendre progressivement le chemin du retour et de boucler la boucle.
Alors que nous voyagerons vers l'Amérique du Nord par les airs, Venturette, elle aura droit à une longue croisière jusqu'au Mexique.
Nous l'avons laissé au port de Zarate il y a une semaine maintenant et, elle comme nous attendons impatiemment le départ du bateau. Pendant ce temps sans notre maison roulante, nous nous sommes accordés une semaine de repos bien nécessaire dans un petit appart que nous avons loué dans Buenos Aires. Le grand luxe auquel nous avons repris gout très facilement.
Cette sédentarité temporaire prend fin demain, puisque nous nous envolerons pour .....
20 jours à découvrir un petit bout de cette grande ile en mode backpackers (notre 1ère fois !) en attendant de rejoindre fin mai Venturette à Veracruz au Mexique.
Les connections seront rares la bas, donc pas d'inquiètude si on ne doit pas de nouvelles. Nous envisageons un petit itinéraire autour de la Havane et dans la partie ouest du pays, et n'excluons pas quelques jours en all-inclusives sur la péninsule de Varadero.
A très bientot...
24 avril 2011
Plus de 2 mois au Brésil...
Notre carnet de route étant reparti vers la France avec le dernier carton, il faudra attendre qu'on le rejoigne pour avoir le récit de notre inoubliable séjour sur la côte Brésilienne.
En attendant, voici un bref aperçu de ces 2 mois et demi, qui resteront parmi les plus marquants.
D'abord des plages, paradisiaques le mot est faible. Une petite quarantaine ?! Dans ce pays où la plage est un culte, nous sommes devenus des plagistes hors pairs : parasol, raquettes de plages, 5 tubes de crèmes solaires, masque-tuba... Chaque jour nous en découvrons une plus belle ! Pour nous, les plus belles plages du continent américain sont là !
Des bons petits plats, des produits de la mer, des tonnes de fruits exotiques. La gastronimie française nous manque tout de suite beaucoup moins. Les mangues sont un cadeau du ciel. Ici, elles ne s'achètent pas, mais se ramassent à volonté. 4 par jour c'est un minimum. Nous ajoutons à ce régime des tropiques des cocos que nous dégustons sur le sable. Et nous ne manquons pas de gouter quelques spécialités : langouste, tapioca, carne do sol ...
La chance de pouvoir participer à un des plus grands carnaval du pays, celui de Salvador de Bahia. Surement l'un des meilleurs moments du voyage. 4 jours de folie dans les rues de Salvador de Bahia à vibrer aux rythmes des percussions et des trios électroniques dans une ambiance 100% afro. On en prend plein les yeux et surtout plein les oreilles. Véritable carnaval de la musique. Il faut y être pour le vivre. Les Brésiliens nous donnent une grande leçon sur l'art de faire la fête !
La région des villes coloniales dans le Minas Gerais où on multiplie ballades au coeur de ruelles pavées et visites d'innombrables églises.

4 jours dans l'unique Rio de Janeiro. Une ville exceptionnelle de par sa situation géographique. Entre montagnes, forêts luxuriantes et une baie absolument magique, nous "grimpons" aux Pain de Sucre et au Cristo Redentor, on déambule sur les célèbres dalles de Copacabana et d'Ipanema, on flane dans le paisible quartier de Santa Teresa et on s'enflamme dans les tribunes d'un des club de foot de la ville...
Encore plus de plages où on trouve toujours un cocotier pour nous ombrager, une eau délicieuse pour nous rafraichir, et un sable fin pour lézarder.
Et parce que le Brésil ne serait pas le Brésil sans les Brésiliennes...
22 avril 2011
En route vers le Nord du Brésil
Le Pantanal, check !
On poursuit par une autre attraction de la région, le Parc National de Los Guimaraes. Cette 1ere expérience avec les parcs du pays ne va pas s’avérer très concluante. Les sentiers que nous avions reperés ne sont accessibles qu’en prenant des guides (de toutes façons en ce moment ils sont même fermés) et la Cité des Pierres est elle aussi fermée au public apparemment depuis un bail. Il va donc falloir se contenter de la cascade du Voile de la Mariée, néanmoins superbe,
et d’un point de vue saisissant sur les plaines du Pantanal.
Après cette brève excursion, nous poursuivons donc vers la capitale du pays, Brasilia. Cette capitale créee dans les années 60, répond à une volonté d’instaurer une capitale à l’intérieur du Brésil qui réunirait toutes les institutions gouvernementales et qui représenterait un modèle de société, de développement urbain et d'architecture. Le résultat est assez surprenant. Nous aurons du mal à nous prononcer sur la réussite de ce singulier projet. Toujours est-il que la ville décrite comme 100% futuriste nous parait un peu vieillotte pour ne pas dire fade et décalée. Nous restons perplexe devant les nombreux monuments dont l’architecture c’est sure n’a pas d’égale dans son genre.
Une journée donc nous suffira.
Notre prochaine étape Sao Luis, plus de 1500 km plus au nord. Autant dire qu’il va falloir se trouver des petites haltes en chemin pour couper la route. C’est du côté de Alto de Paraiso, que nous nous laissons aller à une aprem midi de repos dans les piscines et cascades naturelles de Loquinha.
Un joli havre de paix en pleine végétation où les bassins verdoyants qui appellent à la baignade se succèdent. L’eau est bien fraiche, mais le cadre super. Nous avons même la chance de croiser le chemin de nouveaux singes qui ont tout des grimlins, les micos.
Les kilomètres défilent mais le ciel ne s’éclaircie pas, bien au contraire nous essuyons averses diluviennes sur averses diluviennes.
Nous sommes même contraints de nous arrêter à plusieurs reprises sur le bord de la route pour attendre que ça passe. Et dire que nous allons tout au nord du pays pour profiter des plages tropicales ?!
Au bout de 3 jours de route, nous atteindrons enfin le point le plus au nord de notre itinéraire non sans avoir testé en chemin les fameux restaux au kilo des camionneurs où nous nous offrons un marmitex mémorable (assiette qu’on se compose nous même au buffet pour un prix dérisoire).
Notre arrivée sur Sao Luis en ce dimanche après midi ne nous met pas trop en confiance. On se paume comme jamais incapables de comprendre ces foutus panneaux d’indications (surement les pires de toute l’Amérique du Sud, enfin au moins il y en a, jusqu’au moment où il n’y en a plus ce qui suppose dans 76% des cas qu’on est arrivé…) et passons par des quartiers très glauques et délabrés qui n’invitent pas vraiment à la flânerie et encore moins à laisser Venturette seule par ici. On tourne et retourne jusqu’à trouver le centre historique totalement mort et une station où laisser la voiture. Nous tentons quand même une petite sortie à pied pour découvrir cette ancienne cité française dont la beauté et l’authenticité fait sa renommée. Nous sommes dans le Nord Brésilien et ca se sent. Malgré le manque d’animation, les ruelles et les bâtiments sont incontestablement bourrés de charme.
Le lendemain au matin, nous retournons sur nos pas et nous découvrons une tout autre ville envahie par les passants et animée par les nombreux commerces de rue.
Nous rejoignons Barreirinhas qui sera notre point de départ pour entrer dans le Parque Lencois Maranhenses. Pas question pour autant d’y accèder par nos propres moyens. C’est tout un désert de dune de sable qui nous attend, nous devons donc prendre un tour. Le transport n’est pas de tout repos et c’est sous un ciel très orageux que nous arrivons au pied des dunes.
L’inévitable se produit, nous nous prenons une bonne saucée qui ternira un peu la couleur éclatante du sable. Dommage aussi que nous ne soyons pas dans la meilleure saison pour voir ces lagunes d’eau turquoise remplies en saison des pluies qui se cachent entre les dunes. Nous pouvons quand même accéder à la Lagune des Pêcheurs et profiter d’un bon bain sous le ciel bleu.
Nouvelle excursion, décidemment nous n’en aurons jamais prises autant qu’au Brésil, à Parnaiba pour aller explorer son delta. Nous patientons un jour faute d’autres touristes pour partager l’embarcation. Maica, notre guide nous emmène à la confluence du rio et de la mer entre dune et mangrove à la recherche de la faune.
Ses talents d’explorateur ne vont cesser de nous surprendre : l’homme prétend être capable de sentir les animaux à 100m à la ronde ?! Il va nous le démontrer : il coupe le moteur du bateau, rénifle 2 ou 3 coups, et hop, voila un beau serpent indécelable de prime abord dans cette dense mangrove.
Crabes, poissons à 4 yeux, oiseaux, iguanes et singes viennent s’ajouter au reptile.
Nous rencontrons ensuite des pêcheurs qui pêchent au filet ou qui plongent en apnée dans une eau maronnasse pour dégoter une poignée de palourdes.
Et les plages me direz vous ? Il est temps d’aller y faire un tour. On ouvre donc le bal par Barra Grande, décrite par le Lonely comme « The top of the bunch », on ne comprend pas trop, alors on va se faire notre idée. Nous découvrons une grande baie de sable clair parsemée d’algues totalement déserte.
L’eau bien que laiteuse, nous laisse imaginer une belle couleur turquoise. Les barques des pêcheurs qui attendent la prochaine sortie et les marées impressionnantes correspondent à l’image du Nord Est que nous avons.
Nous restons finalement une journée sur cette plage à s’acclimater au rythme du Brésil et à lutter contre ce soleil ravageur. Nous sommes blancs comme des cachets d’aspirine et ne supportons que 30 minutes d’exposition entre 6h30 et 7h le matin avec de l’écran total. Après cela, nous avons le droit à une ou deux heures à l’ombre, puis il est temps d’enfiler le T-shirt. La mer quand à elle est un délice où nous pourrions rester des heures et des heures. Nous en profitons aussi pour tester nos 1ers fruits exotiques et nous nous faisons des salades de fruits à vous en lécher les babines à base de mangue, maracujas (fruits de la passion), ananas - dommage que n’avons pas su choisir la goyave qui visiblement n’est pas tout à fait mure.
On décolle et partons vers Camocim où nous ne ferons que passer et demander les possibilités d’accès vers l’une des plages les plus célèbres du Brésil, celle de Jericoacoara. Pas vraiment de route mais des dunes aussi belles qu'ennuyantes quand il faut les traverser. La solution de facilité aurait consisté à prendre un nouveau tour pour rejoindre ce village isolé en buggy. Sauf que cette option sous entend une nuit à l’hotel. Ce que nous voulons, c’est y amener Venturette pour pouvoir rester à loisir. Malheureusement et comme toujours, les avis sont plus contradictoires : certains nous assurent que c’est impossible de passer les dunes sans un 4*4, d’autres nous garantissent la victoire avec la présence d’un guide dans la voiture voir même d’un conducteur, et ça ca nous fait bien rire ! On hésite beaucoup, beaucoup trop, tout le monde nous harcèle et chacun, tous aussi ignorants les uns que les autres, fait preuve d’imagination pour nous y conduire et récupérer de l’argent. Après leurs avoir soutiré toutes les informations sur les temps de parcours, itinéraires, obstacles, ect, nous les remercions bien gentiment et décidons de partir seuls ! A force de trop nous harceler, voila.
Nous partons donc le lendemain aux premières heures pour éviter qu’on ait 10 gars qui courent derrière la voiture. 1èr objectif, le Lago Paraiso, que nous trouvons sans aucun problème (y’a même des panneaux, c’est vraiment du foutage de gueule). 6h30 du mat’, sur une petite plage bien tranquille, on décompresse, on coure à l’eau et prenons le temps de prendre notre petit déjeuner en paix.
Vers 10h, on part à la recherche d’une autre plage sur ce même lac et tombons sur un bar-restau qui mérite un arrêt. Le cadre est exceptionnel, l’eau hallucinante, il ne nous en faut pas plus, on craque.
Pour une fois, nous allons prendre une conso pour profiter des hamacs qui sont installés au beau milieu de l’eau.
Ajouté à cela des beaux palapas et transats qui n’attendent que nous, et de la bière au 600ml pour moins de 3$, et des jus de maracujas à tomber. On prend le tout, on s’installe lourdement dans un hamac les fesses dans l’eau,

et on pense à combien on va aimer le Brésil !
On trouve le courage de quitter ce 1er coin de paradis et ne perdons pas notre objectif initial, rejoindre Jericoacoara. On reprend donc la piste qui devient de plus en plus sablonneuse, étroite et peu signalée. On demande notre route aux habitants et lors d’une manœuvre pour faire demi-tour on s’enlise. Aie ! En même temps, ca nous pendait au nez. Pas de panique, on n'en est pas à notre 1er, Pierrick pousse, je conduis et on s’en sort seul ! On va juste veiller à éviter ce genre de manœuvre.
On franchit quelques passages sablonneux qui ne nous plaisent pas trop avant d’arriver à un croisement où nous demandons une nouvelle fois notre route. Devant la septicité des gens au regard de notre véhicule, et alors que nous sommes à 10km de Jeri, nous acceptons l’offre d’un conducteur qui nous propose de nous faire la route, de nous attendre et de nous aider en cas de pépin en échange de quelques pièces. Après avoir posé avec ces passagères Canadiennes devant Venturette, nous dégonflons nos pneus de 35 à 20 psi, on croise les doigts et zouh, l’aventure commence ici. Ca va être bref, mais intense. On a du mal à le croire mais nous entrons au cœur des dunes. Nous ne regrettons pas notre choix, nous ne serions jamais attaqués à ces dunes seuls ! Ce moment est unique. Dans notre voiture qui ne paye pas de mines, nous avons l’impression de vivre un mini Paris-Dakar. Nous passons notre 1ère dune avec succés. Le sable se ramollit, les pentes s’accentuent mais Venturette fait des prouesses ! L’expérience est inoubliable.
Il est à peine 14h, et nous sommes à Jeri. Nous laissons Venturette sur le parking à l’entrée du village où la circulation automobile est interdite (sauf les buggys). Le village, paradis des backpackers, a la particularité d’être totalement dans le sable mais ne nous fait pas réver.
Nous faisons une belle marche sur un sentier de corniche,
assistons à nos 1eres impressionnantes démonstrations de capoeira, admirons le coucher du soleil en haut de la dune de Por do Sol, et dégustons une plâtrée de crevettes accompagnée de bière qui coule à flot pour encore une fois un prix inimaginable en Europe. On obtient l’autorisation de dormir sur le parking sécurisé et nous endormons heureux comme des rois.
Le lendemain, nous partons pour une belle marche sur ces immenses plages bordées de dunes où les buggys et autres voitures sur le sable ne surprennent plus personne. C’est le Brésil !
On reprend la voiture dans l’après midi. C’est pas le tout, mais comment va-t-on repartir ? On choisit un autre itinéraire, plus facile et trouvons sans problème l’accès du Lago Azul. Voila que ca recommence, un autre coin de paradis, une bière dans la main, la chaise dans l’eau et y’a plus qu’à buller.
Nous sommes le 6 février et c'est confirmé, on trouve définitivement ce que nous étions venus chercher au Brésil !
25 mars 2011
Brasiiiiiiiiiil ! Com ou sem chumbo ?
Traduction : Brésil, avec ou sans plomb ?
Nous en rêvions. Nous y sommes ! Enfin tout juste juste, et surtout nous ne savons pas si nous allons pouvoir aller bien loin.
Comme tous les voyageurs, une fois qu’on a vu les chutes d’Iguazu du côté argentin, on ne peut s’empêcher de passer la frontière pour aller vérifier qu’elles sont aussi belles au Brésil. Sauf que pour nous, le Brésil ne se limitera pas à Iguazu et à Rio. Le Brésil, c’est un peu le début d’une nouvelle ère, mais aussi notre dernière grande étape sud américaine.
Néanmoins, quelques incertitudes telles que le sens dans lequel nous allons tourner, les distances colossales, le prix monumental de l’essence, l’insécurité et surtout cette maudite question de l’essence AVEC ou SANS plomb nous mettent des bâtons dans les roues.
Nous pensions avoir élucidé favorablement le mystère mais le gars de la douane à la frontière (qui nous fait attendre plus de 30 min- heureusement, qu’on a vidéo gag version brésilienne pour patienter), nous assomme par son verdict tranchant : toute l’essence contient du plomb au Brésil. Pour lui, il n’y a aucun espoir. Une nouvelle fois, nous voyons nos beaux projets brésiliens tomber à l’eau. On est dégouttés. Rien à faire pour ce soir, il est 21h, on s’apprête à passer une longue et mauvaise nuit. Il nous reste tout fois à trouver un endroit sécuritaire où dormir. Tout le monde a sa petite histoire bien flippante en ce qui concerne l’insécurité ici. On ne veut prendre aucun risque et on finit donc sur un parking proche de la frontière.
Le lendemain, impossible d’aller aux chutes sans savoir, si oui ou non nous allons pouvoir visiter le Brésil. Alors on fait la tournée des stations services et des garagistes pour sonder les gars et leur demander si OUI ou NON on peut trouver de l’essence sans plomb au Brésil ??? Fini de tergiverser, il nous faut une réponse claire. Cela nous semble inconcevable qu’il n’y ait pas d’essence sans plomb, mais bon. Le verdict tombe. Tous sont unanimes et nous assurent que non, l’essence au Brésil ne contient pas de plomb.
Advienne que pourra, il est 10h (ou peut être 9, on ne sait toujours pas si y’a un décalage horaire) en ce vendredi 17 janvier et nous sommes plus que décidés à visiter ce grand pays ! Nous avons 3 mois sur notre passeport rien ne pourra plus nous arrêter !
A 11h, nous sommes sur les passerelles brésiliennes des chutes et notre bonne humeur est de retour. Les chutes sont tout aussi spectaculaires d’ici, impossible de faire un choix entre les 2 pays bien que le côté brésilien se visite plus rapidement.
« Chumbo », voila sans doute notre 1er mot de vocabulaire portugais, c’est bien mais pas suffisant. On comprend tout à ce qu’il y a d’écrit mais pas un traitre mot de ce qu’on nous raconte. Supermarché, distributeur, garagiste, centre d’infos, police, toutes ces banalités de notre quotidien s’avèrent bien plus délicates quand on ne maitrise pas la langue, (on commence à comprendre la galère de ceux qui voyagent des mois en Amérique latine sans faire l’effort d’apprendre l’espagnol), ou plutôt quand on croit parler portugais et quand nos interlocuteurs croient parler espagnol. Un dialogue de sourd !
Sous une chaleur écrasante, on parvient quand même à se faire comprendre et à changer nos pauvres plaquettes de freins. Avec nos nouvelles plaquettes, on roule et on ne perd pas de temps. Le Brésil est grand et notre prochaine destination pas toute proche. Nous traversons des régions agricoles où les champs d’herbes à maté s’étendent à l’infini. Nous avons bien du mal à trouver nos marques dans ce nouveau pays (cela fait des mois que nous sommes habitués à l’Argentine et au Chili). Tout nous parait si différent : la langue, les gens, la circulation (conduite plus que sportive, ce n’est pas un mythe, les Brésiliens aiment vraiment la vitesse). Au milieu, quelques Paraguayens qui s’aventurent jusqu’ici et surtout des manguiers à profusion qui vont faire notre bonheur pendant des semaines.
Pour notre 1ère vraie nuit au Brésil, nous ne dérogeons pas à la règle et optons pour l’un des immenses et nombreux postos (station service) qui bordent les routes nationales. Le lendemain 700 km nous attendent pour rejoindre Bonito, LE point d’intêret de la région à ne pas louper. Un méga pique nique à base de mangue et d’avocat, une douche bien fraiche dans un posto en route et nous nous arrêtons un peu avant Bonito dans une autre station. Sécurité, toilettes et douches, on avait tout pour passer une bonne nuit, mais c’était sans compter sur les ronflements des camionneurs qui suspendent leur hamac juste à côté de Venturette. Eux, au moins ils sont au frais.
A Bonito, ville hyper touristique nous organisons notre excursion pour aller explorer les magnifiques rivières d’eaux cristallines. Mais ce n’est pas pour aujourd’hui, il pleut des cordes. On tue le temps comme on peut alors et en profitons pour changer notre liquide de frein cette fois ci. Les gars très sympathiques nous offrent même des petits fruits exotiques, appelés péqui dont nous avons bien du mal à savoir comment consommer.
Une nouvelle nuit dans le posto de la ville. On commence à ne plus pouvoir se passer de notre douche quotinienne.
Jeudi 20 janvier, le ciel n’est pas vraiment découvert, mais notre sortie pour le Rio de la Prata tient toujours.
1h de route sur une superbe piste au milieu des vaches indiennes
et nous sommes prêts pour enfiler combinaison, masques et tubas. Et oui, c’est sous l’eau que tout va se passer. Ces rivières hébergent des dizaines et des dizaines d’espèces de poissons. Pendant une heure avec notre guide nous allons descendre la rivière en compagnie des poissons sous une averse du tonnerre. Enfin, sous l’eau on s’en fiche un peu.

Nous reprenons des forces au buffet qui nous fera déjà tester quelques spécialités gastronomiques comme la farofa, farine de manioc, ainsi que le traditionnel riz+haricot rouge. En dessert, nous nous laissons à aller à quelques douceurs comme le Dulce de Leite (confiture de lait), des compotes citrouilles coco…
Le jour qui suit sera de nouveau un jour de route au milieu d’innombrables camions, à éviter les très dangereux trous béants sur la chaussée et les déraisonnables dos d’âne qui s’enchainent les uns après les autres. Au milieu de tout ce cafouillis, on arrive quand même à apercevoir un magnifique toucan et des couples de aras inséparables plus beaux (et bleus, bien que Pierrick lui les voit rouges…) que jamais. Nous nous arrêtons à Cuiaba à une cinquantaine kilomètres de la Tranpantaneira, notre nouveau défi.
La traversée du Pantanal (plus grand marécage au monde) en pleine saison des pluies, voila de quoi donner du fil à retordre à Venturette. Vous pouvez nous croire, le Sud Lipez Bolivien à coté ce n’est rien…
Devant le peu d’informations que nous arrivons à obtenir à Poconé, nous nous lançons dans cette nouvelle aventure au petit bonheur la chance. Cela fait 3 jours (même bien plus) qu’il pleut à n’en plus finir, mais aujourd’hui le ciel est clair (enfin pour la région). C’est maintenant ou jamais ! Très vite nous allons être mis au parfum. La route ou plutôt la piste n’est pas vraiment entretenue et nous alternons entre tôle ondulée, flaque et « gruyère ». Mais nous n’avons encore rien vu… Nous n’en sommes qu’à notre première vingtaine de kilomètres (il nous en reste 100 !!!) et les choses se corsent. Les averses à répétition des jours précédents ont transformé la piste en champs de bataille. Ça gicle, ça dérape, ça s’enfonce !!! Désolée, mais quelle MERDE ! On n’est vraiment plus certain de pouvoir y arriver ni de le vouloir. Nous passons des sections catastrophiques en serrant les fesses et en pouffant de soulagement quand on la voit dans le rétro. Mais pas le temps de souffler, la suivante arrive. Nous avons de réelles sueurs froides. Nous craignons non seulement de nous enliser dans cette boue mais aussi de perdre le contrôle de la voiture et de finir dans les marécages avec les caïmans. Les caïmans, oui, c’est pour eux et pour tous les autres animaux que nous sommes là. Les caïmans seront les 1ers au rdv, immanquables à se dorer au beau milieu de la piste. Pierrick les confond même avec des pneus éclatés. Je tente une sortie (soit disant qu’ils sont inoffensifs et très lents sur la terre) pour immortaliser ces moments, mais à peine je fais 5 mètres que Pierrick me hurle de rentrer dans la voiture : ils sont en train de bouger vite, très vite et de se battre.
Les capybaras, plus gros rongeurs au monde déjà rencontrés en Argentine, sont les autres stars du Pantanal.
A cela nous ajouterons, un superbe couple de Hyacinthe,
des aras rouges, toucans, perruches vertes,
lézards vert fluo, iguanes, daims et des tapées d’autres oiseaux, comme des hérons, blancs, noirs, gris,
aigrettes, rapaces, ainsi que les très impressionnant yabirus.
On reprend notre tapis de gadoue, et tachons de bien viser pour monter sur les 125 ponts qui jalonnent le circuit. 125 ca fait beaucoup mais ca nous évite quelques bains dans les ruisseaux.
Le parcours du combattant continue. La voiture est dans un état lamentable, mais toujours sur ces 4 roues !
Nous croisons un pick up que nous ne manquons pas de questionner sur la suite. Il nous annonce que ca va vraiment être difficile (sans blague ? ca l’est déjà pour nous !). Toujours plus de passages quasiment infranchissables, deux autres voitures non 4*4 ont du renoncer. On redouble donc de précautions et de motivation, et contre toute attente, nous allons parvenir à nos fins et en voir le bout sans même remarquer les passages dont il nous parlait.
A la fin, pas grand-chose de plus que tout au long de la route. Un gérant de pousada exécrable qui nous renvoie au tout départ en prétextant un déluge. Mais bon, on s’en fiche ! Nous avons fait le Pantanal, tout seul comme des grands ! Youpi !
Reste plus qu’à se farcir le chemin retour. Totalement tétanisés par l’idée d’une nouvelle averse qui, pour la peine rendrait la piste définitivement impracticable, nous repartons dans la foulée. Il nous a quand même fallu plus de 4h de conduite et de copilotage plus que sportif pour faire l’aller, autant dire que nous sommes vannés.
Heureusement, nous allons être agréablement surpris : en une heure, les quelques rayons de soleil et l’absence de pluie, ont fait séchée la route considérablement. Ça dérape toujours, mais rien à voir. Ces quelques photos prises sur le retour témoignent de l’état de la piste. Imaginez à l’aller !
Plus on avance plus le ciel se dégage et plus on peut s’émerveiller face aux paysages que nous traversons.
Des nids de thermites géants
Mais surtout des paysages qui nous évoque un peu l’Afrique, du moins ce que nous nous en imaginons.
Nous profitons quand même du cadre grâce à une pause où Pierrick décide sur un coup de tête de se débarrasser de celle qui le suit depuis plus d’1 an (nan nan pas moi…), mais sa proéminente barbe ! ET oui, on l’avait dit que le Brésil serait la fin d’une ère. Adieu Jesus, le Che, Castro ou Ben Laden, et autres surnoms affectifs donnés par les locaux.
Les moustiques nous rendent la vie impossible (nous n’en avons jamais vu autant), nous reprenons le volant et terminons cette folle journée et cette longue route de nuit en prenant garde de ne pas écraser les bébés caimans qui défilent sous nos roues.
Cette nuit là dans notre nouveau posto, nous nous endormons épuisés mais plus heureux que jamais.
Iguazu, Bonito et le Pantanal : 3 gros incontournables brésiliens, opération réussie ! On a hate de voir la suite…
24 mars 2011
Et splash !
Comment conclure notre séjour en Argentine en beauté ? Facile, une journée aux mythiques Chutes d’Iguazu devrait faire l’affaire.
Décidés à profiter à 100% de cette journée, nous y arrivons à l’ouverture. 8h, le thermomètre affiche déjà 27°C.
Nous profitons de cette toute relative fraicheur matinale pour nous lancer sur le sentier Macuco. A l’écart des foules et des chutes, des dizaines de familles de coatis nous y accueillent. On marche le nez dans les arbres en écrasant quelques fourmis géantes au passage. Un Toucan Géant traverse d’un arbre à un autre sous nos yeux, les moustiques nous bouffent les mollets et nous voila à la cascade. En moins de 2, nous sommes dans son bassin pour un petit rafraichissement.
Une petite heure pour faire le chemin retour et nous commençons le sentier supérieur. Il ne nous faut pas plus de 5min pour avoir nos 1ers points de vue ! Merveilleux…
Certes il y a du monde (essentiellement des Argentins à moitié à poil, étonnamment très peu d’étrangers), mais on ne se marche pas dessus non plus.
Du renversant circuit supérieur on passe à l’inférieur, encore plus sensationnel. Encore plus proche des chutes on se prend de délicieuses douches.
Chaque vue est plus belle que la précédente. Ces chutes dans leur écrin de jungle sont d’une beauté inouïe.
Mais nous n’avons encore rien vu, il nous reste le Gargantua Del Diablo. Des tonnes et des tonnes d’eau qui tombent de dizaines de mètres dans un vacarme affolant. On est scotchés… et mouillés.
Avec tout ça, il est presque 17h, On se refait la boucle avec les couleurs du soir et sans grand monde.
Et voilà, fini l’Argentine ! Hasta Luego…
21 mars 2011
Le circuit des missions jésuites
Il nous faut quitter ce petit coin de paradis le lendemain, à la 1èreheure car la route vers le Paraguay est longue. Le Paraguay, notre 17èmepays en Amérique, nous n’allons pourtant pas y rester bien longtemps. Ce qui nous fait venir jusque là sont ces magnifiques missions Jésuites. Envoyés par le royaume espagnol dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, Bolivie, Argentine, Paraguay et Brésil, les prêtes espagnols avaient pout mission d’éduquer les populations lors de l’époque coloniale.
Il en reste aujourd’hui de splendides ruines qui se visitent aisément sous un soleil écrasant. Mais d’abord, il nous fait passer de l’autre coté du grandissime rio Parana (le 2èmeplus grand d’Amérique du Sud) à Posadas pour entrer au Paraguay. Contre toute attente, la file d’attente est monstrueuse. Nous cuisons pendant une heure dans la voiture en attendant notre tour. La chaleur est suffocante, la circulation monstrueuse et les douaniers paraguayens visiblement pas habitués à faire entrer des voyageurs étrangers (autres qu’Argentins ou Brésiliens) en voiture. Pfffff, tout ca pour ne rester que quelques heures dans le pays… Heureusement, les douaniers sont forts sympathiques et sont tous fiers de nous parler de François Mitterrand ?!
On galère un peu pour payer nos entrées. On nous a assuré à Posadas que nos Pesos Argentins seraient acceptés, il n’en n’ait rien. Or, nous n’avons certainement pas de Guaranis (monnaie du Paraguay) et devons insister pour payer en dollars. Néanmoins, il ne nous faudra pas plus de 4h, pour faire le tour des splendides missions de Trinidad,
et Jesus quelque chose.
Un petit tour quand même dans un supermarché pour repartir avec quelques « spécialités » du pays et rebelotte, nous sommes de nouveau dans la queue pour rerentrer en Argentine.
Mais les douaniers sont toujours aussi handicapés et nous font louper le spectacle nocturne de la Mission de San Ignacio une centaine de km plus loin en Argentine.
Nous dormons donc dans la ville après une journée bien remplie.
Le lendemain, nous visitons la mission de jour. Bien que décrite comme moins spectaculaire que ces consœurs paraguayennes, nous la trouvons tout autant merveilleuse.
Par contre, il fait toujours aussi affreusement chaud et nous avons réellement besoin d’un petit rafraichissement.
Nous filons donc vers les chutes de Salto del Moconas qu’on nous a très vivement conseillées à plusieurs reprises. Nous nous dirigeons vers une région plus reculée de l’Argentine où la précarité semble plus importante qu’ailleurs dans le pays. Ce long détour nous fait passer par des vallées qui nous rappellent beaucoup les paysages d’Amérique Centrale (manguiers et vaches indiennes sont de retour), les plantations d’herbes à maté à perte de vue en plus bien sur.
Quand nous arrivons au parc des chutes, il est relativement tard pour l’excursion qui nous amène à leurs pieds. Nous choisissons plutôt de nous joindre aux locaux et de profiter des eaux du somptueux rio Paraguay.
9h le lendemain, il fait déjà largement assez chaud, nous embarquons pour approcher les chutes. Ces dernières sont le résultat d’une impressionnante faille dans le rio. Elles s’étendent ainsi sur plus de 2km et peuvent atteindre plus de 8m de haut. Leur particularité est qu’elles ne suivent pas le cours du rio, mais forme une cassure perpendiculaire au fleuve (je ne sais pas si c’est très clair). En cette saison de fortes pluies, le rio est haut, et donc les chutes sont seulement de 3m. Mais le spectacle est quand même magique, le décor exceptionnel et la puissance du rio impressionnante.
Nous remontons progressivement le rio avec à notre gauche les chutes et l’Argentine, et à notre droite, le Brésil. Notre pilote ne manque pas de nous approcher autant que possible et c’est la douche intégrale tant attendue!
On part se sécher sur les petits sentiers de rando et ne résistons pas à un nouveau bain dans le rio, où on se fait bouffer le bout des pieds par des minis cousins des piranhas et où on est assaillis par des centaines de papillons.
Ainsi s’achève ce détour non négligeable que nous ne regrettons pas.
17 mars 2011
Les festivités de l’été en Argentine
2011 l’année du retour ! Et oui, le compte à rebours à commencer et j’en profite donc pour vous faire part de nos plans. Puisque toutes les meilleures choses ont une fin, nous serons enfin de retour en France en 2011. Mais ce n’est pas encore l’heure de la déprime (enfin on est aussi très impatients de revoir tout le monde), puisque que nous avons encore 5 à 6 mois de vadrouille devant nous.
Nous avons déjà bien sillonné l’Amérique du Sud, mais il nous en manque un gros bout et pas le moindre, je veux parler bien sur du BRESIL !!!!!!!!!! Nous nous devons d’y aller. Depuis que nous sommes en Patagonie nous ne pensons plus qu’à lui. Mais le Brésil est grand, très grand. Il va donc nous falloir du temps. Nous comptons y entrer début janvier (nous y sommes à l’heure où j’écris) et y rester 2 ou 3 mois. Planning assez flou du à des contraintes logistiques (saison des pluies, vacances scolaires), à des distances colossales, à un cout de vie auquel nous ne sommes plus habitués et à des événements immanquables (le Carnaval !!!). Nous ne voulons pas nous contenter d’un bout et allons donc essayer d’en faire le tour (hors Amazonie bien sur).
Après le Brésil, nous devrons nous pencher sur le sort de Venturette, auquel nous avons déjà largement réfléchit. Il nous apparait que nous n’aurons d’autres choix que de la renvoyer par bateau en Amérique du Nord. Nous avons déjà quelques contacts. Cela se ferait à priori de Buenos Aires en direction de la Floride ou du Mexique, le 22 mars ou 22 avril en fonction du temps dont on aura besoin pour non seulement visiter le Brésil mais aussi redescendre jusqu’à la capitale argentine, un sacré chemin. Nous prévoyons encore 20 000km.
De plus, la traversée, à laquelle nous ne pouvons nous joindre, prend environ 1 mois !!! 1 mois sans Venturette c’est un mois sans abri et sans cuisine. Que va-t-on faire ? Ou va-t-on aller ? Ou dormir ? 1 mois ca peut être long et couteux. Nous avons déjà quelques idées mais rien de bien défini.
Une autre contrainte sera que nous ne pourrons rien laisser dans la voiture pendant la traversée (pas de container cette fois-ci, mais un transfert en RORO plus intéressant économiquement). Lors de ce genre de traversée TOUT ce qui est laissé dans le véhicule disparait, nous donnons les clés de la voiture…
Le point positif en renvoyant la voiture, c’est que nous pourrons rentrer au Québec en voiture via la Louisanne, la Floride, et la côte est des USA, plus ou moins un ou deux mois. Une fois arrivés à Montréal, il ne nous restera plus qu’à revendre la voiture (si elle est encore un seul morceau) et organiser le déménagement en France.
Pour résumer, juin au plus tard nous devrions être au Québec et juillet en France !
En attendant, la route est longue… De nouveau en Argentine, nous n’en avons pas fini avec elle.
Et oui, n’oublions pas que l’Argentine héberge sur ses terres un tout petit mont, juste le plus haut d’Amérique, vous l’aurez reconnu, l’Aconcagua !!! Du haut de ses 6960m, il domine le continent. Loin de nous l’idée de le gravir, bien que l’ascension ne soit pas décrite comme particulièrement difficile. Ce sont en revanche les tarifs qui sont plus que dissuasifs. Même 3 jours de marche à son pied coutent les yeux de la tête. Nous voulons juste nous contenter de l’observer d’en bas. Malheureusement, il ne se laisse pas si souvent apercevoir, et nous ne ferons pas partis de ceux qui ont cette chance. Juste un petit bout…
La route qui y mène nous fait passer par le pont de l’Inca et nous fait profiter d’une superbe vallée. Nous y croisons d’ailleurs énormément de Brésiliens qui s’apprêtent surement à passer leurs vacances sur la côte chilienne.
Nous allons nous réconcilier avec les villes argentines dans les ruelles débordantes de vie de Mendoza. Enfin une ville qui a de l’allure qui nous transporterait presque dans une grande ville espagnole.
Des empanadas de carne en poche, et nous poursuivons vers notre prochaine étape, Alta Gracia via une superbe route.
Nous visitons l’incontournable estancia de la ville,
dégustons notre poulet rôti dans le parc voisin, et passons l’après midi au musée de Ernesto de Guevara, plus connu sous le nom du Che.
La visite de l’une de ses maisons d’enfance est passionnante.
Il est à peine 15h quand nous en sortons. Nous avons envie de passer une soirée en ville, nous partons donc vers Cordoba, à une trentaine de km. Grosse mégalopole, nous la trouvons très agréable avec ses immenses places ensoleillées et ses rues piétonnes bondées.
Trèves de plaisanteries, nous voulons une bonne parillada et trouvons notre bonheur dans l’un des plus grands buffets du pays. Choix monstrueux à volonté : tous type de viande au barbeuks, fruits de mer et poissons cuisinés sous notre nez à notre gout, empanadas, plats chinois, raviolis et pates fraiches, charcuterie, et bien plus encore, c’est de la folie. Le tout pour 8 euros…
Quand nous en sortons, il fait nuit et nous avons bien du mal à trouver la route vers Cosquin. Pourtant, il va bien falloir qu’on y arrive. Jeudi 6 janvier, c’est le festival de Pré-Cosquin. On ne raterait ça pour rien au monde. Ce festival folklorique est un des rendez-vous de l’été. Les Argentins viennent de tout le pays pour supporter chanteurs, musiciens et danseurs de leur région. Pendant plus de 4h (!) nous nous mêlons à eux et passons un excellent moment.
Un peu plus loin, à Jesus Maria, c’est cette fois ci un festival de Gaucho (cowboys) qui endiable pendant une semaine la petite bourgade. Attention, la non plus ca ne rigole pas. Les gauchos viennent des 4 coins de l’Argentine, mais aussi du Chili, Paraguay et Brésil pour s’affronter et dresser leurs jeunes montures. Nous faisons l’ouverture et la mise en route de la compétition est affreusement longue : discours, hymne national, annonces publicitaires. Ajouté au fait que les tribunes du « stade » sont infestées de charmantes blattes, on commence à perdre patience. Avec mon carton de PQ, je vais en éradiquer une bonne cinquantaine en 5h !
Heureusement, le spectacle fini par commencer, les spectateurs sont déchainés et les épreuves impressionnantes. Les chevaux sont surexcités, les gauchos enchainent gamelles sur gamelles plus spectaculaires que douloureuses, quoi que…
En dehors du stade, les rues sont littéralement envahies notamment par les stands de parrillada.
Nous nous contentons d’une petite douzaine d’empanadas !
En roulant vers l’est et en se gavant de prunes ramassées en bord de route, on retrouve des chaleurs un peu oubliées qui nous font apprécier à sa juste valeur une douche froide prise à un péage d’autoroute… Le pied !
Vendredi 7 janvier : rien ne va plus ! D’abord Venturette chauffe et nous fait d’autres petits trucs bizarres. On n’aime pas du tout ça. On sait que si on commence à avoir des ennuis avec le moteur, c’est le début de la fin. Ensuite, suite à nos lectures du Lonely Planet Brésil, nous avons une très mauvaise nouvelle : pas d’essence sans plomb au Brésil ! Pour info, Venturette roule au sans plomb…
Mauvaise passe, ces 2 contre temps nous font voir l’avenir assez noir, et on imagine déjà Venturette sur le RORO dans 10 jours et voyons le Brésil s’envoler.
Alors on fait tout plein de recherche sur internet qui nous rassureront en ce qui concerne l’essence au Brésil, mais qui nous ferons encore plus paniquer sur l’état de santé de Venturette. Joint de culasse, radiateur, thermostat, c’est fou tout ce qu’on s’est dire en espagnol maintenant.
Le lendemain, après une nuit blanche, nous nous décidons à retourner voir un mécano. Encore faut-il le trouver, ce qui n’est pas une mince affaire dans la petite ville de Mercedes. A Jesus Maria, quelques jours avant, nous avions fait identifier une fuite dans le radiateur, nous allons commencer par la faire réparer. Heureusement, la main d’œuvre n’est pas trop chère.
En 30 min, le problème est réglé et le garagiste nous dit de rouler sur nos 2 oreilles, pas de problème majeur d’après lui.
Pas très sereins, nous partons vers le parc d’Estero Del Ibera dont nous savons depuis longtemps qu’il nous réserve de belles surprises.
Estero Del Ibera est un peu à l’Argentine ce que le Pantanal (plus grand wetland-marécage du monde) est au Brésil. Sauf qu’il y a de très fortes chances que nous y soyons pendant la saison des pluies ce qui le rend inaccessible. Ainsi, Estero Del Ibera serait une manière de se consoler, voire même bien plus, puisqu’il parait qu’on y voit plus d’animaux que dans la région Brésilienne. Pour rejoindre cette région une piste de ripio qui nous isole de toute civilisation, ou presque.
Nous avons de la chance, pas de pluies récentes, les 70km se passent bien et nous pouvons déjà apercevoir beaucoup d’animaux sur le bord de la piste : capybaras (plus grands rongeurs au monde),
daim,
Renards, et des dizaines et des dizaines d’espèces d’oiseaux différentes.
On se renseigne alors pour l’excursion traditionnelle en bateau dans les marécages et embarquons deux heures plus tard.
1h30 à guetter chaque animal (on rajoute caïmans et singes à la liste)
au milieu d’une magnifique végétation.
Tout était parfait… avant que je ne marche malencontreusement sur un nid d’abeilles lors d’une mini marche pour approcher les singes. Elles m’attaquent par cinquantaine pour se défendre. Pierrick met un certain temps pour comprendre ce qui se passe et chercher de l’aide auprès de notre guide. Celui-ci semble s’en contre foutre pour ne pas dire qu’il est mort de rire. Pierrick essaye donc de m’aider (même s’il n’y a pas grand-chose à faire). Les abeilles s’en prennent donc aussi à lui. Nous serons chacun piqué plusieurs dizaines de fois dont au visage, sous les yeux des autres touristes qui nous prennent pour des fous. Pas la peine de préciser que nous avons passé un très mauvais quart d’heure et que nous repartons en ayant triplé de volume. Il nous faudra plus de 3 jours pour que les piqures s’atténuent.
Il n’en reste pas moins que cette excursion fut vraiment magique et que nous sommes enchantés par la région. Tellement, que le soir même, nous, les vaillants Indianas Jones (vous savez déjà à ce moment que tout ne va pas se passer comme prévu), nous partons pour un safari nocturne en voiture, pour essayer de voir d’autres animaux. Une bonne douche et nous partons vers 21h pour refaire un bout de piste. 2 puis 3 kilomètres, rien. On insiste et au bout d’une 5èmekm, nous voyons de beaux renards. On continue, on rencontre cette fois ci des capybaras qui squattent la route sans aucune gêne.
Mais ce n’est toujours pas ce que nous cherchons. On veut des tapirs, des fourmiliers et puis des boas constrictors, et oui carrément. Au bout de 10km, on adopte alors une autre technique. On s’arrête en plein milieu de la piste, on éteint les phares et on attend. Bon, c’est sur, on est plus discret, mais on n’y voit rien comme ça. On rallume donc les phares et on attend que le boa constrictor tombe du ciel. 5 min, 10 min toujours rien… 20 min, rien… mais alors vraiment rien, et encore plus rien quand nous essayant de redémarrer. Oups, nos piles sur l’allume cigare étaient toujours branchées… c’est de nouveau le coup de la panne, plus de batterie. Hum, là on est vraiment mal : 22h maintenant, au milieu de la piste, dans le noir et qui plus est sous un déluge monumental !
Rien à faire : va falloir dormir ici et attendre le premier véhicule qui passera par là au matin. On part donc se coucher. Une ½ heure plus tard, les phares d’une voiture nous éblouissent. Alléluia, nous ne sommes pas les seuls paumés à prendre cette piste de nuit. Toujours sous la pluie, on arrête le véhicule. On explique la situation (heureusement, ils ne nous demandent pas comment nous en sommes arrivés là, cela nous épargne un peu d’inconfort). Aussitôt, les 3 gaillards nous proposent de pousser. On les arrête de suite, on ne pousse pas une automatique ! On sort donc les câbles et connectons les batteries des 2 véhicules. 1 min, 1eressai, rien… 2 puis 3 toujours rien… Si la batterie est définitivement HS ici, on est mal. Mais non, comme toujours tout s’arrange et quelques minutes après, et Venturette réagit enfin ! Ouffff ! Allez, assez d’émotions pour aujourd’hui, on remonte tous les 5 dans nos bolides respectifs. Pierrick et moi rebroussons chemin. Et comme on est têtu dans notre genre, on garde l’œil ouvert sur le trajet retour pour notre boa.
Pas de boa, on retrouve le bivouac repéré et on plonge dans le sommeil, on ne l’aura pas volé.
Le lendemain, nous partons arpenter les petits sentiers de randonnées.
Pas de mésaventure aujourd’hui. On arrive même à voir un singe que, visiblement, nous dérangeons. Il se sent obligé de marquer son territoire en nous urinant presque sur la tête du haut de sa branche. On s’estime heureux, parait qu’en temps normal, il nous balance leurs excréments. Hum, charmant.
La matinée s’achève et nous faisons nos adieux au parc en partie en compagnie d’un policier que nous prenons en stop. On a tellement aimé que nous irons aussi au parc Mburucuya. Encore une fois, l’accès n’est pas évident. Mais par temps sec, ca roule tout seul. On croise pas mal de voitures du Paraguay en chemin.
Nous arrivons avec la belle luminosité de fin de journée qui révèle des couleurs bien rougeoyantes. Nous sommes surpris et contents de constater que les paysages sont différents d’Estero Del Ibera. On nous lâcherait là sans savoir, on jurerait être en Afrique.
A 19h, nous partons pour les 6km de ballades. Aie une nouvelle sortir nocturne. Plus long que ce qu’on pensait on revient totalement dans le noir mais avec un magnifique coucher de soleil sur une palmeraie au bout.
On remet ça le lendemain matin pour voir les animaux de jour.
On revient au camping libre du parc où nous avons dormi pour pique niquer et faire un sort à la pastèque de 7kg que nous avons achetée- c’est pas le tout, mais la saison des mangues a commencé.
L’après midi, sur le 2nd sentier, nous rencontrons plusieurs familles de singes hurleurs.
Après que Pierrick ait vérifié qu’il n’a rien perdu de ces talents d’imitateurs animaliers (non, pas d’excréments dans la face), nous repartons pour la 3ème fois faire la 1ere ballade.
Nous mangeons à la tombée du soir sur le ponton en quête de toujours plus d’animaux et revenons cette fois ci à la lampe de poche.
PS : nous continuons à partager la suite de nos albums du Brésil sur la session gmail de Pierrick, n'ayant plus d'espace sur la mienne. Voici le nouveau lien : https://picasaweb.google.com/pierrick.gauthe
13 mars 2011
S’il y’en avait qu’une, ça serait elle !
Retourner en Argentine, oui mais par où ? N’oublions pas qu’entre les 2 pays, il y a une toute petite chaine de montagne, qu’on appelle communément les Andes ! Il va falloir les traverser.
Alors que tout est prévu depuis plusieurs mois, nous doutons. Notre cœur balance entre le Paso (col) del Agua Negra et celui de San Francisco.
Du 1er, 4700m, nous savons qu’il est sensationnel, paysages à couperle souffle garantis. Nous l’avons mis de coté depuis un bon bout ne pouvant y passerà l’aller puisque qu’il n’est ouvert qu’en été.
Le 2nd, qui se situe plus au nord nous engage dans un itinéraire encore plus retranché qui nous ferait traverser des régions quelque peu semblables au Sud Lipez.
Après quelques hésitations nous restons finalement sur notre 1erchoix et nous engageons vers le PasoDel Agua Negra. Nous étions hier au niveau de la mer, et il nous faut maintenant amener Venturetteà 4700m ! Pour cela, nous allons y aller mollo. 1er objectif, atteindre les douanes chiliennes située à 90km avant le col. Nouveau tampon chilien sur le passeport et on continue à peine notre route, le temps de trouver où dormir. Les paysages sont grandioses, on accumule les pauses photos.
Nous pénétrons droit dans les Andes, toujours aussi majestueuses. Les couleurs sont saisissantes. Mais assez pour aujourd’hui. Bien que le moteur ne montre aucun signe de surchauffagesur de tels dénivelés et à de telles altitudes, nous préférons le ménager.
En bord de lagune face à des montagnes hallucinantes, nous fêtons un peu en avance la nouvelle année.
Disons plutôt que nous trinquons à la fin de cette année 2010 qui restera dans nos mémoires à jamais.
Ce qu’on ne savait pas, c’est qu’au même moment, on nous attendait ailleurs. Mercredi 29 décembre, 8h45, nous sommes réveillés par 3 gugussesqui viennent toquerà la vitre. Ces derniers (des ouvriers qui travaillent sur un chantierà quelques mètres) sont envoyés par la la police chilienne elle-même mandatée par celle Argentine, qui s’inquiète de ne pas nous avoir encore reçus dans les bureaux de la douane. Et oui, la douane Argentine se trouve elle à 60 km de l’autre côté du col et nous n’avions nullement l’intention d’y arriver sans profiter de ce cadre exceptionnel. C’est vrai qu’habituellement, les gens mettent 2, 3 heures grand max, de l’une à l’autre. Nous nous comptons le faire en 3 jours ?! On ne pensait pas qu’ilfallait prévenir. Nous demandons aux ouvriers de transmettre le message et de nous excuser pour l’inquiétude suscitée.
Nous ne reprenons la route, et quelle route, qu’en fin de matinée. Nous hallucinons devant la beauté des paysages.
Nous montons très progressivement dans une vallée aux couleurs flamboyantes.
La plus belle route du voyage. 3800m, 4000m, 4200m, une pause s’impose pour reposer la voiture et avoir le temps de s’acclimater.
Allez, il ne reste plus que 500m pour atteindre les 4700m encore à 20km plus loin. Nous nous arrêtons toujours aussi souvent pour immortaliser ces moments, et la température extérieure nous fait prendre conscience que le col n’est pas loin. Nous rencontrons même en chemin ces formations neigeuses étranges, les moines blancs, qui témoignent des langues de neige tout juste fondues.
Encore un ou deux lacets interminables et nous atteignons le col. De l’autre côté, les Andes Argentines sont tous aussi accaparantes.
Au passage, une famille qui transite vers son lieu de vacances remarque notre plaque et nous félicite pour avoir conduit jusque là ! Mais ce que nous faisons, ce n’est rien. Nous croisons régulièrement des cyclistes qui ne cessent de nous impressionner. Sur de tels cols, la Ruta 40, la Carretera Australe, la Panaméricaine… ils sont partout. Qu’il vente, qu’il pleuve, sous un soleil de plomb, ils pédalent ! Ils sont fous ! A côté, nous ne sommes rien.
On s’arrêtera peu de temps après le col, pour y passer l’après midi et la nuit. On se rappelle alors qu’à 4700m on ne dort pas beaucoup. Mais on veut prendre le temps de s’imprégner de toute cette grandeur qui nous entoure. Ce n’est donc que le lendemain que nous arriverons au control de police et aux douanes argentines où tout le monde semble nous connaitre, pour ne pas dire nous attendre ?! « Les 2 Allemands qui sont restés 3 jours au col sont arrivés ?!», à ce détail près qu’onn’est pas Allemands. On s’étonnait du nombre de véhicules rencontrés sur la route, on comprendmieux quandon voit la queue à la douane. Beaucoup de familles argentines empruntent ce col pour passerleurs vacances sur la cote chilienne. Il nous faudra une bonne heure et demie pour s’affranchir des formalités. Cette frontière n’étant ouverte que quelques mois de l’année en été, les agents ne semblent pas très à l’aise avec leur fonction. Celle sur laquelle nous tombons ne semble n’avoir jamais rencontré une voiture étrangère à son poste de douane et à fortiori entendu parler de permis d’importation temporaire de véhicule. Heureusement, le grand chef était là, sinon nous y serions encore.
Nous poursuivons via Iglesia jusqu’à Callingasta où nous constatons que malheureusement la piste n’est toujours pas pavée.
Pierrick qui semble perdre patience s’invente des nouveaux jeux. Après le plus de temps passé en fermant les yeux (moi je les bien ouverts et y’a personne sur la route, juste pour rassurer), il tente le record de conduite sans toucher le volant. Incroyable, 1 minute !!! Venturettearrive à rectifiersa trajectoire toute seule ! Impressionnant, non ? Quand on vous dit que cette voiture est géniale.
En ce dernierjour de 2010, nos plans : avancerun peu et nous trouverun beau bivouac où passer la nuit. Quelques courses pour le repas du réveillon où on se fait rendre une partie de la monnaie en bonbons (?), quelques kilomètres où on suit une voiture qui tire un cheval en laisse (?) et nous bifurquons vers Las Hornillas. La piste est terriblement mauvaise mais les formations rocheuses qui semblent formerun canyon au loin nous attirent irrésistiblement. Belle récompense en arrivant, le site est époustouflant. Totalement paumé, sous le soleil avec une belle rivière, parfait pour y passer le réveillon. Nous occupons l’après midi par des lectures, des baignades dans la rivière et la dégustation d’un excellent melon d’eau.
18h30 on entame les festivités. Cette fois-ci, nous avons un BON petit rouge pour accompagner notre repas. Oui, parce que tous les vins rouges argentins ne sont pas délicieux. Celui-ci, le Xalo, vin de la bourgade n’attire pas le regard avec sa bouteille sans étiquette mais écrase les plus connus Malbec, Cabernet Sauvignon et Syrah achetés auparavant. Enfin, nous on dit ça, on n’y connait rien, mais on l’aime bien.
En guise de feu d’artifice, nous aurons droit à des éclairs éblouissants qui témoignent de l’orage qui est en train de sévir plusieurs kilomètres plus loin. Avec tout ça, nous arrivons même à veiller jusqu’à minuit !
Une belle nuit sous les étoiles dans notre beau canyon, et voilou, nous sommes en 2011…
09 mars 2011
Noel à Santiago
Une nouvelle fois, on essaye de rattraper l’immense retard pris sur ce blog ! Noel, une éternité maintenant pour nous qui sortons du Carnaval. Nous avons choisi de prendre part à cette incroyable fête qui attise tout un pays dans les rues survoltées de Salvador de Bahia. Nous comptions y passer une soirée ou 2, l’ambiance déchainée des trios électroniques, les corps de percussions, les combats de capoeira et les danseuses de Samba bien sur, nous ont retenus 4 JOURS ! Entre plumes et paillettes, on en a pris plein les oreilles pour un grand moment plein de couleurs et de bonne humeur ! Grande leçon sur l’art de faire la fête… Le Brésil ne cesse de nous surprendre et de nous émerveiller. A croire que nous avions gardé le meilleur pour la fin…
Nous étions pourtant de bonne humeur en ce 24 décembre. Le soleil brille, fort très fort, les oiseaux chantent, youpi c’est Noel. Mais voila, une énième fois un chilien essaye de nous voler quelques pièces en nous faisant payer notre place de parking. Il ne nous en faut pas plus pour nous miner le moral. Rien de bien méchant, mais c’est toujours pour le principe. Pas une semaine ne passe, sans que ce genre de situation se présente et ça nous fait pas mal douter sur la valeur du voyage. Nous pensions qu’en Argentine et au Chili les mentalités seraient plus ouvertes et respectueuses. Pas vraiment. Bien sur il y a eu de belles rencontres, comme partout, mais nous restons en règle générale déçus de tous ces contacts humains hypocrites. On en a marre de se battre chaque jour pour le moindre petit rien pour éviter qu’on se paye notre tête. Voila ce qui nous sappe le moral, voila ce qui nous épuise. Heureusement, ce n’est pas une majorité mais force est de constater que cela arrive régulièrement, trop régulièrement, dès qu’il y a une possibilité… Dur d’exprimer à quel point tout cela est triste. Surement, nous devrions moins réfléchir et ne pas chercher à comprendre ce que nous payons. Sans doute ainsi que font beaucoup de voyageurs qui au final ne se rendent compte de rien, et c’est mieux ainsi…
C’est totalement abattus que nous partons faire nos courses de Noel pour se faire un bon petit repas que nous passerons finalement sur une aire d’autoroute. Bon, c’est sur on a connu mieux, mais ca nous va. Nous préférons cela, plutôt que d’être dans une rue de Santiago. Nous avons tout ce qui nous faut, dont le fameux Pisco, eau de vie de raisin de la région, que nous préférons sous la forme de Pisco Sour, sorte de cocktail au citron. Tchin !
La nuit a été plutôt calme et nous sommes bien impatients de passer cette belle journée de Noel dans la capitale. D’autant plus que Santiago est connue pour être une jolie ville à l’allure européenne, sans pour autant avoir le charme et la classe de Buenos Aires que nous visiterons plus tard. A l’approche de la métropole, 5 millions d’habitants quand même, la circulation est particulièrement fluide. Il faut dire que cela fait 3 jours que nous voyons le flot de vacanciers se diriger vers le Sud en cette double période de grandes vacances et de fêtes de fin d’année. Double jackpot pour les enfants, non seulement c’est Noel mais en plus ils sont en vacances pour 2 mois ! Toujours est-il que quand nous arrivons à Santiago, la capitale s’est littéralement vidée. Les rues sont si désertes que nous avons du mal à choisir dans laquelle laisser Venturette. Mais nous ne sommes pourtant pas les seuls. D’autres étrangers ont choisi le 25 pour la visiter. On commence par un itinéraire à pied dans le centre qui nous fait passer par les plus belles places et les plus beaux édifices.
On ne manque pas de monter au Cerro Santa Lucia d’où nous pouvons apprécier l’étendue de la ville.
Pique nique sur des allées qui ont tout de celles de Morlaas à observer quelques enfants essayer vélos, rollers et voitures télécommandées. Puis, nous nous dirigeons vers le Barrio Bellavista, quartier plutôt bohème où restaurants et bars se disputent les maigres terrasses pour y mettre leurs chaises en plastique. Et voila, une journée nous suffit pour nous faire une petite idée de cette agréable capitale.
Nous suivons l’itinéraire touristique. Valparaiso nous attend. Une autre aire de repos nous accueille et nous pouvons fêter une nouvelle fois Noel autour d’un petit repas. 2Valparaiso ne porte pas vraiment bien sans nom. Pourtant sur le littoral, elle n’a rien d’un petit coin de paradis. Les rues sont extrêmement sales, les chiens errants envahissants, les bâtiments délabrés et la circulation fatigante. Pourquoi donc attire-t-elle autant ?
Localisée à flanc de collines, ses demeures branlantes aux couleurs criardes, ses ruelles escarpées, son impressionnant port naval et commercial, et ses dizaines de funiculaires rouillés font de Valparaiso l’une des villes les plus singulières d’Amérique du Sud.
Nous ne sommes pas conquis par cette ville sans doute trop bohème pour nous, pourtant classée à l’UNESCO depuis 2003 où le poète engagé Pablo Neruda a vécu.
Nous longeons alors la cote par plusieurs stations balnéaires dont la clinquante Vina Del Mar. Il y a foule par ici, nous ne ferons qu’emprunter cette superbe route du littoral.
Un peu de route en plein désert envahis par les cactus et nous arrivons à Andacollo où nous souhaitons visiter un observatoire astronomique. Souvenez-vous, le ciel du Nord du Chili est l’un des plus clairs. Dommage aujourd’hui, il fait très nuageux et en plus le centre est fermé pour deux semaines. Bon, ben tant pis. On verra plus loin et on visite ce plaisant village qui porte encore les traces de je ne sais quel pèlerinage qui s’est achevé hier. Le marché, lui est toujours là, infini on y trouve tout un tas de trucs plus inutiles les uns que les autres. Tiens serait on revenus en Bolivie ?
On poursuit jusqu’à La Serana sur la côte où nous faisons vérifier nos malheureux amortisseurs qui ne montrent pourtant pas de signes de fatigue. On se ballade dans cette magnifique ville, deuxième plus ancienne ville du Chili, et organisons la visite d’un autre observatoire le lendemain soir. Finalement, nous serons sur Vicuna le soir même et pourrons visiter l’observatoire de Mamalluca cette nuit. Chouette visite bien qu’un peu déçus par ce que nous avons vu dans les monstrueux télescopes. Même dans un télescope de 30cm, Jupiter reste bien loin et bien minuscule pourtant agrandie de 140 fois. Notre guide nous montre aussi tout un tas de constellations que nous ne connaissons pas puisqu’on ne peut pas les observer dans l’hémisphère nord. Mais aussi autres galaxies et nébuleuses qui continueront à nous convaincre que nous ne sommes pas seuls !!! Ok, on ne les trouvera jamais mais peut-être que eux nous trouveront…
Avec tout ça, il est 1h30 et ça fait bien longtemps que nous n’avons pas veillé aussi tard. C’est encore tout endormis le lendemain que nous arrivons à la visite de Planta Capel Pisco, qui distille et embouteille le Pisco de la région. Heureusement, la dégustation nous réveillera un peu. Nous repartons avec 2 bouteilles une à la mangue et une à la crème de café pour fêter dignement la fin d’année.
Notre passage dans la vallée d’Elqui nous laissera elle aussi de très beaux souvenirs.
Des km et des km à longer des immenses vignobles où les grappes rougeoyantes n’attendent qu’une chose, qu’on les cueille. Le village de Pisco Elqui, situé dans une vallée désertique dont on n’aurait jamais cru que quelque chose puisse y pousser, vaut lui aussi le coup d’œil.
On se débarrasse définitivement de nos derniers pesos chiliens en achetant toujours plus de fruits et de légumes. Adios Chile, Argentine nous revoilà…

































































































































































































































































































































































































































