Str & Pericou

Pour nous suivre dans nos aventures...

03 juin 2010

Un poquito de collaboracion por favor !

Comment pourrais-je décrire la joie éprouvée lors de la sortie du Venezuela. Je pourrais dire que c’est un immense soulagement de sortir de ce pays de merde…ce serait un euphémisme. Bien sur, nous ne sommes pas sortis de l’auberge, mais nous commençons à apercevoir une lueur d’espoir. Déjà les 15h de route qui séparaient Valencia (lieu de l’accident) à Cucuta (en Colombie où nous devrions pouvoir faire réparer notre pare-brise), sont derrière nous.

Ca aura été un enfer. 1ère heure de route, RAS ! Trop beau pour être vrai ca ne durera pas.1er barrage de police, on n’y coupe pas. Le policier nous demande ce que nous faisons avec un pare-brise explosé. On garde notre calme et on explique notre situation : l’accident, notre voiture importée qu’on ne trouve nulle part au Venezuela, l’assurance… Tout ça avec à l’appui les attestations des magasins de pare-brises qui justifient que celui-ci est introuvable, un devis de Colombie et des ACTES de la police de Valencia qui demande à ces collègues des autres états du pays un peu de COLLABORATION pour nous laisser arriver jusqu’à la frontière. Mais RIEN N’Y FAIT ! Des CONNARDS FINIS ! Ils ne veulent rien entendre et ne souhaitent qu’une chose nous coller une amende et nous faire prendre une remorque. A plus de 10h de la frontière je vous laisse imaginer le prix… Nous sommes totalement démoralisés, car il est clair que si la police ne nous aide pas un peu, on n’y arrivera jamais. Alors plus bas que terre, les larmes aux yeux (rendus où nous en sommes, nous n’avons pas besoin de faire du cinéma), nous les implorons ressassant toujours les mêmes faits et faisons appel à leur humanité. Finalement 45 min plus tard, ils nous laisseront passer, SANS AMENDE ! Mais voilà, tellement de km encore nous séparent de la terre promise et surtout tant de barrages de police nous attendent. Sans exagérer, nous avons été prévenus que sur cette route VEN-COL, les contrôles se comptent par centaines. NOUS EN AVONS PASSE 1, IL EN RESTE 99… Nous nous sentons pris au piège… 10km plus loin, ce qui devait arriver arriva : un nouveau contrôle. On y croit, on espère. Ils n’arrêtent qu’une voiture sur 10, peut-être pourrions nous y échapper pour une fois. Mais voilà, nous n’avons pas de plaque à l’avant (fichu Canada, ils ne peuvent pas avoir 2 plaques comme partout…), et l’inévitable se produit, on nous arrête. Néanmoins, le gars semble bien plus préoccupé par l’histoire de la plaque, du moins les 1ères 20 minutes. Voyant qu’il ne nous aura pas là-dessus, il en vient au pare-brise. On rêvait, on croyait qu’il ne l’avait pas vu. Rebelote, même scénario, même explications en vain. Il nous amène dans son bureau et une nouvelle fois nous demandons de la COLLABORATION – bord** !!! Contre toute attente au bout de 1h cette fois ci, il nous ouvre la route lui aussi. Et de 2 !

Il est maintenant 17h, plus de 3h que nous roulons et nous n’avons même pas fait 100km. La nuit s’apprête à tomber qui plus est. Conscients que nous n’y arriverons pas, pas de jour, nous prenons la décision de rouler de nuit. Que faire d’autre ? De 17h à 3h du matin, donc nous roulerons. De nuit, les contrôles de police sont remplacés par des barrages militaires qui ne nous arrêtent que rarement, et s’ils le font, ce n’est que pour un simple contrôle de papiers. La route est particulièrement pénible du fait du stress, de la fatigue, mais aussi de ces maudits dos d’âne pas signalés du tout qui détruisent notre voiture. Accessoirement, nous traversons la région des Llanos, grandes plaines qui se rapprochent des savanes africaines qui abritent capybaras et anancondas. Nous n’en verrons malheureusement pas grand chose de nuit. Nous arrivons à San Antonio, à la frontière, à 3h du mat’. Nous dormirons là, dans une des frontières surement les moins recommandables au monde, en attendant l’ouverture de la douane. Je ne vous détaille pas nos démarches. Ce qui est sur c’est que nous ferrons encore une fois un max d’allers retours, et que nous sommes bien énervés quand nous devons nous affranchir des taxes de sortie du Venezuela. Nous sommes aussi bien déçus par le taux de change qu’on nous propose entre Bolivars et Pesos Colombiens. L’assurance nous a donné une belle somme en Bolivars qui représente beaucoup moins en Pesos. Enfin, nous y sommes, EN COLOMBIE !!! Heureusement, le permis d’importation du véhicule se fait quelques km après la frontière, ce qui nous permet de faire entrer Venturette en Colombie dans ce sale état sans plus de contrôle.

La Colombie, sur laquelle reposent tous nos espoirs. A suivre

Posté par Esther_Pierrick à 21:52 - 17. Venezuela - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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01 juin 2010

Mardi 13 avril : Et là c’est le drame...

Les faits :

17h : aussi improbable que cela puisse paraître, alors que nous roulons sur une 2*3 voies asphaltée en direction de Campo Carabobo (Venezuela), un méchant caillou envoyé par un camion de l’autre côté da la route, fait fi du terre-plein central et vient lourdement s’échouer sur notre pare-brise, nous offrant un sacré impact ! Alors que nous avons parcouru tant de km sur des routes de pierres et qu’il ne s’est jamais rien passé, c’est ici, sur cette route toute lisse que cela arrive. Evidemment, on peste. Pas de « car glass répare, car glass remplace » ici ! Ca sera un signe…

21h : quelques kilomètres après avoir passé Valencia, nous décidons de passer la nuit dans une station service malgré le fait que nous devons payer. Nous avons toujours refusé mais cette fois-ci, dans l’idée de se rendre la vie un peu plus facile (on ne voit pas du tout où dormir ailleurs par ici), nous payons. Comme d’hab, pâtes du soir puis bouquinage à l’arrière avant de trouver le sommeil. Quand soudain, Venturette se met à vibrer, et dans un bruit fracassant, nous comprenons que notre petite Venturette vient de se faire littéralement défoncer… Pierrick sors à toute trombe pour arrêter le camionneur qui allait se barrer comme un voleur.

Bilan des dégâts :

- Pare-brise à changer,

- L’aile avant à changer

- Le capot légèrement abîmé

- Le clignotant cassé

- Le pare-choc éraflé

Grosse crise de nerf pour nous deux. Depuis notre arrivée en Amérique du Sud, on ne voit que peu de Venturette, et on se doute que faire les réparations ne vont pas être aussi aisées que ça. On ne trouvera jamais les pièces. Les gens sur place essayent de nous rassurer : « Chevrolet, mais y’en a partout, pas de problème, dans 3 jours max vous reprendrez la route… » Le problème c’est qu’ils n’en savent rien !

9 mois et demi de voyage et 52000 km sans encombre. Il aura fallu attendre le Venezuela et ces conducteurs fous pour avoir notre premier accident. Après avoir un mauvais pressentiment dès notre entrée dans le pays, une série de malchance s’est abattue sur nous jusqu'à arriver à ce qu’on le redoute le pire.

Les interminables étapes vers une solution…

Etape 1 : Reporter l’accident auprès des autorités compétentes ou PAS

Tout de suite, la police venue constater l’accident (arrivée sur place 2h après l’incident alors que le bureau le plus proche est à moins de 2km) nous met dans le bain : « Ici c’est différent, tout est beaucoup plus lent… ». Les Vénézuéliens sont très forts pour klaxonner et crier derrières les vitres teintés de leur voiture, par contre une fois sortis, ils sont complètements soumis, incapables de lever la voix pour faire entendre leur mécontentement. Mais nous on va gueuler, je vous le dis !

Jusqu’à minuit, on sera devant le poste pour comprendre les procédures. Mais il faudra attendre le lendemain matin pour montrer la voiture à un expert (que nous devons payer nous même…) qui va évaluer une première fois les dégâts. Déjà ça commence mal, l’idée de devoir payer alors que nous ne sommes nullement en tord ne nous enchante guère… Nouvelle surprise, il faut passer par la banque (ahhhhhhhh, les banques voir plus loin…) pour faire un dépôt- un nouveau, sur le compte de la police afin qu’ils nous éditent notre dossier ! Zen restons zen… Mais attention, pas aussi simple pour le récupérer, il faut dans un premier temps que la personne ayant constaté l’accident la veille, le dépose au bureau central à Valencia. Il leur faudra 3 jours, en  reportant de demi-journée en demi-journée, ce qui nous vaudra 7 allers retours pour rien. Manque d’efficacité, nous croyons plutôt à de la mauvaise volonté dans le but de pourrir la vie des GRINGOS qu’ils croient que nous sommes. Ils nous jettent aussi du commissariat sous prétexte que nous sommes en short…

Etape 2 : harceler l’assurance pour obtenir un dédommagement

Les choses se compliquent. La bonne nouvelle c’est qu’il est clair que c’est le camionneur qui est en tord. La mauvaise c’est que nous sommes étrangers et que traiter avec des touristes ça ne leur est apparemment jamais arrivé. Panique dans les bureaux…

Ensuite, vient le problème de notre assurance auto. Est-ce qu’on en a une ? Réponse NON (pas Vénézuélienne). Pourquoi ? Parce que le gars de la DOUANE nous a dit que ce n’était pas obligatoire. La blague ? Ben OUI C’EST OBLIGATOIRE !!! Le problème : même si le camionneur est en tord, l’assurance refuse d’indemnisé les conducteurs non assurés. Alors on joue sur les mots, car eux ce qu’ils veulent c’est une preuve que nous avons une responsabilité civile AUTO. Une responsabilité civile, nous en avons une par notre assurance internationale, mais pas AUTO. On leur colle sous le nez un doc de notre assurance voyage en Français, sur lequel ils peuvent lire le terme « RESPONSABILITE CIVILE » (encore une chance que ça ressemble à l’espagnol) et ça passe. Le dossier est approuvé mais ce batard de camionneur n’a pas reporté l’accident. Il faut aussi attendre que l’expert de l’assurance estime les dommages (on se demande pourquoi on a payé le 1er ?!). Tout cela fait, il faut envoyer notre dossier à Caracas pour qu’eux évaluent le cout des réparations. Nous craignons une sous évaluation considérable liée au fait qu’ils ne prendront surement pas en compte le cout d’envoi monstrueux des pièces venues des USA. Imaginer un pare-brise… Nous attendons une semaine, rien n’avance.

Etape 3 : en parallèle, faire le tour des garagistes et vendeurs de pare-brises.

Ici nous irons de faux espoirs en désillusions…

- Après avoir fait le tour des vendeurs de pare-brises dans la ville de Valencia (2millions d’habitants) sans succès, on nous annonce qu’un vendeur l’a à Caracas. Sans hésiter, même si Caracas ça fait peur et que c’est à 3h de route, on est prêt à foncer. Ah ben non, en fait, le pare-brise qu’il a … est CASSÉ !!! Pourquoi il nous le propose alors ? Il est con ou quoi ?! Heureusement, nous n’avions pas fait le déplacement.

- On insiste et continue à chercher sur Valencia, et là, contre toute attente, y’en a un qui nous sort que oui, il l’a ! Ah, non en fait, il s’est trompé de modèle… Sans commentaire.

On nous parle alors de la possibilité de faire un pare-brise acrylique. Solution temporaire qui pourrait durer 6 mois, puis en fait 1 mois, puis non 1 semaine, puis non ce n’est pas possible. Dégouttés, de chez dégouttés au moins cela nous aurait permis de sortir de ce pays à la con.

- Alors, on ne lâche pas l’affaire et on nous parle maintenant d’adaptation à partir d’un autre modèle de pare-brises. Ben oui parfait ça ! Mais là, après 1 h à essayer tous les modèles possibles et imaginaux (y compris bus et camion), on nous annonce avec la plus grande indifférence un truc qui signifie : QUE NOUS AVONS LE PARE-BRISE LE PLUS GRAND DU MONDE ! C’EST PAS POSSIBLE ! QU’EST-CE QU’ON A FAIT AU BON DIEU ?!

- On creuse quand même cette option, et décidons de nous rendre chez celui dont tout le monde parle, le ROI DU PAREBRISE : « FATIMA ». On n’y croit pas vraiment, on fait bien, car en 2 secondes il nous jette !

- On en trouve un autre qui accepte de venir avec nous dans une sorte de hangar, genre de foire fouille du pare-brise. Trouver NOTRE modèle de pare-brise est impossible, on en est sur, reste à voir pour l’adaptation. Sachant que si on ne trouve pas là, il n’y aura plus d’espoir. Au bout de 2h et x modèles, il y en a possiblement un, qui pourrait convenir si on élude le fait :

      . Qu’il lui manque 7cm en bas

      . Qu’il n’a pas la bonne forme et qu’ils espèrent compenser ça avec un max de joint ?!

      . Que ces chiens ont bien compris qu’on été désespérés et qu’ils nous font payer ce travail de vauriens les yeux de la tête

- Un dernier nous assure qu’il nous trouve notre modèle pour dans 10 jours. Quoi, où, quand, comment ? EN COLOMBIE BIEN SUR ! Mais bon, c’est le beauf du frère du cousin de Juanito… Difficile de compter là-dessus.

Alors que depuis 4 jours, on broie du noir pitoyablement installés dans la food court d’un centre commercial où on n’a même pas internet, juste la clim, on nous aborde. On explique notre situation, on nous évoque les casses. Sans trop d’espoir vu que notre voiture ne circule pas par ici. Pourtant le gars nous assure que oui, on peut y trouver notre pare-brise. Sceptique on prend les coordonnées, sans suite…

- Enfin, comme une oasis en plein désert alors que nous roulons dans la ville à la recherche de nouveaux vendeurs, nous la croisons ! QUI ? UNE CHEVROLET VENTURE. Ni une ni deux, nous nous lançons dans une course poursuite dans les rues embouteillées de Valencia avec l’idée d’arrêter le gars et de lui demander où il fait entretenir sa voiture. Un peu surpris et surtout apeuré aux 1ers abords, il nous annoncera un peu confus que la voiture a été achetée aux USA et que c’est son frère à Miami qui lui envoie ou amène les pièces. Et meeeeeeeeeeeerde !

Voila, après une semaine de recherches nous sommes toujours à la case départ.

A bout de nerf, on remet cette fois-ci notre voyage en question et réfléchissons à une fin possible. Et oui, notre résilience à ses limites. C’est trop con, notre voiture est en parfait état mécanique et à cause d’un camionneur aveugle, on est bloqué. Vraiment nous avons le moral plus bas que terre. C’est RAGEANT tout ça pour un simple pare-brise cassé. Chaque matin, on croit à un cauchemar. Le pire c’est qu’on serait dans n’importe quel autre pays, on nous en fabriquerait un nouveau en 2 temps 3 mouvements. Alors résignés, on se prépare à admettre que c’est la fin. Difficile à avaler et pas aussi évident que ça, il ne nous suffit pas de prendre l’avion et dire bye bye. On ne peut pas abandonner la voiture légalement comme ça. Il faut la faire importer dans le pays et pour cela payer des taxes qui s’élèvent à la moitié de la valeur actuelle du véhicule. Sauf que ici, notre voiture ne vaut pas 2000$ comme au Canada, mais 15000$ (pour info nous l’avons acheté 4000$ )!!! Si si, la surcote des véhicules au Venezuela est inimaginable. On est totalement abattu. Non seulement notre voyage s’arrêterait là (alors que nous nous sommes fait suer à faire traverser la voiture et que nous avons payé une certaine somme pour cela), dans ces conditions lamentables, et en plus il nous faudrait payer plus que nous l’avons acheté pour l’ABANDONNER !!! Comme vous pouvez l’imaginer, nous passons vraiment de sales moments. Très amers (vous le sentez non ?) on en veut à la terre entière.

Etape 4 : arriver à une entente avec l’assurance.

Pas de solution pour la voiture, mais au moins nous avons des devis. Et même si nous n’avons encore aucune idée de comment on va se tirer de là, on est bien décidé à extirper le maximum de l’assurance. Alors, vu qu’à Caracas rien ne bouge, on prend les choses en main. Fini de rigoler, on demande à ne traiter qu’avec un chef  à partir de maintenant. On leur amène nous même des faux devis que quelques garagistes ont bien voulu nous faire, en prenant en compte les frais d’importation fictifs (vu que réellement l’importation des pièces est impossible). Incroyable, mais l’assurance accepte les devis sans plus de vérification. Bien sur, ils prendront le plus faible des 3. Restent à savoir COMBIEN ET COMMENT ils comptent nous rembourser.

COMBIEN : un pourcentage, elle ne prendra en charge que le tiers du quart de la moitié selon un calcul des plus folkloriques déterminé on ne sait pas trop comment. Genre 50% sans compter la main d’œuvre. Allez c’est toujours mieux que rien.

COMMENT : sous un délai de 30 JOURS OUVRABLES par chèque!!! TOUT EST TRES LENT ICI. Je crois que ca ne va pas être possible Monsieur. Pourquoi ? Parce que nous devons sortir du pays AVEC la voiture dans 3 semaines, notre VISA expire.

On demande donc à se faire envoyer le chèque. Impossible aussi pour 2 raisons

1-Le service de courrier est quasiment inexistant dans ce pays. SI SI ON VOUS JURE. De toute façon, le concept de l’envoyer en France ou au Québec les dépassent. Même à l’ambassade de France, c’est trop leur demander.

2-Le chèque sera émis en Bolivars Vénézuéliens, et accrochez vous bien, c’est une des rares monnaies non exportables ! Après confirmation auprès de nos banques françaises et québécoises (enfin surtout française, trop complexe pour le Québec), le chèque sera effectivement REJETÉ. Et oui, impossible de changer des BOLIVARS en $ ou même en euros, roupies ou tout ce que vous voulez. La question : comment font les Vénézuéliens qui veulent voyager ??? Ben, ils ne voyagent pas. Ils sont prisonniers dans leur pays ! Non, sans rire, on nous dit qu’ils peuvent demander une autorisation spéciale au gouvernement dans de rares cas… ON HA-LLU-CI-NE. Comment ce genre de choses peut exister ?!

Donc non seulement, nous avons eu cet accident dans le seul pays d’Amérique du Sud où ils sont incapables de fabriquer quoique ce soit (tout est importé de Colombie), mais en plus on ne peut rien faire avec leur monnaie.

Plus d’autres choix que de faire pression pour avoir le chèque dans les plus brefs délais et pouvoir l’échanger dans une banque ici contre du liquide. 6750 bolivars, soit 1300$ (enfin plus que 900$ avec leur double taux de change à la con, punaise ce qu’on peut être dégouttés), une belle somme, on ne va pas partir sans. Le responsable comprend notre situation et promet d’accélérer les choses (on passe tous les jours depuis 10 jours, on commence à les saouler). Il nous garantit le chèque sous 8 jours ! Affaire conclue.

Etape 5 : attendre que le chèque tombe du ciel et surtout trouver une solution pour Venturette.

C’est bien beau l’argent, mais il n’empêche que nous n’avons toujours pas de pare-brise. Nous sommes dans l’impasse. Désespérés et à court d’idée, nous nous lançons dans un interminable mail à CHEVROLET pour leur expliquer notre voyage et notre situation actuelle et voir s’ils peuvent faire quelque chose. On explique aussi notre situation aux autres voyageurs et c’est finalement de Véronique et Bruno que nous tiendrons notre solution. Ils sont en Colombie, ont rencontré des français expatriés dont l’un a un magasin de meubles qui se trouve juste à coté d’un fabricant de verre trempé. ET NON, il n’a pas notre pare-brise MAIS il peut nous le fabriquer sur mesure ET en plus, il est à 4km de la frontière. Encore une fois, nous croyons à un faux espoir… Il se trompe de voiture, croit que nous avons une fenêtre de cassée ou veut nous entuber. Mais non, il  nous fait un devis, 4 fois moins cher qu’au Venezuela qui plus est.

Seul détail qui tue : nous sommes à 15h de route de la frontière Colombienne…

Etape 6 : trouver un moyen d’aller en Colombie avec un pare-brise défoncé ET encaisser le chèque qui est ARRIVÉ, avec même un peu d’avance.

Yaouhhhhhhhhhhhh ! Nous avons le chèque dans la main !!! Nous filons vers la banque la plus proche, dans laquelle nous avons pris soin de confirmer au préalablement que nous pourrons échanger CE chèque contre du liquide. Juste une parenthèse sur les banques au Venezuela-il y aurait tellement à dire sur ce pays, qui est fascinant (pas dans le bon sens du terme) sur son manque de fonctionnement. Donc, en France quand il faut aller à la Caisse d’Epargne on traine la patte parce qu’on sait très bien qu’il y aura un max de monde (surtout les vieux qui n’ont rien à foutre de leur semaine et choisissent le samedi matin - le seul moment où les gens qui travaillent peuvent se déplacer, pour retirer leur 500 euros sur leur livret A), ie une 1/2h de queue. Ben ici, c’est la même chose sauf que les gens attendent la journée entière. Les plus courageux arrivent plusieurs heures avant l’ouverture, comme pour les soldes, se marchent dessus quand les portes s’ouvrent. C’est ce que nous ferons et comme nous ne sommes pas mauvais en sprint, nous n’attendrons que 1h. C’est inimaginable, les queues peuvent s’étendre sur les trottoirs sur 800. Pauvres gens…

Mais voila, aujourd’hui, ils ne veulent pas nous échanger notre chèque et nous renvoient dans une autre.

Fumant de colère, nous y allant. Pierrick me dépose le temps de se garer. Grave erreur ! NOUVELLE REGLE : NE JAMAIS, AU GRAND JAMAIS LAISSER PIERRICK TOUT SEUL !!!!

Je commence donc une nouvelle queue, mais Pierrick met du temps à me rejoindre, trop de temps… Il se passe quelque chose. Il arrive au bout de 20 min. Un policier l’a arrêté, un taré parano qui l’a pris pour un terroriste, trafiquant ou je ne sais quoi. Alors qu’il est en train de manœuvrer, Il lui hurle dessus, main sur son arme, lui ordonnant de descendre du véhicule, de s’en éloigner et de lui présenter les papiers. Mais voila, Pierrick lui répond qu’il ne les a pas (croyant que c’est moi qui les ai). Ca n’arrange pas son cas, le gars se croit dans un film et est prêt a dégainé. Pierrick essaye d’expliquer que c’est sa femme dans la banque à coté qui a tous les papiers, mais notre Walker Texas Ranger ne semble pas croire que Pierrick ait une femme. Heureusement, Pierrick vérifie et trouve les papiers. OUFFF, le survolté le laisse partir.

Je reprends l’histoire de la banque maintenant. Je vous JURE, j’invente rien - pas besoin, (au contraire, j’omets des choses pour ne pas rendre le récit plus pompeux qu’il ne l’est déjà). Pierrick prend donc ma relève dans la queue pendant que je demande au vigil si, ici le chèque sera accepté. Devinez quoi, pas possible non plus, montant trop élevé !!! On va craquer, je vous le dis…

On part donc une 3ème fois vers une nouvelle banque. Nouvelle queue mais on y arrivera, on ressort avec plein de liquide dans les poches. YES YES YES !

Par contre, pas de solution miracle pour rejoindre la terre Colombienne où nous pourrons offrir à Venturette le plus beau des pare-brises. Il va falloir conduire, 15h, avec un parebrise cassé. Nous récupérons notre phare à réparer et prenons cette interminable route… Après 3 semaines d’enfer, les galères ne feront que commencer…

La suite au prochain épisode… j’en vois certains s’endormir.

Posté par Esther_Pierrick à 21:49 - 17. Venezuela - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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20 mai 2010

Putain de camion

Pour reprendre les paroles d'un Grand Monsieur de la chanson française, qui colle plutôt bien à la situation.

Putain c'est trop con
Ce putain d'camion
Mais qu'est-ce qu'on foutait là
Putain d'pays d'merde
T'as cassé notre caisse
Et nous, tu nous plantes là

J'espère au moins qu'en bas
Y'a beaucoup moins d'conards

T'nous laisses avec les venezueliens
Avec les poulets les vauriens
Dans un pays qui tourne pas rond, q'est pas l'mien
J' voudrais m'casser bien loin
Avec las manchots, les pingouins
Rouler avec eux jusqu'au sol argentin

Putain j'ai la haine
Contre c'camion benne
Et contre ce gars-là
Ou tu la foncdé
Dire qu' c'était parfait
Et tout s'arrête là

J'espère au moins qu'en bas
Ils allum'ront leurs phares

Venturet' a plus d'par'bris'
Nous on a plus notre super abris
C'était un rêv' mais c'était pas d'la folie
Enfoiré quel' salop'rie
Maintenant on a plus d'autr' replis
Putain d' camion, putain d'pays, tiens quel'vie

Posté par Esther_Pierrick à 11:08 - 17. Venezuela - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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11 mai 2010

Nos 3 1eres semaines au Venezuela, jusque là tout va bien...

Tout commence le jeudi 25 mars lorsque nous franchissons la frontière. Suite à nos problèmes liés au remplissage de notre réservoir vide, nous serons accueillis pour notre 1ère nuit chez les Bomberos de Mojan. Et oui, les pompiers nous ouvrent leur porte et même plus puisqu’ils nous offrent un toit, un lit, une bonne douche et leur cuisine. Nous passons une longue soirée en leur compagnie où avec plaisir ils nous parlent de leur pays si particulier que nous ne demandons qu’à découvrir.

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Trouvez l'intrus

3

Moi au milieu des pompiers Venezueliens avec un beau camion tout neuf. Suis sure que je fais des jalouses !

Cette invitation nous rabiboche un peu avec le pays qui ne nous avait pas fait forcément bonne impression sur les 1er kms : bidonvilles, pénurie de gazole, routes défoncées…

42 Le lendemain, une fois le plein fait dans une station, une vraie cette fois, nous continuons notre route vers la péninsule de Paraguana. Nous y verrons de beaux flamands roses, les eaux roses violacées des salinas et bien sur beaucoup de voiles de kite-surfing jouées avec le vent dans cette région réputée mondialement pour ce sport.

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Nous rechausserons nos bottes pour gravir les pentes méchament pentues du Cerro Santa Anna. Nous y rencontrons 2 jeunes étudiants encore plus bavards que les pompiers. Des 2 côtés nous sommes curieux et comparons donc nos pays, finalement pas si différent : retraite, sécu, chomage…tout fonctionne de la même façon.

34 35

33Après une petite balade dans la réserve de Montecano, nous nous dirigeons vers la zone libre de Puerto Fijo. Nous y cherchons des piles rechargeables et d’autres petits trucs notamment de la bouffe à prix abordable.

Nous dormons en toute sécurité près d’un barrage de police très nombreux sur la route avant de nous attaquer aux dunes du désert de Coro.

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Droit devant que du sable...

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8 10

Beaucoup plus marrant à descendre qu'à monter

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Un petit tour dans la magnifique ville de Coro s’impose. Au passage, petite dégustation du « Papelon con limon », jus de canne qui a le gout d’un thé frais.

Pour finir cette 1ère semaine (et oui, le rythme est plutôt cool - on fait un peu de vent en roulant vers des endroits anodins juste pour contenter notre curiosité et avoir le plaisir de griller plein d’essence pour rien !), nous nous dirigeons vers San Luis et sa Sierra. Nous allons observer des trous dans la terre de plusieurs centaines de mètres (mouai pas si impressionnants), visiter des caves où cette fois ci des ados nous prennent en sympathie et approcher des cascades.

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On se trouve aussi un petit bivouac paumé en pleine nature avec un panorama de rêve.

Retour sur la côte avec un premier arrêt sur l’une des plages de Puerto Cabello. Mais voilà nous sommes en pleine Semaine Sainte ici, ce qui est synonyme de migration monumentale de populations vers les plages. Nous arrivons donc de nuit à Playa Patanemo.

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Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée. La plage est envahie par des centaines de familles venues profiter des joies du camping : tente familiale, maxi cocotte, enceinte… tout est prévu. C’est que le camping, c’est leur dada aux Vénézuéliens. En même temps, cela fait notre affaire, nous pouvons nous fondre dans la masse sans redouter quelconque insécurité pour la nuit. Nous profitons de la plage le lendemain amusés par toutes ces familles qui profitent pleinement de leur traditionnelle semaine de vacances de Pâques !

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Ah ben, c'est du joli ca mademoiselle !!! Dès le plus jeune âge, le culte du string prévaut !

Comment ne pas faire un tour aux sources les 2ème plus chaudes au monde, les 1ères étant au Japon. Encore une fois, nous nous retrouvons au milieu des Vénézuéliens. Au moins, on vit l’expérience à fond. Alors ces sources ? Ben oui, on confirme c’est vraiment chaud, à la limite du supportable donc pas super agréable. Enfin, on découvre de nouvelles sensations.

Le soir même c’est l’épisode « Panthère rose ». Je m’explique : nous faisons une étape dans la ville de Maraccay pour la nuit. Mais comme d’hab, dans les villes difficiles de trouver un coin pour dormir à la fois tranquille et sécurisé. Nous trouvons une rue résidentielle, on s’y gare. Pendant qu’on mange, on remarque une voiture qui tourne dans le quartier. Méfiant et craignant des rodeurs, on reste attentif. A 11h30 alors que nous dormons, nous entendons une voiture ralentir à notre niveau, la même qui repasse une énième fois. Par précaution, on décide de lever le camp sans savoir où on va passer le reste de la nuit. Mais au moment où on démarre, la police patrouille et nous arrête. La tête dans le cul, encore à moitié endormis nous ne comprenons pas trop ce qui nous arrive. Les flics nous rabattent. Main sur leur arme, nous demandent de sortir du véhicule. Commencent à fouiller Pierrick alors que j’essaye d’expliquer notre situation. Je revois encore la scène : Pierrick se faisant fouiller pieds nus en calbute Panthère rose (c’est pas une blague?!), moi tout endormie passant pour une mytho à essayer de nous expliquer dans mon plus mauvais espagnol du réveil. Ils décident alors de nous emmener au commissariat. Mais pas pour nous arrêter, pour nous « héberger » ! Ils ont vite compris que nous étions totalement inoffensifs et surtout paumés. Nous finissons la nuit devant leur porte où nous pouvons dormir sur nos 2 oreilles.

19Le lendemain, fort de tout notre courage et surtout de toute notre inconscience, on attaque alors le gros du gros, le parc Henri Pittier. Henri Pittier est un peu le Tayrona du Venezuela. Vous vous souvenez ce parc en Colombie que nous n’avons pas fait car hors de prix. Ben ici, c’est la même chose SAUF que l’accès est gratuit (on peut même y camper sans frais comme un peu partout dans le pays). Qu’est ce qu’on n’a pas fait ?! C’est l’enfer. C’est simple, tous les Vénézuéliens du pays se sont donnés rendez-vous ici. Vraiment nous sommes sciés. Nous n’avons jamais vu une telle concentration de population. C’est affolant voire carrément flippant. Mais qu’est ce qu’on fout là ??? Sans exagérer, des milliers et des milliers de vacanciers sont là. Le peu que nous pouvons voir de cette plage, nous suggère effectivement que cette dernière est splendide. Baie bordée de cocotiers, eau turquoise avec en fond des reliefs recouverts de jungle ! Ce qui est sur c’est que nous sommes les seuls et uniques étrangers. Trop curieux comme toujours... Regrettons-nous notre choix ? Pas du tout, nous sommes conscients de la chance que nous avons de pouvoir assister à un tel phénomène : le Venezuela, le vrai en période de vacances. Les gens viennent de partout, principalement des grosses villes, cette migration concerne les classes modestes et aisées. Quand nous découvrons la plage, cela nous semble irréel : ça grouille. Ils débarquent par groupe de 10 et envahissent la plage avec leur tente et tout leur barda. Nous passons la 1ère journée sur la plage principale au milieu des filles en string (Pierrick ne semble pas s’en plaindre !), des jeunes totalement ivres et des familles surexcitées, avec une sono monstrueuse à fond dans les oreilles. On se croirait à Copacabana, du moins ce qu’on en voit… Comment peuvent-ils aimer ça ?! Pendant des heures sur notre morceau de serviette que nous n’avons pas pu étaler, nous restons la à les observer. Nous nous sentons tellement différents, tous blancs, couverte de la tête aux pieds pour moi. Certes tous les 2 mais tellement seuls face à cette masse effrayante. Quand nous tentons un bain, la traversée de la plage est une réelle épreuve : il faut se frayer un chemin et affronter les regards. Nous n’oublierons jamais cette journée au cœur du Venezuela !

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Cependant, le lendemain, nous irons nous chercher une plage plus retirée où nous resterons quasi seul toute la journée. Ok, cette plage est à 45 min à pied mais nous ne comprendrons jamais pourquoi ils vont tous s’entasser alors qu’ici il n’y a pas un chat. Ici, nous profitons vraiment, au calme.

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Mais il est à nouveau temps de reprendre cette route. Et quelle route ?! Sans aucun doute, celle sur laquelle nous aurons le plus peur de toute notre vie. Sérieusement, si on devait la refaire nous ne le referons pas. +1500m de dénivelé en 20 km sur une route en très mauvais état, sinueuse comme jamais et plus qu’étroite. Aucun rebord de sécurité pour éviter de se foutre dans le ravin et surtout une circulation monstre avec des conducteurs survoltés et bourrés. A l’aller, un pick up que nous croisons manque de tomber dans le vide. Nous sommes à l’arrêt pour négocier le passage (heureusement, nous sommes du côté de la montagne et non du vide). Nous voyons que ça na passe pas, mais le gars insiste jusqu’à avoir une roue dans le vide. La femme se met à hurler le suppliant d’arrêter, les enfants debout à l’arrière du pick-up commencent à vouloir sortir pour sauver leur peau. Paniqués nous avançons sans nous retourner. Réellement cette route est un enfer pour tout le monde et nous ne compterons pas le nombre de voitures échouées en bas. Plus jamais !!!

Nous allons retrouver nos esprits vers le Parque de Guatopo. Avant ça un arrêt à l’Hacienda Bolivar. Manque de bol, nous nous retrouvons bloqués sur la route par un barrage de taxis à quelques km de notre destination. Un chauffeur de taxi vient de se faire tuer ce qui donne un bon prétexte à ses collègues pour faire semblant de manifester un quelconque mécontentement. Personne ne vient à notre rencontre pour expliquer la situation, c’est nous qui devons aller demander. Selon un policier, il faut être patient, la route sera libérée dans une ½ heure. Ok, on attend. 1/2h, 1h toujours rien. Pierrick y retourne pour savoir si on passera un jour. Toujours le même, il nous répond cette fois ci que la route est bloquée pour la journée. Ce con le savait déjà il y a une heure. On est dégoutté, d’autant que ce barrage est bidon : personne ne manifeste sa colère ou sa peine. Ils sont juste là tous ensembles à boire des bières, se marrer et mater le cul des filles qui passent. On a du mal à comprendre leur rapport à la mort.

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Ici, Pierrick au milieu d’eux qui essayent de leur faire comprendre que ce qu’ils font ne sert à rien et n’aide en aucun cas la famille et leur profession. Qu’ils manifestent au moins avec des banderoles, des slogans…

23Aucun terrain d’entente ne sera possible. Détour de 30km, heureusement l’essence n’est pas chère. L’Hacienda est encore une fois assez décevante. Nous arrivons au parc dans la soirée où nous campons dans notre voiture sur une aire aménagée toujours au milieu de nouveaux vacanciers. On profite des piscines naturelles et consacrons la matinée suivante à notre traditionnelle rando de découverte. Triste rencontre, d’un bébé singe gisant sur le sentier après une chute malheureuse.

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La route vers Barcelona est poussive du fait des bouchons monstrueux. Nous sommes dimanche, c’est la fin de la Semana Santa. Heureusement, nous faisons notre ravitaillement en route grâce aux vendeurs sur la route. On achète à l’un d’entre eux pas moins de 49 BANANES !!! pour moins de 2$ !!! 49, mais des riquiquis quand même. De toute façon, elles sont tellement délicieuses, elles fondent comme du beurre qu’on leur fera un sort. Plus loin, nous trouverons des galettes de yucca parfumées à un truc qui ressemble beaucoup à de l’anis. Ouf, quelques heures plus tard, sortis des bouchons on arrive enfin à Barcelona où on dormira. Dixit Pierrick : « c’est quand même cool que leurs vacances, ça ne dure qu’une semaine » ;) YES !!! Pas de risque cette fois ci, nous dormons devant la police. Pour finir sur la gastronomie, nous nous régalons de cachapas, sorte de pan cake de mais, d’empanadas, de mangues cueillies sur l’arbre et de fromage. Et oui, on arrive à en trouver du bon, abordable.

Nous retournons vers la côte pour explorer le parc de Mochima. Sous ses airs de fjords, masque et tuba sont toujours nos meilleurs alliés. Nous prenons une lancha (où nous rencontrerons des argentins – on commence notre liste de contact là bas) qui nous déposera sur une de ces iles où nous pouvons lézarder en toute tranquillité. Sur le retour, des dauphins peu farouches nous accompagnent. Nous pouvons quasiment les toucher. Promis la prochaine fois, on essaye de prendre des photos.

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Toujours plus à l’est, nous mettons le cap vers Rio Caribe où se concentrent les plus belles plages du pays. Nous ne sommes pas déçus du voyage ! Nous restons 1 jour sur chaque totalement seuls à dormir sur des spots de rêve. Longue de plus de 1km pour certaines, de 6h du mat’ à 19h nous profitons entre bouquinage et baignade.

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46 Nous profitons de cette région, pour aller visiter une Hacienda… Devinez de quoi ??? De CACAO bien sur !!! A quoi ressemble le cacaotier, son fruit, que fait on des graines, comment arrive t’on au délicieux chocolat ? Pour être honnête, nous n’en n’avions aucune idée ! Ce que nous avons préféré ? La DE-GUS-TA-TION bien sur !!! Cependant, rien de renversant niveau gustatif. Un peu comme le café en Colombie, le meilleur chocolat est exporté.

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Il est temps de faire demi tour, nous reprenons la route vers l’ouest et nous apprêtons à traverser la capitale : la grandissime CARACAS !!! 7 millions d’habitants quand même, pas une mince affaire. On appréhende un peu, d’autant qu’on ne vous apprend pas que la ville a plutôt mauvaise réputation !!! La circulation est dense mais pas paralysée, les conducteurs plutôt civilisés et courtois. On a vu pire, bien pire… Comme à notre habitude, nous n’avons que la misérable carte du Lonely pour nous orienter. On s’en sort jusqu’à un certain point. Là ou on s’y attend le moins, alors qu’on devine les immenses tours du centre au loin, nous longeons ces barrios où la misère est reine. Les habitations s’agglutinent à flancs de montagnes sans qu’on puisse en discerner un quelconque accès. Véritables FAVELAS, nous découvrons l’extrême pauvreté de l’Amérique Latine. Il parait que la misère est moins pénible au soleil, on a des doutes. En tout cas, nous n’oublierons pas cet instant. Impossible à décrire, les photos sont médiocres aussi. Dans la circulation, carte en mains, un œil sur la signalisation, l’autre sur les personnes malveillantes, difficile de sortir le signe de richesse qu’est notre appareil photo et de mitrailler. Voilà ce que nous retenons de Caracas… peut-être la principale chose à voir !

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58 Quelques heures plus tard, après avoir loupé notre route (et oui, malgré la meilleure concentration, elle nous a échappé, à moins qu’elle n’est jamais existée…), après avoir essuyé routes inondées et brume épaisse, nous arrivons à Colonia Tovar. Véritable ville Allemande nichée à 1800m nous sommes plongés dans une ambiance totalement Bavaroise. Située à 60km de Caracas (pour ceux qui trouvent cette satanée route), soit moins de 1h, le contraste est saisissant. Il y a quelques heures nous étions au milieu des favelas, nous sommes maintenant en plein folklore Bavarois : saucisses et autres charcuteries, musique typique, bière à gogo et surtout plein de blonds aux yeux bleus ! Si si des Allemands au Venezuela !!! Vision irréelle…  L’endroit que nous dénichons pour dormir est parfait pour déguster une « bonne » fondue… Enfin, prête à l’emploi, celle qu’on trouve au rayon fromage, mais ca fait notre affaire et c’est toujours moins cher que celles des restaux qui en profitent un max.

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Le lendemain, on part découvrir les montagnes environnantes. Le sentier que nous choisissons nous fait passer au milieu de palmiers… oui oui, à 2000m d’altitude !

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La route qui redescend vers Victoria est plus que vertigineuse. Nous faisons des pauses régulièrement pour soulager nos freins. Les inconvénients d’avoir une automatique lors de la conduite en montagne.

Nous poursuivons vers Morrocoy et son archipel d’îles de sable blanc et mer turquoise où nous espérons passer 3 jours sous la tente. A Tucacas, départ des bateaux, nous y étions il y a quelques jours, pendant cette fameuse Semaine Sainte. Nous nous étions désistés devant l’affluence des vacanciers. On y avait pris tous les renseignements (bateaux, parking, permis de camping…) en vue de notre retour. Grosse déception, le ranger nous annonce que la camping est interdit en dehors des vacances scolaires. On est dégouté (encore une fois, rien ne se passe comme on le veut dans ce pays), on insiste mais rien à faire. Non c’est non ! On hésite alors à n’y aller que pour une journée, mais cela revient assez cher. On arrive à faire baisser le prix de 1500 à 180 bolivars. Pas mal ?! Sauf que comme toujours dans ces pays, on se fait avoir.  Une fois sur le bateau, le gars refuse de nous faire le tour demandé et payé. Là sur une eau de rêve, sur notre barque nous faisons un malheur - nous sommes les seuls passagers. On réclame de revenir immédiatement au port et de récupérer notre argent. Il nous tient tête un moment mais nous avons vraiment les nerfs. Il revoit finalement son itinéraire devant notre furie. Néanmoins, nous n’obtiendrons cependant pas ce qui était prévu. Nous passons la majeure partie de la journée sur Cayo Sombrero qui est divine. Cocotiers, sable blanc et mer qui nous offre ses plus beaux camaïeux de bleu.

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Voilà, cela mettra un terme à nos bains dans la mer des Caraïbes. Nous ne sommes pas déçus, le Venezuela n’a pas failli à sa réputation qui lui confère quelques unes des plus belles plages au monde. Pour nous, nous en avons vu tellement, si différentes que nous ne savons pu trop… Costa Rica, Belize, Mexique et donc Venezuela, ce qui est sur, c’est qu’on ne s’en lasse pas !

Avec la fin des festivités dans les Caraïbes, s’achèvent aussi la fin des bons souvenirs au Venezuela. Nous nous attaquons aux Andes et la suite sera beaucoup moins réjouissante, au prochain numéro.

Rappelez-vous : “Estamos en Venezuela, nunca se sabe…”

Juste on est toujours en vie et en bonne santé… physique du moins.

Posté par Esther_Pierrick à 19:09 - 17. Venezuela - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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06 mai 2010

"Estamos en Venezuela, nunca se sabe..."

... sous entendu « lo que va a pasar ».

Le Venezuela, un pays qui aime bien cultiver la différence, à savoir :

41- Le prix de l’essence ! Et oui, nous n’y croyions pas avant d’y être. Nous sommes donc allés vérifier. C’était donc vrai. Nous sommes au pays où un plein coute 0,5 centimes d’euro !!! On vous jure : 0,07 centimes de bolivar le litre soit… j’en sais rien en euros, on n’a même pas de pièces de cette valeur !!! On se devait donc d’y faire un tour même si ce pays n’était pas tellement sur notre feuille de route. On prend des photos à chaque station. Les pompistes nous regardent avec des gros yeux. On leur explique que dans notre pays (et dans tous les autres !), il faut compter l’équivalent de 420 bolivars pour le plein alors qu’ici ca coute moins de 6 bolivars !!! Le rêve pour nous ! On va pouvoir se perdre en beauté. On s’en fout, l’essence est gratuite.

2- Les amendes quand on tombe en panne d’essence ! Ben oui, pour ce prix, qui ne voudrait pas faire le plein.

13- Mais aussi le trafic de pétrole autour des zones frontalières, notamment à celle avec la Colombie. Ce qui ne fait absolument pas notre affaire. Nous arrivons dans le pays avec le réservoir quasiment vide en pensant pouvoir le remplir rapidement afin d’économiser un peu. Malheureusement, à cause de la contrebande, les stations sont toutes prises d’assaut dès 7h du mat’. Les gens en achètent par gallons et très vite les stations sont à sec pour la journée. On nous rit au nez quand à 16h, dans la 1ère ville à 40 km de la frontière, nous demandons la station la plus proche.  Y’en n’a pas à moins de 100 km… On n’a un peu de marge mais ca va être juste. Effectivement, nous sommes quasiment à sec, il commence à faire nuit, le Venezuela n’est pas vraiment un pays très sur. Nous décidons de faire appel aux locaux et espérons trouver un baril chez l’habitant au noir pour nous dépanner. Non seulement, ils se démènent pour nous en trouver en allant de maisons en maisons, mais en plus ils nous l’offrent ! Ouf, on est sauvé !

4- Les voitures venues d’un autre temps. Vous voyez la voiture de Startsky et Hutch, ben ici y’en a partout et en plus, elles roulent ! Tout le monde peu se permettre d’avoir une voiture, même les plus pauvres puisque l’essence ne coute rien. Nous, on hallucine, on pourrait croire qu’on a voyagé dans le temps entourés de toutes ces énormes américaines des années 60 !  Rien que pour rouler au milieu de ces boites de conserve, ça vaut le déplacement.

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5- Les motards avec un casque de vélo sur la tête qui est au moins aussi efficace qu’un bon vieux saladier.

6- Le taux de change et leur monnaie incompréhensible. Nous passons plus de 1h30 avec notre changeur à la frontière pour finalement nous faire entuber. Pffffff, entre les anciens bolivars et les fuertes on est paumé. Puis, quand en plus, il y a 2 taux de change. Celui au noir qui est le double de l’officiel, on ne s’en sort plus. On comprend alors pourquoi on n’a pas croisé un seul touriste étranger dans le pays. Selon le taux officiel, la vie est hors de prix, par exemple le paquet de pain de mie à 4$. On galère donc pour changer tous nos pesos colombiens au meilleur taux. Mais ça ne suffit pas, on voudrait changer des dollars que ce dernier nous refuse car nos coupures de 20$ sont trop petites ! Il croit quoi lui qu’on se ballade avec des billets de 500$ ?! Ca ne nous arrange pas ça. Il va falloir qu’en cours de route on trouve un autre changeur. En attendant, on ne sait pas quelle est la valeur des produits que nous achetons vu que le taux de change varie du simple au double…

7- Le décalage horaire. Vendredi 2 avril, alors que nous voulons rentrer dans le musée de l’aéronautique, nous nous rendons compte que nous sommes en avance d’une demi-heure. C’est quoi ce bazar ?! Depuis quand sommes nous décalés ? Surement plus d’une semaine…depuis que nous sommes entrés dans le pays ! Donc pour info, ce n’est pas de 1h qu’il faut avancer sa montre quand on vient de Colombie, mais de 0h30 ???? Cela restera une énigme pour nous.


6- Les superettes et tous les autres services qui ferment toute une semaine pendant la semaine Sainte. On n’a un document urgent à imprimer, impossible !

7- Un espagnol auquel nous ne comprenons pas grand-chose. Les Vénézuéliens sont encore plus rapides que les Colombiens ! Ils abrègent la moitié des mots comme par exemple le « para » qui devient « pa’ ».

368- Les femmes en string sur la plage ! Le Brésil n’est pas si loin…

9- Sur la plage, on ne vend pas des chouchous mais des œufs… DURS ?!

10- Les candidates à l’élection de Miss Univers le sont aussi aux élections…PRESIDENTIELLES ?! Comprends pas, ils ont quand même choisi Chavez ! Ils auraient pu voir les fesses de leur présidente sur la plage… Non, sans rire le culte de la beauté est omniprésent dans ce pays qui cumule le plus de titres de Miss Monde ! Un salon de beauté pour 3 restaux dans Caracas ?!

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Au dessus de tout ce bazar, Chavez et son gouvernement dont nous ne savons pas trop quoi penser. Celui qui mena en 1992 un sanglant coup d’état sera finalement élu président en 1998 après plusieurs longues années d’emprisonnement. Ce que nous savons c’est que les slogans prônant le socialisme sont sur tous les murs. Ce comparant lui même à Bolivar, il promet de l’aide aux plus pauvres. Dans un pays où 75% des familles vivent sous le seuil de pauvreté, sa révolution sociale n’a finalement rien d’apaisant. Au contraire les tensions ne font que se succéder et la criminalité augmente. Néanmoins, années après années, il consolide son pouvoir et renforce son opposition contre Bush. Il va même jusqu’à offrir du pétrole aux communautés les plus défavorisées de New-York. En voyant l’état du pays et les besoins du peuple, il ferait mieux de s’occuper de son pays ! 2012 les prochaines élections, où il espère être réélu.

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Les affiches prônant le socialisme sont partout et les portraits de Chavez sur tous les murs

Autre sujet qui fâche ici, je veux parler de l’insalubrité qui règne partout. Depuis plusieurs mois nous pouvons dire que nous avons été habitués au pire. Pourtant, nous décernons au Vénézuela le prix peu honorable du pays le plus sale, loin devant n’importe quel autre pays d’Amérique Centrale. `

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S’en est totalement décourageant, nous voyons difficilement comment ce pays pourrait un jour être propre. Il faudrait tout effacer et tout reconstruire. C’est bien simple alors que mon défi chaque matin est de trouver une poubelle, les Vénézuéliens n’ont qu’à sortir le bras de leur voiture pour se débarrasser de leurs détritus. Sujet très tabou que nous abordons peu avec les locaux pour ne pas les mettre mal à l’aise. Ce sont des hectares de terre, des km de plages qui sont recouverts d’immondices. Nous ne comptons plus les poches plastiques dans l’eau, les bouteilles sur le sable et les ordures partout. Plutôt qu’éduquer la population, de jeunes européens viennent suivre des programmes de bénévolats dans lesquels, il faut bien dire les choses, ils passent derrière les locaux pour ramasser leur merde. Assez révoltant et surtout peine perdue. Nous ne sommes pourtant pas de fervent écolos, mais quel gâchis. L’odeur nous en soulève le cœur parfois. Cette odeur de mort est insoutenable. Une famille sur la plage, les enfants dans l’eau, la mère sur le bord qui jette son mégot aux pieds de ses gamins… Voilà les scènes auxquelles nous assistons. Ils polluent leur plage alors qu’ils reviendront exactement au même endroit le lendemain assis dans leurs déchets. Ca nous dépasse…

Au milieu de tout ça, 2 pauvres touristes étrangers avec toujours la même motivation de visiter un nouveau pays. C’est nous !

Et donc pendant x semaines (à l'heure où j'écris nous y sommes encore), c’est ce que nous allons faire. Mais cela ca sera pour une autre fois !

Posté par Esther_Pierrick à 18:58 - 17. Venezuela - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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