Str & Pericou

Pour nous suivre dans nos aventures...

20 novembre 2011

O Bahia, oba oba oba...

Jeudi 3 mars, youhou, Str et Pericou s’apprête à vivre le plus gros événement du pays : Le Carnaval !!!

Autant nous hésitions à l’entrée dans le pays quant à la ville dans laquelle passer cette fête, maintenant c’est clair : Salvador de Bahia !!! Nous voilà !

Au diable Rio et ses écoles de samba, de toute façon pour profiter vraiment de la fête il faut prévoir tout ça des mois à l’avance. Alors, va pour la spontanéité de Bahia.

On attend ce carnaval depuis un bail, mais on s’est aussi mis une grosse pression. Crainte des débordements, de la foule, de la petite délinquance, de la circulation dans Salvador (près de 3 millions d’habitants quand même), de ne pas trouver un l'endroit sur où laisser la voiture, toutes nos affaires et passer la nuit.

Enfin, encore une fois, on essaye d’être le plus prévenant possible. On veut arriver avant l’ouverture des festivités, ce jour, à 20h tapantes !

Plusieurs arrêts en route sont nécessaires pour ranger dans nos chaussettes, slip ou soutif (sans rire), quelques billets et les clés. On met nos fringues les plus pourris, on range la voiture comme jamais et cachons dans les plastiques de l’habitacle tout ce qui a de la valeur. Non, non on n’est pas parano !

Puis, quelques courses en chemin pour avoir des stocks pendant plusieurs jours si jamais on s’attarde.

Allez, on touche presque au but, nous sommes encore à 30 km et la circulation est monstrueuse !!! Quel peuple ! Ca commence (ou plutôt continue) à nous faire peur. Dia, on se sent un peu seul, nous les blancs becs dans une voiture américaine. Restons concentrés sur les indications. Si on se paume ici, on est foutu. Toujours pas de GPS, une carte à la noix, des panneaux incompréhensibles, c’est chaud ! On est très tendu, et on fait ce qu’il ne fallait pas faire, louper une bifurcation !!! Merde, merde, merde… On percute vite heureusement et on arrive à faire demi-tour et retrouver notre chemin. De toute façon, on ne sait pas trop bien où on veut aller. On ne se rend absolument pas compte de l’ampleur du carnaval, des itinéraires des parades, de la grandeur de la ville, de la délimitation du centre… Bref, on est vraiment dans le flou.

On va finalement au plus simple en suivant les panneaux centre en espérant que tout ne soit pas déjà bloqué. H-10 avant le début de la folie. Plus on se rapproche plus ça devient bordélique : petite rues étroites sans nom, sens unique, voitures mal stationnées et surtout rabatteurs ! Ca y est, on est repéré. 3 gars nous hurlent au visage ! Hum, on commence par leur dit qu’on ne comprend strictement rien ?! Ok, on se détend, et on essaye d’entamer la conversation avec eux. On leur explique qu’on cherche un parking sûr pour plusieurs jours dans lequel on peut rester dormir. Ces derniers trop survoltés ne nous écoutent pas et nous font entrer dans leur parking assez glauque sans avoir saisi que nous voulons dormir dans la voiture. On ressort aussi sec.

Plus ça va, plus on est arrêté par un tas de mec totalement allumés qui voient en nous de bonnes proies pour se faire un max de tunes pendant toute la durée du carnaval. L’un d’entre eux un peu plus posé, nous renvoie vers un parking qui devrait faire notre bonheur.  C’est un euphémisme, nous sommes au 7ème ciel : grand parking, super calme, avec sécurité et toilettes 24h sur 24. On nous laisse voir le grand chef qui nous autorise à dormir sans payer de suppléments. Le tout pour 20 reals par jour. Trop bien !!! Le détail qui tue, on est au cœur du centre touristique, donc nous pourrons revenir à n’importe quelle heure de la nuit à pied sans crainte.

Il est tout juste midi, on a toute l’après-midi pour visiter la ville avant qu’elle ne soit envahie. Ca ne pouvait pas tomber mieux. On flâne, on repère, on se renseigne pour obtenir le programme et on en profite pour prendre des photos vu que l’appareil ne nous suivra pas pendant la fête. Le quartier historique est absolument époustouflant : débordant de couleur (c’est sur les décos y sont pour quelque chose aussi), des rues qui grimpent, une architecture magnifique et des mamas afros bien costumées pour satisfaire les touristes. Et oui, nous nous sentons beaucoup moins perdus maintenant.

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Un dernier saut à la voiture et vers 17h nous partons à pattes les mains dans les poches vers Campo Grande pour le départ de la parade. En chemin, nous sommes effarés. Les locaux s’affairent à la dernière minute pour barricader leur vitrine à l’aide de contre plaqué. Guère rassurant tout ça. Mais petit à petit, la transformation s’opère : tout ferme, plus aucune voiture, les vendeurs de hot-dog s’installent, les stocks de bières s’accumulent, les gens descendent dans la rue, et les dernières retouches s'imposent…

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Nous arrivons au pied des tribunes avec 2h d’avance et choisissons de continuer notre marche dans le quartier du Pelo où on mange sur le pouce des sortes de boules frites au poulet.

20h, nous sommes en place, tout devant, près pour le spectacle. La parade commence évidemment au son des tambours et autres percussions locales menées suivis par des centaines de fans. Les troupes s’enchainent et on ne tarde pas à voir nos 1ers chars (immenses camions équipés d’énormes sono) sur lesquels les plus grandes stars locales pavanent devançant des foules de fêtards en transe !

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Tout s’enchaine, les danseuses de samba et les mamas afros se joignent à la fête à laquelle nous ne sommes encore que spectateurs. Il y a du monde certes, mais ça reste supportable. Ca ne fait que commencer…

Les rues se remplissent progressivement et on profite d’une pause dans le défilé pour déambuler : une petite crêpe tapioca/coco, hotdog et bière à 1 real soit 40 centimes d’euro. Pourquoi s’en priver ?!

Le défilé reprend : danseurs de capoiera, costumes à plumes… c’est littéralement la folie, bien qu’il n’y ait aucune bousculade. Bien au contraire, la fête est très bon enfant : beaucoup de jeunes certes, mais aussi beaucoup de familles, des enfants aux grands parents. Parmis eux, la moitié sont des vendeurs de bière ! Véritable institution dans le pays, les gens ne boivent que ça et sont littéralement intansigeants quant à la fraicheur de la boisson. Sans rire, tous testent avant d'acheter et n'hésitent pas à changer de vendeur sous prétexte qu'il n'y a pas assez de glace dans la glacière.

Il est déjà minuit avec tout ça et vers 1h les rues sont bondées. On décide alors de repartir vers le Pelo mais notre progression est désormais très limitée : on fait du surplace, les parades bloquent totalement les artères principales. Mais dans le calme, avec beaucoup de patience et de courtoisie de chacun, on y arrive. Personne ne pousse ou ne crie, même pas un doigt de pied écrasé. Chapeau, la conduite est exemplaire.

Bien loin de l'orgie des fêtes de Bayonne, l'ambiance est bien plus agréable et saine. Les gens arrivent à se tenir du moins en ce premier jour. Les plus bourrées sont finalement les étrangers. Quand nous revenons vers le centre historique aux alentours de 3h30, tout est fini. Nous sommes encore là pour plusieurs jours, on y va mollo et partons nous coucher. On a les oreilles explosées mais on est ravi. Ça ne pouvait pas mieux se passer.

Quand on émerge le lendemain, il est déjà 10h40. Quand on vous dit qu'on est vraiment bien dans notre parking. Tranquillement dans l'après midi, on repart se ballader. On pousse jusque Barra via le quartier de Campo Grande. Pierrick en profite pour faire un petit plouf. A 16h, on tente d'approcher la parade, mais on renonce devant la foule. On passe la soirée dans le centre historique où on assiste à plusieurs concerts sur les petites placettes, on suit les trio et les écoles de samba, et rencontrons les énormes marionnettes.

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Tout va pour le mieux jusqu'à ce qu'un dégout déborde et qu'une des ruelles dans laquelle nous nous agitons soit envahie d'eau usée. Sauve qui peut sur les trottoirs, l'odeur est immonde... Ca coupe la chique à tout le monde.

On s'échappe, et on part attendre dans un autre coin le défilé de Oludum, un des plus attendu et soutenu. Je crois qu'à ce moment là, on peut affirmer que nous n'avons jamais vu autant de Brésiliens de notre vie. On profite encore de tous ces fameux beignets et filons au lit vers 1h40.

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Samedi 5 mars, 3 ème jour. Le week-end a commencé, la fréquentation va atteindre son apogée. Visite de la Ciudad Baixa dans l'après-midi et soirée à Barra, où nous nous placons du côté du phare au milieu d'une foule immense. Ce que tout le monde attend aujourd'hui, ce sont les Blue Man Group qui ont déjà plus de 2h30 de retard sur le planning. Heureusement, d'autres groupes apparemment tout aussi connus au vue de la foule délirante chauffe l'ambiance. Les cadeaux pleuvent du ciel et nous nous débattons comme tout le monde pour avoir notre part ! Quand les Blue Man arrivent, l'ambiance est survoltée et tout le monde s'agite. De toute facon, les Brésiliens passent 100% de leur temps à danser, c'est comme une drogue pour eux. Même quand ils se dépacent c'est en dansant. Nous repartons tranquillement vers notre lieu de résidence, à environ 6km tout de même. Et oui, qu'est ce qu'on trotte ! En chemin, on croise de nouveau des danseuses brésiliennes qui sont peut-être bien les seules à ne pas avoir le coeur à remuer du popotin, des empanadas du tonnerre pour nous ressourcer, un passage à notre vendeur de hot-dog et bière préféré qui connait déjà notre commande, et on file se reposer. Aussi étonnamment que cela puisse paraitre, nous ne sommes absolument pas génés par le bruit et dormons comme des loirs.

Le rendez-vous du lendemain à ne pas louper est le défilé des Fils de Gandhi, costumés en bleu et blanc, portant des gros colliers de perles, ils ont la particularité d'arroser leur spectateurs avec de l'eau de cologne !

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Nous nous postons en haut d'une rue en pente de laquelle nous pouvons observer l'immense tache noire qui s'étend à perte de vue... oui la foule, dans laquelle nous sommes ! Vraiment très impressionant.

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Les policiers sont quand même très présents. Ils sillonnent chaque rue par groupe de 4 ou 5 en file indienne. A leur passage, il faut vraiment dégager la voie. Ces derniers sont armés d'une machette et n'hésitent à s'en servir si quelqu'un montre la moindre forme d'opposition. En même temps, nous les avons vu s'en servir qu'une seule fois en 5 jours, mais c'est relativement impressionnant notament quand il s'agit de femmes ou d'enfants. C'est peut-être pour cela que tout le monde se tient à carreau. Bien sur, on imagine que les fouteurs de merde sont aussi de la partie mais nous n'avons pas croisé leur chemin.

Salvador de Bahia 103Aujourdhui, nous avons gardé l'appareil photo histoire d'avoir quelqures souvenirs. Nous restons donc dans le quartier touristique, le plus surveillé et le plus familiale. Beaucoup d'enfants de sortie en ce samedi soir, plus beau que jamais dans leur petit déguisement. Tout comme eux, nous ne ferons pas long feu aujourd'hui et après une nouvelle petite pause pour des succulents salgados, on retrouve Venturette.

A noter que le seul soir où nous avons pris l'appareil photo pendant 2h nous nous sommes faits embêtés. Un gars m'est rentré dedans de manière assez violente, assez pour me couper le souffle et me déboussoler pendant un bon quart d'heure. Discrètement cette fois ci, il revient à la charge en se placant à coté de moi pendant un défilé et en fouillant ma ridicule poche dans laquelle je n'avais rien bien sur. Dommage, je m'en rend compte. On fait du bruit et le gars dégarpi aussi sec. Comme quoi, faut vraiment y aller sans rien du tout. On ira poser l'appareil photo illico presto.

Et voilà, lundi 7 mars, le carnaval continue, mais nous nous décidons de partir. 4 jours déjà c'est pa si mal. Il faut qu'on avance.

On se réveil tot cette fois-ci car le but est de quitter la ville en prenant un bac avant que l'agitation ne commence. Mais la queue pour le bac est très mal gérée : nous arrivons à 7h30 et à 9h30, nous sommes toujours en file.

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Allez, quelques bonnes heures plus tard, nous serons tirés d'affaire et pourrons profiter de la mer comme beaucoup de Brésiliens en cette période de carnaval. Ben, non, ils n'étaient pas tous à Salvador ?! D'autres en profitent pour fuir les villes et aller passer quelques à la plage. A Praia Barra Grande, On se trouve un coin à côté d'une posada-restau pour la nuit et profitons le lendemain de l'eau transparente et des cocotiers. Mais en cette période nous ne sommes plus seuls au monde comme à notre habitude. En ce qui me concerne, je boude un peu masque et tuba. Voila plus d'un mois, que mes lèvres me font une réaction bizarre au contact du trio : sel, sable soleil. Trop chiant, ça ne passe absolument pas, et je me traine cloques et brulures qui sont particulièrement génantes.

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Heureusement, ça ne m'empeche pas de croquer dans le coeur d'une belle coco que mon tarzan m'a ouverte pour notre gouter quotidien.

Voilà, la tounrée des plages reprend après cette inoubliable étape à Salvador, qui restera l'un des temps fort du Brésil, voir même de tout le voyage ! Une belle leçon sur l'art de faire la fête, un bel exemple à suivre !

Posté par Esther_Pierrick à 01:55 - 24. Brésil - Commentaires [0] - Permalien [#]
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